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Science et Foi

Origines de l’homme

Confrontation entre les résultats scientifiques et la tradition chrétienne

Dans le message adressé à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le pape Jean-Paul II a parlé de la théorie de l’évolution, reconnaissant sa valeur. La presse a souligné tout aussitôt qu’il s’agissait là d’un pas en avant, pour la réconciliation entre science et foi. Au-delà des simplismes et des exagérations des échos médiatiques (il n’est pas question de réhabiliter Darwin, qui n’est pas nommé dans ce texte), il importe de reconnaître l’importance de ce texte pour clarifier la confrontation entre les résultats scientifiques et la tradition chrétienne. La mention de l’évolution comme théorie, et non plus seulement comme hypothèse [1], mérite d’être soulignée. Elle va plus loin que l’encyclique du pape Pie XII, Humani generis, dans le mouvement de laquelle elle s’inscrit, puisque Jean-Paul II présente ce texte comme le premier qui ait reconnu que la science utilise avec pertinence le terme d’évolution, qui ne participe pas seulement de la conceptualité scientifique [2], mais aussi de la conceptualité philosophique. Dans ce message, le pape Jean-Paul II invite à reconnaître une action spéciale et immédiate de Dieu au cours de l’évolution pour ce qui relève de la création de l’homme dans sa dignité d’image de Dieu et sa vocation à être enfant de Dieu [3].

La confrontation entre la tradition et les résultats des sciences ne se limite pas aux échanges entre érudits ; elle concerne toute la culture. Il importe d’avoir sur ce point quelques informations et quelques principes pour en juger. Tel est le but de la réflexion qui est ici menée.

Après quelques informations sur le sens de la théorie de l’évolution, où s’inscrit l’apparition de l’homme, je donnerai quelques éléments sur ce que l’on appelle l’« émergence de l’homme ». Nous pourrons ensuite voir ce qui oblige la théologie à se renouveler, puisque la connaissance de l’homme s’est enrichie grâce aux découvertes scientifiques.

I. La théorie de l’évolution

Les connaissances scientifiques concernant l’origine de l’homme et l’émergence de l’espèce humaine s’inscrivent dans une vision d’ensemble donnée par la théorie de l’évolution [4]. Il me faut rapidement rappeler en quoi consiste cette théorie, car elle englobe très étroitement la question de l’origine de l’humanité. Comme la notion d’évolution est au coeur de vifs débats qui sont souvent dûs à des malentendus, il faut faire quelques clarifications méthodologiques ou épistémologiques, pour savoir de quoi l’on parle quand on prononce l’expression « théorie de l’évolution ». Pour moi, le terme de théorie est essentiel, il désigne une interprétation générale de certains faits. Quels sont les faits sur lesquels se fonde la théorie ?

1. Les faits scientifiques

Les faits sont par nature incontestables ; ils ne peuvent être niés. La théorie de l’évolution repose sur des faits nombreux et indépendants, qui relèvent de disciplines diverses et de démarches spécifiques. Je les classe au nombre de sept.

1. Il n’y a pas de génération spontanée. Depuis le XVIIème et surtout depuis les travaux de Pasteur, la naissance des petits animaux à partir du limon de la terre humide par l’action du soleil relève de la mythologie et non de la science. Il n’est de vivant que s’il y a ancêtres et donc un lignage. Les générations successives sont liées entre elles par généalogie. Il convient donc d’étudier des ascendances et des descendances.

2. Les fossiles étaient connus depuis longtemps [5]. Jadis on les rattachait à des animaux fabuleux. La science les rattache à des êtres qui obéissent aux mêmes lois que les vivants actuellement observables. On peut les inscrire dans une structure où il y a des formes qui se maintiennent au cours du temps et d’autres qui changent. Malgré la rareté des fossiles, puisque la conservation des restes d’êtres vivants très anciens est très difficile, on en a récolté un nombre suffisant pour les classer et les comparer. On a mis en évidence des continuités et des ruptures dans les formes. Il y a des manques, mais les découvertes ne cessent de combler des vides. Outre la comparaison des formes, on situe les fossiles dans le temps. La datation repose sur l’utilisation de connaissances de physique fondamentale - la plus célèbre est faite au carbone 14, mais il y en a bien d’autre comme la thermoluminescence. On peut ainsi inscrire les découvertes dans un tableau chronologique.

3. Les connaissances géologiques ont progressé. L’histoire de la Terre s’inscrit sur plus de quatre milliards d’années [6] : Cette longue durée permet de placer une évolution progressive des êtres vivants depuis des formes simples jusqu’à des formes complexes. Pourtant cette durée est trop courte pour qu’il n’y ait que du pur hasard.

