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400 millions d’octets, et moi, et moi, et moi ?...

Certains en parlent comme d’un nouvel espéranto, d’autres comme d’un lieu de perdition. Sans être technophobe ou technophile, il y a un juste équilibre à trouver quant à cette évolution technique qu’est le numérique.

Qu’est-ce ?

En informatique, disons, pardon pour les puristes, les éléments de base pour l’ordinateur : une succession de « 0 » et de « 1 » qui évoluent à un débit de plus en plus rapide en vue d’exécuter des tâches précises.

Où en trouve-t-on des applications ?

Dans les objets les plus ordinaires de notre quotidien comme dans les appareillages les plus sophistiqués ! Vous ne les voyez pas, ni ne les sentez, ni ne les touchez ! Ils sont associés à des microprocesseurs, enveloppés et habillés d’un environnement qui les rend pratiques à utiliser. L’intelligence humaine qui les programme en fait des outils au service de chacun :
 L’ascenseur, le code d’accès d’une porte d’entrée...
 Le lave-linge, le lave-vaisselle, le micro-onde, l’aspirateur...
 La carte à puce (téléphone, bancaire, « vitale »)...
 Le téléphone cellulaire, l’agenda électronique, les voitures...
 Le pace-maker, le tensiomètre, le thermomètre numérique, les outils d’assistance à la chirurgie, à l’ophtalmologie, à la radiologie, aux soins dentaires, l’imagerie médicale...
 Les appareils de mesure dans de multiples domaines, l’agriculture, la météorologie, la recherche, l’aéronautique, la navigation maritime, l’industrie, les automates, les robots...
 Le baladeur, la radio, les jeux vidéo, les consoles de jeu, le lecteur de Compact-Disc, les télécommandes, le téléviseur, la caméra numérique, l’appareil photo numérique, l’ordinateur, le scanner...

Bref, vous l’avez compris, le numérique fait bel et bien partie de notre existence, de notre quotidien. Nous nous en servons sans même savoir qu’il est là !

Le numérique, mais pour quoi faire ?

Le numérique est donc à notre service, pour communiquer, pour échanger, pour apprendre, pour travailler, pour nous distraire...

Prendre davantage en main les outils évoqués, c’est contribuer à prolonger l’acte créateur auquel Dieu, dans le livre de la Genèse (9,7), nous invite : « Croissez, multipliez vous, soyez maîtres de la terre. »

Par exemple l’internet. C’est un outil, déclinaison d’une succession de mises en réseau d’intelligence. Au début, le développement d’un réseau informatique, indépendant des centres de contrôle militaires aux Etats-Unis, puis extension aux universités, aux laboratoires de recherche sur le territoire américain, puis européen, puis mondial :

Des grands-parents dont les enfants et petits-enfants sont dispersés dans le monde peuvent ainsi échanger par le biais de la messagerie électronique des nouvelles, des photos, des séquences vidéos.

Sarajevo pendant la guerre a continué d’être en lien avec le monde et le monde avec Sarajevo grâce à l’Internet : les correspondances électroniques étaient une bouffée d’oxygène, les informations échangées par les journalistes avec les correspondants locaux contribuaient à corriger le tir d’une information officielle, institutionnelle.

Le carmel de Verdun, qui fabrique des couettes pour que la communauté puisse vivre, s’est lancé sur le site de la Boutique de Théophile dans la vente en ligne. Il a vu ses commandes doubler, et l’économie du monastère s’en est trouvée soulagée.

Les écoles primaires du Vercors ont été rapidement équipées d’ordinateurs et de modems pour se connecter à l’Internet : les enseignants, comme en Haute-Savoie d’ailleurs, ont créé un centre d’échanges pédagogiques et de recherches avec cet outil. Les enfants ont des correspondants proches et lointains, et des voyages de classes s’organisent. Parents, enseignants, municipalités, entreprises, académies se sont mobilisés pour financer, organiser et viabiliser ces équipements. Des projets forts viennent ainsi fédérer des compétences, des relations, et fortifier des liens. De nouveaux rapports humains se mettent en place.

Alors que les amateurs de généalogie avaient bien du mal à remonter au-delà de quatre générations, l’Internet leur permet de faire le lien avec des cousins de cousins de cousins de cousins... des familles se retrouvent, se reconstituent.

