Avec vous, Marie de la Visitation, l’espérance d’un Salut

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Bonsoir Marie,
Bonsoir chère Notre-Dame du Saint-Cordon,
A l’issue de notre première rencontre hier soir, au cours du repas convivial, certains de mes chers frères prêtres se sont étonnés que je vous vouvoyais ! Il est vrai que lors de la préparation de ces méditations, j’avais hésité entre le tutoiement et le vouvoiement. J’ai finalement choisi de vous vouvoyer non pas parce que vous seriez une inconnue ou une connaissance éloignée, oh non ! Je rappelais hier combien vous êtes proche de moi depuis ma conception. Mais votre vie de mère et disciple de Jésus, votre pureté, votre bienveillance maternelle m’inspirent une telle admiration que je me sens plus à l’aise avec le « vous » même si l’on dit « tu » en s’adressant à Jésus et au Père…

Mais ne tardons pas, pour notre second entretien, courons en hâte avec vous chez Elisabeth et Zacharie !

De l’Evangile selon saint Luc, chapitre 1
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Chère Notre-Dame du Saint-Cordon, dès le lendemain de l’Annonciation, le Verbe prend chair en vous. Comme le soulignait le cardinal Danneels dans sa belle homélie au jour du millénaire : après la visite de l’Ange, vous aviez toutes les bonnes raisons du monde pour rester quelques jours chez vous, dans le silence et la paix de votre petite maison de Nazareth. Car il y avait de quoi méditer, intérioriser. Sans doute auriez-vous préféré vous plonger dans la prière et l’adoration. Mais non. Vous ne restez pas chez vous tranquillement, pour goûter la joie du cadeau de cette maternité divine. Non Marie, vous bougez. Vous devenez pèlerine d’une espérance incroyable ! Vous vous levez et courez vers votre cousine Elisabeth pour l’aider. Avec vous, le Verbe, le Logos, la Parole faite chair commence à faire son chemin. Dès le début, Notre-Dame, la Parole semée en vous se risque : en effet pour aller de Nazareth jusqu’en Judée où habitent Élisabeth et Zacharie, il fallait traverser la Samarie, région méprisée par les Juifs pieux. Dites-nous, Notre-Dame, vous n’étiez quand même pas toute seule pour faire ce voyage ! Quoi qu’il en soit, seule ou accompagnée, il fallait que sans tarder, vous transmettiez la salutation de l’ange pour enclencher le processus. Parce qu’il n’y a pas d’annonciation sans visitation.

Oui, Notre-Dame, vous le savez bien ! Qui reçoit la visite de Dieu ne reste pas là bien assis, pour en jouir. Non, il devient comme vous pèlerin d’espérance, il se lance sans tarder vers son prochain pour le servir. Il prend la route de la charité. La véritable mystique ne se renferme jamais en elle-même, mais elle pousse irrésistiblement vers le service des autres. Sinon, elle n’est pas authentique ni fiable. Elle ne vient pas de Dieu, et elle n’est que le produit de notre propre imagination.

Lorsque nous faisons ‘le tour’ avec vous Marie, nous nous engageons sur le chemin du prochain. D’ailleurs, dimanche, nous nous sommes bougés pour faire le Grand Tour, nous avons marché avec empressement pour faire du bien aux autres. Nous sommes aller saluer tous ceux qui attendaient votre passage !

Et donc, nous raconte St Luc, vous bougez, vous courez même. D’ailleurs dans ce récit de la visitation tout bouge : personne ne reste en place. Vous courez au-delà des montagnes, Elisabeth se presse sur le seuil de sa maison, elle rompt le silence qui régnait autour d’elle depuis que son Zacharie avait perdu la parole et elle crie de joie en vous apercevant, Marie, sur le pas de la porte, ce cri que je faisais mien hier soir : « Comment m’est il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

Comme toutes les visites, Notre-Dame, votre visite à Elisabeth a commencé par un salut comme le précise saint Luc : « Marie salua Elisabeth ! » Au jour de l’annonciation, l’ange vous a saluée, Marie ; puis vous partez aussitôt saluer votre cousine. Il y a beaucoup de salutations dans la Bible parce qu’il y a beaucoup de rencontres. Il y a beaucoup de rencontres parce que Dieu lui-même, dans sa fidélité, n’a cessé de visiter son peuple pour lui apporter son salut.

