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Je pleure la jeune femme morte

La semaine dernière, une jeune femme vivait ses derniers moments.

J’ai prié, j’ai pleuré, moi homme mûr dans la cinquantaine, mais qui a oublié de s’endurcir... J’ai entendu des stupidités, des jugements de satisfaction aux yeux exorbités de gens à l’esprit vengeur. Mais moi, j’ai de la difficulté à me remettre de la mort de cette jeune femme.

Oh ! Elle n’était pas sans tache. Elle aussi avait tué : la drogue, les folies de jeunesse mais... Dieu peut changer la vie d’une personne, en faire une personne nouvelle, une “new born” comme disent les Américains. Mais aux USA, on exécute beaucoup, new born ou pas.

Comme un évêque français bien connu m’écrivait par mail : « Le monde n’a pas beaucoup évolué. Un homme de pouvoir peut décider seul, comme l’empereur de Rome anciennement, de laisser son pouce vers le haut pour sauver une vie, ou le baisser pour décider de la mort. »

La veille de la mort de cette jeune femme, et le lendemain, nous avons prié et pleuré ensemble, nous chrétiens de diverses confessions. Il ne nous reste plus qu’à continuer à prier et à agir pour que les Etats appliquent la justice et non la vengeance.

Karla Faye Tucker est morte parce que des gens en autorité ont froidement planifié son exécution. Eux n’étaient pas sous l’emprise de la drogue et ne vivaient pas leur crise d’adolescence.

Ce sont ces mêmes hommes de pouvoir qui privent de nourriture les familles cubaines, irakiennes, qui ne vont pas empêcher les violences en Algérie, compte tenu que leurs intérêts ne sont pas en cause comme cela peut être le cas dans le golfe persique.

Ce sont ces mêmes hommes qui gardent les disparités sociales et créent tant de misère et tant de jeunes pauvres, désœuvrés, souffrants, drogués, suicidés. Nous sommes tous plus ou moins ces hommes et ces femmes, nous, les bourgeois bien assis, bien installés dans nos petits conforts.

Prions pour ces hommes, qu’ils apprennent le respect de la vie. Et n’oublions pas la mort de Karla Faye. Il est beaucoup trop tôt pour oublier. Il ne faut jamais oublier.

Je pleure une jeune femme morte. Mais je sais qu’elle est avec son Seigneur et Sauveur.

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Daniel LEBLANC
(re)publié: 31/01/1998