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Pourquoi pas ?

Au cours des mois de l’été, les demandes de célébrations religieuses se font plus nombreuses pour les baptêmes et les mariages. Elles sont formulées de diverses manières et parfois sans lien apparent avec l’Église. Ceux qui accueillent doivent fournir un effort considérable pour aider à faire mieux préciser la demande au-delà de qui est souvent vécu comme une convention sociale ou familiale. Il faut essayer de faire émerger, si possible, une démarche de foi.

Le pape François attire l’attention des chrétiens, laïcs et prêtres, sur le fait de ne pas « instituer une douane pastorale qui, pour lui, serait un huitième sacrement ». Il s’agit de pas fermer des portes devant ceux qui se présentent pour recevoir un sacrement de l’Église.

Il y a quelques jours, une femme au téléphone voulait connaître un prêtre qui serait à la retraite, pour animer un mariage civil car, disait-elle : « Vous les prêtres vous avez une bonne pratique d’animation et vous savez faire. » Malgré mon étonnement, je commence par la remercier pour sa reconnaissance de la compétence des prêtres. Je lui fais préciser qu’il s’agit bien d’un mariage civil sans aucune référence religieuse, donc sans place pour le prêtre. Je lui suggère alors de chercher sur internet des personnes qui font de l’événementiel et qui peuvent monter une célébration laïque ! Mais je restai très insatisfait de ma réponse.

Plusieurs jours après, demandant à un papa de dire quelques mots sur le pourquoi du baptême qu’il souhaitait pour son enfant, il répond par un « Pourquoi pas ? » vigoureux. De la part d’un enseignant habitué à une parole publique, je m’attendais à un développement plus explicite. Peut-être est-ce pour faire plaisir aux grands-parents ? Et puis de toutes façons, « ça ne peut pas lui faire de mal » ! Je ne sais que penser.

Malgré mon expérience acquise au fil des ans, me voilà tout aussi décontenancé qu’un débutant. Des chemins nouveaux sont à explorer avec les personnes qui nous sollicitent pour les aider à aller au-delà de ce qu’elles croient attendre.

Il y a quelques années, une maman demandait le baptême de son enfant pour le jour de Pentecôte. Elle ajoutait : « Mais c’est un jour chômé ! » sous-entendu : « Est-ce que les prêtres travaillent ce jour-là ? » Au cours de l’échange qui a suivi, cette personne a découvert un aspect de l’Église qu’elle ignorait totalement. Suite à cette rencontre, j’avais écrit un coup de cœur avec pour titre : « La boutique est ouverte. » Je continue de dire qu’elle l’est toujours et qu’il y a toujours de la place pour tous !

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/06/2017