Avec vous, Marie de Nazareth, l’espérance d’un oui

1er mystère joyeux

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Bonsoir Marie !
Bonsoir chère Notre-Dame du Saint-Cordon,
En cet instant, avec vos pèlerins venus nourrir leur espérance auprès de vous, j’ai envie de m’écrier comme votre cousine Elisabeth lorsque vous l’avez visitée : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur soit venue jusqu’à moi ? » Oui, Notre-Dame, comment avons-nous eu ce bonheur, nous valenciennois, que vous soyez venue ici à la prière d’un pauvre ermite pour sauver cette ville de la peste qui tue ? Comment avons-nous ce bonheur de raviver fidèlement cette mémoire depuis plus de mille ans ?
Comment ai-je eu ce bonheur de vous sentir à mes côtés chaque jour de ma vie d’homme ? Comment ai-je eu ce bonheur d’avoir été ordonné prêtre dans votre basilique et d’y célébrer ma première messe il y a 40 ans jour pour jour ? Comment ai-je eu ce bonheur d’avoir été envoyé ici pendant 10 ans au service de cette paroisse et de ce sanctuaire qui vous est dédié ? Et, enfin, comment ai-je eu ce bonheur d’avoir été appelé par François, l’énergique recteur de votre sanctuaire, à animer cette semaine qui vous est consacrée !

Si j’ai répondu avec joie à son appel, je m’approche de vous ce soir avec le sentiment d’une profonde indignité. Chaque matin, ceux qui ont choisi de suivre votre fils récitent le psaume 94 dans lequel notre Dieu se désole de l’infidélité de son peuple juif en s’écriant « 40 ans leur génération m’a déçu » (). En cette année jubilaire pour l’Eglise et pour mon ministère, j’ai reçu en plein cœur cette peine de Notre Seigneur et sans doute la vôtre, Notre-Dame, devant tout ce qui dans ma vie d’homme et de prêtre a été contraire à l’Evangile. C’est pourquoi, accompagné par l’affection et la prière de vos pèlerins, je demande à l’Esprit Saint qui vous a couverte de son ombre de venir au secours de ma faiblesse et d’habiter les paroles que je vais oser vous adresser afin qu’elles soient source d’espérance pour tous ceux qui vous aiment.

Pendant quelques semaines, avec un peu d’appréhension, je me suis demandé comment j’allais parler de vous, de votre fils bien-aimé. On a déjà tellement écrit et parlé sur vous, Notre-Dame ! Après réflexion et inspiration, j’ai fait le choix de venir m’entretenir avec vous, tout simplement à partir de la prière du chapelet, la prière des humbles, qui reprend les mystères joyeux, glorieux, douloureux et lumineux de votre vie et de celle de Jésus.
Comme nous n’avons qu’une semaine, j’ai désiré concentrer ma réflexion sur 7 mystères qui vous concernent particulièrement : en premier lieu, l’annonce que vous avez reçue du ciel par Gabriel, puis votre visitation à Elisabeth, la naissance de votre fils, son premier miracle en votre présence à Cana, le drame du Golgotha, la joie de la Pentecôte et votre assomption dans la gloire du ciel.

Pendant toute cette semaine, à l’invitation du pape François désormais au ciel à vos côtés, nous allons vous contempler, vous qui avez connu et aimé Jésus comme aucune autre créature. Vierge Marie, vous êtes la mère de l’espérance, l’icône la plus expressive de l’espérance chrétienne. Toute votre vie est un ensemble d’attitudes d’espérance.

