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Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu

Une fois de plus, tes liturgistes ont été bien inspirés Seigneur, en nous donnant comme nourriture à vivre deux passages de ta Parole, tirés le premier, des Actes des Apôtres (Ac 4,1-10) et le second de l’évangile de saint Marc (Mc 16,9-13).

Dans le premier texte, il nous est raconté l’arrestation de Pierre et de Jean, coupables d’avoir, dans le temple, aux yeux de tous, guéri un infirme, en invoquant le nom de Jésus-Christ, mort et ressuscité dont ils témoignent qu’ils l’ont vu, vivant en chair et en os. On comprend que pour les autorités religieuses, cette assertion est intolérable, puisqu’elle remet en question leur politique. Ils savent que le corps de Jésus a disparu du tombeau, sans qu’on puisse trouver une explication raisonnable. Mais de là à accepter le témoignage de ces deux illuminés qui n’ont aucune instruction, aucune envergure sociale, il y a un pas qu’ils se refusent à faire. Ce sont des gens instruits, ayant de lourdes responsabilités, ils ne peuvent pas, ils ne veulent pas se laisser piéger par ces deux soi-disant témoins ridicules. La mort du Nazaréen Jésus était nécessaire. Elle a eu lieu, et quand on est mort, on ne peut revenir sur terre. C’est l’évidence même.

Passe pour ces autorités. On les comprend. Il leur était vraiment difficile de raisonner autrement. Mais dans le deuxième passage, c’est encore plus fort, ce refus d’entendre des témoins, puisqu’il s’agit des apôtres qui pourtant avaient été avertis par Jésus, de l’impossibilité pour lui, d’être vaincu par la mort. C’était resté inintelligible pour eux. Ils n’avaient pas voulu enregistrer ce qui allait à l’encontre d’un Messie triomphant qui bouterait les Romains hors de la Palestine ; et ils réfutent sans problème, le témoignage de Marie-Madeleine aussi bien que celui des disciples d’Emmaüs (je sais bien qu’il existe d’autres textes bibliques qui relatent ces évènements un peu différemment, mais je les prends aujourd’hui tels qu’ils sont proposés).

Tes apôtres, comme le sanhédrin, savent bien que Jésus est mort. Ils ont assisté à son arrestation ils ont suivi de loin son procès, sa condamnation au crucifiement. Ils l’ont vu, de leurs yeux vu, mort. Impossible de croire qu’il est vivant !

J’aime bien la réunion de ces deux textes où l’on voit qu’il n’est pas facile de croire, en faisant confiance à des témoins. En droit pénal aussi bien qu’en droit civil, le témoignage n’est pas la reine des preuves, loin s’en faut ! Il est donc bien naturel, d’avoir des doutes. À mon avis, Seigneur, Tu dois être bien étonné et plein d’admiration pour les fidèles, qui malgré toutes les invraisemblances, les fautes commises par ton Église, le peu de succès de ton enseignement s’efforcent de croire que Tu es le fils de Dieu, venu sur terre pour nous faire connaître l’amour fou du Père pour tous les humains, en faisant confiance à de simples témoignages, transmis de siècles en siècles.

Je trouve finalement qu’on a bien du mérite à croire et que ces deux passages sont bien réconfortants. Aussi je vais me rallier à ton point de vue où Tu affirmes que ceux qui ont cru sans avoir vu sont heureux.

Mais ça ne va pas de soi : aussi puis-je Te prier de nous aider à protéger et à faire grandir cette Foi, si fragile. Je t’assure, nous en avons tous un furieux besoin.

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(re)publié: 01/09/2019