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L’obéissance de la foi

Saint Paul, dans son épître aux Romains (Rm 16,26), invite toutes les nations à l’obéissance de la foi. Obéissance de la foi ! Je me demande ce qu’il entend par là ? La formule n’est pas courante. Jusqu’ici je ne l’avais pas remarquée, aussi elle m’incite à réfléchir.

Je pensais qu’obéissance et foi étaient deux notions différentes. Obéir, dans un premier temps, quand on est enfant, c’est se plier à la volonté de quelqu’un qui a autorité sur vous, et qui peut vous sanctionner en cas de refus de votre part, et avoir foi c’est faire confiance à quelqu’un qui vous a séduit, et qu’on est tout prêt à aimer. Je n’avais jamais songé à les associer. J’espère que saint Paul a été bien traduit, car finalement, en ce qui Te concerne Seigneur, la formule est plaisante et peut facilement être adoptée. Quand on Te fait confiance, on est incité à T’obéir.
Il y a, en effet, un deuxième temps dans l’obéissance enfantine quand, avec l’âge, on se rend compte que celui ou celle qui donne des ordres, dans les familles aimantes, le fait, non dans son intérêt propre, mais dans l’intérêt de l’enfant. Ça se complique un peu, quand il s’agit d’un patron, où là, l’intérêt ouvre des deux côtés, et ça se complique encore plus quand il y a des actionnaires.

Mais revenons à l’autorité d’un père qui élève ses enfants (je remarque que le mot élève est particulièrement bien choisi) et voyons l’exemple donné par Marie, au moment de l’annonciation. « Qu’il me soit fait selon votre parole » dit-elle à l’ange Gabriel, venu de ta part, Seigneur, lui demander son accord pour devenir la mère du Sauveur. Elle n’hésite pas une seconde, elle s’élance et Te fait entièrement confiance. Et sa façon de s’exprimer est non seulement très claire mais encore très élégante. Il est probable qu’aujourd’hui un jeune irait plus vite et se contenterait de dire : « c’est OK. » II faut avouer que ça n’a pas la même allure.

Je remarque d’ailleurs qu’à Lourdes, Marie s’est montrée tout aussi gracieuse avec la jeune Bernadette Soubirous : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »
Ce n’est pas un ordre sec, du genre militaire ou d’un patron à son employé, c’est plutôt une invitation où on peut se sentir libre de refuser : mais allez donc refuser quand c’est dit de cette façon par une personne vers qui on se sent fortement attiré... Et Bernadette de courir à la grotte, même si ses parents (à qui elle n’a jusqu’ici, jamais, jamais désobéi) se montrent très réservés, pour ne pas dire franchement hostiles à ces visites.

Voilà des exemples où je vois l’application de la formule de saint Paul : amener toutes les nations à l’obéissance de la foi. Ça serait bien, si c’était réalisé. « Entendre c’est obéir » dit un proverbe, dans le même sens.

Seigneur, aide-moi à dépasser le premier stade contraignant et peu attractif de l’obéissance enfantine. Compte tenu de mon âge, il me paraît urgent de devenir enfin adulte et de voir où est mon intérêt qui correspond à Ton désir, plutôt que d’en rester à “j’ai pas envie” devant tes sollicitations. Il s’agit de s’élever.
Sainte Thérèse de Lisieux parlait, je crois, de tes bras comme d’un ascenseur.
Seigneur, fais moi monter dans ton ascenseur, s’il te plaît.

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(re)publié: 01/11/2014