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Hiérarchie des vérités

Cette expression du concile Vatican II, Unitatis redintegratio n° 11, signifie tout simplement que tout n’est pas à mettre sur le même plan dans la foi de l’Église. Ce principe de bon sens se complique tout de même un peu et donne lieu à de savoureuses nuances de vocabulaire dès lors qu’on veut préciser les choses...

Les vérités contenues dans le Symbole de la Foi (la profession de foi que l’on proclame chaque dimanche à la messe) requièrent mon adhésion la plus forte, puisqu’elles ont Dieu lui-même pour objet ; elles sont tellement centrales que je suis appelé à « croire et professer toutes et chacune ».

Bien différentes, quant à l’adhésion requise de la part du croyant, sont les doctrines énoncées par le pape ou le collège des évêques, dans le cadre de leur magistère authentique. Je ne suis pas obligé de croire en elles comme je crois en Dieu ! Il m’est simplement demandé d’y « adhérer avec une soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence » (sic !).

Quant aux vérités que l’Église propose de façon définitive concernant la doctrine sur la foi et les mœurs, cette catégorie intermédiaire apparue dans la profession de foi réclamée depuis 1989 aux fidèles appelés à exercer une fonction au nom de l’Église, c’est bien la seule chose qu’un ecclésiastique puisse et même doive « embrasser et tenir fermement » !

Unitatis redintegratio n° 11 :
La manière d’exprimer et d’exposer la doctrine de la foi
La méthode et la manière d’exprimer la foi catholique ne doivent nullement faire obstacle au dialogue avec les frères. Il faut absolument exposer clairement la doctrine intégrale. Rien n’est plus étranger à l’œcuménisme que ce faux irénisme, qui altère la pureté de la doctrine catholique et obscurcit son sens authentique et incontestable.
En même temps, il faut expliquer la foi catholique de façon plus profonde et plus droite, utilisant une manière de parler et un langage qui soient facilement accessibles même aux frères séparés.
En outre, dans le dialogue œcuménique, les théologiens catholiques, fidèles à la doctrine de l’Eglise, en conduisant en union avec les frères séparés leurs recherches sur les divins mystères, doivent procéder avec amour de la vérité, charité et humilité. En exposant la doctrine, ils se rappelleront qu’il y a un ordre ou une « hiérarchie » des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec les fondements de la foi chrétienne. Ainsi sera tracée la voie qui les incitera tous, par cette émulation fraternelle, à une connaissance plus profonde et une manifestation plus évidente des insondables richesses du Christ.

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Hilaire LECOUËDIC

Le plus vieux marin de Port Saint Nicolas.

(re)publié: 30/11/2003