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Numéro(s) recherché(s): Ad Gentes 28-34

Ad Gentes28L'organisation de l'activité missionnaire

Introduction

Les chrétiens, puisqu'ils ont des charismes différents (cf. Rom. 12, 6), doivent collaborer à l'Evangile chacun selon ses possibilités, ses moyens, son charisme et son ministère (cf. 1 Cor. 3, I0); tous par conséquent, ceux qui sèment et ceux qui moissonnent (cf. Jn 4, 37), ceux qui plantent et ceux qui arrosent, il faut qu'ils soient un (cf. 1 Cor. 3, 8), afin que "tendant tous librement et de manière ordonnée à la même fin" (1) ils dépensent leurs forces d'un même coeur pour la construction de l'Eglise. C'est pourquoi les travaux des prédicateurs de l'Evangile et l'aide des autres chrétiens doivent être dirigés et liés les uns aux autres de telle manière que "tout se fasse selon l'ordre" (1 Cor. 14, 40), dans tous les domaines de l'activité et de la coopération missionnaires.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 18 (AAS 1965, 22) [p. 39].
Ad Gentes29Organisation générale

La charge d'annoncer l'Evangile par toute la terre étant en premier lieu l'affaire du Corps Episcopal (1), le Synode des Evêques ou "Conseil stable d'Evêques pour l'Eglise universelle" (2) doit avoir parmi les affaires d'importance générale (3), un souci spécial de l'activité missionnaire, qui est une charge très importante et très sacrée de l'Eglise (4).

Pour toutes les Missions et pour toute l'activité missionnaire, il faut qu'il n'y ait qu'un seul Dicastère compétent, celui de "De Propaganda Fide", par qui doivent être dirigées et coordonnées par toute la terre l'oeuvre missionnaire et la coopération missionnaire: cependant, le droit des Eglises Orientales demeure sauf (5).

Bien que l'Esprit-Saint suscite de diverses manières l'esprit missionnaire dans l'Eglise de Dieu; bien qu'il ne soit pas rare que l'action de l'Esprit prévienne l'action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l'Eglise, ce Dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaires, le zèle et la prière pour les missions, et publier à leur sujet des messages authentiques et valables. C'est par lui que doivent être suscités et répartis, selon les besoins plus urgents des régions, les missionnaires. C'est par lui que doit être établi un plan rationnel d'action; de lui que doivent provenir les normes directrices et les principes adaptés en vue de l'évangélisation; par lui que doivent être données les impulsions. C'est par lui que doit être lancée et coordonnée une collecte efficace de ressources qui seront distribuées en tenant compte de la nécessité ou de l'utilité et de l'étendue des territoires, du nombre des fidèles et des infidèles, des oeuvres et des Instituts, des ministres et des missionnaires.

En union avec le Secrétariat pour l'unité des chrétiens, il doit chercher les moyens de procurer et d'organiser la collaboration fraternelle ainsi que la bonne entente avec les initiatives missionnaires d'autres communautés chrétiennes, afin que le scandale de la division soit supprimé dans la mesure du possible.

Aussi est-il nécessaire que ce Dicastère soit autant un instrument d'administration qu'un organe de direction dynamique, qui use de méthodes scientifiques et de moyens adaptés aux conditions de notre temps, c'est-à-dire en tenant compte de la recherche actuelle en théologie, en méthodologie, et en pastorale missionnaire.

Dans la direction de ce Dicastère, doivent avoir une part active, avec voix délibérative, des représentants choisis de tous ceux qui collaborent à l'oeuvre missionnaire: des Evêques du monde entier, les Conférences Episcopales entendues; des directeurs des Instituts et des Oeuvres Pontificales, selon des modes et des méthodes à établir par le Pontife Romain. Tous ces représentants, qui seront convoqués à dates fixes, doivent mener sous l'autorité du Souverain Pontife, l'organisation suprême de toute l'oeuvre missionnaire.

Un groupe permanent d'experts consulteurs, de science ou d'expérience éprouvée, à qui il appartiendra entre autres choses de recueillir des nouvelles opportunes sur la situation locale des diverses régions et la mentalité des divers groupes d'hommes, sur les méthodes d'évangélisation à employer, et de proposer des conclusions scientifiquement fondées pour l'oeuvre et la coopération missionnaires, doit être à disposition de ce Dicastère.

Les Instituts de religieuses, les oeuvres régionales pour les missions, les organisations de laïcs, particulièrement les organisations internationales, doivent être représentés de la manière qui conviendra.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 23 (AAS 1965, 28) [pp. 45-47].
(2) Cf. Motu proprio Apostolica Sollicitudo, 15 septembre 1965 (AAS 1965, 776) [pp. 613 ss].
(3) Cf. Paul VI, Alloc. au Concile le 21 novembre 1964 (AAS 1964, 1011).
(4) Cf. Benoît XV, Maximum illud, 30 nov. 1919 (AAS 1919, 39-40).
(5) Si, pour des raisons diverses, des missions sont encore pour un temps soumises à d'autres Dicastères, il est utile que ces Dicastères aient des rapports avec la Sacrée Congrégation de la Propagande, pour que dans l'organisation et la direction de toutes les Missions, une méthode et une norme absolument constantes et uniformes puissent exister.
Ad Gentes30Organisation locale dans les missions

Pour que, dans l'exercice de l'oeuvre missionnaire elle-même, les buts soient atteints et les résultats obtenus, tous ceux qui travaillent à la mission doivent avoir "un seul coeur et une seule (Act. 4, 32).

