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Boîte à outils pour accompagner le partage d’un texte

Les outils sont des impulsions qui ont pour but d’aider soit à entrer dans le texte biblique, soit à l’approfondir, soit à l’actualiser. Plusieurs outils sont à disposition de l’animateur pour aider à mieux entrer dans le texte proposé au partage et à y déceler son message pour nous aujourd’hui.

Le photolangage

Cet outil permet à chacun de s’exprimer et de se situer face à un thème ou à un texte. Il s’agit d’un choix de photos pour introduire un échange sur un sujet entre les participants.

Lors de son choix, l’animateur prévoit un mélange équilibré de photos : personnes isolées, groupes de personnes, petits et grands, animaux, nature, végétation, monde technique, scientifique, photos symboliques etc.

Les photos sont disposées par terre ou sur une table, en sorte que chacun puisse circuler, en silence, pour les regarder, avant d’effectuer un choix (une ou plusieurs photos peuvent être choisies).

L’animateur lance une question en rapport avec le thème ou le texte à aborder. Par exemple, si le thème est la liberté : « Choisir une photo qui, pour moi, représente un aspect de la liberté. » Ou si on vient de lire un psaume : « Quelle est pour moi la photo qui représente au mieux l’image de l’être humain qui ressort de ce psaume ? » Les photos peuvent également servir à exprimer ce que l’on a compris, ce qui fait problème, ce qui est essentiel au niveau du texte ou du thème.

Si deux participants ont choisi une même photo, ils ne modifient pas leur choix, mais pourront s’exprimer à tour de rôle à partir de la même photo.

Il est aussi possible de réaliser sur panneaux un montage avec les photos, soit pour le plénum comme synthèse, soit comme travail de sous-groupe en vue d’une synthèse en plénum.

Les images

Les images sont des peintures figuratives ou plus abstraites. Elles peuvent être utilisées dans le même but que le photolangage. Elles peuvent servir également de support à la contemplation et à la méditation. Parfois, l’image peut être accompagnée de musique méditative.

L’animateur invite les participants à regarder l’image en silence, ensuite il peut commenter l’image en commençant par une description de celle-ci pour en arriver à son message. Les découvertes du texte biblique seront mises en rapport avec des éléments visuels de l’image.

Le dialogue muet

Cet outil permet au groupe de dialoguer sur un thème ou à partir d’un élément du texte biblique. Il s’agit d’un moyen simple qui permet à chacun d’entrer en conversation en suivant son rythme et au moment où il entend le faire. Le dialogue écrit permet de reprendre des éléments du début, ce qui est difficile dans une conversation orale. Ce moyen permet aussi au dialogue de ne pas être complètement bloqué par ceux qui ont la parole facile. Le dialogue étant écrit, il reste une trace du travail du groupe. On peut y revenir par la suite.

L’animateur prépare une grande feuille qui sera suspendue à un mur ou posée sur une table. Au centre de la feuille, il inscrit une phrase ou une expression qui va être l’objet du dialogue. Par exemple, le mot « Pardon » ou « Communauté » etc. Le groupe se place autour de la table ou en demi-cercle face au mur.

Munis de stylos ou de feutres, les participants échangent sur le thème en écrivant sur la feuille en silence pendant une dizaine de minutes.

Il s’agit d’un véritable dialogue : chacun peut réagir aux interventions des autres, modifier la phrase de départ, souligner ce que les autres ont écrit, relier certains éléments par des flèches. En revanche, on ne peut pas supprimer, effacer ce que les autres ont noté sur la feuille.

Les participants échangent verbalement à partir de ce qui a été écrit sur le papier : réactions, comment on a vécu l’expérience du dialogue, demande d’explications, sur quoi le dialogue a porté, ce qu’on a compris du thème, les points forts, etc.

Une autre version consiste à lire d’abord le texte biblique choisi, puis inviter les participants à écrire sur le tableau un mot ou une expression qui exprime le sens qu’a le texte pour elle ou pour lui. Ensuite on réagit.

La carte postale

Cette dynamique permet de transmettre à d’autres personnes de façon brève le message, ou un élément important du message, découvert dans le texte.

On détermine le ou les destinataires et on écrit la carte (le destinataire peut être un personnage d’un récit biblique ou une personne existante).

L’animateur distribue des cartes où les participants pourront noter quelques phrases qui résument l’essentiel de ce qu’ils ont retenu du message du texte. On peut également faire un dessin ou un schéma.

