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Potins du sacristain - Février 2010

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci. Et puisque vous avez été nombreux à nous demander qui était le sacristain, vous pouvez le voir en photo au bas de cette page.

Oncle Pierre disait

« Lire la Bible, c’est faire l’expérience de Dieu : l’histoire de Dieu dans l’histoire d’un peuple. »

Il disait encore :
« Fréquenter la Bible, c’est retrouver dans le passé des situations analogues à celles que je vis aujourd’hui. »

Témoignage

Le sacristain a reçu ce vivant témoignage en provenance d’une religieuse faisant partie d’une communauté travaillant à Port-au-Prince.

Tu pourras dire aux gens qui étaient inquiets que j’ai la tête trop dure pour me laisser assommer par du ciment ! (Rire) Ça fait énormément de bien de savoir qu’il y a des gens tout autour de moi... C’est vraiment pas facile... C’est pire que pas facile... Nous manquons de tout. Je ne prends qu’un très petit repas par jour depuis mercredi. Pas d’eau potable, pas de nourriture et le spectacle... Quel spectacle...
Des morts alignés en pleine rue parce qu’on n’a pas encore d’endroit où les mettre (le gouvernement n’a pas levé le petit doigt encore). Nous sommes en pleine insécurité partout où nous allons... Les gens paniquent, ils ont faim... ils s’imaginent que nous avons tout pour eux... Les camions de ravitaillement se vident en 10 minutes quand ils ne sont pas carrément assaillis par des voleurs armés qui revendent à prix fort ce qui est donné par l’ONU (c’est la seule source de ravitaillement que nous avons actuellement). Et l’odeur... indescriptible... On craint une pandémie de choléra actuellement... pas d’eau potable nulle part... J’ai droit à une demi-chaudière de 5 gallons d’eau pour me laver chaque jour. Et il fait très chaud à Port-au-Prince (35 ° C - 40 ° C). À certains endroits, nous portons des masques, mais il fait tellement chaud qu’on étouffe. Alors on préfère avoir la nausée et pouvoir travailler... J’ai donné mon lunch aujourd’hui à deux enfants et une centaine sont arrivés en courant vers moi et ils m’ont presque jetée par terre. J’aurais pleuré comme un enfant...
Des collègues et moi avions reçu un bonus en argent américain pour Noël. Avec, nous avons acheté du riz et des pois, des aliments très nutritifs et typiques de l’alimentation haïtienne, et nous les avons distribués dans des petits sacs... Tu aurais dû voir ça... On aurait dit une ruée vers l’or... l’or blanc d’Haïti.
Le séisme a eu lieu le mardi 12 vers 17 h 30. Nous avions eu quelques petits avertissements mais la vie normale continuait son cours... Je venais de quitter le bureau central de Port-au-Prince et j’arrivais à Pétionville, une ville située plus en montagne (15 min environ lorsqu’il n’y a pas de trafic) et tout à coup... UNE IMMENSE VAGUE D’ASPHALTE DEVANT MA VOITURE... Tout bouge, impossible de garder le contrôle de la voiture... une minute qui dure, dure, dure... et tout s’effondre autour de moi... les murs de pierre, les toits des maisons... la route devient inondée de débris de chaque côté de moi... Aussitôt après la première secousse, je me rends tant bien que mal à la maison et là... une deuxième secousse moins violente. Dans la maison, tout est tombé... Mozart est mort de peur...
Je ne sais pas ce qui vient de se passer... Tout le monde est dehors... Ça crie, ça pleure... Impossible de joindre qui que ce soit au téléphone... J’ai l’impression d’être dans un autre monde... Pas question de redescendre à Port-au-Prince. Je ne sais pas si je pourrai remonter... Je passe la nuit, éveillée par quelques petites secousses encore et au matin, vers 5 h, je redescends à Port-au-Prince. Et là... C’est le plus grand choc de ma vie... Les gens sont tous dans les rues (imagine 4 000 000 de personnes dans les rues)... Les bâtiments sont écrasés... On entend des gens qui pleurent, qui crient... qui prient... La ville est méconnaissable... Il faut bien connaître les rues pour s’y retrouver...
Et la poussière... Tout est gris... On voit à peine le soleil... On voit sortir des gens des ruelles... On dirait qu’ils ont cent ans... Ils sont blancs de chaux et de poussière... Et les gens marchent, marchent sans direction... Ils sont comme des zombis... complètement sous le choc...
_ J’arrive tout près de là où se situe mon bureau mais plus rien... RIEN... Comme si le souffle de Dieu avait nettoyé toute cette partie de la ville... plus d’hôpital, plus d’écoles... des pans de mur empilés les uns sur les autres, c’est tout. Je me sens si remuée que je ne sais plus trop où je suis... pourtant, je connais très bien la ville maintenant. L’impression d’être seule au milieu de nulle part... Impossible de rejoindre mon équipe de travail par téléphone... Il faut donc que j’aille au bureau du CRS sur Delmas (la plus grande artère de Port-au-Prince)... Mais quelle aventure ! Tout est bloqué, tout est effondré (Delmas est une des plus vieilles parties de Port-au-Prince)... J’y arrive enfin vers midi (et il n’y avait qu’à peu près 10 kilomètres à faire)... Et voilà,,, je commence le travail avec une équipe de travail réduite (je suis sans nouvelles de beaucoup de mes collègues de travail encore actuellement)... Des morts, des blessés, des familles décimées, des milliers d’orphelins, une ville de sans-abris... LA MISÈRE ET LA DÉSOLATION dans son expression la plus pure...
Demande aux gens de prier pour les sinistrés mais aussi pour ceux qui sont là pour aider parce que, par moments, nous sommes confrontés à l’inimaginable, à l’insoutenable...
Prenez grand soin de vous et vivez à fond le moment présent. Parfois, le futur s’effondre comme un château de cartes en l’espace d’une minute...

