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Mes démêlés avec l’Évangile

La Sainte Trinité

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. J’aime bien, j’ai même besoin maintenant de commencer ma prière matinale par ce rite, qui d’un coup, en très peu de mots, me place devant Toi, mon Dieu, qui es Trinité. Ça me permet de me mettre à ma place de créature devant Toi créateur.

Mais, Seigneur, que cette Trinité est difficile à concevoir. Et comme elle m’a posé problème. Trois personnes, un seul Dieu. Pourquoi trois d’ailleurs, pourquoi pas quatre, cinq ou sept, chiffre parfait ?

Tant qu’on y était ! Pourquoi Dieu s’était-il limité à trois ? On m’avait appris que c’était un mystère et par définition, un mystère devait rester mystérieux. C’était comme ça, un point c’est tout.

Je l’avais admis, mais pendant longtemps je n’ai pas cru utile de m’y appesantir. Je pourrais presque dire que ça ne m’intéressait pas beaucoup. Je savais que certains saints avaient médité ce mystère toute leur vie et c’était pour moi source d’étonnement. Qu’est-ce qu’ils avaient bien pu en faire ?

Quand j’entendais les commentaires de ceux qui étaient chargés de m’éduquer sur cette question, leurs dires me paraissaient assez filandreux, tirés par les cheveux. Et puis, pourquoi les écouter, puisque de toute façon, ils reconnaissaient que leurs explications ne pourraient pas percer complètement cette opacité. Pourquoi chercher à comprendre ce qui était incompréhensible par nature ?
Bref, je laissais tomber.

J’avais tout de même compris, grâce à ma sempiternelle logique, que Dieu étant Amour ne pouvait pas être une seule et unique personne : parce qu’avant la création, qui pouvait-il aimer s’il était tout seul ?

Il était donc forcément plus d’un. Mais ça n’allait pas plus loin, et c’était somme toute un raisonnement qui restait théorique.
Mais vous savez ce que c’est : quand on aime quelqu’un, on cherche toujours à en savoir plus sur la personne aimée. Je me souviens de la joie de ma sœur quand sa future belle-mère lui a montré les photos de son grand chéri, alors qu’il était bébé, petit garçon, adolescent... Et à son tour, elle a donné à chacune de ses belles-filles, les photos de ses bébés à elle et ces jeunes femmes ont toutes été ravies.

Alors, Seigneur, quand Tu es devenu pour moi une personne vivante, je me suis sentie tenue de contempler cette mystérieuse Trinité, même si je me trouvais devant une porte blindée dont jamais sur terre, je ne pourrais trouver la clef.

Naturellement je me suis souvenue de cette parole de Jésus : Qui me voit, voit le Père et pour aller vers le Père, je suis le chemin. Et Toi Jésus, on T’a vu, entendu, touché, on Te connaît quand même un peu. Grâce à tes évangélistes, pétris comme tous les Juifs de ce temps, d’enseignement biblique, grâce aussi à tous ceux qui depuis bientôt 2000 ans, lisent ces textes, les commentent, les prient, je peux moi aussi peu à peu les faire miens et Te connaître de mieux en mieux, et par là, connaître aussi le Père. Je me suis rendu compte d’ailleurs que depuis quelque temps, je m’adressais à Toi, Père. Ton Fils a vraiment été un chemin pour moi.

Mais le Saint Esprit ? Je craignais qu’il ne soit resté en rade. Certes Jésus en a parlé, il a promis de l’envoyer. Mais l’explosion, qui s’est produite à Jérusalem, ne se renouvelle plus. Alors comment être certaine qu’il intervient. Saint Paul nous l’a bien appris : c’est l’Esprit qui parle en nous quand nous disons : Abba Père. Mais ce n’est pas très net.

Cependant, je reconnais qu’en écrivant ce que j’ai appelé (pardon Seigneur, pour ma désinvolture), Mes démêlés avec l’Evangile, j’ai été drôlement aidée, inspirée, à croire, en les relisant que ce n’était pas moi qui les avais écrits. Est-ce trop présomptueux de penser que le Saint Esprit m’a soufflé, ou est-ce rendre à César ce qui est à César ?

Personnellement, ça m’a fait le plus grand bien. Ça m’a permis d’avancer vers Toi dans la joie et la confiance. Mes élucubrations, au regard de la théologie, ne doivent pas valoir un clou. Mais, l’un dans l’autre, c’est le cas de le dire (pardon Seigneur si c’est irrespectueux, c’est venu comme ça tout seul, je ne l’ai pas fait exprès), l’un dans l’autre dis-je, je m’aperçois Seigneur, que vous m’êtes devenus très chers tous les trois, avec une préférence pour m’adresser plus spécialement à l’un d’entre vous suivant les moments. Et c’est ça qui compte.

Tu ne crois pas, Seigneur ?


Françoise REYNÈS
 
(re)publié: 26/04/2003