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Questions diverses

Satan... et la Foi de l’Eglise

Le relatif silence de l’église sur cette figure énigmatique de Satan, qui fait un retour spectaculaire dans les préoccupations de nos contemporains, mérite quelques explications. On examinera d’abord les enjeux philosophique et théologique de cette référence au diable, puis les attestations scripturaires, avant de considérer la place qui lui est accordée dans la pratique baptismale de l’église et dans la prière du Seigneur.

Satan, tout le monde en parle... sauf l’Eglise !

Goût de l’étrange et engouement pour les phénomènes dits « paranormaux », succès des salons de la voyance et des magiciens ou marabouts de tout genre prétendant enlever ce que l’on appelle « le mauvais oeil » ou les « sorts », attrait pour les films d’épouvante, attirance morbide manifeste dans tel ou tel groupe de « hard rock », profanations de cimetières et de calvaires commises par des jeunes se réclamant de sectes démoniaques... On a rarement autant parlé de Satan et des forces du mal que en cette fin de millénaire, et ce, jusqu’au seuil de nos églises : il n’est plus rare en effet que les prêtres soient sollicités pour donner de l’eau bénite, bénir un appartement où « il se passe des choses bizarres », ou indiquer l’adresse de l’exorciste !

À des demandes aussi ambiguës, émanant de gens souvent culturellement déstructurés et psychologiquement perturbés, les pasteurs opposent, sinon une franche fin de non-recevoir, du moins une réserve prudente. Quant aux théologiens, ils ne font pas la part belle à Satan dans leurs réflexions (ni « diable » ni « Satan » à l’index thématique du Catéchisme de l’église Catholique !) et les rares prises de position du magistère à son propos ne brillent pas par la nouveauté du langage, quand elles ne manifestent pas un certain embarras [1] !Signalons toutefois l’étude intitulée « Foi chrétienne et démonologie » et recommandée en 1975 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi [2], ainsi que la récente lettre pastorale de la Conférence des évêques de Toscane sur « Magie et démonologie ». Sur le fond, notons que, l’objet de la foi n’étant pas Satan et sa puissance, mais le Christ vainqueur de Satan, du Péché et de la Mort, il est un peu normal [3] que Satan ne fasse pas la « une » des catéchismes parus ces dernières années (pour le Catéchisme pour adultes des évêques de France on se reportera principalement aux n° 128-129, et pour le Catéchisme de l’église Catholique aux n° 394-395, 414, 2851).

Satan, un enjeu philosophique et théologique !

D’où vient le mal ? L’expérience universelle de la souffrance, tant physique que morale, a, depuis la nuit des temps, amené les hommes à se poser la question. Mais alors que la tentation est grande de lui chercher une rationalité par le jeu d’un responsable clairement identifié (soit Dieu, soit l’homme), la figure de Satan surgit dans la Bible comme l’irrationnel absolu, une réalité dont il n’est pas possible de se débarasser en la mettant simplement au compte de Dieu ou de l’homme !

Contre les cosmogonies gnostiques chargeant les dieux d’une création ontologiquement mauvaise, la Bible affirme la bonté de la création. Dieu n’a pas voulu le mal et, même après le surgissement de celui-ci (l’homme, en effet, n’est pas maudit, mais seulement châtié), il continue de considérer la création comme intrinsèquement bonne, et l’homme doit continuer de la considérer comme telle. Le mal n’appartient pas à la nature des choses, il est un accident. Il ne tient pas à la volonté d’un Dieu pervers. Il est un malheur. C’est dire du coup, puisqu’il n’appartient pas à la nature, qu’il peut être combattu [4].

Et contre l’héritage grec (cf. le mythe de Sisyphe et de Prométhée) et la représentation d’un homme écrasé sous le poids d’une culpabilité et donc condamné à la désespérance, ce tiers énigmatique (ni le dieu ni l’homme) que représente le serpent de la Genèse indique la présence d’un mal dont nous, hommes, n’avons pas à supporter toute la responsabilité [5].

Il se pourraît d’ailleurs que cet enseignement traditionnel de la foi chrétienne puisse trouver quelque appui dans l’expérience commune. Les horreurs quotidiennes que nous révèlent les médias (génocides du Rwanda, du Burundi ou de la Bosnie, sordides trafics et viols d’enfants en Belgique, assassinats de religieux et massacres de milliers de civils en Algérie, terrorismes aveugles semant la terreur et la mort dans des populations civiles innocentes, etc...) atteignent en effet un tel degré d’inhumanité [6] qu’elles semblent donner raison à ceux qui soupçonnent, derrière de telles atrocités, non seulement le vice chez quelques individus particulièrement pervers, mais encore l’action d’un être foncièrement hostile à l’homme... et à Dieu.

