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Numéro(s) recherché(s): Ad Gentes 35-41

Ad Gentes35La coopération

Introduction

L'Eglise étant tout entière missionnaire, et l'oeuvre de l'évangélisation étant le devoir fondamental du Peuple de Dieu, le Saint Concile invite tous les chrétiens à une profonde rénovation intérieure, afin qu'ayant une conscience vive de leur propre responsabilité dans la diffusion de l'Évangile, ils assument leur part dans l'oeuvre missionnaire auprès des païens.
Ad Gentes36Devoir missionnaire du Peuple de Dieu tout entier

Comme membres du Christ vivant, auquel ils ont été incorporés et configurés par le Baptême ainsi que par la Confirmation et l'Eucharistie, tous les fidèles sont tenus de coopérer à l'expansion et au développement de Son Corps, pour l'amener le plus, vite possible à sa plénitude (Eph. 4, 13).

C'est pourquoi tous les fils de l'Eglise doivent avoir une vive conscience de leur responsabilité à l'égard du monde, nourrir en eux un esprit véritablement catholique et dépenser leurs forces pour l'oeuvre de l'évangélisation. Cependant, que tous le sachent, leur premier et leur plus important devoir pour la diffusion de la foi, c'est de vivre profondément leur vie chrétienne. Car leur ferveur au service de Dieu, leur charité à l'égard des autres apporteront un nouveau souffle spirituel à l'Eglise tout entière, qui apparaîtra comme un signal levé pour les nations (cf. Is. 11, 12), " la lumière du monde " (Mt. 5, 14), et " le sel de la terre " (Mt. 5, 13). Ce témoignage de la vie obtiendra plus facilement son effet s'il est donné conjointement avec d'autres groupements chrétiens, selon les prescriptions du Décret sur l'Oecuménisme (1).

Cet esprit renouvelé mènera à offrir spontanément à Dieu des prières et des oeuvres de pénitence pour qu'Il féconde de sa grâce l'oeuvre des missionnaires; il amènera l'éclosion de vocations missionnaires, et l'afflux des ressources dont les missions ont besoin.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Décret sur l'Oecuménisme, 12 (AAS 1965, 99) [p. 5081.
Ad Gentes37Devoir missionnaire des communautés chrétiennes

Puisque le Peuple de Dieu vit dans des communautés, diocésaines et paroissiales surtout, et que c'est dans ces communautés que d'une certaine manière il se montre visible, c'est aussi aux communautés qu'il appartient de rendre témoignage au Christ devant les nations.

La grâce du renouvellement ne peut croître dans les communautés à moins que chacune d'entre elles n'étende le rayon de sa charité jusqu'aux extrémités de la terre, et qu'elle n'ait, pour ceux qui sont loin, une sollicitude semblable à celle qu'elle a pour propres membres.

C'est ainsi que la communauté tout entière prie, coopère, exerce une activité parmi les peuples païens, par l'intermédiaire de ses que Dieu choisit pour cette fonction si magnifique.

Il sera très utile, pourvu qu'on ne laisse pas de côté l'oeuvre missionnaire universelle, de garder contact avec les missionnaires sortis de la communauté elle-même, ou avec une paroisse ou un diocèse des missions, afin que devienne visible la communion entre les communautés, et que cela tourne à l'édification mutuelle.
Ad Gentes38Devoir missionnaire des Evêques

Tous les Evêques, en tant que membres du Corps Episcopal qui succède au Collège des apôtres, ont été consacrés non seulement pour un diocèse, mais pour le salut du monde entier. Le commandement du Christ de prêcher l'Evangile à toute créature (Mc 16, 15) les atteint premièrement et directement, avec Pierre et en dépendance de Pierre. De là naissent cette communion et coopération des Eglises aujourd'hui si nécessaires pour continuer l'oeuvre de l'évangélisation. En vertu de cette communion, chacune des Eglises porte la sollicitude de toutes les autres; les Eglises se font connaître réciproquement leurs propres besoins; elles se communiquent mutuellement leurs biens, puisque l'extension du Corps du Christ est la fonction du Collège Episcopal tout entier (1).

