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Chantier Naval

Atelier liturgique

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Devant la mort qui fait souffrir, il n’est pas honteux de crier sa révolte et de pleurer son chagrin.
Malgré l’amitié qui les lie à Jésus, les deux sœurs Marthe et Marie lui adressent comme un reproche à la mort de Lazare : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » *Jn 11, 21*. Et cette émotion gagne Jésus lui-même au point que l’évangéliste note qu’il est « bouleversé » et pleure, lui aussi.
Dans le trésor de l’Ancien et du Nouveau Testaments, des textes vont nous permettre d’exprimer la violence de notre peine, les doutes qui nous assaillent à l’occasion de cette mort, la révolte qui nous donne envie de nous en prendre à Dieu même. C’est Job qui, aux limites du blasphème, hurle à Dieu son incompréhension (« Pourquoi ? ... et pourquoi moi ? ») ; c’est Jésus lui-même qui, sur la croix, ose citer le psaume 21, 2 *Ps 21,2* : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Un temps viendra - souhaitons-le - où ma prière se fera plus paisible, mais il est possible qu’aujourd’hui je ne puisse prier autrement que par ce cri et ces pleurs...

Quand quelqu’un s’exprime en face de moi, je ne cherche pas à le juger mais je me laisse toucher par lui. Et je pense que Dieu doit être un peu comme ça quand il écoute la prière des hommes. Il se laisse toucher par leur musique, sans s’arrêter à tel ou tel critère esthétique ; il regarde en vérité ce cri qui vient de l’intérieur. Nous avons malheureusement trop tendance à nous exclure les uns les autres. Il y a mille et une manière de prier, de croire et d’exprimer sa foi. C’est une chance qu’il y ait tant de diversités dans notre Église. C’est le signe qu’elle est belle.
(Raymond FAU)