Dans les Ecritures, une réalité aux noms divers

Satan, de l’hébreu et du grec satanãs (seulement 50 occurences dans toute la Bible, dont 10 pour le seul prologue du livre de Job et 8 pour le livre de l’Apocalypse) qui signifie « ennemi », « adversaire », « accusateur ». Le terme est tantôt employé avec un article, comme un nom commun désignant l’accusateur public dans un procès (par exemple dans le prologue du livre de Job), tantôt sans article, comme un nom propre (par exemple en 1 Ch 21:1). La suppression de l’article semble d’ailleurs correspondre à une évolution à la fois linguistique et théologique préparant les représentations iconographiques ultérieures auxquelles donnera lieu le Moyen-âge [7]. Adversaire de l’homme, il en est le tentateur (cf. tel le fameux serpent de la Genèse : Ap 20:2), ainsi que le montre bien le récit des tentations de Jésus : Mc 1:13 et plus encore Lc 4. Il cherche à faire échec à l’oeuvre du Christ (Lc 22:3 ; Lc 22:31 ; Ac 5:3 ; 1 Co 7:5 etc...).

Le diable, du grec diabolos (pas plus de 41 emplois dans toute la Bible) a sensiblement le même sens que « satan », terme auquel il est parfois identifié (Ap 12/9 et 20/2). Le mot a en plus la connotation de « médisant » ou « calomniateur » (1 Tm 3:11), celui qui qui sème la zizanie, « celui qui divise » (et donc l’adversaire par excellence du « symbole » de la foi qui réunit les disciples du Christ !).

Il est « homicide et menteur dès l’origine » (Sg 2/24 ; Jn 8:44).

Béelzéboul (cf. Mt 12:22-28) Divinité païenne des Cananéens, qui signifiait « Baal le Prince », mais que les Israélites ont ridiculisé en « Béelzéboub » qui veut dire « Baal des mouches » ! Au temps de Jésus, cette figure était censée être le chef de tous les génies mauvais rôdant autour des hommes. à noter en effet qu’Israël hérite d’un univers culturel dans lequel cohabitent émissaires bénéfiques de la divinité (les anges) et forces maléfiques aussi nombreuses et variées que les maladies et souffrances des hommes (les démons) [8].

Le prince de ce monde (cf. Jn 12:31 ; Jn 16:11). L’expression, chère à St Jean, souligne l’emprise du mal, associée à l’image des ténèbres (Jn 1:4-5 ; Jn 12:35 ; 1 Jn 1:5-7).

Le Malin, le Mauvais, du grec poneiros : Mt 5:37 ; Mt 13:19-38 ; Jn 17:15 ; 1 Jn 5:18] : Discret rappel de la ruse de l’antique serpent [Gn 3:1 ; 2 Co 11:3] et des fils de ce monde [Lc 16:8].

Cette multiplicité de noms - comme l’épisode du possédé de Gérasa (Mc 5:1) qui dit s’appeler « Légion », c’est-à-dire être pluriel - traduit, au temps de Jésus, des croyances non-unifiées au sujet du diable. Lorsqu’il est mis en scène dans l’écriture, le diable apparaît comme un usurpateur, une sorte de parasite de la condition humaine. Même la fameuse scène des tentations de Jésus, en Lc 4, nous laisse sans réponse sur l’identité du diable. Jésus ne s’attarde pas sur cette question, même s’il mentionne explicitement Satan à plusieurs reprises et à des moments décisifs de sa mission (Mt 5:37 ; Mt 6:13 ; Mt 13:19 ; Mt 13:39 ; Lc 22:31 ; Lc 22:53 ; Jn 14:30 ; Jn 16:11) et s’il semble bien le considérer pour autre chose qu’une simple abstraction ou symbolisation du mal multiforme qui atteint l’homme [9]. L’important est ailleurs. C’est de reconnaître l’existence d’un ennemi à combattre (cf. Ep 6:10-12 ; He 12:4). C’est de lui résister, de déjouer ses pièges, de maintenir coûte que coûte le lien à Dieu.

« Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ? »

Telle est la question traditionnellement posée par le prêtre au moment du baptême d’un petit enfant. On notera que, dans le rituel du baptême des enfants en âge de scolarité, Satan a disparu au profit du « Mal »... excepté dans les notes pastorales où il est identifié à « ce qui fait obstacle à l’avènement du Royaume de Dieu et de l’adhésion au Père des cieux, à son Fils, Jésus Christ et à l’Esprit Saint » (n°87).

