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Potins du sacristain - Juin 2002

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci.

Oncle Pierre disait :

« L’évangile n’est pas une réponse, il est Annonce. »

Et il disait encore :
« Depuis Jésus Christ, manger et rire ne sont plus des fautes... »

Al Quds [1], 13 mai au matin

"Je ne peux pas m’empêcher d’écrire ces quelques lignes après la joie vécue à Bethléem hier : ouverte depuis la veille, la ville close de 40 jours, déserte et sans vie, était ce dimanche 12 mai au comble de l’effervescence. On avait rarement vu autant de monde un dimanche ordinaire sur la place de la Nativité. Conviés par le Custode de la Terre Sainte [2], le père Giovanni Battistelli, à une eucharistie présidée par S.E. le cardinal Roger Etchegaray, les chrétiens ont célébré une eucharistie d’action de grâce et pour la Paix encore à construire, au rythme des chants et musiques des jeunes Bethléémites qui animent d’ordinaire cette messe dominicale de 11 h 00 en l’église Sainte Catherine.

L’homélie, que le cardinal a choisi de commencer par un cri de résurrection, ALLÉLUIA, fut prononcée en français, traduite en arabe. Cet Alléluia fut aussitôt repris par la foule, puis par la chorale qui a entonné de nouveau le chant d’acclamation de l’Evangile. Pendant 3 bonnes minutes, la basilique fut remplie de ce chant de joie spontané et vrai : Bethléem est ressuscitée. Cette spontanéité fut vraiment présente tout au long de la célébration ; très appréciée de tous, elle témoignait non seulement de la joie humaine des habitants, heureux de retrouver leur église et leurs connaissances, mais aussi de cette joie que nul ne peut nous ravir. « C’était dur, m’avouait une dame de la paroisse, car tout a commencé le dimanche de Pâques, avec la joie de Jésus ressuscité, et en moi, c’était comme si cette joie était morte. Aujourd’hui, je l’ai retrouvée ! »

Roger Etchegaray rappelait qu’en « cette ville où Dieu s’est fait homme, le Christ vient lui-même donner un nouveau départ à la Paix, ici et dans toute la Terre Sainte ». Il a remercié les communautés grecque orthodoxe, arménienne orthodoxe et franciscaine pour le témoignage à l’amour de Dieu rendu au milieu de tant de souffrances. Il n’a pas omis de remercier ceux qui, de près ou de loin (il s’agit de vous !) ont apporté soutien et réconfort aux habitants de Bethléem et environs.

Nous fûmes surpris de retrouver la basilique orthodoxe pratiquement indemne (suite à ce que nous avions pu entendre de détériorations opérées). Deux impacts de balles sur une mosaïque, quelques vitres cassées. Par contre, les couvents et habitations attenants, ainsi que la ville, ont gardé des marques de violents combats : bâtiments écroulés, carcasses de voitures brûlées, rues défoncées par le passage des chars. Certaines écoles ont repris la classe samedi, d’autres aujourd’hui, l’université mercredi ; la vie reprend petit à petit avec des gens affaiblis par ce temps de « prison dans leur maison » mais courageux et voulant plus que jamais travailler à la paix : « Nous sommes vivants, c’est l’essentiel, maintenant il nous faut trouver un chemin pour une PAIX durable ! » Retrouver les amis après tout ce temps où le contact avec eux, même téléphonique, n’était pas toujours facile, fut une réelle joie ; ils racontaient volontiers leur temps de guerre, en déplorant et pleurant les victimes, mais résolument tournés vers l’avenir. Ils redisaient avec leurs mots ce que le cardinal prêchait le matin : « L’heureuse issue que nous fêtons doit stimuler la PAIX dans toute la terre du Christ [3]. Tout dans la justice et le dialogue, rien dans la violence. »

Bises et salam de Bethléem !

Jean-Paul II et Port Saint Nicolas

A l’occasion de la Journée mondiale des communications sociales, en parlant d’Internet, le pape Jean-Paul II a dit : « Nous devons entrer avec réalisme et confiance dans ce réseau de communication moderne et de plus en plus développé. Nous ne devons pas avoir peur de ’Prendre le large’ sur le vaste océan informatique. »

Nul doute qu’il pensait embarquer à Port Saint Nicolas.

Je suis reconnaissant...

