Il la percevait bien, ce gamin qui, juste avant d'aller communier à la
messe, récitait pieusement: «Anneau de
Dieu, qui enlèves le
péché du monde, prends pitié de nous!»... Il s'agit en fait d'une notion-clef des Saintes Ecritures, puisque les bibles chrétiennes comprennent l'Ancien
Testament (du latin «testamentum» qui signifie «alliance») et le Nouveau
Testament. Toute l'histoire biblique peut en effet être lue comme l'histoire d'une alliance qui ira s'approfondissant au gré des abandons humains et des pardons divins. Dès les premières pages de la
Bible, Noé est le témoin d'une alliance conclue avec toute la
création et dont l'arc-en-ciel est le signe (Gn 9,8-17). Abraham, bénéficiaire d'une triple promesse, inscrit dans sa
chair l'alliance divine par le signe de la
circoncision (Gn 17).
Moïse reçoit sur le Mont Sinaï la charte de cette alliance (Ex 20). Les prophètes, quant à eux, aident au fil des siècles le peuple de l'Alliance à faire de ce pacte juridique une affaire d'amour (Jr 31,31-34; Ez 16,6-14). Mais c'est dans le sang du
Christ que cette alliance, dont
Dieu a eu l'initiative, est définitivement scellée au soir du Jeudi
Saint: cf. Mc 14,24; Lc 22,20; 1 Co 11,25.