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Quand tu pries, tu ne sens pas la présence de Dieu ?

Tu me dis que, quand tu pries, tu ne sens pas la présence de Dieu. Ce que tu ressens, c’est plutôt « une absence de Dieu ». C’est peut-être que tu n’as pas appris à reconnaître cette présence.

La prière n’est pas une chose automatique. Il te faut apprendre à prier. Souviens-toi : Jean-Baptiste a enseigné à ses apôtres à prier. Jésus a enseigné le Notre Père à ses apôtres. Lui, Jésus se retirait, seul, à l’écart, pour prier.

Quand tu désires prier, demande à l’Esprit Saint de t’éclairer. Fais le silence en toi puis dis tout simplement : « Mon Dieu, je t’aime. » Ne sens-tu pas la paix qui descend en toi ? Ne te sens-tu pas l’envie de dire encore et encore à Dieu que tu l’aimes. Vas-y ; répète une, deux, dix fois, autant de fois que tu le veux, à Dieu que tu l’aimes. Puis, fais silence en toi. Recueille-toi. Ecoute. Eh bien, non ! Rien à faire. Tu me dis que tu n’entends rien. Cela ne fait rien. Dieu, lui, est là. Lui, il sait que tu lui parles. Lui, il sait que tu l’aimes.

Tu dis que ton cœur ne ressent rien, que tu pries dans « le vide ». Ne te décourage pas. Même les saints sont passés par là. Dis à Dieu : « Mon Dieu, je ne sens pas ta présence. Je t’offre ce semblant d’absence. Je t’offre ce cœur qui voudrait tant t’aimer mais qui ne sait pas t’aimer. »

Souviens-toi : Quand tu allais à l’école, quand le professeur parlait, parfois, tu pensais à autre chose. Tu écoutais peut-être mais tu n’entendais pas ou, si tu préfères, tu entendais mais tu n’écoutais pas. T’es-tu arrêtée d’étudier pour cela ? Non, tu as persévéré.

C’est la même chose quand tu pries. Tu pries sans prier. Tu laisses ton esprit vagabonder. Tu oublies que Dieu est là. Ressaisis-toi. Chasse ces distractions. Pense à Dieu. Concentre ton esprit sur un mot, un simple petit mot « Je t’aime ». Fais le vide dans ton esprit et laisse Dieu se « couler » en toi. Ne pense à rien d’autre. N’écoute même pas le silence. Chut... ferme tes yeux. Dis : « Je t’aime. »

Habitue-toi à prier. Prie quand tu en sens le désir mais surtout réserve-toi chaque jour un moment pour prier. Chaque jour, à la même heure ou presque, consacre à la prière une, deux, cinq minutes... et crois-moi, bien vite tu aimeras prier et tu sentiras que Dieu est tout près de toi.

Sais-tu comment je m’y suis prise avec « mes enfants de Cascavelle » pour leur faire réaliser que Dieu est là quand ils prient. Un après-midi, alors qu’une des réunions était sur le point de commencer, j’ai demandé une chaise. Vite, un des gosses est allé m’en chercher une. Ils savent que je ne m’assois jamais quand je prie avec eux, récite le chapelet ou leur explique quelque chose. Alors, de m’entendre demander une chaise, cela a été un événement. Tous les yeux étaient braqués sur moi. Pendant quelques minutes, je n’ai rien dit. Alors, un gosse timidement m’a interrogé :
« Vous ne vous asseyez pas, mademoiselle ? »
« Non. J’attends quelqu’un... »

Et après un moment, j’ajoute :
« Nous pouvons commencer. Jésus est là. »

Oui, nous avons, de temps à autre, « la chaise de Jésus ».

Comment prient-ils ? Oh, c’est bien simple. Un jour, je leur ai montré un tableau représentant « Jésus priant » et nous avons étudié ensemble comment Jésus s’y prend quand il prie. Je pose quelques questions :
« Que fait Jésus ? Est-ce qu’il est en train de danser, de manger ? »
« Non, mademoiselle. Jésus est en train de prier. »
« Et comment le savez-vous ? »

Et chacun décrit ce qu’il ressent en regardant le tableau : « Les yeux de Jésus sont fermés. Il prie. Jésus se concentre sur ce qu’il fait. Son front se plisse tant il se concentre. Il croise ses mains. »

Je leur dis alors : « Nous allons nous aussi prier comme Jésus. » Les petites mains se croisent ; les yeux se ferment, les fronts se plissent et ils se concentrent sur ce qu’ils disent. On entendrait voler une mouche. Je le fais surtout quand nous prions pour les prêtres.

Pour leur rendre plus sensible le fait que nous n’avons pas assez de prêtres, j’ai inventé pour eux une prière :

« Mon Dieu, nous avons besoin de prêtres ; nous n’en avons pas assez.
Chaque année, deux ou trois Mauriciens ‘se font’ prêtres.
Des prêtres nous viennent de Pologne, du pays de Jean-Paul II, d’Angleterre, de France, de l’Inde et d’autres pays, mais ce n’est pas assez. Aussi nos prêtres ont beaucoup à faire. »

Chaque semaine, ils prient pour les gens du village, pour les malades, entre autres, mais une de leurs missions est de prier pour les prêtres. Et pour que Dieu réalise qu’ils savent ce pour quoi ils prient, ils lui rappellent que, dans notre paroisse, le Père Quinn vient d’Angleterre, que le Père Tadeusz Lewicki vient de Pologne, que l’un d’eux, le Père Alex Têtu, vient de notre village de Bambous, que leur ancien curé, Gérard Lajoie, vient de la ville de Beau Bassin-Rose Hill... et nous récapitulons tout ce que nos prêtres ont à faire : baptêmes, confessions, etc.

Crois-moi les enfants savent que Dieu est présent, qu’il les écoute, - en souriant, je pense - , et ils sont bien conscients de l’importance de ce qu’ils sont en train de raconter à Dieu, du besoin que nous avons de vocations. Oui, ils sont conscients que Dieu est là pendant qu’ils lui parlent.

Ne sois pas comme saint Augustin qui se plaignait un jour à Dieu de ce que, un jour, ayant besoin de sa présence, il n’y avait pas été sensible. Dieu lui a répondu tout simplement :
« Moi, j’étais avec toi. C’est toi qui n’étais pas avec moi. »

Allons. Bonsoir, Isa. Dors bien.

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M.J. Arlette ORIAN

Directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice († 2006).

(re)publié: 01/01/2020
1ère public.: 30/11/1997