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Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime

Aujourd’hui, Seigneur, j’ai l’esprit chagrin.

Tu le sais, ça m’arrive parfois pour des raisons diverses et variées. Et ta réflexion sur le plus grand amour, qu’il serait normal de briguer, me turlupine. J’en suis loin, très loin et même très, très loin. Ce qu’il y a d’embêtant avec Toi, Seigneur, c’est qu’on ne peut pas T’aimer raisonnablement, avec mesure. Tu n’exiges rien, d’accord, mais Tu espères qu’on Te donnera tout. Et tout, à mon point de vue ça fait beaucoup, pour ne pas dire beaucoup trop. Aussi j’ai l’impression d’être toujours en dessous de ce qui serait souhaitable, ce qui est à tout le moins inconfortable, si pas culpabilisant, mais quand même stressant !

Aussi pour essayer d’y voir plus clair, je vais procéder par analogie. Dieu nous aime comme un Père. Cela est sûr. Alors à notre époque, en France, comment un papa bon aime-t-il ses enfants ? Du mieux qu’il peut sûrement, en analysant leurs besoins tant matériels que spirituels et même psychologiques, et en essayant d’y répondre.

Par exemple, s’il a un gosse malade, il est prêt à se ruiner pour le faire soigner (mon père l’a fait pour moi, et ça me paraît normal). Il est prêt aussi à donner un rein, un morceau de foie, une greffe osseuse, que sais-je ? Je n’ai pas entendu dire qu’il serait prêt à donner ses deux reins. Mais ce qui est sûr, c’est qu’aucun médecin n’accepterait de faire ce transfert, qui reviendrait à tuer le donneur sans être assuré de sauver le récipiendaire ; à écarter.

Je ne vois que deux autres possibilités pour un père de donner sa vie pour ceux qu’il aime : soit comme martyr soit comme soldat en temps de guerre. Mais fort heureusement aujourd’hui ces deux hypothèses dans notre pays sont peu vraisemblables.

On peut aussi s’user lentement jour après jour, pour remplir son devoir d’état. C’est certainement le cas le plus fréquent. Mais il est difficile à évaluer. Il n’y a pas de repère précis. Quand est-ce que c’est suffisant, quand est-ce que ça laisse à désirer ? On n’en sait rien. Aussi je vais abandonner mes recherches, dans ce cas de figure et je vais me tourner du côté des enfants pour voir si je peux trouver un meilleur éclairage.

On a fait beaucoup de progrès en ce domaine, notamment avec les psy, en plus du simple bon sens. Grosso modo, on sait que le gosse demande à son père l’amour, la liberté c’est-à-dire le respect de sa personnalité et la présence. En ce qui Te concerne, Seigneur, Tu n’es pas en reste, c’est certain. Alors si en tant qu’enfant je suis comblée par ton amour, ta présence et par ton respect de ma liberté, pourquoi ce sentiment de malaise par rapport à ta définition du plus grand amour ?

Comme Tu nous l’as recommandé, j’essaye d’adapter ma conduite à celle des gosses. Et je me rends compte que les petits enfants, dans une famille aimante, ne se posent pas de question. Ils font confiance et aiment leurs parents, dans la mesure de leurs moyens, avec tout leur cœur. C’est un amour qui évoluera certes avec l’avancée en âge, mais c’est un amour tout simple qui coule de source avec ses bons et ses moins bons côtés. L’important, me semble-t-il, c’est de continuer à cheminer ensemble dans la bonne entente, et ne pas croire qu’on est arrivé à une solution parfaite qui nous dispenserait de toute recherche. Il est donc bon de reconnaître qu’on a des efforts à faire, qu’on a des manques. Mais comme m’a dit une de mes bonnes amies en citant une nouvelle Béatitude qui ne manque ni d’humour ni de profondeur : « Bienheureux les fêlés de la vie, la grâce de Dieu peut s’infiltrer en eux. »
Ouf ! Me voila apaisée, Seigneur, ravigotée puisque Tu sais utiliser mes manques à mon profit. Or des manques j’en ai… Aucun problème de ce côté-là : comme dit le psaume, « je ne manque de rien ».

Bref, une fois de plus il faut que je te rende grâce Seigneur. Tu es un bon papa qui ne réclame rien d’impossible à ses enfants déficients.
Et ça, pour moi, c’est bon, c’est même très bon ; et c’est, je crois, dans la Genèse.

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(re)publié: 01/03/2019