Avec vous, Marie de Cana, l’espérance d’un vin...

Pour résumer ce long article en utilisant l'Intelligence artificielle de Mistral AI, Paris, France, d'abord une vérification que vous êtes un être humain...

Avec vous, Marie de Cana, l’espérance d’un vin nouveau

Bonsoir Marie,
Bonsoir chère Notre-Dame du Saint Cordon.

Depuis notre conversation d’hier soir, 18 longues années sont passées depuis l’événement de Jérusalem lorsque Joseph et vous avez retrouvé avec soulagement et interrogations votre fils perdu dans le Temple. 18 années au cours desquelles vous avez médité sur tous ces événements qui, de Nazareth à Bethléem en passant par Jérusalem, ont bouleversé votre existence de jeune fille, de femme et d’épouse.

Qu’êtes vous devenue, Marie ?
Et Joseph ? L’évangile n’en parle plus jamais directement depuis cet épisode du Temple où vous avez retrouvé votre fils de 12 ans. Oui, qu’est devenu celui qui vous a prise chez lui comme épouse ? Est il mort ou garde-t-il encore ce silence éloquent qui a toujours été sa caractéristique depuis votre rencontre ?
Vous nous le direz lorsque nous nous rencontrerons au ciel que j’espère. Nous aurons bien du temps pour cela. D’ailleurs j’ai une demande à vous faire : j’aimerais, si cela est possible, visionner en replay spirituel les 30 années de la vie cachée de Jésus avec vous et Joseph à Nazareth. Pour le moment, comme tous ceux et celles qui veulent mettre leurs pas dans les vôtres et ceux de Jésus nous n’avons que les Evangiles comme guide. C’est sans doute ce que le Saint-Esprit a jugé suffisant pour mener une vie digne de vous et de lui !

Ce soir, nous voici donc emmenés avec vous et votre fils et ses premiers disciples à Cana en Galilée. Jésus a 30 ans et vous devez approcher des 45 printemps, dans le récit de ce mariage que nous rapporte saint Jean.

De l’Evangile selon saint Jean, chapitre 2  :

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.

Vierge Marie, vous le savez bien, dans les noces juives qui duraient une semaine, il fallait prévoir une quantité suffisante de boissons. On ne connait pas la raison du manque de vin qui constitue le point de départ du récit de saint Jean. D’ailleurs, l’évangéliste n’y porte aucun intérêt.
C’est d’abord vous, Marie, qui vous intéressez à la situation. Ce n’est pas tant la question de la quantité de vin bue qui vous inquiète, c’est l’embarras de la famille : « Ils n’ont pas de vin. » Un constat tout simple qui ne cherche pas le pourquoi de ce manque. Non, la réserve est vide et la fête doit encore durer ! Les convives commencent à s’impatienter, le maître du repas est questionné, les mariés voient leur fête gâchée… tout cela vous rend mal à l’aise, Marie. Il vous faut aider ces gens qui sont probablement des voisins, des connaissances, et tout de suite vous voulez en parler à Jésus qui a peut-être une idée pour sortir de cette impasse : « Ils n’ont pas de vin. »
Vous, la mère de Jésus, comme St Jean vous appelle toujours dans son Évangile, vous prenez l’initiative d’intervenir. Vous le faites, non par une question directe, mais à travers une affirmation qui est souvent dans l’Évangile de Jean la forme respectueuse de la demande. « Ils n’ont pas de vin. » C’était normalement la tâche du maître de repas et d’abord du marié lui-même de prévoir ces détails.
Nous vous prions Marie : regardez les drames humains de notre temps et présentez les eaux sales de l’humanité à votre fils. « Ils n’ont pas de vin !... »

Le dialogue qui s’instaure entre vous et Jésus est énigmatique. Les commentateurs l’ont parfois interprété plus en fonction de leurs préjugés que dans sa signification littérale. La réponse que Jésus vous fait est sans appel : « Que me veux tu, femme ? », littéralement il vous dit : « qu’y a-t-il entre toi et moi ? ». Nous ne savons pas si Jésus a employé un ton affectueux ou bien sec avec vous. Il y a certainement un juste milieu. Mais comment avez vous reçu ces mots dans votre cœur de mère ? Sans doute comme un glaive, un des nombreux glaives qui transperceront votre cœur tout au long des 3 années de la vie publique de Jésus. « Que me veux tu, femme ? » Cette formule hébraïque signifie un malentendu : la réponse de Jésus est comme une mise à distance, comme celle qu’il vous avait faite au Temple il y a 18 ans quand vous le cherchiez depuis 3 jours : « Pourquoi me cherchez-vous ? Ne savez vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? » Ce sont sans doute ces mêmes affaires du Père qui provoquent la réponse de votre fils : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. » Cette réplique abrupte signale que Jésus veut agir en toute liberté, sans céder à une quelconque pression venue du monde et même de vous, Marie. Personne, pas même vous, sa mère, ne peut décider de son heure. C’est de son Père seul que le Fils reçoit le signe de l’accomplissement. L’agenda du Père indique que l’heure décisive n’est pas encore venue. Ce miracle de Cana ne sera donc pas encore le dernier mot de Dieu. Il sera prononcé lors de l’élévation de votre fils sur la croix où Jésus vous associera définitivement au disciple qu’il aimait et à chacun de nous qui vivons cette semaine avec vous. Nous en reparlerons demain.