4. L’étude des conditions physiques de la vie n’a cessé de progresser. On sait de mieux en mieux que la vie n’est pas possible sans un environnement précis. Celui-ci donne des possibilités, mais aussi il introduit des contraintes. En cas de modification de l’environnement, les êtres vivants doivent changer ; ceux qui s’adaptent survivent, les autres disparaissent.

5. Le développement des connaissances biologiques a porté sur la génétique [7]. Les gènes portent l’information qui préside à la constitution de l’organisme vivant et se transmet de génération en génération. Les similitudes et les différences sont inscrites sur les gènes. D’une génération à l’autre la transmission ne se fait pas de manière absolument identique ; il y a place pour des changements : des mutations. Les mutations des gènes entraînent des mutations des formes du vivant.

6. L’étude de l’embryologie permet de relever des mécanismes internes de régulation et de programmation de l’être vivant. Le même processus vaut pour les étapes de la croissance.

7. Il y a des lois et des règles qui président à la transformation des espèces. Ces lois et règles sont écrites grâce aux mathématiques dont le développement permet de construire des modèles de comportement de population qui utilisent des faits aléatoires [8]. Les progrès de la thermodynamique montrent comment un système ouvert peut s’ordonner à partir du désordre et que cet état stable peut être maintenu à l’encontre de la loi de croissance de l’entropie.

Cet ensemble de faits est pris en compte par la biologie qui veut rendre raison de la diversité et de l’unité de tous les vivants. Comme une théorie ne se situe pas au même plan que les faits, elle suppose une autre instance de jugement, celle-ci est fondée sur des principes qui sont extérieurs au travail scientifique proprement dit. Aussi avant d’exposer la théorie de l’évolution, il faut expliciter les principes, car les controverses actuelles portent la plupart du temps sur les principes d’interprétation des faits.

2. Les principes de la théorie de l’évolution

Les principes sont hors de la science. Ils participent à la science, car ils aident à construire la théorie. Ils relèvent d’une philosophie de la nature. On peut en relever sept.

1. Le monde est intelligible selon une exigence de scientificité. L’explication doit rester dans le domaine de l’explication scientifique. La science ne saurait faire appel à une intervention extérieure qui romprait avec le cours naturel des transformations. Ceci est contenu dans l’idée de nature.

2. L’intelligibilité suppose l’universalité des lois et des règles qui président aux phénomènes de la nature. Les faits passés doivent donc être analysés en fonction des lois établies aujourd’hui et vérifiées dans des expériences présentes.

3. L’universalité des lois de l’univers vaut pour la biologie qui utilise des connaissances qui définissent des règles et donnent des contraintes pour les vivants.

4. La diversité des êtres vivants s’inscrit sur une commune identité. L’esprit veut ramener la multiplicité des formes vivantes à l’unité. Il est en quête d’une explication générale qui permet de relier tous les vivants les uns avec les autres

5. Si Aristote mentionnait quelque cinq cents espèces vivantes, on les compte aujourd’hui par millions et on ne cesse d’en découvrir de nouvelles. La notion d’espèce animale ne peut plus être absolutisée, puisque les frontières entre les diverses espèces ne cessent de se déplacer.

6. Les êtres vivants peuvent être étudiés par les concepts de la sociologie mathématisée ; ce qui mène à privilégier la notion de population, comprise comme une unité géographique où les êtres sont inter-féconds.

7. L’être humain ne doit pas être exclu de l’observation et de l’explication scientifique.

Ces principes fondent une philosophie de la nature ; elle est couronnée par une théorie : la théorie de l’évolution.

3. La théorie de l’évolution

Grâce aux principes qui président à l’interprétation des faits relevés plus haut, la théorie de l’évolution se présente comme une explication de la nature des êtres vivants. La théorie le fait d’une manière qui lui est propre, conformément aux règles d’une construction scientifique qui use de concepts de divers ordres, concepts opératoires pour les faits, mais aussi concepts généraux pour faire oeuvre de synthèse. Les concepts généraux ou idées générales ou encore paradigmes ou thèmes, ont une valeur universelle. Ainsi, même si l’oeuvre des fondateurs, Lamarck et Darwin, est caduque pour une grande part, l’horizon ouvert n’a pas cessé d’être exploré et leurs intuitions corroborées par les observations et les analyses.