Dans le nouveau rituel francophone de l’initiation chrétienne des adultes, Satan n’apparaît comme tel dans aucune des 11 prières proposées en guise de premiers exorcismes, lesquels « montreront aux catéchumènes la véritable condition de la vie spirituelle, le combat entre »la chair et l’esprit« , l’importance du renoncement pour vivre selon les béatitudes du Royaume de Dieu, et la constante nécessité du secours divin ». (n°110). Il n’apparaît vraiment (n°150) qu’avec l’exorcisme que comprend chacun des scrutins du Carême pour les catéchumènes : c’est « le Mauvais » (n°158/1), « le démon » (n°158/2 et 158/3), « le père du mensonge » (n°165/1), « le prince des ténèbres » (n°165/2) ou encore « l’esprit du mal » (n°172/1). Il est enfin nommé dans chacune des trois formules de renonciation qui précède immédiatement le baptême... mais de façon très sobre et avec le langage et les images du Nouveau Testament (ainsi, par exemple, au n°218/3, cette formule : « Renoncez-vous à Satan, votre ennemi, il sème l’ivraie au milieu du bon grain ? »).

On le voit, l’église est au moins aussi discrète sur le diable dans sa pratique baptismale que dans son magistère !

« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du Mal ! »

Avec ou sans majuscule [10], le mal est là, indubitable, celui que l’homme subit comme celui qu’il commet.

Depuis les nombreuses données de l’écriture jusqu’aux affirmations du pape Paul VI [11] et du Catéchisme de l’église Catholique, en passant par le 4ème concile oecuménique de Latran, l’enseignement chrétien, par sa vigueur à assurer la liberté et la grandeur de l’homme, à mettre en pleine lumière la toute-puissance et la bonté du Créateur, ne trahit pas de faille.

"Il a blâmé dans le passé et il condamnera toujours le laisser-aller trop facile à prétexter quelque sollicitation démoniaque. Il a proscrit la superstition autant que la magie. Il refusa toute capitulation doctrinale devant le fatalisme, toute démission de la liberté devant l’effort. Bien plus, dès qu’on parle d’une intervention diabolique possible, l’église fait toujours place, comme pour le miracle, à l’exigence critique. La réserve et la prudence sont, en effet, requises. Il est facile d’être dupe de l’imagination, de se laisser égarer par des récits inexacts, maladroitement transmis ou abusivement interprétés. Ici donc, comme ailleurs, le discernement doit s’exercer. Et il faut laisser place ouverte à la recherche et à ses résultats.

Néanmoins, fidèles à l’exemple du Christ, l’église estime que l’admonition de l’apôtre saint Pierre à la « sobriété » et à la vigilance est toujours d’actualité (cf. 1 P 5:8)."
(« Foi chrétienne et démonologie » Documentation Catholique n°1681, p.718)

Si la foi nous invite à la vigilance pour résister aux assauts du Mal, elle nous certifie dans le même temps que la puissance de Satan ne peut franchir les frontières que Dieu lui impose. Elle nous assure également que, si le diable est en mesure de tenter, il ne peut nous arracher notre consentement. Surtout la foi ouvre le coeur à la prière... celle que Jésus apprend à ses disciples et qui met à l’oeuvre la puissance de Dieu...

Ainsi donc, plus certaine encore que la juste définition de la figure du mal est, au regard de la foi chrétienne, la victoire du Ressuscité : « nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 8/37-39)

On pourra lire aussi

- Satan dans Concilium n°103 (1975)
- Le Mal dans Nouvelle Revue de Psychanalyse, Gallimard, n° 38, automne 1988
- Le diable sur mesure dans Lumière et Vie no. 212 (avril 1993)
- Le diable dans Fêtes et Saisons n° 504 (avril 1996)
- Dominique CERBELAUD, Le diable... tout simplement, Paris, éditions de l’Atelier/Editions Ouvrières, 1997

 

[1Le texte de référence demeure toujours celui du 4ème concile de Latran, réagissant en 1215 contre l’hérésie cathare : « Le diable et les autres démons furent créés par Dieu bons dans leur nature, mais ils se sont rendus mauvais. Et l’homme a péché sur la suggestion du diable. » Mais l’Eglise n’en dit pas plus.

[2La Documentation Catholique n°1681, août 1975. On notera que l’expert sollicité par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’est pas nommé, et que celle-ci, tout en recommandant ce texte, « comme base sûre pour réaffirmer la doctrine du Magistère », n’a pas jugé opportun de le faire sien en y apposant sa signature.

