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Partage autour du sacrement des malades

Ce n’est pas du catéchisme - je tiens à le préciser - mais simplement un partage entre frères et soeurs, comme à certains moment importants. Voilà le fond de ma pensée sur ce sujet.

Âgés, malades, dernière étape

A cette étape de nos vies, l’essentiel, ce n’est pas/plus ce qu’on fait, mais ce qu’on est.

Et en bonne logique du baptême, qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou non, qu’on l’admette ou non, on arrive comme le Christ à Gethsémani et en croix au Calvaire à l’étape du don total. Père que ta volonté soit faite, et non la mienne...

Saint Paul le dit clairement : Je complète en ma chair ce qui manque à la passion du Christ.
Autrement dit, en termes militaires, nous ne sommes pas retraités, en seconde ligne ou en réserve, non pas du tout ; mais au contraire nous sommes en activité totale, à la dimension du monde ; c’est une facette du mystère de la (co-)Rédemption. Dieu a besoin des hommes (titre d’un film de...?) [1]

A Jérusalem, Jésus a bien été aidé, remplacé, par Simon de Cyrène pour porter la croix. Mais ce Simon n’a pas offert sa vie à Dieu avec Jésus. C’est un épisode, pas une étape, de sa vie. Quand nous arrivons/arriverons “aux portes de la mort” l’épisode devient/deviendra étape, l’étape finale.

Christifiés

Nous sommes habitués à une version soft de l’Évangile et de la vie chrétienne, qui nous permet de ne pas être en rupture avec la vie courante et avec nos contemporains non-baptisés, des hommes comme nous. Pourtant le baptême - qui fait de nous des petits christs (chrétien, c’est un diminutif) est une rupture. Ce que nous sommes n’apparaît pas encore clairement.

Par le baptême, dans les bras de nos père et mère, parrain et marraine, nous passons de la mort à la vie ; sans que cela se voie nous mourons : ce jour-là nous sommes morts à la vie ordinaire. En effet nous sommes enlevés à nos parents/géniteurs, et transplantés, vivants à un autre niveau de vie, une vie nouvelle, vraie vie, totale, éternelle, donnée par Dieu, notre créateur et père : semés, engendrés mais encore en gestation... en attente de notre naissance définitive à la vie éternelle (le jour de notre mort civile)... D’où les prénoms : Re-né(e), Victor/Victoire (vainqueur), Athanase (immortel)... Christine...
Ce que nous sommes n’apparaît pas encore clairement, actuellement nous voyons comme dans un miroir. Personne à moins de naître de l’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Dans cette période d’attente d’une naissance définitive à venir, avouons que c’est gênant de n’avoir aucun moyen, aucune possibilité de savoir ou d’imaginer ce que nous serons une fois nés/ressuscités ; comme l’enfant à naître évoluant dans un milieu aqueux ne peut penser ou imaginer qu’il respirera au grand air. C’est une autre facette du « mystère » de la rédemption/résurrection. Qu’on comprendrait mieux si nous étions baptisés adultes, sur un choix personnel.

Sacrement des malades

Or dans la panoplie des sacrements, nous passons comme Jésus, et autant que possible avec lui, plus ou moins consciemment, du Jourdain au Calvaire.

Baptême, Confirmation et Eucharistie nous « christifient », ou encore le sacrement de Réconciliation en cas de besoin ; l’Ordre et le Mariage nous fournissent le nécessaire pour être images et présences actives de Dieu dans/pour le monde selon nos choix de vie.
Le sacrement des Malades (autrefois Extrême Onction) nous christifie en nous configurant au Christ mourant le vendredi saint, mort et ressuscité le troisième jour,dans la nuit de Pâques. Configurés, christifiés, mais pour nous le « vendredi saint » dure du baptême à notre mort !

Pour être à la hauteur

Ce sacrement des Malades n’est pas, comme on le dit malheureusement presque toujours, une consolation pour nos souffrances - oui, dans certains cas ou pour certaines personnes car le Christ partage toutes nos souffrances.

Mais ce sacrement nous est donné avant tout pour nous hisser sur la croix, nous mettre à la hauteur du moment, pour entrevoir, accepter et offrir le don de notre vie.
Don suprême « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », comme on le dit à la messe, juste avant de réactualiser le sacrifice de Jésus sur la croix, pour rendre participants (plus ou moins conscients) de la rédemption tous les « concélébrants », prêtres ou laïcs.
Ou comme on dit encore aussi « que les dons que nous apportons servent au service de tous » (con-célébrants = co-rédempteurs).

Dieu premier servi ! Il y a un changement de plan complet, total, à faire quand nous parlons du sacrement des Malades. Nous devons considérer d’abord le sacrement comme « offrande pour Dieu » ; et pas seulement et uniquement comme « consolation pour nous ».

Aimés, tels que nous sommes, et pardonnés

L’imminence de la rencontre avec Dieu ne devrait pas, ne doit pas, nous terroriser. Nous ne sommes pourtant pas parfaits, c’est tellement vrai ! Aussi vrai aussi que Dieu nous aime tels que nous sommes. Comme le père du prodigue, il vient à notre rencontre en courant pour nous prendre dans ses bras. Mon fils qui était mort est revenu à la vie... apportez la plus belle robe... festoyons !

Juge incompréhensible, pas de balance, aucun registre du bien et du mal, et une colonne unique dans sa comptabilité : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »... finalement pas de passif.
Aucun jugement ! Ou plutôt, jugement impensable, limite injuste : il « connaît nos plus secrètes pensées » mais « aussi loin qu’est l’Orient de l’Occident il éloigne de nous nos péchés ! ».
Dieu est amour « tendresse et pitié, plein de miséricorde », Il nous fait « revenir à la vie ».

Pour toujours ! Définitivement !
C’est à ne pas y croire !

[1Film réalisé par Jean Delannoy, sorti en 1950, d’après le livre d’Henri Queffélec : Un recteur de l’île de Sein.

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(re)publié: 01/02/2017