C’est pourquoi, vous ne vous troublez pas. Jésus, c’est Jésus, et vous, vous êtes Marie. Et vous êtes bien libre de prendre les initiatives que vous voulez !
Et voilà que, Marie, surgit votre parole à destination des serviteurs : « Quoi qu’il vous dise, faites-le. » Cet ordre atteste que vous êtes en train de franchir ce seuil du passage de mère à disciple : votre parole manifeste l’adhésion inconditionnelle à la volonté de Jésus et de son Père. À Cana, votre fils Jésus vous invite à dépasser votre maternité charnelle pour naître comme disciple. A Cana de Galilée, Vierge Marie, vous, la mère charnelle, vous devenez la première des disciples.

De plus, le dialogue entre Jésus et vous, Marie, rappelle d’autres dialogues dans l’Ancien Testament : quand l’Égypte manque de pain, Pharaon invite le peuple à se tourner vers Joseph : « Allez à Joseph et ce qu’il vous dira, faites-le » ou encore dans le livre de l’Exode, quand le peuple adhère à l’alliance, il proclame : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique. »
Vous, la mère de Jésus, vous êtes alors la figure du nouvel Israël. Vous êtes celle par qui la fête entre Dieu et l’humanité redevient possible. Vous conduisez le nouvel Israël - symbolisé par les serviteurs - vers Jésus. En le faisant, vous devenez vous-même la femme, figure du nouvel Israël, qui se soumet à son fils : « Quoi qu’il vous dise, faites-le », c’est le seul commandement que vous nous avez laissé, Notre-Dame. Nous devons l’entendre chaque matin comme un écho permanent dans le cœur des serviteurs que nous sommes afin que nous le mettions en pratique.

Jésus est submergé par votre audace, Marie, Il est touché aux entrailles par votre générosité vis à vis de la famille dans l’embarras, par votre intuition de femme qui vous fait deviner ce qui ne va pas. Alors, Jésus va s’exécuter sans se compliquer de questions superflues. Puisqu’il s’agit de vin, il dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau ces cuves... Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. »

Vierge Marie, les spécialistes de l’évangile de Jean nous apprennent que l’allusion aux six jarres vides destinées aux purifications des Juifs pourrait confirmer le sens symbolique. Les noces entre Israël et son Dieu sont arrivées dans une impasse : le chiffre six marque l’imperfection (7 - 1). Et l’excès dans le don (environ 700 l d’eau changée en vin !) signifie que les temps messianiques sont en train de s’accomplir en la personne de votre fils Jésus. La quantité et la qualité exceptionnelle de vin signifient que la fête messianique est commencée et que désormais le vin ne saurait manquer. Les noces et l’abondance de vin sont les signes de l’accomplissement de la promesse ultime : le salut est là, le règne de Dieu est arrivé !

Au fait, Marie, posons nous la question comme l’a fait un Père de l’Eglise : « Les convives de la noce ont-ils tout bu ? se demandait-il. Non, se répondit-il aussitôt, car nous en buvons encore !! » En effet, chaque eucharistie prolonge le miracle du vin à Cana et nous dit quel est le projet central de l’Évangile : l’offre de la vie en plénitude.

Vraiment, Vierge Marie, aux noces de Cana, vous êtes la mère de l’espérance, qui vous rend attentive et pleine de sollicitude pour les choses humaines. En votre présence, au début de sa vie publique, votre fils Jésus devient le Maître et le Messie : vous le regardez avec joie mais aussi avec appréhension, car votre fils devient jour après jour davantage ce signe de contradiction que Syméon vous avait annoncé 30 ans auparavant.

Cana, Vierge Marie, c’est le miracle de la confiance, votre confiance, Marie, et la nôtre envers Jésus. Ce soir, vous dites à chacun de nous : « Aie confiance, écoute-le. Fais tout ce qu’il te dira. »
Confiance et espérance sont des mots qui se rencontrent et se fécondent ; est pèlerin d’espérance celui qui fait confiance : confiance en Dieu, dans les autres, envers lui-même.