Cette espérance qui vous a habitée jusqu’au bout de la souffrance, Vierge Marie, nous sommes invités à la vivre de manière toute particulière ici à Valenciennes. Souvenez-vous : lors du millénaire de votre apparition chez nous, le cardinal Danneels nous invitait à vivre un tour intérieur ; je le cite : « Depuis un millénaire, Dieu envoie sa Mère parmi nous, pour nous montrer combien il est fidèle à son peuple de Valenciennes. Car Dieu est fidèle. Mais nous, sommes-nous fidèles à Dieu et à sa divine Mère ? Certes, chaque année nous faisons le tour de cette ville pour leur rendre grâce de nous avoir bénis et comblés de leurs bienfaits. Mais il ne suffit pas de faire le tour de la ville physiquement. Dieu nous demande de faire ce tour dans notre cœur, de marcher dans les pas de la Vierge Marie, de vivre comme elle a vécu. Car le véritable tour du Saint Cordon, nous ne le faisons pas avec les jambes mais avec notre cœur. »

Alors mettons-nous en marche ce soir pour ce tour intérieur en vous imitant, Vierge Marie, en nous laissant conformer à vous par le même Esprit Saint, qui vous a couverte de son ombre. Avec vous, Marie du Saint-Cordon, vivons cette semaine comme un grand tour intérieur.
Et débutons par le récit de ce qui a bouleversé votre vie alors que vous n’étiez qu’une jeune adolescente, une toute jeune fille : en grec parthenos ce qui veut dire vierge, jeune fille non mariée. Quel âge aviez vous ? Nul ne le sait : 13 ou 14 ans ? Tiens, Vierge Marie, curieusement selon l’évangéliste Luc, ce n’est pas le père mais vous, la future mère qui êtes avertie de la naissance de l’enfant. Ecoutons ce récit de l’Annonciation :

De l’Evangile selon St Luc chapitre 1 ()
Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Marie, comme les femmes pieuses d’Israël à votre époque, vous attendiez sans doute la venue du Messie, du « Fils de David ». Mais vous deviez être loin de penser que le Père vous demanderait d’être la Mère de ce Messie, la Mère de Dieu, en accueillant sur vous l’Esprit Saint. Comme le soulignait encore le cardinal Danneels en 2008, vous avez reçu de la bouche de l’Ange un message qui de toute évidence est une mission impossible. Vous le dites d’ailleurs tout de suite au messager du Seigneur : « Comment cela est-il possible ? » Mais vous ne tombez pas dans la méfiance, source du doute, comme Zacharie, votre cousin, à l’annonce de la venue d’un fils dans son vieil âge. Non, vous ne doutez pas comme Zacharie, vous ne dites pas comme lui que ce n’est pas possible. Mais vous exprimez votre étonnement. Vous demandez simplement comment : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? » À ce message impossible, vous répondez par le ‘oui’ de la foi dans l’obscurité totale. Ce message impossible, Dieu le rendra possible, car pour lui rien n’est impossible. Et vous dites ‘oui’. Vous suivre Notre-Dame, c’est dire ‘oui’ même quand cela semble humainement impossible. C’est répondre par le ‘oui’ de la foi : l’impossible, Dieu l’accomplit tous les jours pour son peuple. Pourvu que son peuple ait votre foi, Marie. Vous suivre, Marie, c’est nous engager sur les chemins de l’impossible.

Je me permets de souligner trois aspects de ce récit de Luc :

1. Tout d’abord, Vierge Marie, vous recevez de la part de Gabriel un nom nouveau : « Comblée-de-grâce. » Oui, vous êtes comblée, remplie de grâce dès votre conception immaculée qui vous a préservée du péché originel. Sans aucun mérite de votre part, Notre-Dame, vous avez bénéficié de la pure gratuité du don de Dieu. C’est pourquoi l’ange Gabriel peut dire que vous avez « trouvé grâce auprès de Lui ». Vous avez été fidèle à la grâce reçue qui n’a pas été vaine en vous. Votre pureté vous a rendue gracieuse auprès de Dieu qui se plaît à être avec vous. Cette grâce prévenante ressemble ici à votre beau manteau, un manteau de pureté qui vous préserve de l’impureté du péché originel. Vierge Marie, vous êtes entièrement revêtue du manteau de la Miséricorde de la Sainte Trinité. En vous contemplant, Notre-Dame, nous sommes invités à nous appuyer sur la grâce de Dieu pour nous garder purs à travers les sacrements de la confession et de l’Eucharistie et l’exercice de la charité envers Dieu et notre prochain.