[3La Documentation Catholique n° 2104 du 20 novembre 1994

[4Voir sur ce point le beau livre d’Adolphe GESCHE (Le mal, Cerf, 1993) : « En rapportant par conséquent l’origine du mal au récit d’un accident, et en en parlant en termes historiques, et non pas métaphysiques, le judéo-christianisme a sans doute pris le risque de parler du mal d’une manière anecdotique et contingente, qui peut prêter le flanc au sourire philosophique. La philosophie classique préfère les termes de nature et de substance ; ce fut, par exemple, le fait du manichéisme (le mal est une nature), relayant ainsi les cosmogonies gnostiques. En parlant du mal en termes de contingence, le judéo-christianisme a exclu définitivement le mal de la nature des choses pour en faire une réalité de culture et donc de liberté et de maîtrise. » (p.109)

[5« Il y a donc un mal qui nous précède et qui nous entoure, et que l’homme parfois reprend, recommence. C’est tout le sens, ici, de la tentation dans le thème du péché originel. Il signifie que nous ne sommes jamais des initiateurs absolus du mal, ce qui serait proprement épouvantable. Il y a là un caractère extrêmement libérateur dans la doctrine du péché originel. Ainsi, l’idée d’héritage et de transmission - qui prête par ailleurs ... tant de discussions - a cette qualité de signifier cette fragilité de l’homme que nous sommes dès notre naissance dans ce monde cassé, dès avant d’avoir commis une faute dont on pourrait nous rendre coupables. » (idem p. 108)

[6L’athéisme d’un philosophe comme Luc FERRY ne prétendra pas non plus réduire le mystère du mal, même s’il préfère y voir une réalité immanente : « ... non seulement le mal est humain, mais il est même l’un des propres de l’homme, l’une de ses différences les plus spécifiques d’avec les autres êtres. On ne rencontre point d’assassins chez les bêtes. (...) Entre la religion, qui représentait le démoniaque sous les traits d’une entité personnifiée, et les sciences humaines qui tendent à son anéantissement pur et simple, se dessine ainsi un troisième ordre du discours : Celui qui, au sens le plus fort, humanise le mystère du mal, c’est-à-dire l’intériorise, sans pour autant prétendre en avoir fini avec lui. » (Luc FERRY : L’homme-Dieu ou le Sens de la vie, Grasset 1996, pp. 107-108)

[7cf. Robert BEAUVERY : Le jeu des figures diaboliques dans la Bible dans Lumière et Vie n° 212 : « La logique de l’accomplissement des Ecritures ne contraindrait-elle pas, en définitive, le jeu des figures diaboliques, en inflation dans le Nouveau Testament, à se dévoiler, à dire leur nom face à l’unique Nom donné aux hommes pour être sauvés (cf.Ac 4:12), celui-là même qui a vaincu le Prince, sans pour autant »abolir« son jeu (cf. Jn 12:31 ; Jn 16:11) ? »

[8D’après Ac 23:8, il semble d’ailleurs que, à la différence des Pharisiens, les Sadducéens ne croyaient pas plus aux anges et aux démons qu’à la résurrection !

[9« L’Evangile parle de la possibilité d’une présence diabolique dans l’homme : le sujet qui en est victime devient comme une »maison« dont l’ennemi a pris possession (cf. Mc 3:22-27) ; et il décrit des interventions de libération de situations de ce genre opérées par Jésus. Bien qu’il soit difficile de les interpréter, on ne peut pas penser que des interventions semblables doivent être comprises, toutes et toujours, comme une réponse à des situations de dissociation psychologique ou d’hystérie. A moins de penser que Jésus ait été victime d’une superstition primitive, il ne semble pas que l’on puisse accepter que le »tu« qu’il emploie dans ses exorcismes (par exemple en Lc 4:35 ; Lc 8:30-33) soit une expression purement abstraite, ne désignant ’rien’. » (Les évêques de Toscane, déclaration déjà citée, no. 14)

[10Pour la traduction de Mt 6:13 on a le choix entre « Délivre-nous du mal » et « Délivre-nous du Mauvais », le terme grec « poneiros » pouvant s’interpréter soit au neutre (la chose mauvaise, le mal), soit au masculin (le Mauvais, le Mal). Le Catéchisme de l’Eglise Catholique opte nettement pour le masculin et la majuscule :« Dans cette demande, le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. » (n° 2851)

[11« Il sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique celui qui se refuse de reconnaître la réalité terrible du Mal pour existante ; ou encore qui en fait un principe existant en soi, qui n’aurait pas, comme toute créature, son origine en Dieu, ou même qui l’explique comme une pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et imaginaire des causes inconnues de nos misères. » (Audience générale du 15 novembre 1972)

Philippe LOUVEAU

A longtemps fait partie de l’équipe de PSN, est aujourd’hui curé de la paroisse St Cyr-Ste Julitte et responsable du secteur pastoral de Villejuif (diocèse de Créteil) - France

plouveau gmail.com
(re)publié: 31/01/1998