1. La théorie de l’évolution se présente comme une histoire générale des êtres vivants. Elle se place même dans une histoire plus vaste, celle de la biosphère et plus généralement celle du système solaire et même de la cosmogénèse.

Aussi, pour présenter les vivants et les relier entre eux, la théorie de l’évolution inscrit la variation des espèces dans une histoire qui classe les êtres non seulement en genre et différence spécifique comme le faisaient Aristote et Linné mais dans un arbre généalogique. La théorie de l’évolution fait dériver toutes les formes vivantes d’une souche primitive par différenciation.

La théorie de l’évolution relève de l’enquête historique et donc ne peut avoir de valeur rétroactive. Elle rend raison de ce qui a été. Elle a de ce fait un statut particulier qui demande à être interrogé au plan philosophique.

2. La théorie de l’évolution ne se contente pas de retracer une histoire. L’écriture des arbres généalogiques est objet de vérification, par confrontation de résultats issus de disciplines différentes. L’écriture des arbres généalogiques est confirmée par les découvertes tant paléontologiques que génétiques. De plus, la théorie donne des principes d’interprétation de faits biologiques, étudiés indépendamment.

La théorie n’a cessé de se renouveler en assumant des observations ou des analyses nouvelles. Même s’il y a plus à découvrir que ce que l’on sait et si les résultats sont en continuelle transformation, la théorie de l’évolution ne cesse de montrer sa fécondité, car elle permet de comprendre ce qui est découvert. Les débats sont vifs entre spécialistes, mais ils se font toujours dans le cadre de la même vision de la nature.

3. A l’intérieur de ce cadre, I’explication scientifique se doit de donner des lois des transformations. On les appelle souvent les mécanismes de l’évolution, par analogie avec la physique du mouvement (dynamique), car il s’agit ici d’expliquer comment les transformations s’opèrent. Le débat scientifique porte sur la valeur respective des mécanismes en jeu, comme par exemple la vitesse de l’évolution l’amplitude des différences - le changement est-il continu ou bien procède-t-il par saut ? Mais contrairement à ce que dit l’apologétique maladroite des fondamentalistes protestants ou des traditionalistes catholiques, le débat se fait à l’intérieur de la théorie de l’évolution.

Parce qu’il y a différentes manières de faire jouer les mécanismes et les lois, on parle au pluriel des théories de l’évolution : celle de Lamarck, celle de Darwin, celle des néo-darwiniens, celle des équilibres ponctués, celle du neutralisme,... Ces divergences n’empêchent pas que toutes les explications des mécanismes de l’évolution restent au sein de la même vision d’ensemble. Or comme l’homme n’est pas hors du monde des vivants, la théorie de l’évolution préside à l’explication scientifique des origines de l’homme qui est désignée par le terme d’hominisation ou d’émergence de l’homme. Comme ce dernier terme fait difficulté, nous devons examiner son sens au plan scientifique avant d’aborder sa signification philosophique.

II. L’hominisation

Le terme d’émergence de l’homme relève d’un ensemble de découvertes qui retracent une histoire de l’apparition d’une espèce singulière, l’espèce humaine. Comme je l’ai fait pour la théorie générale de l’évolution, je commence par présenter les faits, les principes d’interprétation pour déterminer ce qui est connu [9].

1. Les faits

1. Les premiers faits qui ont donné des éléments qui ont invité à s’interroger sur l’émergence de l’homme relèvent de la paléontologie. On a découvert des restes qui ressemblaient à des ossements humains, mais qui ne l’étaient pas vraiment et qui ne se ramenaient pas à des restes de singes connus. Comment classer ces ossements (dents, mâchoires, crânes, bassins,...) ?

2. L’étude d’un fragment d’os permet de reconstituer la forme du squelette entier. En effet un fragment de pied ou de hanche permet de dire s’il y a ou non station droite ou non. De même, un morceau de crâne permet d’en évaluer la forme et le volume. Ou encore, un maxillaire ou des dents permettent de dire la forme du visage,... La place du trou occipital, où passe la moelle épinière, permet de dire la structure d’en semble de l’organisme. La station debout est un critère essentiel de la spécificité humaine.

3. De la connaissance du squelette, on peut conclure à la possibilité d’activités. Ainsi les activités spécifiquement humaines, qui ne se fossilisent pas, peuvent être reconnues. Ainsi, la parole suppose un larynx. Cartilagineux, il ne se fossilise pas. Mais la forme du larynx dépend de la structure des os du crâne et du cou. La possibilité de la parole peut se voir grâce à un os qui n’a pas de fonction locutrice immédiate.

