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La confession

Je t’ai, involontairement, entendu dire à un ami au téléphone, "mais la confession, c’est quelque chose de formidable. Tu as commis quelque chose que tu regrettes. Tu vas demander au prêtre, à Dieu, de te pardonner et ton âme redevient comme celle d’un petit enfant, blanche comme neige".

Je suis restée émerveillée de t’entendre parler avec autant de simplicité de la confession. Et cela m’a ramenée bien loin en arrière.

Toute gosse, je n’ai jamais bien compris de ce que c’était que la confession et, pendant des années, j’ai répété invariablement au prêtre les trois péchés que j’avais choisis, probablement dans un missel quelconque. Je disais, à longueur d’années, les trois mêmes péchés :

"Bénissez moi, mon Père, parce que j’ai péché : Mon Père, j’ai été méchante, désobéissante et orgueilleuse."

Pourquoi ai-je choisi ces trois péchés, je n’en sais rien. Méchante, je ne le suis pas. Désobéissante, encore moins. Orgueilleuse, pas du tout. Pourquoi les avoir choisis ? Je ne m’en souviens pas mais, invariablement, j’ai été absoute de péchés que je n’avais jamais commis.

Je me souviens, une autre fois, à Paris, ayant décidé d’aller me confesser, être entrée dans un confessionnal, après avoir suivi une queue d’une bonne demi-heure, pour entendre le prêtre me dire à mes tout premiers mots :

 Mais vous n’êtes pas française ?
 Moi ? Non.
 D’où venez-vous ?
 De l’île Maurice.
 Oh, de l’île Maurice.

et voilà le bon prêtre m’interrogeant sur le pays, les gens etc. Cela a bien duré quelques minutes et, tout bonnement, il me donne l’absolution.

Je sors du confessionnal très heureuse de m’en être sortie à bon compte quand, soudain, je réalise que je ne m’étais pas confessée. Me revoilà, faisant à nouveau la queue, entrant dans le confessionnal pour entendre le prêtre me demander :

 Mais ce n’est pas vous qui venez de vous confesser ?
 Oui, mais je ne vous ai dit aucun péché !

Et ce prêtre, tout heureux, de me renvoyer sans que je ne lui dise quoi que ce soit, en me félicitant d’avoir eu des parents qui m’avaient donné une aussi bonne éducation chrétienne.

Je me souviens aussi que, dans ma jeunesse, les gens faisaient queue au confessionnal du Père Neyrolles parce que, ce dernier étant sourd, il était plus facile d’aller lui avouer ses fautes.

Ce n’est que, récemment, dirai-je, qu’un prêtre de mes amis m’a fait comprendre la beauté et la grandeur de la confession.

D’abord, avec lui, pas de confessionnal où l’on entre en tremblant, où l’on chuchote pour que personne d’autre n’entendre ce que l’on va avouer au prêtre, en attendant avec angoisse le moment où le prêtre vous donnera cette absolution qui "vous rendra l’âme blanche comme neige, comme celle d’un petit bébé".

Quand je désire me confesser, je prends un rendez-vous, vais le voir, nous bavardons de ce qui me tracasse et, de fil en aiguille, me voilà me mettant à genoux, me confessant et recevant le pardon.

Il a une vision toute simple de la confession. Il te dit que, quand quelqu’un va se confesser, ce n’est pas vers lui que la personne vient. Elle va à la rencontre du Christ. Elle a soif du pardon de Dieu. La démarche qu’elle fait, dure pour son orgueil, est en elle-même une confession, un aveu de regret d’avoir offensé Dieu, un désir de renouer avec la pureté, de faire partie à nouveau de l’Église du Christ, de l’Église de Dieu.

Il ne te pose pas de questions indiscrètes. Il te laisse parler. Tu dois être vraie et pour cela, tu prends conscience de tes fautes et tu les désavoues. Tu parles. Il t’écoute, te pose quelques questions pour t’éclairer toi-même dans cette démarche de vérité, de regret que tu entreprends. Il soutient ta bonne volonté et te donne, si besoin est, des conseils s’il estime devoir t’en donner.

A aucun moment, tu ne sens une gêne. Tu sens en lui la réalité de la présence de Jésus Christ. Ce n’est pas un homme, ni un ami, qui t’écoute. C’est Jésus lui-même qui t’accueille, te guide et te ramène à lui.

Et il te parle de Dieu. Et c’est toute ton âme qui écoute. Et quand il parle de l’amour que Dieu a pour toi, de son immense tendresse, tu sens en toi des flots de regret, de repentir et en même temps tu ressens l’amour de ce Dieu qui t’a pardonnée, oui, mais qui, surtout, t’a aimée.

Je me suis souvenue de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine. Le Chanoine Marc l’a bien expliqué. Il fallait que Jésus passât par la Samarie (Jn 4). Il y avait une âme en détresse à Samarie et "Dieu a inventé ce voyage" rien que pour faire que Jésus la rencontre. Moi, il m’a envoyé un infarctus et ma vie a changé radicalement. Tu vois Dieu sait choisir ses émissaires, ses chemins quand il veut que tu sois tout à lui. Il est partout à ta recherche. Il est dans ce prêtre qui te tend la main.

Mais qu’est-ce donc que cette confession ? Que t’apporte-t-elle ?

Tout simplement, tu es à un tournant de ta vie. Ton âme a soif de pardon. Par ton péché, tu t’étais mise, sinon en dehors de l’Église mais tout au moins tu sentais que tu n’étais pas dans le droit chemin. Pour y revenir, pour redevenir l’enfant de Dieu, il te fallait reconnaître ta faute, la regretter, l’avouer et, une fois avouée, oublier ta faute. Non plus, t’enliser dans tes fautes, les ressasser, mais remercier Dieu de t’avoir ramenée à la vie, Dieu qui t’accueille avec amour.

Et tu vas vers un prêtre que tu choisis pour des raisons qui te sont personnelles, parce que, tu l’espères, il pourra t’aider. Tu vas vers lui. Il représente Jésus-Christ, il a le pouvoir de te pardonner tes péchés :

« Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde.
Par la mort et la résurrection de son Fils,
il a réconcilié le monde avec lui.
Et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés.
Par le ministère de l’Eglise, qu’il vous donne le pardon et la paix.
Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
je vous pardonne tous vos péchés. »

Pour bien comprendre la confession, il faut ne plus voir le prêtre qui est devant toi. Il te faut essayer d’avoir une idée de la grandeur de Dieu, de sa bonté, de son immense amour pour toi, de son immense espoir en toi. Ce n’est pas facile. Que sommes-nous pour comprendre ce qu’est Dieu ? Cela nous ne le pouvons pas, mais ce que nous pouvons, c’est faire confiance en son amour et l’interroger sur ce qu’il attend de nous.

Car Dieu a pour toi une mission, il en a une pour chacun de nous. Interroge-le, mets-toi à son service et surtout aime-le, c’est si simple.

"Donne-moi à boire" a dit Jésus à la Samaritaine. Au fils prodigue, il n’a rien dit. Il a accouru et l’a serré tout contre son cœur. Alors, qu’attends-tu ? Cours, va donner à boire à Jésus. Il t’attend. Il a soif.

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M.J. Arlette ORIAN

Ancienne directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice

(re)publié: 01/12/2020
1ère public.: 30/11/1997