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La dragée et la laïcité

Un dimanche, au restaurant, toute la salle est pleine. Ici et là les échanges vont bon train. Une fillette, avec sa maman, va de table en table et, présentant des dragées, elle dit : « Pour la fête de ma première communion, je vous offre des dragées. » C’est inhabituel, surprenant… Le regard plein de lumière de la “première communiante” enchante les uns et les autres qui accueillent avec respect cette démarche.

Si notre temps est bien celui de l’effacement du religieux dans la société, ce geste s’inscrit en faux. La fillette, sans doute pas très au fait des problèmes de laïcité et de la peur des prosélytismes, témoigne avec son cœur et toute sa candeur, la joie d’avoir vécu ce rite catholique se lisant sur son visage comme sur celui de la maman.

Dans certains établissements de santé et dans des prisons, les équipes d’aumôneries font remarquer que, parfois, il est difficile de se dire croyant et de se faire reconnaître comme tel ! Des pressions s’exerceraient au nom d’une laïcité combattante, sectaire, qui n’a rien à voir avec la loi de la séparation de l’Église et de l’État.

Par contre des citoyens, ne se reconnaissant d’aucune religion, font preuve d’une considération respectueuse à l’égard des croyants, partageant avec eux des engagements humanitaires. Tout dernièrement, lors d’une sépulture, on pouvait entendre les propos rédigés des années avant par le défunt : « Souvenez-vous parfois de moi mais ne vous affligez pas. C’est dans l’ordre de la nature. Le temps d’une vie a passé… Certains ont mis leurs espoirs dans un au-delà radieux. Je n’ai pu partager la foi qui les anime, mais je les comprends et je serai heureux qu’ils m’accompagnent aujourd’hui par leurs prières qui la traduit et les en remercie. »

Paroles touchantes qui mettent l’accent sur la diversité, reconnue et respectée comme un atout pour un vivre ensemble harmonieux. À sa manière, la fillette, avec ses dragées, posait un acte tout aussi parlant. Très certainement parmi les personnes attablées, plusieurs ne connaissaient peut-être pas le rite religieux qui sous tendait cette démarche, mais qu’importe ! Il reste à espérer que, dans l’avenir, la jeune communiante garde au cœur la même simplicité innovante !

Me revient à l’esprit une citation que bien des croyants, confrontés à l’indifférence ou à la critique peuvent s’approprier : « Ils ont voulu nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines ! »

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/06/2016