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Obéissance

L’obéissance chrétienne requise au canon 212 du Code de Droit Canonique à l’égard du magistère de l’Église comporte en fait des degrés. Le Code en distingue trois : l’assentiment de foi, la soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté, enfin la simple révérence religieuse de l’esprit (Code de Droit Canonique canon 750, 752 et 753) et le Catéchisme en repère au moins deux (Catéchisme de l’Église Catholique n° 892).

Ces divers modes d’adhésion à la foi transmise par le magistère de l’Église s’explique par le fait que tout, dans la doctrine catholique, n’est pas à mettre sur le même plan. Comme l’indiquait le n° 11 du décret sur l’œcuménisme à Vatican II : « Il y a un ordre ou une hiérarchie des vérités de la doctrine catholique en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. »

En matière d’enseignement moral, l’obéissance au magistère est donc postulée de la part du baptisé. Mais il ne peut s’agir d’une obéissance aveugle qui le dispenserait de l’obéissance plus fondamentale due à sa conscience. Laissons le mot de conclusion aux évêques irlandais : « Les chrétiens d’esprit mûr ou adulte accueilleront donc l’enseignement autorisé de l’Église comme une balise qui leur indique de façon sûre les valeurs morales, et comme une aide pour un développement humain authentique. Éclairés et assistés par cet enseignement, ils prennent alors leurs responsabilités devant Dieu en ce qui concernent leurs décisions morales. » (n° 16 de la Déclaration de la Conférence Épiscopale d’Irlande 22 février 1980, intitulée Conscience et morale)

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Hilaire LECOUËDIC

Le plus vieux marin de Port Saint Nicolas.

Info

CIC canon 212 :
§ 1. Les fidèles conscients de leur propre responsabilité sont tenus d’adhérer par obéissance chrétienne à ce que les Pasteurs sacrés, comme représentants du Christ, déclarent en tant que maîtres de la foi ou décident en tant que chefs de l’Église.
§ 2. Les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits.
§ 3. Selon le devoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes.

Unitatis redintegration n° 11 :
La manière d’exprimer et d’exposer la doctrine de la foi
La méthode et la manière d’exprimer la foi catholique ne doivent nullement faire obstacle au dialogue avec les frères. Il faut absolument exposer clairement la doctrine intégrale. Rien n’est plus étranger à l’oecuménisme que ce faux irénisme, qui altère la pureté de la doctrine catholique et obscurcit son sens authentique et incontestable.
En même temps, il faut expliquer la foi catholique de façon plus profonde et plus droite, utilisant une manière de parler et un langage qui soient facilement accessibles même aux frères séparés.
En outre, dans le dialogue oecuménique, les théologiens catholiques, fidèles à la doctrine de l’Eglise, en conduisant en union avec les frères séparés leurs recherches sur les divins mystères, doivent procéder avec amour de la vérité, charité et humilité. En exposant la doctrine, ils se rappelleront qu’il y a un ordre ou une « hiérarchie » des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec les fondements de la foi chrétienne. Ainsi sera tracée la voie qui les incitera tous, par cette émulation fraternelle, à une connaissance plus profonde et une manifestation plus évidente des insondables richesses du Christ (cf. Ep 3,8).

(re)publié: 30/11/2003