Ici, il est intéressant de noter que le mot "salut" est utilisé dans les deux sens de saluer et de sauver. En français, le verbe "saluer" est de la même famille de mots que solidaire, être sauf, sauver. Saluer quelqu’un ne serait-ce pas d’une certaine façon le sauver ?
Quand nous sommes salués par quelqu’un, Notre-Dame, alors nous sommes connus, reconnus, nous existons, au moins pour lui. Sinon, nous avons la mortelle impression d’être compté pour rien, parfois de n’être plus rien pour notre famille ou nos voisins, dans notre milieu professionnel ou à l’école ; au mieux, nous ne sommes plus qu’un numéro : "Il ne m’a même pas dit bonjour !" "Il ne m’a même pas salué !" Refuser de saluer quelqu’un, de lui causer, c’est lui dire "Tu n’existes plus pour moi". il s’agit presque d’une mise à mort.

Au contraire, c’est lorsque nous sommes attendus, appelés, salués avec notre prénom par nos parents, des amis, des éducateurs, des inconnus et mieux par des adversaires, que nous nous sentons reconnus ; nous existons et nous trouvons la force de tenir bon, notre vie prend du sens. Quand quelqu’un nous salue, nous rend visite, nous dit bonjour, nous rencontre, nous ne sommes plus seuls. Nous retrouvons notre dignité, la joie d’exister, le goût de vivre, et la force d’entrer en relation avec tous ceux qui nous entourent.

Oui, Vierge Marie, saluer quelqu’un c’est en quelque sorte le sauver, car la relation suscite de la vie. Saluer l’autre c’est reconnaître son existence, sa dignité. C’est ouvrir sa vie.

Vierge Marie, en Jésus votre enfant, nous avons la plus éminente des salutations. En Jésus, nous accueillons le salut de Dieu offert aux hommes. Jésus est la suprême manifestation de la longue fidélité de Dieu qui ne cesse de visiter son peuple, de le saluer, de le sauver, malgré tout. "Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous" (). D’ailleurs, Notre-Dame, le beau nom de Jésus que l’ange vous a chargé de donner à l’enfant, ne signifie-t-il pas "Dieu sauve" ? L’évangile de ce mardi nous le redira tout à l’heure : après la résurrection du fils de la veuve de Naïm, tout le peuple s’exclamera au sujet de Jésus : « Un grand prophète s’est levé parmi nous : Dieu a visité son peuple. »

Vierge Marie, ce sont vos saluts de la part de Dieu qui attirent des foules de pèlerins à Lourdes, à la Salette, à Fatima, à Banneux ou Beauraing. Et aussi ici à Valenciennes avec vous, Notre-Dame du Saint-Cordon : le salut de Dieu qui nous sauve, à travers vous, Marie. Il suffisait de regarder votre belle image qui parcourait les rues de notre ville pour sentir dans le cœur de ceux qui vous attendaient une joie semblable à celle d’Elisabeth ! Le Tour du Saint Cordon, c’est votre visitation qui se renouvelle chaque année ! Par vous, Dieu visite, salue et sauve ce peuple de Valenciennes. Plus encore, par vous, nous comprenons que le salut offert par le Seigneur ne peut être transmis que par les disciples de Jésus que nous sommes et dont vous êtes la mère.

Oui, au final, c’est toujours Dieu qui salue et sauve, mais au moyen des autres. Vierge Marie, cette fidélité de l’amour de Dieu s’exprime par les chrétiens eux-mêmes dans notre Église dont vous êtes la mère. Ici se révèlent la racine et le fondement de la valeur de toutes nos salutations et visites chrétiennes. Oui saluer au nom de Dieu, comme vous l’avez vécu avec Elisabeth, c’est transmettre le salut de Dieu offert à tous. Dans toute rencontre et salutation, Dieu est présent.

C’est d’ailleurs la mission que donne le diacre à la fin de la célébration de l’Eucharistie. Le Christ qui nous a salués dans sa Parole, qui nous a nourris de son corps, nous envoie saluer et sauver les autres mais aussi être salué et sauvé par les autres : "Allez dans la paix du Christ !" La visitation développe et accomplit l’annonciation. La rencontre avec les autres développe l’Eucharistie et l’accomplit. Il n’y a pas d’Eucharistie sans visitations.

Alors, Notre-Dame, combien avons-nous à veiller à la qualité de nos relations, entre nous avec nos différences et dans nos communautés chrétiennes, à la qualité de l’accueil, de l’écoute, du pardon, de l’entraide entre nous.
Mais Jésus nous interpellera : "si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant. Vous, soyez parfaits comme votre Père est parfait". ()

