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L’accord luthéro-catholique sur la doctrine de la justification

Un message d’une brûlante actualité !

Et si, en réalité, le message de Paul était plus actuel que jamais, mais selon des accents et des connotations différents ?

Dans la société qui est la nôtre, société de « production » et de « services », les hommes et les femmes sont reconnus en fonction de leur réussite familiale, sociale, économique, en fonction de ce qu’ils ont réalisé déjà et en fonction des capacités qu’on leur prête et de ce que l’on attend d’eux : nous sommes « jugés » en fonction de nos « oeuvres ». Il est rare que nous soyons estimés, aimés, pour ce que nous sommes chacun, purement et simplement ; et lorsque cela arrive, nous en éprouvons un sentiment de surprise et de joie profonde. Habituellement, la question est moins : « Qui es-tu ? », que : « Que fais-tu ? », « qu’as-tu fait ? », « quels sont tes projets ? »

Mais comment toujours être sûr qu’on a fait « ce qu’il faut », comment être à la hauteur de ce qu’on attend ou exige de nous ? Et plus encore : comment être à la hauteur de ce que nous mêmes pensons devoir réaliser ? Ces « oeuvres » dans lesquelles nous investissons nos énergies au point de nous identifier à elles (réussite professionnelle, savoir, pouvoir, etc.) ne se retournent elles pas contre nous, soit que nous en devenions les esclaves, soit qu’ayant perçu leur vanité, leur incapacité à nous rendre pleinement heureux, nous retombions alors dans la désillusion l’amertume ou le cynisme ?

Et qu’en est-il de l’échec ? Qu’en est-il de ceux qui sont faibles, handicapés, des blessés de la vie dont nous ne voyons que trop bien que notre société tend à les pousser vers les marges, à les laisser au bord de la route ?

La vieille question qui tourmentait les chrétiens de la Réforme demeure : elle a simplement troqué son vêtement chrétien, ecclésiastique, contre un vêtement séculier : I’expression « juste en raison de ses oeuvres » se traduit aujourd’hui par « Je suis, tu es, nous sommes ce que nous réalisons ». C’est là ce qui nous « justifie ».

Nous sommes convaincus de ce que le message paulinien de la justification par la foi indépendamment des oeuvres garde toute sa force et sa pertinence. Le croyant y trouve la certitude qu’en tant qu’il est aimé de Dieu à cause de Jésus Christ, il a toujours « valeur » devant Dieu, et que dans ses échecs et ses défaillances, justement, il continue d’être reconnu et accepté par le Dieu ami des hommes. Et par là même, il est libéré de cette pression, souvent angoissante, qui le pousse sans cesse à chercher à se « justifier » devant autrui - et d’abord à ses propres yeux. Accepter d’être justifié par l’amour prévenant de Dieu ouvre l’accès à la liberté véritable. Et c’est de cette liberté aussi que nous sommes invités à être les témoins, ensemble.

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(re)publié: 30/11/2000
Les escales d'Olivier