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L’éducation positive au supermarché

Jonathan accompagne sa maman au supermarché. Le responsable du rayon, remarquant qu’il se sert et met tout ce qui lui plaît dans le caddie, lui dit que cela ne se fait pas. La maman prend alors paisiblement la parole : « Oh, vous savez, partout où il passe il fait la même chose. » Cette réponse choque une personne témoin de la scène. Elle en rend compte plus tard à ses amis. Ils se mettent à échanger sur l’éducation d’aujourd’hui. Des faits semblables sont évoqués, qui soulignent certaines attitudes éducatives surprenantes de la part des adultes, que ce soit à l’école, à la maison ou dans la rue.

L’échange se poursuit et l’un des participants en vient à parler de ce que l’on désigne aujourd’hui par “l’éducation positive” ou encore “la parentalité bienveillante”. Un psychologue écrit : « Dans mes consultations, neuf fois sur dix, je dis aux parents : « J’ai une bonne nouvelle, votre enfant n’a pas de problème psychologique. J’en ai une mauvaise : il souffre de carence éducative. »

Toute la démarche de l’éducation positive consiste à donner des repères tels que la nécessité du conflit, de la confrontation, de l’interdit. Éduquer sans cela est illusoire car c’est justement ce qui aide à construire la personne. Si le terme “autorité” fait peur, c’est parce qu’il y a confusion avec “autoritarisme”. Il est bon de se souvenir que le premier sens de l’autorité c’est “ce qui fait grandir”. Parfois les parents ne gardent pas une saine distance avec leur enfant car ils souhaitent une relation égalitaire avec lui. Or ils doivent se positionner en fonction de leur âge, de leur expérience et de leur “autorité”. La famille n’est pas une pure démocratie. Certes, le dialogue est indispensable tout comme l’écoute des besoins de chacun, jeunes et adultes. Mais les décisions finales appartiennent aux parents. L’écoute active est bénéfique, elle prend en compte les sentiments qui peuvent éclairer des prises de décisions.

Une mère de famille fait remarquer : « On n’a pas à sortir l’enfant du trou, c’est à lui de trouver l’échelle qui l’en tirera. » Elle poursuit par une histoire pleine de sagesse. Un promeneur observait les tentatives d’un papillon pour sortir de son cocon par un trou très petit. Pensant qu’il n’y arriverait pas tout seul, notre homme se mit à entailler le cocon avec son couteau. Qu’arriva-t-il ensuite ? Le papillon, né comme par “césarienne”, ne put jamais voler et resta toute son existence à se traîner par terre. L’effort qu’il aurait dû faire pour sortir par lui-même du cocon devait provoquer la sécrétion d’un liquide permettant ensuite aux ailes de se déployer.

Que sera le devenir des enfants, s’ils ne sont jamais confrontés aux difficultés qui permettent de grandir ?

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/04/2016