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Lire la Parole de Dieu dans la paroisse

Trouver le goût de lire la Parole de Dieu en communauté est un défi majeur pour les paroisses. Faire une proposition réaliste et concrète de lecture communautaire de la Bible dans la paroisse peut être une bonne opportunité pour se nourrir de la Parole et se laisser inspirer par elle dans un dialogue fructueux avec la vie.

Voici quelques questions à prendre en compte au moment de songer à la mise en route de cette démarche :

Quelle périodicité ? Les membres de la paroisse sont invités à se rencontrer régulièrement pour le partage communautaire de la Parole de Dieu, par exemple : une fois par mois à un jour fixe ; le premier ou le troisième vendredi de chaque mois. On sera attentif à la disponibilité des personnes intéressées et aux questions pratiques.

Qui inviter ? Ces rencontres s’adressent à tous les membres de la paroisse. Le groupe de partage communautaire de la parole ne doit pas être un « groupe à côté d’autres », ou parallèle à d’autres, mais plutôt le lieu qui rassemble les membres de la paroisse dans le but d’écouter « ce que l’Esprit dit aujourd’hui aux Églises » (Ap 2,7). Ces partages communautaires doivent rester un événement de toute la communauté chrétienne.

De quels outils a-t-on besoin ? Chaque participant apportera sa Bible et de quoi écrire. L’animateur se chargera de fournir un texte structuré et avec un espacement qui permette de prendre des notes personnelles. Si nécessaire, il fournira le texte en plusieurs langues. Penser aussi à des feuilles de chants et à d’autres textes nécessaires au bon déroulement de la rencontre.

Quels textes choisir ? Il y a plusieurs possibilités : suivre les textes des liturgies dominicales (ceci pourrait aider à la préparation de l’homélie), une lecture continue d’un évangile ou d’un autre livre du Nouveau ou de l’Ancien Testament, une lecture thématique (paraboles, figures bibliques, la foi, la miséricorde, la justice, etc.)

Comment communiquer la démarche ? Plusieurs moyens peuvent être mis en œuvre pour informer les membres de la communauté de cet espace de partage biblique : rappel lors des célébrations dominicales, insertion dans les bulletins paroissiaux et les sites internet, installation de panneaux d’information ou la mise à disposition des flyers avec horaires, adresse, numéros de téléphone des personnes de contact et d’autres renseignements utiles, etc.

Dans quel cadre ? La rencontre sera plus fraternelle et moins « scolaire » si les chaises sont disposées en cercle ou en carré. Quelques tables peuvent être utiles ainsi que des symboles adaptés (cierge, icône, fleurs, images, etc.). Le cadre spirituel doit être fraternel et interactif ; les personnes ne sont pas là pour recevoir un cours, mais pour se laisser inspirer en communauté par la Parole.

Comment améliorer et poursuivre la démarche ? À la fin du parcours, les participants évalueront leur expérience de lecture communautaire de la Bible. Ils sont invités à faire des propositions pour le parcours suivant, comment continuer et améliorer la démarche (sujet, périodicité, horaire, etc.).

Exemple pratique :

Donner la priorité aux pauvres, pas à l’argent
La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare
Lecture de l’évangile de Luc (Lc 16,19-31)

1. Accueil (5’)

Salutation, échange des nouvelles entre les participants, présentation du déroulement, chant proposé : Écoute la voix du Seigneur

2. Première approche de Luc 16,19-31 (10’)

  • Lire le texte à haute voix.
  • Les participants relisent le texte en silence, munis d’un crayon leur permettant de le souligner ou de noter ce qui les frappe.
  • Les participants échangent autour de la phrase qui étonne spécialement et disent pourquoi ?

3. Approfondissement du texte (30’)

Les participants cherchent à bien saisir ce que le texte dit ; pour ce faire ils sont invités à chercher dans le texte des clefs de lectures.

Questions pour l’approfondissement :

  • Dans quel contexte Luc insère-t-il cette parabole ?
  • Quels sont les personnages ? Comment sont-t-ils décrits ?
  • Comment le récit se déroule-t-il ? Quels sont les déplacements ? Les non-dits ? Les faits étonnants ?
  • Quels mots ou symboles sont mis en exergue dans le texte ? Comment éclairent-ils la compréhension du texte ?
  • À quels textes bibliques, du même Évangile ou de la Bible en générale, cette parabole fait-elle écho ?

4. Pour relier la Parole à la vie : actualisation (20’)

Questions possibles :

  • Comment cette Parole parle-t-elle à notre vie personnelle ? Quelle pratique nous inspire-t-elle ?
  • Comment la situation de la répartition des richesses dans le monde rejoint-elle la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare ?

Inviter à lire l’exhortation Evangelii gaudium : « Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir » :
« Derrière ce comportement [l’idolâtrie de l’argent] se cachent le refus de l’éthique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l’éthique avec un certain mépris narquois. On la considère contreproductive, trop humaine, parce qu’elle relativise l’argent et le pouvoir. On la perçoit comme une menace, puisqu’elle condamne la manipulation et la dégradation de la personne. En définitive, l’éthique renvoie à un Dieu qui attend une réponse exigeante, qui se situe hors des catégories du marché. Pour celles-ci, si elles sont absolutisées, Dieu est incontrôlable, non manipulable, voire dangereux, parce qu’il appelle l’être humain à sa pleine réalisation et à l’indépendance de toute sorte d’esclavage. L’éthique - une éthique non idéologisée - permet de créer un équilibre et un ordre social plus humain. En ce sens, j’exhorte les experts financiers et les gouvernants des différents pays à considérer les paroles d’un sage de l’antiquité : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs » (EG 57).

  • Comment ce texte du pape François, rejoint-il la parabole de Lazare et du riche, ainsi que notre propre réalité contemporaine ?

5. Suggestion pratique pour entrer dans la prière (10’)

  • Reprendre le chant proposé.
  • Ensuite les participants qui le désirent sont invités à faire une prière spontanée.
  • On termine en priant le Notre Père.
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Luis MARTINEZ

Référent de pastorale biblique, diocèse de Luxembourg

(re)publié: 01/10/2020