Si on le désire, on peut lire la carte en séance plénière et échanger sur ce qui a été écrit.

Biffer le texte

L‘animateur donne le texte biblique sur une feuille. Après la lecture du texte, les participants sont invités à supprimer les mots qui, d’après eux, ne sont pas nécessaires pour la compréhension du texte lu. Après avoir discuté les différentes versions du texte, ils cherchent à saisir la structure de la péricope et découvrir le cœur du message que l’auteur cherche à nous communiquer.

Donner un titre

Après le partage autour d’un texte, le groupe cherche à lui donner un titre qui exprime bien le contenu décelé.

Le groupe fera différentes propositions de titre. Les différents titres sont notés et discutés.

Si le texte a un titre traditionnel (par exemple « Le fils prodigue », plus récemment appelé « Le Père miséricordieux »), les participants discuteront sur la pertinence de celui-ci.

Finalement, on retient celui qui intègre le mieux le contenu du texte et les découvertes du groupe.

Percevoir avec son corps

Certains textes, surtout ceux où il est fait mention d’infirmités physiques, se prêtent à l’utilisation de l’expression corporelle pour « se mettre dans la peau » d’un personnage. En voici trois exemples :

La femme courbée : Lc 13,10-17
Pendant 5 minutes, le groupe va déambuler dans la salle en silence ; une partie des participants déambuleront pliés en deux et une autre partie debout, marchant normalement. Les participants choisissent d’être courbés ou non.

Le paralytique : Mc 2,1-12
Les participants choisissent soit de rester en mouvement soit d’être immobiles pendant 2 à 3 minutes. Après quoi, les gens « immobiles » et les autres inversent les rôles pendant encore 2 à 3 minutes.

L’aveugle-né : Jn 9
Par groupes de deux personnes. Une personne est muette mais voit et conduit la deuxième, qui, elle est aveugle (bander les yeux) mais conserve l’usage de la parole. Le muet promène l’aveugle pendant 5 minutes. Inverser les rôles avec les mêmes personnes pendant 5 autres minutes.

Après l’exercice, l’animateur aidera les participants à évaluer leur ressenti : comment est-ce qu’on se sent lorsqu’on est courbé, lorsqu’on a les yeux fermés, lorsqu’on est immobile ?
L’exercice est suivi de la lecture du texte et du partage habituel.

Les expressions populaires

Cet outil part du « vécu » des gens, dans le sens où ils se servent d’expressions tirées de la sagesse populaire que chacun connaît.

Chercher en groupe ou rassembler sur un thème de telles expressions. Par exemple, à propos du pardon : « Pardonner oui, oublier jamais », « Ça, je ne lui pardonne pas », « Le pardon, c’est donner par-dessus tout », etc.

Écrire les expressions sur des fiches. Mélanger les fiches et les distribuer au hasard aux membres du groupe.

Chacun lit et réagit à l’expression qui est sur la fiche qu’il a reçue. Il dit en quoi il est d’accord, en quoi il n’est pas d’accord, en quoi c’est différent pour lui. Ensuite, échange et discussion.

Actualisation du texte

Fait de vie
Cette méthode convient pour l’ouverture de la réunion. L’animateur ouvre le partage en présentant une histoire de la vie quotidienne ou d’un personnage connu. Il peut aussi chercher dans l’actualité. Il la propose à la discussion. L’échange prépare les participants à accueillir le texte biblique et à faciliter son actualisation dans la vie.

Lecture d’un texte du magistère de l’Église
Pour favoriser l’actualisation du texte biblique, l’animateur propose un extrait de texte du magistère (du concile ou des papes). Il invite les participants à faire le lien avec le texte biblique et la vie de la communauté chrétienne.
Cet exercice peut aussi se faire avec la lecture d’un théologien ou d’un auteur spirituel.

Lecture d’un texte de la littérature mondiale
Il s’agit de proposer la lecture en parallèle avec le texte biblique d’un texte tiré de la littérature mondiale, classique ou contemporaine (conte, roman, essais de philosophie, d’histoire, etc.) qui met en exergue un aspect interpellant, soit de la réalité soit de la foi. L’échange permet d’actualiser le texte biblique en dialoguant avec les grandes questions de l’humanité.

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Luis MARTINEZ

Référent de pastorale biblique, diocèse de Luxembourg

(re)publié: 01/05/2021