Dans son diocèse, avec lequel il ne fait qu'un, l'Evêque, quand il anime, fait avancer, dirige l'oeuvre missionnaire, rend présents et pour ainsi dire visibles l'esprit et l'ardeur missionnaires du Peuple de Dieu, en sorte que le diocèse tout entier devient missionnaire.

Il appartiendra à l'Evêque de faire lever dans son peuple, surtout parmi les infirmes et les affligés, des âmes qui offrent à Dieu, de tout leur coeur, pour l'évangélisation du monde, prières et oeuvres de pénitence; d'encourager volontiers des vocations de jeunes et de clercs pour les Instituts missionnaires, et d'accepter avec reconnaissance que Dieu en choisisse quelques-uns qui entreront dans l'activité missionnaire de l'Eglise; d'exhorter et d'aider les Congrégations diocésaines à assumer leur part propre dans les missions; de promouvoir auprès de les fidèles les oeuvres des Instituts missionnaires, mais particulièrement les oeuvres pontificales missionnaires. Car c'est à ces oeuvres qu'à bon droit doit être attribuée la première place, puisqu'elles ont des moyens pour pénétrer les catholiques, dès leur enfance, d'un esprit vraiment universel et missionnaire, et pour provoquer une collecte efficace des subsides au profit de toutes les missions selon les besoins de chacune (2).

Puisque de jour en jour augmente le besoin d'ouvriers dans la vigne du Seigneur, et que des prêtres diocésains désirent avoir eux aussi un rôle toujours plus grand dans l'évangélisation du monde, le Saint Concile souhaite virement que les Evêques, réfléchissant à la très grave pénurie de prêtres qui empêche l'évangélisation de nombreuses régions, envoient à des diocèses manquant de clergé quelques-uns de leurs meilleurs prêtres qui se proposent pour l'oeuvre missionnaire, et leur fassent donner la préparation nécessaire; ces prêtres y accompliront en esprit de service, au moins pour une période, le ministère des missions (3).

Pour que l'activité missionnaire des Evêques puisse s'exercer pire efficacement au profit de l'Eglise tout entière, il est utile que les Conférences Episcopales règlent les affaires qui ont trait à la coopération ordonnée de leur propre région.

Dans leurs Conférences, que les Evêques traitent: des prêtres du clergé diocésain à consacrer à l'évangélisation des nations; de la somme déterminée, proportionnée à ses propres revenus, que chaque diocèse est tenu de donner chaque année pour l'oeuvre des missions (4) de la direction et de l'organisation des modes et des moyens qui viennent directement en aide aux missions; de l'aide à apporter aux Instituts missionnaires et aux séminaires du clergé diocésain pour les missions, et, si besoin est, de leur fondation; de l'encouragement à donner à des liens plus étroits entre ces Instituts et les diocèses.

Il appartient de même aux Conférences épiscopales d'établir " de promouvoir les oeuvres qui permettent de recevoir fraternellement et d'entourer d'un soin pastoral convenable, ceux qui pour cause de travail et d'étude quittent les territoires de mission pour vivre t l'étranger. C'est par ces immigrants que les peuples éloignés deviennent proches d'une certaine manière, et qu'aux communautés qui sont chrétiennes de longue date est offerte une excellente occasion d'entreprendre le dialogue avec les nations qui n'ont pas encore entendu l'Evangile, et de leur montrer, dans le service d'amour et d'aide dont ils s'acquittent, l'authentique visage du Christ (5).
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 23-24 (AAS 1965,:27-29) [pp. 45-47].
(2) Cf. Benoît XV, Maximum illud, 30 nov. 1919 (AAS 1919, 453-4214); Pie XI, Rerum Ecclesiae, 28 fév. 1926 (AAS 1926, 71-73); Pie XII, Evangeii Praecones, 2 juin 1951 (AAS 1951, 525-526); Id., Fidei donum, 15 janv. 1957 (AAS 1957, 241).
(3) Cf. Pie XII, Fidei donum, 15 janv. 1957 (AAS 1957, 245-246).
(4) Conc. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des Evêques, 6 (AAS 1966, 675-676) [p. 280].
(5) Pie XII, Fidei donum, 15 janv. 1957 (AAS 1957, 245).
Ad Gentes39Devoir missionnaire des prêtres

