17e dim. ordinaire (26/7) : Pistes pour l’homélie

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Piste 1

Curieusement cet Evangile me fait penser aux vacances. Un homme se défait de tous ses biens pour acquérir un bien supérieur. N’est-ce pas un peu ce que font tous ceux qui partent en vacances.
Je pense tout particulièrement à ces enfants qui partent au camp. Eux aussi quittent et abandonnent tout : vélo, play-station, TV et tant d’autres gadgets… pour vivre pendant 10 jours dans le dépouillement et des conditions ultra précaires.
N’est-ce pas la même chose pour tous ceux qui partent, ils abandonnent leur maison, leur confort, facilités, aisances… pour aller planter leur tente et établir leur caravane dans un camping surpeuplé avec tous les désagréments que cela représente.
Quel est donc le trésor qu’ils cherchent pour sacrifier tous leurs biens pendant des semaines ?
Ce trésor, c’est justement ce que notre confort, nos facilités, en un mot « nos richesses », ne peuvent nous procurer. Ce trésor ce sont les valeurs fondamentales comme : reprendre contact avec la nature, retrouver le goût des choses simples, prendre le temps de tisser des relations authentiques dans lesquelles nous ne devons plus jouer notre personnage…
C’est prendre le temps de resserrer, renouer des liens d’affection en famille, qui se sont petit à petit détendus à cause de nos préoccupations absorbantes. C’est se redécouvrir, se recréer mutuellement. C’est encore retrouver un peu de sa liberté, non pas la liberté qui consiste à satisfaire ses caprices, mais la liberté de retrouver ses points de repère, reprendre la bonne direction que l’on s’était choisie au départ de la vie et dont nous avons un peu dévié.

Depuis 2-3 dimanches Jésus nous parle en paraboles, il nous parle du Royaume.
Remarquez que jamais Jésus ne donne de définition du Royaume, il ne dit pas ce qu’il est mais il nous donne des comparaisons : « c’est comme » dit-il !
 Le Royaume c’est comme le semeur qui sème partout, dans les broussailles comme dans la bonne terre, c’est comme un champ où le bon grain pousse avec l’ivraie, c’est comme un homme qui abandonne tout pour se procurer la perle rare…
Remarquez aussi que Jésus ne parle pas au futur mais au présent : « c’est », il nous donne simplement des pistes pour vivre déjà ce Royaume ici et maintenant.
 Le Royaume est là où le semeur sème en abondance, à profusion, c.-à-d. le Royaume est là quand nous savons regarder tout être humain avec confiance, qu’il soit pécheur ou bon.
 Le Royaume est là où le bien sait côtoyer le mal, c.-à-d. lorsque nous ne nous prenons pas nous-mêmes pour des anges.
 Le Royaume est enfin là, nous dit-il aujourd’hui, quand on sait prendre du recul par rapport à toutes nos illusions, nos richesses qui ne peuvent nous combler.
Le Royaume c’est retrouver, comme nous venons de le voir, les valeurs essentielles telles la rencontre avec la nature, la rencontre avec nos frères et sœurs… autant de rencontres qui font monter en nous le goût de Dieu, le désir de le rencontrer en vérité.

Piste 2

Depuis que l’homme existe, quel est le trésor, la perle précieuse qui le fait tant courir ? Cette perle c’est tout simplement le bonheur ! Le bonheur, tous nous le cherchons. Et ce qui est étonnant c’est que tous nous le cherchons dans des directions fort différentes.
C’est ainsi que certains le cherchent dans la fortune, l’aisance, le confort ; d’autres dans la force du pouvoir ; d’autres dans la tranquillité ou le bien-être. Certains le cherchent dans le travail ou la paresse, d’autre encore dans le plaisir ou, chose étrange, parfois même dans la souffrance. Il faut dire que l’Eglise n’a pas toujours été étrangère à cette façon de trouver du bonheur. N’a-t-elle pas, comme d’autres religions d’ailleurs, parfois donné au christianisme l’image d’une religion de la souffrance ?
Les plus âgés d’entre-nous se souviendront comment on nous a souvent présenté la souffrance comme une condition indispensable, un passage obligé pour atteindre le salut ou le bonheur. La sainteté n’était accessible que par le sacrifice. Puisque Jésus a souffert, il nous faut souffrir aussi pour être sauvé. La souffrance, disait-on, est rédemptrice !
C’est ainsi que s’est développée une spiritualité du sacrifice, du renoncement, de la mortification. Il faut se flageller, dormir sur une planche, porter le silice… en quelque sorte se torturer pour atteindre la sainteté parfaite.
Nous avons tous vu aussi ces images de piétés doloristes, qui essayaient de se dépasser l’une l’autre pour exprimer toute l’horreur de l’agonie de Jésus, ou encore ces images de Marie percée de 7 glaives etc.

Ceci peut paraître étrange et pourtant nous savons ô combien, ce genre de spiritualité est loin d’avoir disparu. On comprend que beaucoup de chrétiens se soient détournés d’un Dieu masochiste pour qui le plus beau cadeau est de lui présenter la plus grosse souffrance.
Oui vraiment il est alors difficile de comprendre en quoi l’Evangile peut-être une Bonne Nouvelle pour la vie d’aujourd’hui. Car en soi la souffrance est une contre valeur, elle est un mal qui doit disparaître. Jésus n’a-t-il pas voulu nous en sauver, ou comme on le dit, nous sauver du mal ?
Il s’est battu de toutes ses forces contre ces déviations des religions anciennes qui faisaient croire que la souffrance était nécessaire pour atteindre le bonheur. Ce n’est pas parce que nous sommes heureux que Dieu nous rattrape au tournant en nous envoyant un lot de souffrances.

Dieu ne veut qu’une chose, c’est le bonheur de l’homme. C’est d’ailleurs le sens de cette parabole : elle nous donne des pistes, elle nous montre qu’il n’est pas possible d’avoir tout, il faut au départ choisir. Etre croyant c’est opter pour certaines valeurs. La foi est une école de préférences. Il faut sans doute renoncer à certaines choses, en sacrifier d’autres, si l’on veut trouver la perle rare. Mais ces sacrifices seront doux, tellement le bien recherché est grand. Et ce trésor, nous dit l’Evangile, n’est pas loin, il est enfoui dans le champ, il est sous nos pieds et nous le foulons si souvent sans le savoir, sans soupçonner qu’il est là si près de nous.

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

Publié: 26/06/2026