A l’adolescent qui se plaint de la vaisselle à faire, puisque ça veut dire qu’il est à la maison et non dans la rue.
Aux impôts que je paie, puisque ça veut dire que j’ai un emploi.
Au ménage à faire après une soirée, puisque ça veut dire que j’étais entouré d’amis.
A mes vêtements qui sont juste un peu trop serrés, puisque ça veut dire que je mange à ma faim.
A mon ombre qui veille sur moi au travail, puisque que ça veut dire que je suis en pleine lumière.
A la pelouse qui a besoin d’être tondue, les fenêtres à être nettoyées et aux gouttières qui ont besoin d’être fixées, puisque ça veut dire que j’ai un toit.
Aux plaintes faites à nos gouvernements, puisque ça veut dire que nous avons la liberté d’expression.
Au dernier stationnement que j’ai trouvé au bout de la cour, puisque ça veut dire que je suis capable de marcher.
A ma grosse facture de chauffage puisque ça veut dire que je suis au chaud.
A la personne assise derrière moi à l’église et qui chante faux, puisque ça veut dire que j’entends.
A ma pile de linge à lessiver et à repasser, puisque ça veut dire que j’ai des vêtements à porter.
A l’épuisement et à la douleur musculaire à la fin de la journée, puisque ça veut dire que je suis capable de travailler dur physiquement.
A la sonnerie de mon réveille-matin, puisque ça veut dire que je suis vivant.
Et finalement : pour tout le courrier que je reçois, puisque ça veut dire que j’ai des amis qui pensent à moi.

Quelle belle journée !!!

La pub du sacristain

Original : Électricité de France

Cette fois-ci, c’est officiel : La justice française a autorisé l’affiche AMEN. On peut donc dorénavant faire de la pub pour n’importe quoi avec des symboles qui ne vous appartiennent pas, au nom de je ne sais quelle liberté douteuse.
Le sacristain peut donc continuer sur sa lancée du mois dernier et refaire une autre pub chrétienne avec un symbole laïc.

Ça commence à devenir grave quand...

Les années 2000, ça commence à devenir vraiment grave quand :

  1. Vous essayez d’entrer un mot de passe pour mettre en route le micro-ondes.
  2. Vous vous surprenez à effectuer un double-clic sur le bouton de l’ascenseur.
  3. Ça fait plusieurs années que vous n’avez plus fait une réussite avec un jeu de cartes en carton.
  4. Pour demander à votre voisin de bureau s’il veut aller déjeuner avec vous, vous lui envoyez un email et il vous répond par email : « Ok, laisse-moi 5 minutes ! »
  5. Chacune de vos connaissances vous a donné au moins 3 numéros de téléphone.
  6. Vous discutez âprement via un forum avec un type habitant en Amérique du Sud alors que vous n’avez jamais dit bonjour à votre voisin de palier.
  7. Quand vous perdez un copain de vue, c’est parce qu’il n’a pas d’adresse email.
  8. Vous ignorez combien coûte un timbre-poste.
  9. Quand vous voulez téléphoner de chez vous, vous commencez par faire le 0 pour obtenir la communication extérieure.
  10. Ça fait 4 ans que vous travaillez assis au même bureau mais votre société a changé 3 fois de nom et 7 fois de logo.
  11. Vous partez bosser le matin dans le noir et vous rentrez le soir dans le noir aussi, même en été.
  12. La meilleure image que vous avez de vos gosses, c’est celle d’un fichier JPEG.
  13. Vous venez de lire cette liste en vous répétant à chaque ligne : « Merde, c’est vrai ! » et vous vous demandez déjà à qui vous allez la faire suivre par mail.

L’énigme du sacristain

La réponse vous est donnée en envoyant par email votre solution à jules.lagoutte portstnicolas.org.

Commencé par un ange,
terminé par une supplication finale de Pie V au XVIème siècle,
assemblé en une chaîne infinie,
il est source de réflexion et d’espérance.

[1Quotidien palestinien.

[2Ministre provincial (c’est-à-dire supérieur majeur) des Franciscains de presque tout le Moyen-Orient.

[3Il est certain que les habitants de Bethléem retrouvent en ces jours la situation qu’ils connaissaient il y a quelques semaines avant l’arrivée en masse de l’armée israélienne et le couvre-feu ; mais cette situation n’a rien de normal : le check-point est toujours là, la rentrée et sortie du territoire est toujours soumise à de fortes conditions, et les touristes, faisant vivre habituellement une grosse partie de la population, ne sont toujours pas de retour. Avis à ceux qui n’ont pas encore choisi leur destination estivale !

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(re)publié: 01/06/2002