1er dim. de l’Avent (29/11) : Pistes pour l’homélie

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle APERTUS (Écoles fédérales polytechniques de Lausanne et Zurich, Suisse).

Piste 1

Faire la queue à la poste, au magasin, subir un bouchon sur l’autoroute, attendre, patienter… est devenu un cauchemar. On ne supporte plus d’attendre, on s’organise pour que tout soit prévu, arrangé, programmé… on prend rendez-vous pour passer immédiatement…

Lorsque le feu devient vert on klaxonne celui qui ne démarre pas au quart de tour ; c’est à peine si l’on ouvre la porte à celui qui ne s’est pas annoncé. Ce qu’on achète, il faudrait que ce soit livré le jour même, on accepte difficilement un délai. On ne sait plus ce qu’attendre signifie. Il y a des distributeurs automatiques pour tout.
Nous sommes souvent fatigués d’être repus, comblés, blasés. Il devient de plus en plus difficile de créer la surprise. Bientôt en ce temps de cadeaux, nous allons nous tordre les méninges pour trouver quelque chose qui puisse procurer un peu de satisfaction.
Mais heureusement cela ne concerne que les choses, les objets, il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit de personnes.
Quand les parents attendent un enfant cela dure 9 mois et rien n’a changé depuis la nuit des temps.
Lorsque celui ou celle qu’on aime est parti travailler ou en voyage, il faut attendre son retour. C’est en quelque sorte aller à sa rencontre.
Ou encore lorsqu’on veut se lier d’amitié, il faut attendre, celle-ci se crée que petit à petit. On dit d’ailleurs qu’il faut se laisser désirer, apprivoiser.
Ou même quand on se casse la jambe, il faut patienter et attendre que la soudure se fasse.

Si l’attente a un aspect douloureux, paradoxalement elle est source de joie parce que c’est elle qui me rend heureux de l’arrivée ou du retour de l’autre.
Celui qui n’attend rien ni personne est quelque part un peu déjà mort, il n’a plus d’espérance ni d’avenir. Il n’a aucune chance d’être un jour satisfait.

Le temps de l’Avent veut nous aider à réveiller en nous cette patience de l’attente. Il veut nous aider à sortir de notre lassitude et raviver en nous le goût de vivre. Il nous rappelle que la vie n’est possible qu’en sortant de soi-même pour s’ouvrir aux autres, même si c’est parfois dérangeant et inconfortable.
Quand Jésus nous demande de veiller, il nous invite à attendre son retour c’est-à-dire à nous disposer à aller à sa rencontre.
Mais nous pourrions parfois nous poser la question : comment l’attendre puisque nous le possédons déjà ? Ne l’avons-nous pas enfermé dans nos rites, nos tabernacles, nos commandements, notre petit catéchisme, nos credos, dans notre église ?
Pourtant Dieu ne se laisse pas mettre en boite, il vient à l’improviste, il vient là où on ne l’y attend pas.
Car nous dit le prophète Isaïe : « Le Seigneur vient à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie. » Cette rencontre, il nous le dit, se fera à l’improviste, au moment le plus inattendu et surtout sous un visage surprenant : un vieillard, un sorti de prison, un handicapé… et s’il lui prenait l’idée de venir aujourd’hui dans un taudis, dans une étable, s’il avait l’idée de venir en portant une croix ! Saurions-nous le reconnaître ?
Oui, nous devons rester sur nos gardes, il serait trop triste de l’avoir prié et ensuite de le laisser filer, de le perdre dans la foule anonyme sans avoir reconnu son visage.

Piste 2

Comme chaque année, le 10 décembre nous célébrerons l’anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme. Une ‘Déclaration’ pour nous qu’est-ce que c’est sinon des mots, un énoncé de bons principes que nous considérons comme importants mais, avouons-le, ils ne nous intéressent plus guère parce que nous en bénéficions déjà depuis longtemps. Mais il n’en va pas de même pour tous, l’application de ces droits sont, pour des millions d’hommes et de femmes, leur dernière chance, leur dernière espérance de vie ou de survie.
Le 10 décembre prochain nous serons invités, comme chaque année, à allumer une petite bougie à notre fenêtre, non pas pour fêter un anniversaire comme on met des bougies sur un gâteau, mais pour nous rappeler, nous rapprocher, nous mettre en communion avec ces milliers de personnes emprisonnées à cause de leur choix politique, de leurs convictions ou de leurs croyances.
Nous pouvons naturellement nous poser la question : comment ces petites flammes répandues jusque dans le dédale de nos quartiers, pourront-elles contribuer à la libération des prisonniers ? En soi elles ne servent à rien, c’est même du gaspillage et pourtant ces flammes sont importantes, elles signifient que nous restons attentifs, vigilants et que la situation de toutes ces personnes ne nous laisse pas indifférents. Ces petites flammes signifient que nous ne les oublions pas, qu’elles existent, qu’elles comptent encore pour nous.
Ces bougies allumées auront évidemment encore plus de sens si nous prenons la peine par une simple lettre, d’intervenir, faire pression pour leur libération.
Cette bougie est un peu semblable à celui ou celle qui veille au chevet d’un malade. Lui aussi en quelque sorte ne sert à rien, il est impuissant à apporter la guérison mais nous savons combien le simple fait d’une présence silencieuse, tenir la main, est important pour le malade.
N’est-ce pas ce que Jésus nous invite à faire aujourd’hui, à veiller, être au chevet, prendre conscience de la souffrance des autres, être à leur côté ?
Etre veilleur c’est donc ne pas se familiariser au mal, ni à l’injustice ni à la pauvreté.
Etre veilleur c’est ne pas s’habituer à voir des sans logis, des immigrés renvoyés, des scènes de violence et de guerre… autant d’événements qui finissent par nous endormir devant notre petit écran.
Lorsque Jésus nous dit « veillez », il ne nous charge pas de toute la misère du monde, il ne fait pas reposer sur nous la responsabilité de tout le mal de la terre, mais, comme il nous le faisait déjà comprendre les semaines précédentes, il ne tolère pas que nous restions sans réaction, endormis, indifférents, devant la détresse qui est à notre porte.
Comme le prophète Isaïe le disait déjà à son peuple, c’est à nous aujourd’hui que ces paroles s’adressent : « Le Seigneur vient à la rencontre de celui qui pratique la justice et le droit. »

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

Publié: 29/10/2026