Le signe de croix
Quand je suis amenée à faire un signe de croix, je le fais de la façon le plus ample possible.
Je ne sais pas qui m’a appris dans mon enfance que ce geste faisait fuir le Malin, et pouvait servir de bouclier à ses attaques. Quitte à me protéger, j’estime que j’ai intérêt à offrir le moins de place disponible à l’adversaire, et quand je vois des pratiquants qui ont l’air de chasser une mouche ou de se chatouiller le bout du nez, ou encore quand je vois certains sportifs qui multiplient ces signes de croix à toute vitesse en entrant sur un terrain de sport, comme s’il s’agissait d’un geste magique, je trouve leurs gestes étriqués et irrespectueux.
La formule qui accompagne ce signe nous a été donné par Toi Seigneur : « Allez enseigner toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. »
Jusque là tout va bien. Mais qui a osé inventer ce geste qui rappelle ta Passion, condamnation infamante et ô combien douloureuse !
À quelle époque, a-t-on pris l’habitude de faire cette croix ?
Je sais que c’est à Antioche, du temps de Saint Paul peut-être, en tout cas dans les premiers temps de l’Église, qu’on a pris le nom de « chrétiens », mais je ne crois pas avoir vu la moindre allusion à ce geste qui nous est devenu si familier.
Va falloir que je me renseigne. J’espère néanmoins, de tout mon cœur, que Marie n’était pas présente quand il a été proposé et adopté par les fidèles. Il me semble que ça aurait été trop douloureux pour elle.
Par contre, ça ne serait pas mauvais pour moi que je me rappelle jusqu’où Tu es allé pour nous prouver ton amour pour chacun de nous.
Le signe de croix est tellement pratiqué, est devenu tellement banal, que je risque d’oublier ce qu’il représente !
Merci Seigneur de m’avoir permis cette rectification.
PS : Je me suis renseignée. Ce geste est devenu signe liturgique 200 ans après Jésus Christ. Tant mieux pour Marie.

Laïque mariste († 2011).
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