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

10 milliards de dollars à peu près seraient nécessaires pour raser Port-au-Prince, reconstruire une ville moderne, lui donner un port, un aéroport, des bâtiments publics neufs.
2 500 milliards de dollars ont été versés par les Etats pour sauver le système financier du désastre dans lequel il s’est lui même plongé.
Le Point 21/01/2010

La science de la cuisine se modernise

Si la grand-mère du sacristain lisait cela, elle ne comprendrait pas...
Voici les ingrédients que l’on donne pour faire ce plat ancestral : la daube de bœuf.

  • 1,5 kg de paleron coupé en cubes
  • 1 pied de veau coupé en deux
  • deux barquettes de lardons fumés
  • 1 kg de carottes
  • 3 cuillerées à soupe d’échalote
  • 1 cuillerée à soupe d’ail
  • 2 cuillerées à soupe de thym
  • 4 cuillerées à soupe de persil
  • 3 cuillerées à soupe d’huile d’olive etc.

Les échalotes et l’ail ne se mesurent plus en gousses, le thym en branches et le persil en brins mais tout cela en ...cuillères à soupe !!! (ça « coule de source ») ; quand aux lardons ce n’est pas en grammes mais en barquettes (de 100, 250, 500 g ? Nul ne le sait !)

(On sait que le lait est produit par les cartons et que le poisson est carré…)

Un argument scientifique de société pour l’indissolubilité des mariages

Entre 2000 et 2008, selon les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche, le nombre d’étudiants inscrits dans les formations scientifiques de l’université (hors IUT) a baissé de 10,2 %, et même 19,2 % en sciences fondamentales (maths, physique, chimie). Entre 2000 et 2007, la baisse n’était que de 6,1 % et 13,5 %.
Cette tendance est générale à tous les pays développés membres de l’OCDE. Soucieuse d’une telle évolution, cette organisation a diligenté une enquête il y a quelques années. Il en a résulté trois explications : l’explosion du nombre de divorces à la suite desquels les enfants, confiés le plus souvent à leur mère, semblent moins initiés aux sciences et aux techniques ; la croissance du secteur tertiaire aux dépens de l’industrie ; enfin le succès scolaire des filles, plus attirées par les sciences humaines et sociales, la biologie ou la médecine.
(La Croix 26/01/2010)

La science énigmatique

Il y a des choses que même Dieu ignore : ce que contient le sermon d’un Dominicain, ce qu’il y a dans la poche d’un Franciscain, ce que pense un Jésuite... et comment fonctionne Google !

L’énigme du sacristain

La réponse vous est donnée en envoyant par email votre solution à jules.lagoutte portstnicolas.org.

Je caractérise un livre préféré, une table encombrée souvent de médicaments, si l’on y va c’est souvent pour soigner et enfin dans une église, c’est la partie du chœur qui se voit de l’extérieur.
Qui suis-je ?

La photo du sacristain


Le sacristain en plein travail scientifique de préservation du patrimoine.

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(re)publié: 01/02/2010