2. En second lieu, je voudrais souligner la seconde affirmation que l’ange exprime : « Le Seigneur est avec toi. » () Oui, le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont avec vous. Saint Bernard disait dans une très belle homélie en vous tutoyant : « Oui, le Père est avec toi, qui de son Fils fait aussi ton fils ; le Fils est avec toi, qui pour réaliser en toi l’admirable mystère, s’est miraculeusement ouvert le sanctuaire de ton sein tout en respectant le sceau de ta virginité ; l’Esprit Saint est en toi, qui, de concert avec le Père et le Fils, sanctifie tes entrailles : Le Seigneur est donc avec toi. » (Saint Bernard de Clairvaux, Écrits sur la Vierge Marie, Ed. Médiaspaul, 2015, p. 86)
« Le Seigneur est avec toi » : ce salut que l’ange vous fait, Marie, devient souhait exprimé par le célébrant au début de chaque Eucharistie, comme le fera le père Romain dans quelques minutes : le Seigneur soit avec vous ! Comme vous, Marie, nous pouvons nous demander ce que signifie cette salutation. Cette salutation est le renouvellement de votre annonciation : à chaque messe, Dieu nous visite comme vous : la Parole de Dieu pénètre en nos cœurs, c’est la première partie de la messe – puis le Seigneur ressuscité pénètre en nos corps – c’est la communion. Ce que l’ange vous dit, Marie, il nous le redit à chaque Eucharistie. L’Eucharistie c’est notre annonciation renouvelée : le salut de Dieu nous est offert à travers tous les sacrements de l’Eglise.

3. Ce qui est aussi totalement neuf, Marie, c’est la conception virginale de Jésus qui a fait couler tellement d’encre et susciter des débats interminables. Avec toute l’Eglise, par cette conception virginale, nous croyons que votre fils Jésus est le don par excellence du Père. En effet, ce ne sont pas les hommes qui se donnent à eux-mêmes le Sauveur dont ils ont besoin. Vrai homme né de vous, Marie, une fille de notre race, votre fils Jésus n’est pourtant pas le produit de l’histoire humaine ; il est le fruit de l’agir divin, il est fils de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu comme nous l’affirmons chaque dimanche depuis le concile de Nicée il y a 1700 ans.
Mais votre virginité, Marie n’est pas seulement physique. Elle est avant tout spirituelle. Votre cœur n’était pas partagé, double, mais il était tout entier à Dieu. Vous étiez à l’écoute de Dieu à travers sa Parole et vous restiez docile aux commandements de Dieu depuis l’aube de votre conscience.

Quelle merveille pour vous, Marie, et pour nous aujourd’hui, pèlerins d’espérance, d’apprendre que Dieu a choisi de prendre la condition humaine, qu’il accepte de s’humilier en prenant chair dans votre sein, vous, une jeune fille vierge de Nazareth, sans tambour ni trompette, dans le plus grand secret ! Le Seigneur vous donne d’être la véritable « arche de l’Alliance », le « saint des saints », le « tabernacle vivant » qui contient Dieu, votre Créateur.

Le Seigneur manifeste par là qu’à travers tous ses dons, il cherche avant tout à se donner Lui-même aux hommes. Jésus dira à Jude dans l’Evangile de saint Jean : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » () Et dans l’Evangile selon saint Matthieu : « Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » ()

Avec ces mots que vous avez entendus en direct, Jésus nous laisse un message important : la volonté de Dieu est la loi suprême qui établit la véritable appartenance à Lui. Par votre exemple admirable, Marie, l’Évangile nous présente l’attitude fondamentale avec laquelle vous avez exprimé votre amour pour Jésus : faire la volonté de Dieu. Vous ne saviez pas comment vous pouviez devenir mère, mais avec votre « oui » au moment de l’annonciation, vous vous en êtes remise totalement à cette volonté qui allait s’accomplir en vous, et vous êtes devenue la femme de l’espérance, qui accomplit la volonté de Dieu. A nous, pèlerins d’espérance, Jésus veut donc accorder cette grâce qu’il vous a accordée à vous sa Mère de façon spirituelle. Afin que nous puissions comme vous, Marie, l’engendrer en nous dans la foi par l’accomplissement de la Volonté du Père.

