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Des femmes prêtres ?

Pourquoi les femmes ne sont-elles pas prêtres ?

Allez, ne soyons pas trop sérieux aujourd’hui, bien que ce soit un sujet douloureux pour certains. Je pense à ces anglicans qui ont quitté leur famille religieuse, quelquefois leur pays, plutôt que d’accepter cette possibilité, ou à certaines femmes qui pensent être appelées et se heurtent à un refus catégorique.

Mais le petit passage de Luc (Lc 8,1-3) me donne envie de parler du rôle des femmes dans l’Eglise. Il y est question des femmes qui suivent Jésus et l’aident de leurs finances. Et il y a de tout dans ce petit monde. Ces dames ne font pas la fine bouche et ont l’air d’avoir compris que, suivre Jésus permet à toutes (femmes de mauvaise vie, femmes de notables) de vivre sur un pied d’égalité. C’est déjà pas mal, c’est même pas mal du tout, hein ?

Aucune ne demande une faveur particulière, aucune ne pense être la première dans le Royaume des Cieux. Vous entendez, messieurs ? ... Tous vous devriez en prendre de la graine.

Non, elles sont là pour servir certainement. Epluchage, lavage, raccommodage, cuisine et vaisselle doivent être leur lot. Elles s’occupent aussi des finances. Et quand elles sont absentes, messieurs les apôtres en sont réduits à manger des grains de blé arrachés dans un champ. Croyez-moi, ça trompe la faim pendant un moment, mais ça ne nourrit pas un homme.

Donc, elles ont en charge l’intendance, et quand l’intendance ne suit pas, toutes les armées du monde savent qu’elles sont vouées à l’impuissance. Elles assurent aussi la continuité. Elles sont tenaces nos bonnes femmes, fidèles et courageuses.

Pendant le chemin de croix, au pied de la croix, près du tombeau, messieurs les apôtres sont singulièrement absents. Que voulez-vous, ce ne sont que des hommes, faut pas trop leur demander sans doute ?

Notez qu’elles ont été royalement récompensées puisque c’est à elles, en premier, que Jésus Christ ressuscité se manifestera, avec mission d’évangéliser les apôtres... « Allez dire... ». Et Pierre et Jean de courir jusqu’au tombeau parce que, si ces femmes n’étaient pas complètement folles et disaient la vérité on ne sait jamais. Ils préfèrent aller voir !

Et actuellement, chez nous, dans nos églises catholiques, elles sont les plus nombreuses à avoir une part active : catéchisme, secrétariat, permanences, associations caritatives, catéchuménat, préparation aux mariages... Des femmes, presque toujours des femmes.

Et ne me dites pas que c’est normal, parce qu’en règle générale, la femme n’ayant pas de profession est plus disponible que l’homme. C’est faux, archi faux. Beaucoup de femmes ont un emploi, et au moment de la retraite, quand hommes et femmes sont à égalité à ce point de vue là, c’est encore l’élément féminin qui est présent à une forte proportion.

Vous me direz, c’est plutôt le rôle des femmes d’assurer l’éducation, c’est vrai, et Dieu sait que l’éducation joue un grand rôle dans l’Eglise comme dans la famille. Ainsi, c’est la mère qui donne à l’enfant, dès le début, les marques câlines de l’affection. C’est elle qui le nourrit de son lait (quand elle le peut), c’est elle qui le marque à jamais pendant la conception, à tel point qu’il crie « Maman » chaque fois qu’un danger le menace. Je connais une personne qui lance cet appel, alors que sa mère l’a détestée pendant qu’elle était enceinte, et l’a ensuite maltraitée pendant tout le temps où elle a été sous sa coupe. C’est ancré en nous. Pendant l’enfance, ce sont les mères qui façonnent en grande partie notre mentalité, notre façon de nous tenir ; elles choisissent nos relations, elles influent sur notre goût esthétique, nos goûts culinaires. Mesdames, n’essayez jamais de répondre à l’appel de vos maris qui vous réclament tel ou tel plat que leur maman réussissait si bien ; que ce soit de la cuisine simple ou de la cuisine compliquée, vous allez au devant d’un échec. Ce ne sera jamais aussi bien que ce que faisait Maman, c’est comme ça...

En Eglise, on reconnaît certes l’utilité des femmes, on use, on peut même abuser de leur générosité, mais pas question de leur donner un rôle d’autorité, des responsabilités, oui, mais chapeautées par un homme.

Personnellement, ça ne me choquerait pas du tout s’il y avait des femmes prêtres. Il y a bien des procureurs, des chirurgiens, des chauffeurs poids lourds de sexe féminin, et que sais-je encore ? Et elles se débrouillent bien, et même très bien, encore que dans un service, quand il y a des congés de maternité, ce n’est pas la joie, je vous assure...

Alors, on peut peut-être penser que, s’il n’y a pas encore de femmes curé, évêque ou pape, c’est peut-être parce que l’Eglise, en matière d’innovation, d’évolution, est toujours bonne dernière, lanterne rouge, à tous les coups.

Mais, c’est peut-être aussi, parce que Dieu a fait l’homme et la femme différents l’un de l’autre, et que cette différence de nature entraîne des différences d’emploi. Pourquoi pas ?

Ça ne me choquerait pas qu’il y ait des femmes prêtres, ai-je dit, mais ça ne me choque pas du tout qu’il n’y en ait pas. Je suppose qu’après ces brillantes réflexions d’un haut degré intellectuel, si je vous dis que je n’ai pas ouvert un livre de théologie, vous ne serez pas trop étonné, pas vrai ?

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Françoise REYNÈS

Laïque mariste († 2011).

(re)publié: 30/11/2001