Par votre intercession, Notre-Dame du Saint-Cordon, vous qui êtes parfaite, aidez-nous à sortir de nous-mêmes, de nos peurs, de nos frilosités, pour aller porter le Christ à ce monde chamboulé qui nous entoure, mais que Dieu aime : méditons avec vous l’exemple de Vincent de Paul avec les malades, de François d’Assise avec le lépreux, de Pier Georgio Frassati avec les pauvres de Turin, de Mère Teresa et Sr Emmanuelle avec ceux de Calcutta et du Caire, de Carlo Acutis à Milan, Oui, au nom de Jésus, des hommes et des femmes par milliers de par le monde et ici à Valenciennes, saluent, et souvent discrètement, des personnes seules, dépressives, des malades, des ainés. Ils leur apportent le salut dans les deux sens du mot : saluer et sauver : ils réconfortent, consolident, ravivent des relations, suscitent la force et la joie de vivre. Nous pensons ici aux chrétiens qui visitent le centre hospitalier, les cliniques et maisons de retraite, la prison, à ceux qui assurent la permanence et l’accueil dans nos églises et nos maisons paroissiales. Ils sont l’honneur de l’Eglise qui salue et sauve au nom de Jésus …

Revenons au récit de St Luc : l’évangéliste nous précise que lorsque la salutation retentit aux oreilles d’Élisabeth, l’enfant à naître en ses entrailles tressaille d’allégresse. Par son tressaillement et non pas par des mots, Jean le Baptiste voit poindre l’aube des temps nouveaux et reconnait joyeusement la présence en vous de celui qu’on attendait pour la fin des temps.
Remplie de l’Esprit prophétique, votre cousine Élisabeth est alors en mesure de déchiffrer pleinement le sens de ce qui se produit en ses entrailles ; elle ne se contente pas de reconnaître que vous, Marie, et Jésus que vous portez, êtes l’objet d’une bénédiction divine. Elle confesse aussi et surtout que vous êtes la mère de son Seigneur ; Élisabeth dit de ses lèvres ce que son enfant a affirmé en tressaillant : votre fils, Marie, est le Christ Seigneur annoncé par le psaume 109 que St Luc citera à deux reprises au chapitre 20 versets 41 à 44 et en Actes 2, 34 à 36 « Le Seigneur dit à mon Seigneur : siège à ma droite et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône ».

Ce qui est dit de vous par votre cousine provient de la grandeur de votre fils. Si vous êtes porteuse du Messie, vous êtes de fait la plus bénie de toutes les femmes. En croyant à l’accomplissement des paroles divines, vous êtes devenue mère : votre foi était nécessaire pour que, précisément, ces paroles s’accomplissent !

Notre-Dame du Saint-Cordon, vous êtes vraiment celle qui écoute parfaitement la Parole, le modèle du croyant, la première chrétienne. En rapportant ce magnifique épisode de votre visitation, St Luc a apporté à l’Eglise les trésors de sa prière vous concernant, vous la Vierge de Nazareth. L’expression « mère de Dieu », deviendra plus tard le titre premier dont les Eglises vous gratifieront : vous êtes la Théotokos chère aux chrétiens d’Orient, qui prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Et voici que, toujours selon St Luc, en réponse immédiate à la salutation d’Elisabeth, jaillit de votre bouche le plus beau cantique du Nouveau Testament :

De l’Evangile de Luc
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Votre âme exulte en Dieu, Notre-Dame ! Et votre joie est notre joie ce soir ! Les spécialistes de la Bible nous ont fait découvrir que votre Magnificat est une véritable mosaïque des textes de l’Ancien Testament comme le cantique d’Anne (1 Samuel 2, 1-10 ) qui lui sert de modèle tout comme de nombreux psaumes. Votre chant de louange est construit sur un jeu de contraste abaissement/élévation. Nous le méditerons dimanche en contemplant votre Assomption.

La surprise vient surtout du temps que vous utilisez : Vous parlez au présent et non pas au futur : pourquoi chantez-vous que Dieu déploie la force de son bras, qu’il renverse les puissants et qu’il élève les humbles ! Marie, êtes vous si sûre que Dieu a renversé les puissants et réhabilité celles et ceux que la société écrase ? Vous savez simplement que cette espérance est devenue réalité pour vous, l’humble femme devenue porteuse du projet divin. Vous, Marie, vous la femme ordinaire, qui êtes tombée enceinte de l’extraordinaire de Dieu. En votre corps, vous incarnez déjà la dignité retrouvée des pauvres et des humiliés. En vous, se produit le bouleversement des situations et des valeurs qui caractérisent le passage de ce monde-ci au monde nouveau.

L’intervention salvifique de Dieu qui a commencé avec la conception de son fils le Messie rendra prioritairement justice aux humiliés, aux écrasés. Cette réflexion chère à St Luc sera développée plus longuement avec les béatitudes.

Chère Notre-Dame du Saint-Cordon, que toutes nos rencontres, au cours de cette neuvaine, soient vécues comme une visitation de Dieu dans le cœur de tous, aussi bien par celui qui adresse la salutation que pour celui ou celle qui la reçoit ! Car rien n’est impossible à Dieu !

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Jean-Marie LAUNAY

Prêtre du diocèse de Cambrai

Publié: 01/02/2026