21e dim. ordinaire (23/8) : Pistes pour l’homélie

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Piste 1

L’Evangile de ce jour est très riche et au-delà d’une simple interprétation traditionnelle, nous pouvons, comme vous allez le voir, y puiser un enseignement profond qui peut donner sens à nos vies aujourd’hui.
« Le Fils de l’Homme qui est-il ? » demande Jésus. Pierre répond : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu. » Cette parole à elle seule est tout un programme puisqu’elle atteste la dimension humaine et divine de Jésus : Fils d’homme - Fils de Dieu.
Jésus déclare alors : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. »
Cette parole a toujours été utilisée pour démontrer la légitimité de l’autorité et de la primauté de Pierre qui lui ont été attribuées directement par Jésus et par la même occasion cela lui donne le pouvoir de remettre les péchés : « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »
Je me permets cependant de faire remarquer une petite anomalie dans cette parole, en effet Matthieu met dans la bouche de Jésus le mot « Eglise » : « je bâtirai mon Eglise », or une chose est certaine, le mot « Eglise » n’existait pas à l’époque de Jésus. Il n’est apparu dans le vocabulaire chrétien que plusieurs années après sa mort et sa résurrection, lorsque les premers chrétiens se rassemblaient en « Ekklesia ». Matthieu met donc tout naturellement le mot « Ekklesia » dans la bouche de Jésus puisqu’à l’époque où il parle, ce mot leur est devenu familier.
Or comme je l’ai déjà fait remarquer, Matthieu s’adresse aux premières communautés hésitantes qu’il veut raffermir dans la foi mais aussi soumettre à l’autorité des apôtres. Il va donc insister pour leur montrer que c’est Jésus lui-même qui leur a confié le pouvoir et particulièrement le pouvoir de lier et de délier.
Or ce pouvoir de lier et de délier, l’Eglise l’a toujours interprété comme étant le pouvoir de pardonner les péchés. Mais, on peut se poser la question : est-ce bien le sens que Jésus a voulu donner à ses paroles ?
Nous savons en effet qu’à plusieurs reprises, le mot « délier » revient dans les Evangiles lorsque par exemple Jésus guérit des malades. Nous pouvons donc comprendre que les mots « lier et délier » ne veulent pas donner un pouvoir mais impliquent un devoir !
Comme membres de la communauté d’Eglise nous avons tous le devoir de « lier et de délier » c’est-à-dire de libérer toutes celles et ceux qui sont enchaînés par le mal quel qu’il soit : la souffrance, la peine, l’exclusion, l’oppression… ou encore « délier » ceux qui vivent dans la dépendance, la culpabilité et les servitudes les plus diverses… Nous avons tous le devoir de libérer nos frères et sœurs et à les aider à devenir libres, autonomes, responsables… en prenant en main leur propre vie.
Mais à l’inverse, nous avons aussi la responsabilité et le devoir de « lier » mais avec les liens de l’amour. Le désir de Dieu est de nous lier à lui mais aussi nous lier les uns aux autres par une alliance d’amour. Autrement dit nous sommes invités à poser des gestes de respect, de reconnaissance, de partage, d’entraide, d’amitié… des gestes tisseurs de liens qui seront source d’épanouissement, de bonheur et de paix pour toute l’humanité.

Piste 2

Comme vous le voyez, les enquêtes, les sondages d’opinion ne datent pas d’aujourd’hui, Jésus les pratiquait déjà. Dans sa petite enquête il demande : « Que dit-on de moi ? Pour vous qui suis-je ? » Déjà à l’époque les avis étaient forts partagés.
Ainsi les adversaires de Jésus disaient en le comparant à la sobriété de Jean-Baptiste : « C’est un ivrogne, un glouton. » D’autres : « C’est un ami des pécheurs, c’est un ami de Satan, un prétentieux, un dangereux révolutionnaire pour le peuple, un blasphémateur qui s’attribue les pouvoirs de Dieu jusqu’à pardonner les péchés… »
Par contre ses amis disaient : c’est un prophète comme Elie, Jérémie ou Jean-Baptiste, il est le Messie, le Fils de David, le Saint de Dieu, un guérisseur, un envoyé de Dieu, il est quelqu’un qui a une autorité surprenante…

Oui, tout le monde, que l’on soit croyant ou incroyant, tous nous avons une petite idée sur Jésus. Il est apprécié par certains, il dérange ou laisse les autres indifférents.
Nous pouvons dire aussi que Jésus et le Dieu qu’il nous présente nous l’avons servi à toutes les sauces et utilisé pour justifier les actions les plus aberrantes : c’est au nom du Dieu de Jésus Christ que l’on a déclaré les conflits les plus atroces, les croisades et les guerres de religion, l’inquisition, que l’on a dominé et opprimé les peuples, les conquistadors, ou le « Got mit uns » des Allemands… Mais c’est au nom du même Dieu de Jésus que saint François d’Assise, saint Vincent de Paul… ont tout donné, que le père Damien, le père Lebbe, ont tout quitté, que des millions d’hommes et de femmes ont consacré leur vie pour la libération des opprimés et des écrasés de la vie.

Aujourd’hui c’est à chacun de nous que Jésus pose la question : « Et toi que dis-tu que je suis ? » « Pour toi qui suis-je ? »
Jésus n’attend pas que nous donnions sur lui des explications sur son identité, que nous formulions l’un ou l’autre credo, il n’attend pas non plus que nous citions l’une ou l’autre de ses qualités ou de ses défauts comme par exemple : tu es un bon orateur, un bon magicien, un hippie révolutionnaire, un manipulateur… non, il attend de nous une parole qui dise ce qu’il représente pour nous, ce qu’il est dans notre vie. Il attend de nous une parole qui exprime quelle relation nous voulons tisser avec lui, il attend une réponse en acte, une parole qui nous engage à l’exemple de Pierre qui lui exprime toute sa foi, sa confiance : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » A cet élan de confiance Jésus répond en donnant à Pierre non pas un pouvoir mais une responsabilité : « Je te fais responsable de toute cette nouvelle communauté. » « N’aie pas peur, les puissances de la mort ne pourront rien contre l’Eglise que tu vas construire. »
Tel est le message que Jésus nous adresse personnellement aujourd’hui : « Tu es Pierre, tu es Christophe, tu es Paul… Laurence, Jacqueline… sur toi je bâtirai mon Eglise ! »

Voici qu’aujourd’hui c’est à nous que Jésus s’adresse : « Dis-moi le oui de ta foi, le oui de ta confiance et moi je te confie mon Eglise vivante pour la bâtir là où tu es, là où tu vis. » « N’aie pas peur, les puissances de mort, les forces du mal ne pourront rien contre toi. »
Construire l’Eglise, c’est y semer la vie, créer du bonheur, relever les écrasés … c’est être le levain dans la pâte, la lumière sur le lampadaire, la semence qui produit au centuple.

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

Publié: 23/07/2026