LogoAppli mobile

Parle-nous de Joseph

« Pauvre Joseph ! » me dit Isa. « On ne parle que rarement de lui et pourtant cela a dû être dur pour lui de s’apercevoir que Marie attendait un enfant qui n’était pas de lui. Pourquoi ne parles-tu pas de Joseph ? »

Ce n’est pas facile, tu sais, de parler de Joseph. Je ne connais que très peu de choses de lui. Mais, avec l’aide du Saint-Esprit, pour te faire plaisir, je vais, essayer de trouver en moi une réponse.

Cet écrit sur Joseph est le fruit d’une série de coïncidences. A la suite de la demande d’Isa qui date de quelques jours seulement, j’avais commencé à écrire quelques pages sur Joseph quand je reçus en cadeau une statue de St Joseph et le même jour ou presque, me furent envoyées deux revues qui parlaient de saint Joseph... et pourtant je n’avais fait part à personne de la demande d’Isa. Je vais donc pour commencer à parler de saint Joseph, le décrire en partant de sa statue.

Que représente cette statue ? La statue représente un beau jeune homme à la barbe très noire et bouclée, tenant sur un bras l’Enfant-Jésus et dans l’autre main la branche de lis qui, racontent les évangiles apocryphes, fleurit en vue de permettre à Joachim, père de la Vierge Marie de le choisir comme fiancé de Marie. L’histoire est belle, mais probablement, pour ne pas dire sûrement, fausse. Cependant, je suis certaine que Dieu, pour protéger Marie, a dû, d’une façon ou d’une autre, guider le choix des parents de Marie, leur faire connaître son choix à lui, Dieu, de Joseph comme fiancé de Marie.

Que me dévoile ce choix de Dieu ? Que Joseph était l’homme idéal que Dieu choisit pour Marie. Que Dieu fit fleurir ou non le lis sur la tige que tenait Joseph contrairement à celle tenue par les autres prétendants est une de ces images dont la Bible est friande. Celui qui écrivit ce texte a voulu nous faire comprendre que Joseph était le choix, non de Joachim ou d’Anne ou des deux, mais de Dieu lui-même qui ne pouvait permettre qu’un autre que Joseph puisse devenir l’époux de Marie.

Que pouvons-nous deviner de Joseph à partir de ce choix divin ? D’abord, qu’il devait être jeune et beau. Jamais Dieu n’aurait voulu pour Marie d’un vieillard ou d’un être laid. Pour Marie, il fallait la perfection physique et aussi la perfection morale. C’est à dire un homme bon, droit, honnête qui respecterait le plan de Dieu : celui de donner à un homme une jeune fille de quinze ans qui était vierge et qui devait le rester.

Il fallait aussi que cet homme eut une réelle force de caractère pour résister au charme et à la beauté de Marie, pour la respecter et transformer son amour pour Marie en une franche amitié d’où toute sensualité serait bannie. Il fallait que Dieu trouvât en lui de solides qualités de cœur, parce qu’il se devait d’être non seulement pour Marie le mari idéal mis aussi pour Jésus le père mortel idéal que Dieu ne pouvait être. J’aimerais citer ce que dit saint Bernardin de Sienne au sujet de Saint Joseph :

« ... Comment un esprit clairvoyant peut-il penser que l’Esprit Saint ait uni, d’une union si étroite à l’âme d’une Vierge si grande, quelque autre âme, sans que celle-ci fût très semblable par la pratique des vertus ? Je crois donc que saint Joseph fut le plus pur des hommes en virginité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, le plus élevé en contemplation. »

Il fallait qu’il eût de hautes qualités morales car il devait élever cet enfant qui lui était confié et en faire un homme, un vrai. Il fallait que Dieu ait confiance dans les qualités d’éducateur de Joseph. La revue « St Joseph d’Allex » nous dit ceci : « Joseph a fait une expérience unique, extraordinaire où il a pu observer les gestes et recueillir les paroles d’un enfant qui était Dieu. »

Joseph devait être un homme pieux et versé dans l’Ancien Testament puisqu’il devait faire l’éducation, la formation religieuse de Jésus. Comme tout père juif il dut apprendre comme première prière à son fils le Shema Israel, une prière de louange à Dieu obligatoire pour les hommes libres et qui ne pouvait être transmise aux garçons en Israël que par le père.

Il fallait qu’il soit fort. Que Marie soit la mère choisie par Dieu pour son enfant lui donne, à nos yeux, une supériorité spirituelle certaine sur Joseph, mais, pour que le foyer soit un vrai foyer chrétien, solide, il fallait que Joseph fût l’homme sur lequel Marie devait pouvoir s’appuyer dans les heures de détresse, qu’il soit celui qui la soutienne et la guide comme dans tout foyer humain.