Notre-Dame, comme le soulignait le pape François, vous instaurez un lien de parenté avec Jésus avant même de lui donner le jour : vous devenez à la fois disciple et mère de votre Fils au moment où vous accueillez les paroles de l’Ange et lorsque vous lui répondez : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ! » Ce « advienne » n’est pas seulement une acceptation, mais aussi une ouverture confiante en l’avenir. Ce « advienne » est espérance !
La clé de l’événement se trouve là. Vous, Notre-Dame, une jeune femme sans importance, née dans une bourgade insignifiante jamais mentionnée dans l’Ancien Testament, vous enfantez l’enfant Dieu ! Voilà qui est proprement extraordinaire. Car rien ne vous distingue, Marie, ni compétence, ni statut, ni qualité, sinon votre foi c’est-à-dire votre confiance en Dieu. Vous acceptez d’être en votre corps même le lieu où se vérifiera que rien n’est impossible à Dieu. Votre confiance, Marie, n’est pas soumission, mais consentement à devenir agente du projet de Dieu, Votre magnificat que nous méditerons demain le fait savoir sans équivoque lorsque vous chantez ce Dieu qui renverse et bouleverse les valeurs du monde.

Aujourd’hui encore, Notre-Dame, des hommes et des femmes se déclarent disponibles de cœur, de corps et d’esprit pour être comme vous les instruments de l’œuvre de Dieu. Je ne prendrai qu’un seul exemple de chez nous, parmi bien d’autres : les sœurs de St Vincent de Paul. Pourquoi elles ? Parce qu’elles renouvellent chaque année leur engagement au jour de l’Annonciation. Elles ont reçu cette mission d’entretenir l’espérance dans un quartier marqué par trop d’injustices et donc de violences. Humbles et pauvres, elles se sont mises à l’école de St Vincent de Paul pour rejoindre ceux que Dieu préfère : les humbles et les pauvres qui n’ont pas choisi de l’être. Par leur choix libre et renouvelé chaque année, dans le silence de la prière, elles sont partie prenante de la destinée de ceux que la vie n’a pas choyés. Elles sont en quelque sorte une caresse de Dieu sur les blessures et les addictions quotidiennes. Sans parole inutile, sans jugement qui condamne, elles sont présence cachée qui redonne courage. Elles ont été placées ici pour réveiller la joie, comme le disait le pape François lors de l’année de la vie consacrée. Par leur vie de prière et par leur vie de service, elles contemplent Jésus modèle de charité, pour vivre et aimer comme Lui. Les sœurs de St Vincent de Paul ne portent elles pas le beau nom de Filles de la Charité ?
St Vincent et Ste Louise de Marillac ont demandé aux Filles de la Charité de vous aimer et de vous imiter, Vierge Marie, c’est pourquoi elles contemplent en vous, l’Immaculée, ouverte à l’Esprit, la Servante humble et fidèle, la Mère de Dieu, Mère de miséricorde et espérance des petits.

Par votre intercession, Notre-Dame du Saint-Cordon, demandons à Dieu de nous obtenir la grâce de lui dire comme vous un ‘oui’ joyeux et renouvelé afin de concevoir et de mettre nous aussi son Fils Jésus Christ au monde.
Faisons mémoire des oui que nous avons prononcés et qui ont fait de nous des pèlerins d’espérance, rendons grâce pour les fidélités à ce oui de nos vies et demandons pardon pour nos infidélités à nos engagements. Avec le sacrement de réconciliation proposé abondamment en cette neuvaine, n’ayons pas peur de nous présenter avec nos péchés devant Celui pour qui rien n’est impossible.

L’Angelus
L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie, et elle conçut du Saint-Esprit…
Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole…
Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous…
Priez pour nous, sainte Mère de Dieu, afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’Ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé ; conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection.
Par le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Jean-Marie LAUNAY

Prêtre du diocèse de Cambrai et vicaire épiscopal.

Publié: 01/01/2026