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Pour que la messe parle à ton cœur

Tu m’appelles à l’aide : « Tu aimes Dieu, tu lui parles, tu le pries ; mais la messe t’ennuie. Que dois-tu faire pour que la messe parle à ton cœur ? »

Tu sais, Isa, je ne suis pas une experte en théologie. Quand je te parle de Dieu, de foi, de religion, je parle plus avec mon cœur qu’avec des connaissances réelles en la matière mais je vais essayer quand même de t’aider.

La Père Samy, prêtre jésuite, qui a essayé d’inculquer à un groupe de personnes, dont j’étais, le sens de la prière, nous disait : « Quand vous voulez prier, commencez par vous relaxer. Et il nous faisait faire un exercice de relaxation, genre yoga, avant de commencer à prier. »

Je ne vais pas te demander de faire du yoga avant de prier ou avant d’aller à l’église, non... mais je vais te demander de faire comme le renard dans Le Petit Prince de Saint Exupéry :

« Commence par t’habiller le cœur. » Aïe ! cela sonne compliqué... mais non, c’est simple. Tu vas voir.

Si, quand tu décides d’aller à la messe, tu commences par te dire en sortant de ton lit : « Quelle barbe ! Pourquoi faut-il que j’y aille ? Je n’aime pas ce prêtre ; ses sermons sont ennuyeux. La chorale chante faux. Je n’aime pas l’ambiance. Mes copains, eux, ne vont pas à la messe ! »... au départ, tu bousilles tout. C’est obligatoire, tu t’ennuieras à la messe. Tu vois : tu dois te préparer à participer à la messe dès que tu te décides à y aller, mentalement aussi bien que physiquement. Tu as décidé, même si tu crains de t’y ennuyer, que tu irais à la messe, c’est déjà un bon point pour toi. Habille-toi, fais-toi belle, et dis-toi que tu vas à la rencontre de Dieu.

Arrivée à l’église, entre dans un banc après t’être agenouillée avec respect devant l’autel. La messe va commencer. Alors qu’éclatent les chants, le prêtre arrive accompagné des enfants de chœur. Ferme les yeux. Imagine que tu es à Jérusalem. C’est le jour des Rameaux. La foule se presse, quelqu’un de très important arrive. Tu te glisses dans cette foule et tu regardes de tous tes yeux. Qui attend-t-on ? Jésus. Jésus arrive. La foule chante, acclame. Tu es dans cette foule, celui qui arrive, c’est Jésus, c’est le prêtre. Garde tes yeux fermés, chante avec la foule et dis à Dieu : « Merci d’être parmi nous, de ne nous avoir jamais quittés. »

Mais, à ce moment, ta conscience te chatouille. Tu as sur la conscience quelques péchés, pas très gros, « des poussières de péché » comme l’a joliment dit un jour un prêtre de mes amis ; alors, avec les fidèles, avec le prêtre, tu demandes pardon des fautes que tu as commises. Tu récites ou chantes le Kyrie eleison. Ne me dis pas que tu n’as pas de péché. Saint Paul, je crois, disait que celui qui dit qu’il n’a pas de péché est un menteur. A moins que tu aies bien changé, Isa, si je te connais toujours bien, eh bien il y sûrement un ou deux péchés que tu regrettes. Alors, bien vite, avec les autres, avec le prêtre, demande pardon à Dieu.

Maintenant que tu te sens pardonnée, tu peux chanter le Gloria. Chante... loue Dieu. Pour quoi ? Mais pour tout ce qu’il a fait et continue de faire : la terre, le ciel, toi - avoue qu’il t’a bien réussie. Remercie, loue et rends gloire à Dieu.