4. Pour étudier le comportement humain, un autre champ de découverte est la présence d’outils. Celle-ci est décisive pour comprendre l’activité humaine. Si les fossiles ne sauraient montrer directement l’esprit ou l’intelligence, la présence des outils permet de la saisir indirectement. En effet, pour faire un outil, il faut de l’intelligence et la notion de finalité.

5. Un troisième fait qui est observable par la paléontologie est l’organisation sociale. La manière de traiter les ordures et les déchets, comme la manière d’organiser un campement ou un habitat, permettent de dire ce qu’il en est de la règle sociale et donc donner un critere de distinction entre l’humanité et ce qui n’est pas humain.

6. Une autre source d’information vient de l’application de la biologie entre les différentes populations. L’analyse des distances génétiques ou moléculaires entre des espèces donne des résultats très précieux sur les différences entre des espèces et donc un moyen de mesurer ce qui est humain ou non et des intermédiaires entre les hommes et les animaux qui lui ressemblent : les singes.

7. Une septième source d’information est l’étude de l’embryologie. On peut comparer la croissance du petit d’homme et de ses quasi semblables et tirer de cette comparaison une conclusion sur la spécificité humaine. On constate que l’éducation et la culture y jouent un rôle primordial.

2. L’interprétation des faits

1. L’interprétation des faits repose sur le principe déjà énoncé que l’humanité doit être rattachée au monde animal et donc que les règles et les principes de l’évolution s’appliquent à l’humanité. Il n’est pas vain de vouloir situer l’humanité par rapport aux autres animaux.

2. Les fossiles sont datés. Cette datation repose sur des mesures propres, grâce à une détermination intrinsèque par des marqueurs liés à la vie. La datation est aussi liée à l’étude des terrains. Elle est d’autant plus aisée que l’on s’approche de l’époque moderne. On obtient une chronologie qui permet de reconnaître une histoire qui place le processus d’hominisation sur des centaines de milliers d’années. On est amené à parler d’émergence de l’homme, car cette histoire apparaît ainsi comme un processus progressif.

3. Conformément au principe général de la théorie de l’évolution, on explique les ressemblances par l’existence d’un ancêtre commun à l’ensemble des populations. Pour l’homme on compare avec ceux qui ont une morphologie comparable à celle de l’homme moderne. On remonte ainsi à un ancêtre unique. L’homme ne descend pas du singe, mais il a avec lui un ancêtre commun. La présence d’un ancêtre commun explique des ressemblances.

4.Il faut expliquer des différences, conformément à la théorie générale de l’évolution. Les lois, règles et mécanismes qui valent pour tous les vivants s’appliquent de manière particulière aux ancêtres de l’homme actuel. On constate qu’une diversification et une spécialisation ont séparé l’homme des autres membres de la famille des primates et rendu incommunicables les espèces comme le singe et l’homme. Les mécanismes de sélection et d’adaptation en lien avec les changements géographiques et climatiques ont joué un rôle essentiel.

5. L’observation des restes fossiles permet de donner des éléments pour conclure à la vie de l’esprit. L’outil, mais aussi des rites comme les sépultures permettent de dire la qualité de la vie de l’esprit. L’homme a rapport à l’invisible. Ceci se voit dans l’art pariétal dont l’interprétation reste délicate, mais qui atteste la transcendance de l’esprit.

6. L’attention à l’embryologie et à l’éducation permettent de relever un trait spécifique à 1’homme : la « néoténie ». Le terme signifie que l’homme naît en l’état de prématuré, dans une précarité qui suppose une dépendance très étroite vis-à-vis du groupe humain et donc une possibilité d’invention. Le petit d’homme naît bon à rien, désadapté, mais il est de fait prêt à tout, à condition d’être reçu dans une communauté. La notion de nature est ainsi spécifique pour l’homme. Il n’est pas adapté, spécialisé, mais il est apte à être cultivé.

7. Un dernier principe qui est fondé sur l’observation est que l’humanité est une dans sa diversité et qu’elle est séparée génétiquement des autres espèces.

3. L’unité de l’homme

1. L’application des principes à l’humanité et à son histoire, permet de parler d’émergence de l’homme. Le terme rend compte du fait que l’humanité actuelle a été précédée par un état antérieur où les capacités actuelles n’étaient pas pleinement manifestées. Il y a là comme ailleurs une progression.

La notion d’émergence ne doit pas mener à ignorer que les observations et l’interprétation des résultats mènent à renforcer la conviction de l’unité de l’homme. C’est parce que son corps èst un organisme unifié et unique que l’homme est vivant.

