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Diversité, source de richesse ou de division ?

Seigneur, grâce à l’émission du « Jour du Seigneur » à la télévision, j’ai pu me rendre compte, qu’il y avait des façons multiples pour T’adorer.

Les musulmans, me semble-t-il, mettent l’accent sur Ta grandeur. Par respect ils se déchaussent, se prosternent face contre terre, s’inclinent, s’essuient le visage, tout leur corps est associé à leur prière. C’est très viril, en ce sens que seuls les hommes prient en public.

Chez les orthodoxes, ce qui me frappe c’est la magnificence déployée pendant leurs cérémonies. Les célébrants ont des chapes somptueuses, des tiares dorées ornées de pierres précieuses, et il y a des chants profonds qui n’en finissent pas. Ça fait riche.

L’atmosphère est tout autre chez la plupart des protestants, tout au moins en France. Là, c’est la simplicité qui prime, je dirai presque le dépouillement ; c’est fervent, mais très sobre, peut-être un peu froid.

Je ne me souviens pas vraiment de cérémonie chez les juifs. Il est vrai qu’ils n’ont qu’un quart d’heure d’émission. Presque chaque dimanche, on a très souvent des discussions très poussées, très profondes, sur la façon de commenter les textes de l’Ancien Testament. C’est à la fois fouillé sur le plan intellectuel et sur le plan pratique de la vie de tous les jours. Vraiment très, très intéressant.

Chez les catholiques, ça me paraît beaucoup plus diversifié. Il est vrai que c’est l’émission la plus longue et elle est programmée le dimanche, le jour de notre rassemblement. D’un dimanche à l’autre, on peut voir une célébration bruyante très agitée chez les charismatiques, beaucoup plus solennelle dans une cathédrale, surtout si l’évêque est présent, crosse en main et mitre sur la tête (mitre qui, entre parenthèses, donne lieu à un cérémonial bizarre, où ce couvre-chef est enlevé, remis sur la tête de l’officiant, réenlevé avec force courbettes, et précautions pour ne pas faire tomber la petite calotte rouge qui, elle, doit rester plantée, en haut du crâne de l’évêque, sans que j’arrive à deviner les raisons liturgiques de ces gestes) ou alors on peut voir, beaucoup plus simple, ce qu’on appelle une cérémonie domestique célébrée dans une pièce d’un appartement quelconque. C’est vraiment très différent, et on pourrait multiplier les exemples.

Dans ma paroisse, où je me sens bien (ce qui est important) en communion avec une assistance très féminine, malheureusement peu étoffée et vieillissante, les assemblées du dimanche sont plus calmes. II y a des moments de silence, de recueillement, des moments de prière commune, et des moments plus festifs quand on accueille à la fin de la messe une famille venue faire baptiser un petit bout d’homme. Ça manquerait peut-être de sourires ; parce qu’enfin une messe, c’est à la fois un sacrifice sanglant mais également un banquet !

J’ai vu dans le studio d’une radio, une affichette où il était marqué : « Souriez, ça s’entend » et j’ai pu vérifier que c’était exact. J’aimerais que l’on marque cet axiome sur le carton qui indique à l’assemblée, le numéro des cantiques prévus pour la cérémonie, ainsi que sur l’ambon, pour aider les lecteurs à prendre conscience qu’ils vont proclamer la parole de Dieu. Ce n’est pas rien.

Il faut que j’en parle à mon curé. Mais il ne faut pas trop se faire d’illusions. Je crois qu’à toutes les époques, on a du mal à bien respecter et à bien vivre ton conseil, Seigneur : « Faites ceci en mémoire de moi. » Je viens de lire des passages de lettres de saint Paul (He 10,25 ; 1Co 11,21), où il se désole de voir que certains convertis ont pris l’habitude de s’abstenir de participer aux assemblées ou que certains s’empiffrent de nourriture, alors que d’autres sont dans le besoin.
Pourtant, c’est très fort de pouvoir à la fois, se nourrir de ton Corps et de ta Parole. Mais c’est peut-être trop fort pour nous, Seigneur ?

Alors, aide-nous à voir dans toutes nos différences des sources de richesses et non de moqueries, de rejet ou pire de condamnations.
S’il te plaît, Seigneur.

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(re)publié: 01/02/2016