Et puis, il y a les épîtres, les lectures, les psaumes. Autrefois, je pensais, et le disais, que c’était une partie inutile de la messe ; que, par exemple, d’étudier l’Ancien Testament était une perte de temps. Bien souvent, j’ai dû faire enrager mes amis, les prêtres, en leur disant :
« A quoi cela sert ? Je ne vois rien d’intéressant à ces histoires du passé, d’Esaü, de Jonas. » Je leur disais : « Pour moi, il y a Dieu, il y a Jésus, cela suffit à remplir ma vie. Ces histoires du passé, cela ne m’intéresse pas. » Eh bien, j’ai changé d’avis. Depuis quelques années, je lis les lectures et parfois les psaumes à la messe et, petit à petit, j’ai compris.

J’ai compris que, - de même que, gosse, j’aimais entendre mes parents me raconter leur vie quand ils étaient jeunes ainsi que celle de leurs parents, j’aimais entendre grand-mère et ma vieille tante raconter leur vie quand elles étaient petites, - toutes ces histoires me faisaient sentir que je fais partie d’une très longue chaîne de parents à travers les âges. De même, le chrétien doit être fier et heureux de savoir qu’il est un maillon d’une chaîne qui s’étend loin, depuis des millénaires ; que notre religion ne débute pas avec Jésus, il y a deux mille ans, mais remonte bien plus loin depuis la création du monde. Cela a changé mon optique. Je lis avec beaucoup de foi les lectures et psaumes et écoute avec intérêt les épîtres qui sont, en fait, l’histoire de l’Eglise depuis ses débuts.

L’Evangile ! La venue de Jésus parmi nous, l’Annonciation, la Visitation, Noël, la Passion, les miracles de Jésus, tout cela, tu y crois. Alors, je ne m’y attarderais pas et je vais tout droit au Credo. Dis à Dieu que tu crois en lui, Père, Fils et Esprit ; que tu crois en la pérennité de l’Eglise catholique ; dans le fait que les morts et les vivants forment la communion des saints ; que tu crois au pardon des péchés et tu sais que nous ressusciterons tous à la fin du monde et que nous nous reverrons tous au Ciel un jour.

A l’Offertoire, le prêtre offre le pain et le vin. Toi aussi, porte ton offrande à Dieu. Qu’offriras-tu à Dieu ? Offre ta vie, tes chagrins, ta famille, ton travail. Offre tout toi avec le pain et le vin que le prêtre offre et quand arrive la partie appelée Lavabo, regarde le prêtre. Non seulement il se lave les mains mais il demande aussi à Dieu de purifier son cœur. Toi, tu dis à Dieu : « Mon Dieu, faites que mon cœur soit assez pur pour que vos y entriez avec joie. »

Et c’est la Consécration. Quand vous avez quitté l’île Maurice, j’ai eu beaucoup de peine. Si je l’avais pu, je vous aurais transformés en... je ne sais pas quoi... en quelque chose qui me permettrait de vous garder avec moi, en moi. C’est ce que Jésus a fait. Il ne voulait pas nous laisser orphelins ; alors, pour rester avec nous, près de nous, en nous, Jésus s’est fait hostie. Quand tu regarderas l’hostie, pense à cela. L’amour de ton Dieu est si grand qu’il a voulu faire partie de toi et, par la puissance de son amour, par tout lui qui t’appelle, pour tout ton toi qui désires le recevoir, il s’est fait petite hostie.

Revis la scène : Jésus ne veut pas quitter ses apôtres, ne veut pas quitter ses disciples, le monde ; alors, pour rester avec eux, avec nous, il se transforme en hostie. Tu vois, je crois que les mamans qui sentent en elles la présence de leur bébé, doivent comprendre un peu ce que Dieu a voulu faire en se faisant hostie. C’est pour aimer encore plus, pour être aimé encore plus de nous, qu’il a voulu habiter en nous, devenir nous. Alors, il a inventé l’hostie : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang. »

Après la Consécration, il y a le Mémento des Morts. Le prêtre rappelle que ce qui vient d’être fait l’a été en mémoire de la passion de Jésus, de sa résurrection, de son Ascension et il offre à Dieu, en offrande, Jésus. Il prie ensuite pour l’Eglise, pour les prêtres, pour les morts. Tu n’as pas connu tes grands-parents, cela ne fait rien, prie pour eux. Tu as eu des amis, des jeunes comme toi, qui sont morts, alors prie pour qu’ils aillent au Ciel où, tu l’espères, tu iras les rejoindre un jour ; où, je l’espère, nous nous retrouverons tous un jour.

