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Mes émerveillements devant ta Parole

Un bon point pour tes liturgistes !

La Trinité : encore un passage d’évangile qui demande quelques éclaircissements, Seigneur ! Remarque que j’aurais tendance maintenant à m’en réjouir.

Jusqu’ici ça m’agaçait, et je T’en voulais presque de T’exprimer de façon aussi mystérieuse. Il faut dire que, depuis quelques années, je suis à la retraite, de moins en moins valide sur le plan physique, j’ai donc du temps ; ça va m’obliger à chercher un approfondissement sur cet écrit, et pendant cette recherche je vais me sentir bien proche de Toi. Et en plus, si je reste en plan, si j’ai besoin d’aide, j’ai la possibilité de téléphoner à mon curé ou à des amis, pour savoir ce qu’ils en pensent. Et ça devient très enrichissant.

Alors revenons à ce texte de saint Jean (Jn 3,18), où se trouve la phrase suivante : « Celui qui croit au Fils unique échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé. »
Mais qu’est-ce que Tu entends par « ne veut pas croire », Seigneur ? Est-ce que sont condamnés ceux qui ont des doutes, parfois très sérieux, ceux dont la foi est faible, vacillante, intermittente, ceux qui traversent un désert, dans le noir le plus profond ?

Il me semble que l’épisode relaté dans les Actes des Apôtres proposé le même jour illustre bien cette volonté de ne pas croire dont Tu parles, Seigneur. Ça n’aurait rien d’étonnant puisqu’on m’a appris qu’en effet tes liturgistes avaient à cœur de choisir des textes en concordance les uns par rapport aux autres.

Il s’agit donc d’un épisode relaté dans les Actes des Apôtres (Ac 5, 17-42), épisode qui se passe après ta Résurrection. Jean et Pierre ont été arrêtés, jetés en prison, parce qu’ils ont guéri un infirme en invoquant le nom de Jésus. Pour le Grand Conseil, c’est inacceptable puisqu’il a fait crucifier ce perturbateur. Le lendemain, le Tribunal se réunit pour juger les deux prisonniers.

Mais stupéfaction : bien que la prison soit parfaitement verrouillée, que les gardes soient en faction devant la porte de la cellule où ces deux hommes ont été enfermés, la cellule est vide. Et en plus, on annonce qu’ils sont dans le Temple où ils instruisent le peuple en parlant de Jésus ressuscité.

Normalement le Tribunal aurait dû chercher à éclaircir ce fait troublant. Mais il s’en soucie comme d’une guigne ! C’est même cocasse. Ce sont eux qui sont fermés à double tour à ce qui n’entre pas dans leur volonté : non pas chercher la vérité, mais seulement faire taire ces deux hommes, et peu importent les moyens pour y arriver. En tant qu’ancien magistrat, je sais que c’est la plus sûre façon de courir tout droit à l’erreur judiciaire !

Si j’essaie d’imaginer ce qui aurait pu se passer s’ils avaient été nombreux à enquêter sur cette histoire de prison verrouillée qui se révèle être une vraie passoire, peut-être seraient-ils arrivés à la conclusion d’un des leurs, Gamaliel je crois, conclusion pleine de bon sens puisqu’il leur a dit : ou ces gens là sont des illuminés, et leurs racontars tomberont dans l’oubli, ou ces gens-là disent la vérité et on aurait intérêt à ne pas faire le guignol en risquant de nous opposer à Dieu. Peut-être alors que tout le peuple juif aurait fait le saut dans le Nouveau Testament, Tu te rends compte, Seigneur ? Mais je m’égare !

Revenons à mon raisonnement de simple professionnelle.
Grâce à leur refus malhonnête de faire simplement leur boulot convenablement, j’ai l’impression que j’y vois plus clair dans ce que Tu entends par refus de croire, Seigneur. Il y faut, comme a fait le Sanhédrin, une ferme volonté de ne pas prendre en compte la vérité de faits parfaitement avérés, quitte à se tromper lourdement, à commettre des erreurs grossières et même monumentales comme dans ce cas précis.

Ouf ! Pour moi Seigneur et pour tous ceux qui me ressemblent, dont la foi est timide, peu agissante, il me paraît rassurant que tes liturgistes nous aient proposé ces deux lectures, à la même eucharistie. Leur rapprochement me paraît aller dans une optique de grande miséricorde de ta part, Seigneur. Pour être condamnable, il faut vraiment le vouloir, avec détermination allant jusqu’à la mauvaise foi opiniâtre. Merci Seigneur.
Et un bon point pour tes liturgistes qui m’ont permis cette mise au point.


Françoise REYNÈS
 
(re)publié: 01/06/2014