C'est le rôle de l'Evêque, comme chef et centre de l'unité l'apostolat diocésain, de promouvoir l'activité missionnaire, de diriger, de la coordonner, de telle manière pourtant que soit sauvegardée et encouragée la spontanéité de ceux qui ont une part dans cette oeuvre. Tous les missionnaires, même les religieux exempts, soumis à son pouvoir dans les diverses oeuvres qui regardent l'exercice de l'apostolat sacré (1). En vue d'une meilleure coordination, l'Evêque doit constituer, dans la mesure du possible, un Conseil pastoral, dans lequel les clercs, les religieux et les laïcs auront leur part au moyen de délégués choisis. L'Evêque doit veiller, en outre, à ce que l'activité apostolique ne soit pas limitée aux seuls convertis, mais ce qu'une part égale d'ouvriers et de subsides soit destinée à l'évangélisation des non-chrétiens.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des Evêques dans l'Eglise, 35, 4 (AAS 1966, 691) [p. 300].
Ad Gentes31Coordination régionale

Les Conférences Episcopales doivent traiter en plein accord des questions plus graves et des problèmes plus urgents, sans négliger cependant les différences locales (1). Pour qu'on ne dissipe pas une quantité insuffisante de personnes et de ressources; pour qu'on multiplie pas sans nécessité les initiatives, il est recommandé de fonder, en mettant en commun les forces, des oeuvres qui serviront bien de tous, comme sont les séminaires, les écoles supérieures et techniques, les centres pastoraux, catéchétiques, liturgiques, ainsi que les centres de moyens de communication sociale. Une coopération de ce genre doit être établie selon l'opportunité, même entre diverses Conférences Episcopales.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des Evêques dans l'Eglise, 36-38 (AAS 1966, 692-693) [pp. 301-303].
Ad Gentes32Organisation de l'activité des Instituts

Il est utile aussi de coordonner les activités menées par les Instituts ou les Associations ecclésiastiques. Tous, de quelque genre qu'ils soient, en tout ce qui regarde l'activité missionnaire elle-même, doivent obéir à l'Ordinaire du lieu. Aussi sera-t-il très utile de conduire des conventions particulières, qui régleront les rapports entre l'Ordinaire du lieu et le Supérieur de l'Institut.

Quand un territoire a été confié à un Institut, le Supérieur ecclésiastique et l'Institut auront à coeur de tout diriger vers ce but: que la nouvelle communauté chrétienne grandisse et devienne une Eglise locale qui, en temps opportun, sera gouvernée par son propre Pasteur avec son clergé.

Quand cesse le mandat sur un territoire, naît une nouvelle situation. Alors les Conférences Episcopales et les Instituts doivent établir par délibération commune les règles qui doivent diriger les rapports entre les Ordinaires des lieux et les Instituts (1). Il appartient au Saint-Siège d'esquisser les principes généraux selon lesquels les conventions régionales ou même particulières doivent être conclues.

Bien que les Instituts soient prêts à continuer l'oeuvre commencée, en collaborant au ministère ordinaire du soin des âmes, cependant, à mesure que croîtra le clergé local, il faudra pourvoir à ce que les Instituts, dans la mesure compatible avec leur but, demeurent fidèles au diocèse lui-même, en y assumant généreusement des oeuvres spéciales ou quelque région.
(1) Cf. Conc. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des Evêques dans l'Eglise, 35, 5-6 (AAS 1966, 692) [p. 300].
Ad Gentes33Coordination entre les Instituts

Il faut que les Instituts qui dans le même territoire s'appliquent à l'activité missionnaire, trouvent les voies et les modes selon lesquels leurs oeuvres seront coordonnées. C'est pourquoi sont de très grande utilité les Conférences de Religieux et les Unions de Religieuses, dans lesquelles tous les Instituts d'une même nation ou d'une même région ont leur part. Ces Conférences doivent rechercher ce qui peut être fait en mettant en commun les efforts; elles doivent entretenir d'étroites relations avec les Conférences Episcopales.

Tout cela, il convient de l'étendre pour une raison semblable la collaboration des Instituts missionnaires dans les pays dont ils sont originaires, en sorte que les questions et les initiatives communes puissent être résolues plus facilement et à moindres frais, comme la formation doctrinale des futurs missionnaires, les cours pour les missionnaires, les rapports à envoyer aux autorités publiques ou aux organes internationaux et supranationaux.
Ad Gentes34Coordination entre les Instituts scientifiques

L'exercice régulier et ordonné de l'activité missionnaire exigeant que les ouvriers évangéliques soient préparés scientifiquement à leur mission, particulièrement au dialogue avec les religions et les cultures non chrétiennes, et que dans l'exécution elle-même ils soient aidés efficacement, on désire que, en faveur des missions, collaborent fraternellement et généreusement entre eux les divers Instituts scientifiques qui cultivent la missiologie et d'autres disciplines ou arts utiles aux missions, comme l'ethnologie et la linguistique, l'histoire et la science des religions, la sociologie, les arts pastoraux, et autres choses semblables.
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(re)publié: 30/11/1959