Vierge sainte, comme pèlerins d’espérance avec vous, nous voulons entendre cette demande forte que vous avez faite à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Ce qu’il nous dit, ce qu’il nous demande avant toute chose, c’est de nous aimer comme il nous aime et de travailler sans relâche à l’unité : cette unité, au cœur de la spiritualité du pape Léon XIV qui en a fait sa devise. Sur son blason figure cette maxime inspirée de saint Augustin : "In illo uno unum" – soit "En celui qui est un, soyons un".
Avec vous, Marie, travaillons à l’unité de nos personnes souvent divisées par le péché, l’unité de nos communautés humaines, en commençant par le lien conjugal et familial, l’unité de nos communautés d’Eglise dans leur diversité, l’unité de nos Eglises chrétiennes qui ont à manifester ensemble l’unité de la Très sainte Trinité.
Oui, Marie, Cana est un signe pour nos Eglises chrétiennes divisées depuis des siècles : manifestement, le Seigneur attend de nous que nous puissions nous retrouver autour de la même table, la table des noces où Dieu se fait notre époux et verse en abondance le vin de l’alliance nuptiale. Quand viendra donc le temps où tous les disciples de votre fils, de l’Orient à l’Occident, du nord au midi, pourront se retrouver autour de la table eucharistique pour partager le même pain et boire à la même coupe. Ce temps est encore loin : même si nous nous réjouissons des rapprochements vécus avec les luthériens et les anglicans, la question des ministères, notamment féminins, et de l’autorité de Rome sont encore de grosses pierres d’achoppement, et sans doute nous ne connaitrons pas de sitôt l’unité avec les Eglises réformées et avec les Eglises évangéliques qui fleurissent dans nos pays de tradition catholique.
Ceci dit, Notre-Dame, nous n’avons pas à attendre de nos seuls responsables institutionnels et de nos théologiens, des signes concrets de l’avancée vers l’unité. Cela dépend de nous, concrètement sur le terrain, dans le travail missionnaire.

N’est-il pas essentiel que chacun de nous, personnellement et collectivement, nous donnions, comme vous, Notre-Dame, un témoignage crédible à l’amour de Dieu, que nous soyons la joie de Dieu, la joie des noces de Dieu dont Cana est le signe. Etre la joie de Dieu, Vierge Marie, vous l’avez été en plénitude ! Être la joie de Dieu, pour les pèlerins d’espérance que nous sommes appelés à devenir, quelle vocation, quelle responsabilité ! C’est souvent la peur qui fait barrage à la joie. Chaque soir, il convient de nous demander si par nos paroles, nos actes, nos pensées, nous avons donné de la joie à Dieu pour que sa joie revienne sur nous en abondance pour que notre visage brille de sa joie ! Mais il n’y a pas qu’un seul visage de l’amour de Dieu : un milliard et demi de baptisés de par le monde sont invités à manifester la foi, l’espérance et la charité, chacun selon ce qu’il a reçu. St Paul insiste dans sa lettre aux Corinthiens : les dons de la grâce sont variés mais c’est le même Dieu qui agit en tous, c’est le même Esprit qui distribue ses dons à chacun selon sa volonté. Cela est vrai pour la diversité des Eglises, mais cela aussi est vrai pour la diversité des pèlerins d’espérance rassemblés ce soir dans votre sanctuaire.
Vierge Marie, vous ne le savez que trop, si nous laissons la division gagner les cœurs, le vin manque rapidement et le repas est triste. En travaillant sans relâche à l’unité, nous accomplissons l’œuvre de Dieu et nous lui donnons de la joie et nous entrons dans sa joie.

Alors, Notre-Dame du Saint Cordon, priez avec nous, pèlerins d’espérance pour que nous devenions l’Eglise, l’unique épouse de Jésus, une épouse qui fait sa joie. Oui, grâce à vous, Marie, le miracle de Cana nous révèle que Jésus est l’Époux Véritable qui veut s’unir à son Épouse, l’Église. Il désire entrer en communion avec chacune de nos âmes. Cependant notre âme n’est pas toujours pure pour le recevoir, lui faire de la place. Aussi avons-nous besoin de votre intercession, Vierge Marie, pour nous aider à être unis à notre Époux Véritable, l’hôte très doux de notre âme.

Les noces de Cana vont se poursuivre pendant toute cette neuvaine : Marie, le cordon rouge du salut que vous tendez inlassablement à vos pèlerins n’est-il pas le signe du bon vin du salut de Dieu offert à tous les Bertholin que nous sommes ? Aussi, ressentons-nous un besoin urgent des sacrements déversés en abondance pendant toute cette semaine en votre sanctuaire jubilaire, notamment la réconciliation et l’eucharistie

Heureux les invités aux noces de l’Agneau, allons nous entendre dans quelques instants. Vierge Marie, que la messe de ce jeudi, jour de mémoire de la Cène, nous fasse entrer dans cette alliance éternelle de joie et dans l’unité de la très sainte Trinité qui est en vous !

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Jean-Marie LAUNAY

Prêtre du diocèse de Cambrai

Publié: 01/04/2026