Les prêtres représentent le Christ et sont les collaborateurs de l'Ordre épiscopal dans la triple fonction sacrée qui, de sa nature, trait à la mission de l'Eglise (1). Ils doivent donc comprendre à fond que leur vie a été consacrée aussi au service des missions. Puisque par leur ministère propre -- qui consiste principalement dans l'Eucharistie, laquelle donne à l'Eglise sa perfection -- ils sont en communion avec le Christ Tête et amènent d'autres êtres à cette communion, ils ne peuvent pas ne pas sentir combien il manque encore à plénitude du Corps, et par conséquent tout ce qu'il faudrait faire pour qu'il s'accroisse de jour en jour. Ils ordonneront donc leur sollicitude pastorale de manière qu'elle soit utile à l'expansion l'Evangile chez les non-chrétiens.

Dans leur charge pastorale, les prêtres stimuleront et entretiendront parmi les fidèles le zèle pour l'évangélisation du monde, en les instruisant par la catéchèse et la prédication de la mission qu'a l'Eglise d'annoncer le Christ aux païens; en enseignant aux familles chrétiennes la nécessité et l'honneur de cultiver des vocations missionnaires parmi leurs propres fils et filles; en encourageant chez les jeunes des écoles et des associations catholiques la ferveur missionnaire, en sorte que de futurs prédicateurs de l'Evangile sortent de chez eux. Ils doivent apprendre aux fidèles à prier pour les missions; ne pas rougir de leur demander des aumônes pour les missions, devenus comme des mendiants pour le Christ et le salut des âmes (2).

Les professeurs des séminaires et des universités enseigneront aux jeunes la véritable situation du monde et de l'Eglise, pour que la nécessité d'une évangélisation plus poussée des non-chrétiens ressorte mieux à leurs yeux et nourrisse leur zèle. Dans l'enseignement des disciplines dogmatiques, bibliques, morales et historiques, ils devront mettre en lumière les aspects missionnaires qui y sont contenus, afin que de cette manière la conscience missionnaire soit formée chez les futurs prêtres.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 28 (AAS 1965, 34) [pp. 52-54].
(2) Cf. Pie XI, Rerum Ecclesiae, 28 fév. 1926 (AAS 1926, 72).
Ad Gentes40Devoir missionnaire des Instituts de perfection

Les Instituts religieux, de vie contemplative et active, ont eu jusqu'ici et ont une très grande part dans l'évangélisation du monde. Leurs mérites, le Saint Concile les reconnaît de grand coeur, et rend grâces à Dieu pour tant de sacrifices acceptés pour la gloire de Dieu et le service des âmes; il les exhorte à persévérer sans défaillance dans l'oeuvre commencée, puisqu'ils savent que la vertu de charité, qu'ils sont tenus de pratiquer de façon plus parfaite du fait de leur vocation, les pousse et les oblige à un esprit et à un travail vraiment catholiques (1).

Les Instituts de vie contemplative, par leurs prières, leurs oeuvres de pénitence, leurs épreuves, ont une très grande importance dans la conversion des âmes, puisque c'est Dieu qui envoie à notre prière des ouvriers dans sa moisson (cf. Mt. 9, 38), ouvre les coeurs des non-chrétiens pour qu'ils écoutent l'Evangile (cf. Act. 16, 14), et féconde dans leurs coeurs la parole du salut (cf. 1 Cor. 3, 7). Bien plus, ces Instituts sont invités à fonder des maisons dans les territoires des missions, comme un certain nombre l'ont fait déjà, afin que, y menant leur vie d'une manière adaptée aux traditions authentiquement religieuses des peuples, ils rendent parmi les non-chrétiens un magnifique témoignage de la majesté et de la charité de Dieu, et de l'union dans le Christ.

