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Mes démêlés avec l’Évangile

Marie, reine du ciel

Alors Seigneur, vraiment tu comptes tous mes cheveux ? C’est dans Luc au chapitre 12, verset 1 à 7.

Il est vrai qu’avec moi, Tu n’as pas trop de mal, j’en ai si peu maintenant ! Franchement, je préférerais que Tu m’en replantes un peu, plutôt que de perdre du temps à cette occupation inutile !

Trêve de plaisanterie douteuse ! Je le sais. En s’exprimant ainsi, Tu as voulu dire que j’ai du prix à tes yeux, que tout ce qui me préoccupe, T’intéresse et que je peux Te faire confiance. Te faire entièrement, complètement confiance. Et en lisant un commentaire de ce passage d’Evangile chez mon cher frère Dominique d’En Calcat, dans son livre « A vous le Mystère », je trouve que l’une des formes les plus hautes de l’oraison, consiste à être vis à vis de Dieu, comme un nourrisson sur le sein de sa mère, aussi confortablement niché entre ses bras, aussi confiant, aussi abandonné, aussi sûr de son amour.

Pour moi, cette idée est plaisante, agréable même et peut-être relativement facile à réaliser.

Mais pour Marie ? Comment a-t-elle pu faire, elle qui a eu Dieu comme nourrisson ? Il a fallu qu’elle effectue un retournement complet ! Comment a-t-elle pu admettre que ce bébé était son Dieu, son Dieu fort, tout puissant, maître de l’univers, alors qu’il dépendait entièrement d’elle ?

En y réfléchissant, je vois qu’elle n’a pas eu une vie facile, qui coule de source. Il lui a fallu du temps, et de multiples méditations dans son coeur (c’est dit dans l’Evangile) pour reconnaître toutes ces choses étranges que vivait son fils qui était aussi Fils de Dieu.

Et pourtant jusqu’ici, j’avais tendance à penser que pour elle, née sans péché, en contact permanent pendant trente ans avec Jésus, elle n’avait vraiment pas beaucoup de mérite à être la plus grande de tous les Saints, la Reine du Ciel. Ca allait de soi, me semblait-il. Il ne pouvait pas en être autrement.

Quelle erreur ! C’est tout bonnement prodigieux son cheminement. Du début à la fin, elle a fait confiance même quand elle ne comprenait pas. Et comment prétendre qu’on est capable de comprendre Dieu ?

Seigneur, pardonne-moi d’avoir mésestimé Marie et merci d’avoir attiré mon attention sur la grandeur, la stupéfiante profondeur de la foi de Ta Mère.


Françoise REYNÈS
 
(re)publié: 31/05/2003