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Comment prier à partir de l’Ecriture ?

Et en particulier avec les textes bibliques des messes de chaque jour ?

Un climat de foi, une attitude intérieure

Il s’agit d’abord de se remettre à l’écoute du désir profond qui est au fond de moi et qui est l’œuvre de l’Esprit : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » (1S 3)

A travers ce texte que je lis et médite,
 Qu’as-tu Seigneur, à me dire ?
 Qu’as-tu à me faire comprendre sur ma vie, celle des autres ?
 Qu’attends-tu de moi ?

Une lecture attentive

 Lire le texte en se laissant toucher par un mot, une expression qui nous mettent en joie ou nous heurtent...
 Ce n’est parfois qu’au bout de plusieurs lectures attentives que le déclic va s’opérer.

Méditer à partir de ce mot, cette expression

 Qu’est-ce que ça rejoint dans ma vie, mes interrogations ?
 Pourquoi ça me met en joie ou me heurte ?
 A quoi ça m’invite ?

Répondre à celui qui m’a parlé

 Pour lui demander son aide
 Pour le prier pour ceux à qui sa Parole m’a rendu attentif
 Pour le remercier, l’adorer

Celui qui laisse pénétrer en lui une seule parole du Seigneur et qui la laisse s’accomplir dans sa vie connaît plus l’Evangile que celui dont tout l’effort restera méditation abstraite ou considération historique. L’Evangile n’est pas fait pour des esprits en quête d’idées, il est fait pour des disciples qui veulent obéir.

La phrase du Seigneur que nous aurons arrachée à l’Evangile dans une messe du matin ou dans une course de métro, ou entre deux travaux de ménage, ou le soir dans notre lit, elle ne doit plus nous quitter, pas plus que nous quitte notre vie ou notre esprit.

Elle veut féconder, modifier, renouveler la poignée de main que nous aurons à donner, notre effort sur notre tâche, notre regard sur ceux que nous rencontrons, notre réaction sur la fatigue, notre sursaut devant la douleur, notre épanouissement dans la joie.

Elle veut être chez elle, partout où nous sommes chez nous.

Elle veut être nous-mêmes partout où nous sommes nous.

Madeleine Delbrêl


La prière de la main

« Mes brebis écoutent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tout, et nul ne peut rien arracher de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un. » (Jn 10,27)

Lorsque nous prions en reprenant les mots d’un psaume, en méditant une lettre de saint Paul ou en contemplant une scène évangélique, nous nous mettons à l’écoute de Celui dont parlent les écritures, à l’écoute de Celui qui nous parle aujourd’hui dans les écritures.

Un autre lieu d’écoute et de reconnaissance de la présence et de l’action de Dieu nous est offert : la vie quotidienne, le monde, ceux et celles avec qui nous vivons et travaillons.

Comment pouvons-nous procéder pour nous mettre à l’écoute de Celui dont parlent les silences et les appels, les joies et les espoirs, les doutes et les échecs de ceux que nous rencontrons ? Comment entendre dans le monde, la création, l’histoire de ce temps-ci, Celui qui le crée et le sauve aujourd’hui ?

Saint Ignace propose un exercice quotidien d’écoute du dialogue entre Dieu et l’humanité (Ex. Sp. n° 43). Il s’agit, avec une oreille très limitée, la mienne, de prier à partir de ma journée, telle que je l’ai reçue. Pratiquée jour après jour, cette manière de prier porte du fruit. Elle se fait en 5 points. Je la fais en m’aidant des 5 doigts de la main. En fin de journée, elle m’aide à me rappeler où je suis : dans la main de Dieu, quoi qu’il arrive. C’est pourquoi je l’appelle “la prière de la main”.

Le pouce

« Pouce, on arrête » disent les enfants dans leurs jeux. Le premier pas de cette prière, c’est un arrêt. Un arrêt comme après chaque jour de la création, pour voir et reconnaître que « cela était bon, très bon ». Un arrêt comme Dieu s’est arrêté après « tout l’ouvrage qu’il avait fait ». C’est un arrêt pour louer, rendre grâce au Seigneur pour ses bienfaits.