Jeremy Rifkin, qui vient de faire paraître en France L’âge de l’accès annonce l’avènement d’un nouveau système économique et la fin du capitalisme de marché.

Est-ce l’aurore d’un nouveau monde qui paraît ? Peut-être, mais les outils ne sont que ce que nous décidons qu’ils soient !

Le numérique, mais quelles questions ?

Les techno-exclus : ce sont et ce seront nos « prochains proches » et nos « prochains lointains » ! Et cela, tant sur le plan matériel que sur le plan conceptuel. L’expression « fracture numérique » me semble intéressante, car elle illustre ce qui est en train de se passer. Et pour des chrétiens, il est révoltant de penser que nos contemporains peuvent être mis de côté par la technique. Ceci étant, il est utopique de croire que tout le monde pourrait profiter de cette mutation. Il est un juste milieu à trouver. La tactique des petits pas, qui n’empêche pas d’avoir des grands projets, me semble être la mieux adaptée ! Ce ne pourront être que des initiatives sporadiques, tenues, mais efficaces, je l’espère. Elles sont à inventer, à mettre sur pied. Déjà toutes les couches sociales sont atteintes par cette techno-exclusion. Quelques intuitions qui méritent d’être mises en avant : la création de « cyber-patros », de « cyber-écoles » dont les destinataires seraient les enfants et les adultes. Les « cyber-patros » : une salle dans la paroisse, des ordinateurs récupérés auprès d’administrations ou d’entreprises changeant leur matériel, des personnes motivées et compétentes pour, avec ces machines, en faire quelques-unes qui marchent. Les « cyber-écoles » du soir : dans les établissements scolaires où l’équipement informatique et les connections à l’Internet existent, enseignants et parents pourront s’entraider à découvrir et utiliser ces techniques. Voilà pour le plan matériel. Pour ce qui est du conceptuel, il me semble que l’informatique va générer de plus en plus de l’« immatériel », et qu’il sera de plus en plus difficile d’imaginer, de conceptualiser ce dont on parle.

Par ailleurs, devant la masse d’informations qui nous est transmise, comment faire le tri ? Comment vérifier son information ? Je plaide pour le travail pédagogique du journaliste, qui vient re-situer dans son contexte l’information, la hiérarchiser, l’ordonner, nous aidant à la mieux comprendre. Je plaide pour des enseignants qui sont des « maîtres à penser » : ce sont eux, plus que jamais, qui vont aider les enfants, les jeunes, à aller chercher l’information, à la vérifier, à exercer vis-à-vis d’elle une critique positive, et qui vont stimuler chez eux l’organisation d’une pensée, d’un raisonnement. Le travail des parents et des enseignants, plus que jamais, est nécessaire !

Comment aujourd’hui, avec cette culture émergente qu’est celle de l’Internet, annoncer Jésus Christ ? Nouvelle parce que d’une part multimédia : sur un même support, du son, du texte, des images, des séquences vidéos, et maintenant des animations en flash ; nouvelle parce que d’autre part elle est hypermédia, c’est-à-dire qu’avec les hyperliens je pars sur d’autres pages, et que ces hyperliens sont faits à partir soit de mots, soit d’images qui, chez l’internaute, font appel à la mémoire, à la formation de chacun. Du coup, cinq personnes partant d’une même page Internet, au bout de 30 secondes, seront toutes sur des pages différentes. Pour la première fois, nous ne savons pas appréhender le comportement de quelqu’un, son itinéraire sur la Toile. Alors, quel défi !

Nous sommes pour l’instant pétris et façonnés par une culture linéaire, avec un « hier - aujourd’hui - demain » et nous avons à nous décaler dans de nouveaux comportements, où l’on clique sur ce qui nous attire - ou nous irrite ! - comme un « zapping », et cela, avec une grande rapidité d’accessibilité à l’information.

Et Dieu cré@... Quand l’homme donne sens au numérique, tel est le slogan de la Journée Chrétienne de la Communication 2001.

Rendez-vous sur la Toile, sur les forums de discussion, sur les listes de diffusion, dans les chats, pour apprendre cette nouvelle langue, culture et, un jour, y annoncer Jésus Christ !

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Catherine SESBOUË r.a.
(re)publié: 04/02/2001