Et nous le voyons, dès les premières lignes de l’Evangile selon Matthieu, plein de délicatesse et de prévenance envers cette femme à qui il s’était fiancé et qui attendait un enfant qui n’était pas de lui. Pas de hâte irréfléchie, pas de reproches inutiles. « Il réfléchit. » Je le vois d’ici, le cœur lourd et inquiet, se posant ces questions : « Non, cela ne se peut pas. Pas Marie ! Pas elle ! Elle est trop pure, ma Marie. Ce n’est pas possible ! Que faire ! Mon Dieu, éclaire-moi ! Fais-moi comprendre. » et Dieu lui donna la réponse qu’il cherchait : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie pour épouse car ce qui été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » La réponse venant de Dieu était encore plus troublante. Aucun homme ne pouvait accepter cette affirmation. Il fallait que la foi de Joseph, sa connaissance de l’Ancien Testament soient bien fortes pour qu’il crût en de telles paroles et il y crut.

Par le plus grand des hasards m’a été remise hier une revue : la revue Saint Joseph que je ne connaissais pas. J’y ai lu un article écrit par le Père Lucien Deiss, cssp. Je me permets de copier textuellement ce qu’il écrit au sujet du foyer de la Sainte Famille où grandit Jésus :

« L’intimité familiale de Joseph et de Marie fut le foyer où Jésus apprit qu’il y avait un Dieu d’amour qui veillait sur le monde, que ce Dieu était le Père de tendresse et de pitié, que le premier devoir de tout fils de l’Alliance était de l’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa force ». Et le Père Lucien Deiss d’ajouter ceci : « Telle est la loi de l’Incarnation : Joseph et Marie ont appris à aimer Dieu à celui qui était sur terre le visage de l’amour de Dieu. »

Tout au long de la vie de Joseph, Dieu le suit, le guide, le conseille. Nous avons pour preuve de cette sollicitude de Dieu à l’égard de Jésus, de Marie et de Joseph, les diverses apparitions d’anges pendant leur vie : fuite en Egypte, retour d’Egypte entre autres.

Observateur fidèle de la Loi, nous le voyons présentant Jésus au temple, puis plus tard, pour la fête de Pâque, emmener Marie et Jésus avec lui et monter à Jérusalem. Nous les suivons quand Marie se mit à chercher Jésus qui avait disparu. Saint Luc nous dit que les parents de Jésus ne comprirent pas ce que Jésus répondit au reproche de Marie : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela. Vois ! Ton père et moi, nous te cherchons, angoissés, depuis trois jours. » - « Et que me cherchiez-vous ? Ne savez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? » Ils ne comprirent pas, sûrement, mais je suis certaine que la réponse de Jésus à Marie a dû rappeler à Joseph que Jésus n’était pas son fils légitime

« Les gens heureux n’ont pas d’histoire. » Ce qui fait que l’on a aucun détail au sujet de la vie de Jésus pendant les quelque trente ans qu’il vécut auprès d’eux. Luc nous dit que Jésus grandissait auprès de Joseph et de Marie « et qu’il leur était soumis ». La famille de Nazareth dut vivre une vie familiale d’amour, de travail, d’entraide pendant les trente années avant le ministère de Jésus.

On peut présumer que Joseph était mort quand Jésus commença sa vie publique si nous nous fions à la réflexion des gens de Nazareth s’interrogeant au sujet de Jésus : « Jésus ! N’est-il pas le fils de Marie ? » On parle du fils de Marie, mais de Joseph point. Joseph a disparu de la scène. Il n’est plus mentionné. Il dut mourir à un moment quelconque des trente ans que Jésus passa auprès deux.

C’est au Moyen-Age qu’il émergea dans la piété de l’Eglise. En 1870, Pie X fit de lui le patron de l’Eglise universelle et Pie XII fixa au 1er mai la fête de Joseph artisan, jour de la fête du Travail. Cependant, il y a une chose qui m’intrigue. On parle de Joseph comme du patron de la bonne mort. Pourquoi cette appellation ? Je n’ai rien pu trouver à ce sujet sauf un fait relaté dans cette même revue où il nous est conté que Joseph se sentit troublé à l’heure de sa mort et que Marie pria Dieu le père qui lui envoya des anges qui lui tinrent compagnie. Imagination, révélation, qu’importe ! Joseph avait bien mérité de Dieu le Père qu’il lui envoyât des anges ou qu’il vint lui-même au chevet de Joseph au moment de sa mort.

Une faute d'orthographe, une erreur, un problème ? Dites-nous tout !
 
M.J. Arlette ORIAN

Directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice († 2006).

(re)publié: 01/09/2020
1ère public.: 30/11/1997