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Votre Père sait ce dont vous avez besoin

Bientôt midi, je commence à avoir faim. Et si je me mettais à table en me demandant comment Dieu va s’y prendre ? Parce que, d’après Jésus, Dieu sait ce dont j’ai besoin. Et il a dit : « Ne vous préoccupez pas de ce que vous allez manger, ni de quoi vous allez vous vêtir. » Or, j’ai faim et j’ai besoin de me nourrir. Alors, dois-je attendre ?

Vous ne serez pas étonné naturellement, si je vous dis que rien ne vient et que j’ai intérêt à aller dans ma cuisine pour me préparer un petit quelque chose.

Est-ce parce que je manque de foi ? C’est sûr. Mais même Mère Teresa n’est pas vêtue comme les lys des champs. Notez que c’est dommage, car j’aime bien que les gens ne soient pas fagotés, et l’uniforme de Mère Teresa ne met pas ses filles en valeur sur le plan esthétique. C’est le moins qu’on puisse dire. Mais naturellement c’est le cadet de leurs soucis.

Alors, revenons aux propos du Christ et relisons attentivement ce passage en Matthieu (Mt 6,25-34) : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Regardez les oiseaux..., observez les lys des champs..., votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses. Cherchez d’abord le Royaume et la Justice de Dieu... »

Alors, c’est vrai, il n’a jamais dit de ne rien faire et d’attendre tout de Dieu, comme je l’ai entendu ici ou là. Il dit seulement qu’il faut donner la préférence à la recherche de Dieu, qui doit passer avant la recherche des biens matériels. Dans le monde où je vis, où pour la plupart des gens la faim n’est pas un problème insoluble, je le comprends, je l’admets même parfaitement bien, même si je ne le mets pas en pratique. Ça c’est autre chose.

Mais si je vais au Sahel, à Sarajevo, en Inde, au Rwanda... La liste pourrait s’allonger et couvrir les trois quarts de l’humanité, j’ai idée que j’ai intérêt à y aller avec des sacs de riz plutôt qu’avec des Bibles, et ce faisant, je suis sûre d’être en accord avec Dieu, avec la justice de Dieu. Parce que, quand on a faim, on ne pense qu’à manger, on ne pense qu’à ça : comment se procurer de la nourriture ? C’est un souci lancinant, comme une rage de dents, on est totalement habité par cette idée fixe. Notez que ça ne produit pas tout à fait le même effet quand on jeûne volontairement, ou alors dans le cas contraire, il vaut mieux s’abstenir, à mon avis.

Mais pour en revenir aux affamés du monde entier, Dieu sait qu’ils ont faim et apparemment, Il ne fait rien.

Et en réfléchissant, je pense qu’Il n’a rien à faire. L’organisation du monde, c’est notre boulot à nous les hommes. C’est à nous à œuvrer pour que la répartition des richesses du monde entier se fasse de manière, je ne dis pas plus charitable, parce que ce mot a été galvaudé, mais tout simplement d’une manière plus intelligente. Ce scandale des pommes de terre, des poissons, des artichauts, des fruits, de la viande déversés par tonnes sur les chaussées et écrasés ou brûlés..., alors que, dans la même émission, on nous passe des images d’enfants décharnés, d’homme et de femmes squelettiques...

Là, je me sens coupable et responsable.

Mais comment faire, mon Dieu, pour en sortir ?

Je sais que ça regarde surtout les grands de ce monde, les hommes d’Etat, mais pas seulement ; je suis, moi aussi, concernée, c’est sûr.

Et pour une fois, j’entends nettement un appel à participer à une association caritative qui se préoccupe de ce tiers monde. Il y en a de nombreuses, il n’y a que l’embarras du choix : Secours Catholique, CCFD, Médecins Sans Frontières...

Oui, mais direz-vous, j’ai entendu dire que tout ce qu’on donne n’arrive pas à destination ! Ce n’est pas une raison pour s’abstenir. D’abord, après m’être renseignée, j’ai su que c’était loin d’être exact pour beaucoup de ces mouvements, et ensuite, rien ne m’empêche d’œuvrer activement parmi eux pour améliorer le bon emploi des fonds recueillis, si besoin est. Je sais que toutes ces associations accueillent avec joie tous les bénévoles qui se présentent. Il me reste donc à y aller, et à travailler !

Ça sera modeste, naturellement, mais à la mesure des talents que j’ai reçus, et que je dois faire fructifier.

Ça aussi, Jésus l’a dit.

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Françoise REYNÈS

Laïque mariste († 2011).

(re)publié: 31/05/2003