Quels sont ces bienfaits dans ma journée ? C’est tel événement, telle parole que j’ai dite ou entendue, telle réconciliation dont je suis témoin. C’est tel acte de justice, telle parole de vérité, tel geste de pardon. C’est la vie que j’ai reçue pour ce jour, et la foi, et la force de travailler. Finalement, c’est Dieu Lui-même.

Comment procéder concrètement ? Soit les événements se présentent d’emblée à mon esprit, soit je me remémore les rencontres, les activités de ce jour. Parfois, c’est un simple soupir de reconnaissance au Seigneur, de ce qu’Il est, de ce qu’Il fait. En tout cas, Je ne passe pas au doigt suivant sans voir dit sur ma journée : « Pouce, on arrête... et Dieu vit que cela était bon. »

L’index

C’est le doigt pour indiquer, montrer. Mon index me rappelle le doigt de Jean Baptiste montrant Jésus qui passe : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde. » (Jn 1,29). Je me tourne vers le Sauveur pour lui, demander de connaître et chasser mes péchés, avec Lui.

Pourquoi cette demande ici ? Parce que, sur le fond des bienfaits de Dieu que j’ai reconnus, sont apparus non seulement mes oui à la vie, mais aussi mes refus, mes indélicatesses, mes complicités avec les malfaisants. Il m’arrive parfois de dire avec le roi David : « Mon péché, moi, je le connais. » D’autres fois, je dis : « Mon péché, moi, je ne le connais pas. Montre-moi ton amour et je serai sauvé. »

Le majeur

Alors, je passe au doigt suivant qui est le majeur. C’est le plus grand. Ça veut dire quoi ? Parmi tous les combats que j’ai à mener avec le Christ, pour Lui et contre ce qui m’éloigne de Lui ou Lui fait obstacle, j’en ai choisi un. C’est tel travers, tel tic qui est en moi et se met véritablement en travers de l’action de Dieu, de la vie des autres. C’est le plus grand, au sens où il est celui que j’ai privilégié parce que je ne peux pas être sur tous les fronts à la fois. Concrètement, je repasse rapidement la journée. pour aviser comment s’est passé le combat sur ce point. Ai-je lutté ou pactisé avec l’ennemi ? Tenu bon ou baissé les bras ? Je ne me glorifie pas. Je ne me juge pas (1 Jn 3,20). Je constate et continue la prière.

L’annulaire

C’est le doigt qui porte l’alliance. Évoquer ma journée, mon combat, me conduit à invoquer le pardon de Dieu. Au quatrième pas de cette prière, je ne me demande pas si ce pardon va m’être accordé ou non. Il m’est sans cesse offert. Il me régénère, me refait, me remet dans l’alliance. Le péché m’a coupé des autres. Le pardon me rend aux autres, à moi-même, à Dieu, à son œuvre de salut, à sa tâche de réconciliation. Je pose un acte de foi en ce pardon.

L’auriculaire

C’est ce petit doigt qui dit des choses à l’oreille : « C’est mon petit doigt qui me l’a dit ! »

C’est le dernier pas de la prière. Je me propose, avec la grâce de Dieu qui ne fait jamais défaut, de me corriger, de me retourner, de changer de sens. Au lieu de travailler pour moi, à mon compte comme je l’ai fait aujourd’hui dans telle situation, je me propose de me remettre dans le bon sens, de travailler avec Lui, de reprendre avec Lui « son combat contre les méchants ». C’est une prière modeste. Je ne fais pas de promesses inconsidérées à Dieu. Je me parle, je me fais confiance comme le Seigneur Lui-même me fait confiance, pour « repartir, rebondir ».

Je termine par un Notre Père qui m’unit à toute l’Église.

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Jany BALAIDIER
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(re)publié: 30/11/2001
Les escales d'Olivier