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Métissage

Originaire de chez nous, Isabelle est catholique. Après ses études, elle a travaillé en Hongrie. C’est là qu’elle a rencontré celui qui est maintenant son mari : un Hollandais de tradition protestante mais indifférent aux choses de la foi. Ils vivent et travaillent actuellement en Hollande. Ils ont trois enfants : les deux aînés ont été baptisés en région parisienne, lors d’une célébration œcuménique dans l’Église protestante, en présence de la belle famille hollandaise. La jeune femme souhaite que son petit dernier soit baptisé ici, au pays, toujours lors d’une célébration œcuménique dans une paroisse catholique. Les modalités sont d’autant plus compliquées que la marraine de l’enfant exerce son métier en Corée, pour le moment.

Cette situation n’est pas unique. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à bien des cas similaires dont il nous faut tenir compte lors de demandes de rites chrétiens aux Églises, tant protestantes que catholiques. Finie l’époque où la vie se déroulait au village autour du clocher, où le travail, les relations familiales et sociales, et le rituel religieux (baptêmes, eucharisties, mariages, sépultures) étaient organisés sur place. Cela pouvait être un atout, dans un monde marqué par la stabilité, mais dont l’horizon demeurait restreint.

Désormais, il n’en est plus de même, à cause des changements professionnels et des déménagements qui s’en suivent. Au gré des déplacements, des rencontres à l’étranger, dans d’autres univers culturels, confrontés à d’autres religions, voilà que nous avons évolué.

Quelque peu “métissés”, enrichis mais déstabilisés parfois, les esprits sont plus tolérants et les croyances plus relativisées aussi. En étant plus complexes, les demandes peuvent en inquiéter certains et en réjouir d’autres. Ceux qui les accueillent sont, eux aussi, invités au déplacement et à la recherche d’une réponse appropriée, mais le message chrétien doit rester toujours “bonne nouvelle“.

D’ailleurs, si l’on considère la tradition biblique à la source de nos diverses confessions chrétiennes, nous découvrons la figure symbolique d’Abraham, le père des croyants, un nomade qui donne le ton d’une aventure faite de déplacements, d’avancées et de ruptures parfois. "Abraham partit sans savoir où il allait" dit le texte de la Genèse dans la Bible. Ne faudrait-il pas ajouter ce qu’écrivait un Père de l’Église : "Abraham partit sans savoir où il allait, preuve qu’il était sur le bon chemin ?"

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/02/2016