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Pentecôte

J’ai été confirmée quand j’avais 10 ou 11 ans : le moment le plus important, ou tout au moins le plus visible, c’était la claque de l’évêque ou plutôt, devrais-je dire, la petite pichenette. Peut-être, justement qu’il aurait dû frapper plus fort, l’évêque, parce que les sept dons du Saint Esprit, dont je suis bien incapable d’énumérer la liste sans l’aide d’un vieux catéchisme, j’ai bien l’impression que je les attends toujours.

Exemple : les apôtres, après avoir reçu le Saint Esprit, parlaient toutes les langues, ou ils se faisaient comprendre de tous. Moi, mes notes en anglais ont continué à être lamentables. Eux, ils étaient pusillanimes, ils sont devenus courageux, braves ; ils étaient taisants, ils sont devenus parlants, non pas à tort et à travers, mais avec conviction, avec force et intelligence. Ils ont changé du tout au tout. Eh bien, pas moi, pas de changement spectaculaire.

J’ai été un peu déçue. Je dis un peu, parce que je n’y croyais pas vraiment ; autour de moi, toutes les grandes personnes avaient été confirmées dans leur jeunesse, et aucune ne me paraissait habitée par un feu intérieur dévorant.

Pourquoi cette différence entre les apôtres et mon entourage ? L’Esprit Saint est toujours le même ; lui, il n’a pas changé. Pourquoi vient-il maintenant à si petite vitesse, au goutte à goutte pourrait-on dire, alors qu’il y a 2000 ans, il s’est présenté comme un souffle puissant, un torrent impétueux, une force invincible ?

On me dira ça dépend des besoins des époques ; bon et c’est vrai que pour débuter, l’Eglise avait besoin d’un sérieux coup de pouce, et les évènements ont fait que, presque tous les apôtres ont eu à souffrir pour leur Foi. Beaucoup parmi les premiers chrétiens sont devenus martyrs ; autrement dit, plus vous êtes témoin, plus l’Esprit Saint se montre actif. Jésus l’avait dit d’ailleurs : Ne vous inquiétez pas de ce que vous aurez à répondre si vous êtes devant un tribunal, l’Esprit Saint parlera pour vous.

A nous aussi, ça arrive de temps en temps, quand on est interpellé sur notre religion ; et on s’entend dire des choses auxquelles on n’avait pas vraiment pensé, et qui, à la réflexion, se révèlent très justes. On sait que ce n’est pas nous tout seuls qui les avons dites. On était porté, inspiré. Mais encore faut-il être dans une situation où notre témoignage est requis.

Alors, si je passe ma vie sans être témoin du Christ, pourquoi l’Esprit Saint se dérangerait-il ?
Je crois que j’ai trouvé l’explication que je cherchais au début de cette réflexion. En tout cas, elle me convient pour le moment.

Vous voyez bien que l’esprit Saint intervient quand le besoin s’en fait sentir.

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Françoise REYNÈS

Laïque mariste († 2011).

(re)publié: 01/05/2007