Les Instituts de vie active, qu'ils poursuivent ou non une fin strictement missionnaire, doivent se poser sincèrement devant Dieu la question de savoir s'ils peuvent étendre leur activité en vue de l'expansion du Règne de Dieu parmi les païens; s'ils peuvent laisser à d'autres certains ministères, de façon à dépenser leurs forces pour missions; s'ils peuvent entreprendre une activité dans les missions en adaptant, si c'est nécessaire, leurs Constitutions, mais cependant selon l'esprit du Fondateur; si leurs membres prennent part selon leurs forces à l'activité missionnaire; si leur façon habituelle de vivre est un témoignage de l'Evangile, vraiment adapté au caractère et la situation du peuple.

Puisque, sous l'inspiration du Saint-Esprit, s'accroissent de jour en jour dans l'Eglise les Instituts séculiers, leur aide, sous l'autorité de l'Evêque, peut être fructueuse dans les missions à des titres multiples, comme signe d'un don plénier à l'évangélisation du monde.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 44 (AAS 1965, 50) [pp. 73-74].
Ad Gentes41Devoir missionnaire des laïcs

Les laïcs coopèrent à l'oeuvre d'évangélisation de l'Eglise et participent à titre de témoins, et en même temps d'instruments vivants à sa mission.salvifique (1), surtout si, appelés par Dieu, ils sont pris par les Evêques pour cette oeuvre.

Dans les terres déjà chrétiennes, les laïcs coopèrent à l'oeuvre de l'évangélisation en développant en eux-mêmes et chez les autres la connaissance et l'amour des missions, en faisant naître des vocations dans leur propre famille, dans les associations catholiques et les écoles, en offrant des subsides de toute sorte, afin que le don de la foi, qu'ils ont reçu gratuitement, puisse être aussi donné à d'autres.

Dans les territoires des missions, les laïcs, soit étrangers, soit autochtones, doivent enseigner dans les écoles, avoir la gestion des affaires temporelles, collaborer à l'activité paroissiale et diocésaine, établir et promouvoir les diverses formes de l'apostolat des pour que les fidèles des jeunes Eglises puissent assumer le plus vite possible leur propre part dans la vie de l'Eglise (2).

Enfin, les laïcs doivent apporter volontiers leur coopération économico-sociale aux peuples en voie d'évolution; cette coopération est d'autant plus à louer qu'elle vise à fonder des Instituts qui atteignent les structures fondamentales de la vie sociale ou sont destinés à la formation de ceux qui ont la responsabilité de la chose publique.

Sont dignes d'une louange spéciale les laïcs qui, dans les Universités ou les Instituts scientifiques, font avancer par leurs recherches historiques ou scientifico-religieuses la connaissance des peuples et des religions aidant les prédicateurs de l'Evangile et préparant le dialogue les non-chrétiens.

Avec les autres chrétiens, avec les non-chrétiens, particulièrement avec les membres des associations internationales, ils doivent collaborer fraternellement, ayant toujours devant les yeux que "la construction de la cité terrestre doit être fondée sur le Seigneur et dirigée vers lui" (3).

Pour s'acquitter de toutes ces tâches, les laïcs ont besoin d'une indispensable préparation technique et spirituelle, qui doit être donnée dans des Instituts spécialisés, pour que leur vie soit un témoignage pour le Christ parmi les non-chrétiens, selon ce mot de l'apôtre: "Ne donnez scandale ni aux Juifs ni aux Grecs, ni à l'Église de Dieu, tout comme moi je m'efforce de plaire à tous en tout, ne cherchant pas mon propre intérêt, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés" (1 Cor. 10, 32-33).
(1) Cf. Ibid., 33, 35 (AAS 1965, 39, 40-41) [pp. 58-59, 60-61].
(2) Cf. Pie XII, Evangelii Praecones, 2 juin 1951 (AAS 1951, 510-514); Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS 1959, 851-852).
(3) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 46 (AAS 1965, 52) [pp. 75-76].
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(re)publié: 30/11/1959