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Du cœur mystique... à la méditation et à l’oraison

Isa, en regardant un site à Unitas, Canada, sur Internet, je suis tombée sur un texte de Thomas Ryan, csp, qui parlait de « cœur mystique », de méditation et d’oraison. Or quelques mois auparavant, le cardinal Margéot avait parlé de l’oraison à un petit groupe d’amis, dont j’étais. Ce qui, pour moi, était révélateur, c’est que j’ai enfin compris beaucoup de choses qui se passaient en moi et que je ne m’expliquais pas. Ainsi, par exemple, Thomas Ryan nous dévoile en parlant d’oraison et de méditation, que, si nous voulons entrer en contact avec Dieu, nous devons éveiller en nous notre « cœur mystique ». Tu n’en avais jamais entendu parler ! Moi, non plus !

Le « cœur mystique », c’est tout simplement le fil de téléphone qui nous relie à Dieu, le moyen par lequel nous en venons à une approche naturelle de Dieu. Thomas Ryan en parle comme d’une « lecture faite, avec notre œil intérieur, de la présence de Dieu en nous ; lecture qui nous pousse à nous abandonner à l’étreinte de Dieu ». Mais que doit-on faire pour éveiller en nous le « cœur mystique » qui, chez la plupart d’entre nous, il faut bien l’avouer, dort, au plus profond de nous-même, du sommeil du juste ? Oh, rien de bien compliqué.

Tout d’abord, avant d’arriver à atteindre Dieu, il faut commencer par le contempler, par le louer dans ce qui t’entoure, la nature, les êtres humains. Loue le Créateur en admirant la nature qu’il a créée pour toi, pour nous. Je m’explique maintenant mon exclamation : « Tu es béni, Dieu de l’univers » devant un beau lever de soleil il y a quelques mois. Ou encore, il t’est demandé de t’intéresser à ceux qui t’entourent : ces simples, ces besogneux, ces mystiques, ces « saints anonymes » qui vivent, inconnus pour la plupart, une vie de foi et d’amour de Dieu et des autres... et inspire-toi de leur exemple.

Puis, une fois les yeux de la chair grand ouverts sur le monde, ouvre ta Bible et lis lentement un texte, un passage et pose-toi les questions suivantes : « Que me dit ce passage, ce mot ? Comment s’applique-t-il à ma vie de tous les jours ? Qu’est-ce que Jésus veut me dire à travers ces textes, à travers cette phrase, ou ce mot ? » Cela ne semble pas intéressant. Les Evangiles, les Epîtres, on nous les lit depuis notre enfance et nous en connaissons certains passages par cœur. Cela est vrai, mais cet exercice permet de découvrir, dans ces passages la phrase, le mot, qui interpelle, et, qu’inconsciemment, l’on se prend à méditer.

C’est alors que ce cœur mystique qui dort en nous, commence à sortir de sa léthargie, ouvre un œil curieux sur un monde différent. Il occulte peu à peu ce monde bruyant, cosmopolite, qui nous entoure et commence à s’intéresser à Dieu. La lecture de romans le laisse indifférent. La musique bruyante le fatigue. Il se sent attiré vers la lecture de quelque chose de « solide ». Nous devenons un peu plus silencieux. Nous réfléchissons davantage. Notre cœur mystique, une fois éveillé, fait que nous nous sentons constamment attirés vers Dieu

Nous entrons dans le domaine de la méditation qui nous mènera à la contemplation et à l’oraison. Pour en tirer un réel profit, nous devons, chaque jour, autant que possible à la même heure, réserver à Dieu vingt minutes de notre vie. Tu te récries : « Cela est impossible ! J’ai mes études. » Chacun de nous a quelque chose de plus important à faire. Toi, tu as tes études, pour une autre, c’est la famille, le mari, les occupations de tous les jours. Pour tel autre, c’est une rencontre de football. Non, il n’y a pas de place dans notre vie pour la contemplation, pour l’oraison, pour la prière.

En es-tu sûre, Isa ? Es-tu certaine qu’il t’est impossible de trouver dans ta vie vingt minutes pendant lesquelles tu entrerais en communion avec Dieu. Vingt minutes dans une journée qui en comporte 1440. Oui, 20 minutes sur 1440 ! Avoue que ce n’est pas beaucoup.

Quand tout le monde est couché ou dans la journée, va rejoindre Dieu « qui est au fond de ton cœur ». Choisis un endroit calme, une position assise confortable, bien droite, bien détendue, et là, les yeux clos, reste immobile sans prier, sans penser à Dieu, sans penser à rien, mais en sachant seulement, qu’Il est là, au fond de ton cœur.

Pour entrer dans ce domaine nouveau pour nous de l’oraison, il est conseillé la répétition d’un mot qui, si je puis m’exprimer ainsi, n’aurait pour notre intelligence aucun sens, ne représenterait pas d’image à notre pensée. Le mot Manaratha nous est conseillé, Manaratha est un mot araméen, langue parlée par Jésus, qui veut dire : « Viens, Seigneur Jésus. » Mais il faut le répéter sans y attacher aucune pensée précise. Moi, je le chante silencieusement en inspirant et en expirant. Je vois cela plus facile. Mais tu peux choisir le mot que tu désires pourvu que tu ne lui attaches aucun sens pendant que tu le répètes inlassablement.

Les premiers jour, je te conseille, pour apprivoiser en toi le silence, pour favoriser cette rencontre avec le Dieu intérieur, de commencer par lui réserver dix minutes, puis de les prolonger... quinze, vingt minutes. Quand ton cœur mystique aura commencé bien timidement à s’éveiller, alors, en toi, tu sentiras vivre et grandir ce sentiment de plénitude, d’amour, de prière qu’est l’oraison.

Thomas Ryan dit : « Alors nous nous abîmerons simplement avec abandon dans l’étreinte du Dieu vivant en nous. »

C’est cela, l’oraison, la méditation, le cœur mystique, un « abandon dans l’étreinte du Dieu vivant en nous ».

Bonne nuit, Isa. Dors bien.

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M.J. Arlette ORIAN

Ancienne directrice d’une école de secrétariat à l’île Maurice

(re)publié: 01/06/2021
1ère public.: 30/11/1998