Et puis c’est le Notre Père. C’est la prière que Jésus a apprise à ses apôtres quand ils lui ont demandé de leur montrer comment prier. Le Notre Père est une prière bien simple. Il fallait être Jésus pour l’inventer. Tu commences par louer Dieu, désirer sa venue, souhaiter que les hommes fassent toujours sa volonté et puis, tout simplement, tu demandes pour toi et les tiens le pain.

Ce mot a, pour moi, un sens plus complet que celui qu’on lui attache. Si on ne demandait que le pain, les riches et les nantis ne prieraient pas. A quoi bon demander le pain ; ils le mangent tous les jours avec du beurre, de la confiture... Ils le jettent même parfois. Non, pour moi, ces mots le pain veulent dire la chose dont nous avons le plus besoin. Et chacun demande ce qui, pour lui, est aussi précieux que le pain : du travail, la santé, la foi. Non, si ce n’était que du pain, beaucoup verraient cette partie du Notre Père comme complètement inutile. Pour toi, demande, en sus du pain, la chose que tu désires le plus. Cela ne veut pas dire que Dieu t’exaucera, mais demande toujours, on ne sait jamais ! Puis, demande pardon à Dieu et dis-lui - et tu le fais - que tu pardonnes à ceux qui t’ont offensée et, enfin, tu lui demandes de te délivrer de tout ce qui te pousse à faire ce qui est mal.

Nous arrivons maintenant à l’Agnus Dei. « L’Agneau de Dieu ». Tu te souviens, Jean-Baptiste, le précurseur du Messie, appela ainsi Jésus quand il le vit venir pour recevoir son baptême de pénitence : « Voici l’Agneau de Dieu ! » L’Agneau de Dieu vient au devant de toi et tu lui demandes, à lui qui enlèves le péché du monde, d’avoir pitié de toi, du monde et de lui donner la paix. La paix, pas seulement un état de « non-guerre » mais, comme l’a dit Sœur Emmanuelle, tu demandes « Shalom », la plénitude de son amour, de sa paix.

Maintenant, tu te lèves. Tu vas à la table de communion, le cœur plein d’amour pour celui pour qui, depuis quelques minutes, tu as « habillé ton cœur ». Pense à Jésus. Souviens-toi que, à Medjugorje, la Vierge a dit : « Pendant la Messe, Dieu se donne. » Va, reçois-le en toi avec humilité. Comme le publicain, comme le centurion, tu reconnais que tu n’es pas digne qu’il vienne en toi. Tu sais que, s’il le veut, il n’a qu’à dire une parole pour que tu sois guérie de ton insouciance, de ton manque de foi, de tes péchés. Demande que tu sois à lui pour la vie, pour toujours.

Voilà ! la messe est terminée. Le prêtre te bénit, toi et tous ceux qui sont là : « Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »

Tu peux rester encore quelques minutes pour parler à Dieu, pour qu’il te parle, pour qu’il ne reste pas tout seul. Rien que quelques minutes... et puis tu peux t’en aller.

Voilà, je ne sais si j’ai bien compris le sens de la messe, si je te l’ai bien expliqué. J’ai essayé de t’aider parce que je t’aime profondément. Je te rappelle seulement ces paroles de Marie, à Medjugorje : « Que la messe soit vie pour vous ! » C’est ce que je te souhaite.

Alors, je te dis...

Shalom. Que Dieu te garde !

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(re)publié: 01/10/2019
1ère public.: 30/11/1996