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Quel est ce mot ?

Isa, je suis à la clinique et je pense à toi. Autour de moi, règne un profond silence et je sens en moi une grande paix. Devant moi, il y a le crucifix que m’a offert Théo et la « Vierge à l’enfant » que m’a donnée Jean. Et puis, il y a mon fouillis de livres habituel : Pages d’Evangile côtoie La théorie de l’Evolution, Prier avec son cœur, le livre sur Internet et je lis, étudie, me passionne.

Je veux te parler ce soir d’un mot lu dans un de ces livres qui a retenu mon attention.

Toi, comme moi, comme des milliers de chrétiens, nous récitons tous les jours le « Credo ». Pendant plus de trois mois, je l’ai expliqué, en en simplifiant les paroles, à mes « enfants » de Cascavelle ; je t’en ai parlé brièvement récemment dans la « Vie Catholique ». J’aime quand, à l’église, le prêtre mettant de côté les phrases rituelles du « Credo », nous interroge : « Croyez-vous en Dieu... Croyez-vous en Jésus Christ... », etc. et que nous répondons : « Oui, je le crois. » Souviens-toi, je t’ai souvent posé la question : « En quoi crois-tu, Isa ? »

Et, dans ce Credo, récité mille fois, j’allais dire « rabâché » mille fois, il est un mot d’une grande richesse, un mot que nous répétons d’une façon toute banale, qui semble banal, qui est banal et qui a, pourtant, une résonance d’infini. Ce mot est : « Unique ».

« Je crois en Jésus Christ, son Fils unique... »

Quoi de plus banal que ce mot ! Des milliers de pères ont un fils unique, alors pourquoi lui attacher une importance parce qu’il s’agit de Jésus ? Parce que ce n’est pas le fait que Jésus soit le seul enfant du Père qui est important, Jésus lui est « Unique » dans le sens profond du mot.

Unique dans sa perfection. Il nous a dit : « Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait », comme lui, Jésus, reflet du Père, est parfait.

Unique dans son amour pour le Père : « Mon Père et moi nous sommes Un. Qui me connaît, connaît le Père. »

Unique dans son amour pour nous : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Unique dans son rôle d’Ami discret et patient, plein de tact et de douceur : « Vois, je me tiens devant ta porte. » Lui, le Maître, il attend que je lui ouvre ma porte.

Unique parce que lui à qui le vent et la mer obéissent, se fait humble et quémande mon amour.

Unique parce que, comme le Père de l’Enfant Prodigue, lui que j’ai oublié, méconnu si souvent, il m’ouvre ses bras pour m’accueillir, pauvre brebis perdue.

Unique aussi, parce que, par amour pour mon âme, il n’a pas hésité à mourir pour moi sur une croix.

Unique, car lui à qui l’Univers, le monde, la création appartiennent, il mendie mon amour et pour faire partie de mon moi intérieur, me faire participer à sa vie divine, il se fait petite hostie, se donne à moi dans l’Eucharistie : Voici le Corps du Christ.

Et je vais reprendre les mots que m’a dit un jour un ami : « Qui d’autre, qui d’autre aurait fait cela pour moi ? Si ce n’est Lui, l’Unique, Jésus Christ. »

Bonsoir, Isa. Bonne nuit.

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M.J. Arlette ORIAN

Ancienne directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice

(re)publié: 01/04/2020
1ère public.: 30/11/1997