2. Si la spécificité de l’homme est dans la pensée et dans son expression par la parole, et si celle-ci ne se fossilise pas, I’unité de l’homme est telle que son corps et son comportement dont on peut avoir des traces fossiles, disent quelque chose de sa pensée.

Pour cette raison, I’hominisation repose sur des faits mesurés qui sont, premièrement, la station debout et, deuxièmement, le développement du cerveau.

3. La question posée est alors celle de l’articulation de ces deux processus. Si toutes les études sont d’accord pour dire leur lien, il reste à dire quelle est la cause du développement du cerveau et du redressement du corps ?

Ainsi la question de l’émergence de l’homme ouvre-t-elle sur des questions proprement métaphysiques [10].

III. La question des origines

La théorie de l’évolution amène à mettre en évidence la progressivité de l’apparition de l’humanité parmi les autres vivants. Si aujourd’hui l’humanité est bien spécifique, la question se pose de celle de l’état où elle ne l’était pas encore. La question est celle du commencement. Il y eut un temps où l’humanité n’était pas ; il y donc eu une apparition de l’homme : Peut-on la dater et dire ce qui s’est passé alors ? Peut-on dire que ce fut un seul instant ou une émergence progressive ? La question est celle du commencement que je distinguerai de celle de l’origine. Le concept de commencement fait partie de l’expérience commune, où toute action se situe dans la durée, puisque tout ce que nous vivons est limité par un commencement et une fin.

1. L’idée de commencement

Si l’idée intuitive de commencement paraît simple, dès qu’on cherche à la préciser, déterminer on se trouve devant un ensemble de diffficultés majeures.

1. Tout commencement s’inscrit dans la durée. Or la durée est une série continue d’instants. L’expérience commune le montre. Quand commence la nuit ? Le jour ? La date légale n’est qu’une moyenne, car il fait sombre avant le commencement officiel de la nuit et il fait encore jour après le début de la nuit,... Que la détermination du commencement ne se fasse jamais de manière nette et définitivement tranchée est encore plus vrai en histoire. L’historien voit une succession d’événements, mais ils sont imbriqués les uns dans les autres : les âges de la Terre, ceux de la préhistoire, les grandes périodes de l’histoire, les règnes, les batailles, les courants d’opinion sont définis à partir d’un événement majeur. Mais cet événement n’est jamais séparé de ce qui le précède et le cause, ni de ses effets et implications.

La même difficulté se présente en science, où on étudie et comprend des relations qui permettent de retracer une genèse. Le phénomène est saisi dans les relations avec qui l’a précédé et où se trouve ses conditions. On ne saisit pas un pur commencement. Celui-ci ne peut être saisi que dans ses conséquences.

2. Le commencement est saisi dans ses conséquences, puisqu’il faut attendre que le phénomène ait manifesté sa fécondité pour qu’il soit connaissable. Sans cela il est indistinct.

Ainsi un commencement n’apparaît qu’après coup, il ne peut jamais être saisi directement. Il ne peut être que saisi au passé, et donc pour une part supposé. Ainsi il apparaît que l’on ne peut saisir le commencement tel qu’il était, car il est impossible de faire abstraction de ce qui l’a suivi. Un retour en arrière est impossible, non seulement parce qu’une durée nous sépare, mais parce ce qui fut n’est plus.

3. Pour déterminer qu’un événement a été un commencement, il faut que l’esprit compare le passé et le présent. C’est dans l’acte de l’esprit qui lie l’un et l’autre que la notion de commencement prend sens. Lorsque l’état des connaissances change, I’esprit est amené à modifier son jugement. Pour cette raison, les connaissances biologiques et paléontologiques concernant le vivant ont modifié la notion de commencement de la vie.

2. Commencement absolu et commencement relatif

On peut distinguer entre deux types de commencement : le commencement absolu et le commencement relatif. Il y a commencement relatif, lorsqu’il existe un repère extérieur qui permet de dater les événements. Il y a commencement absolu, lorsqu’il n’existe pas de repère extérieur.

1. Puis-je vous dire ma naissance sous le mode du souvenir personnel ? Non ! Je ne sais ma naissance que par la parole d’autrui : parents ou proches ! Pour être apte à dire ce qui concerne mon commencement, il aurait fallu que je puisse y être présent et donc être là avant d’être. Or, être avant d’avoir été est radicalement impossible. La connaissance du commencement d’une vie ne peut venir que de l’extérieur. Les enfants adoptés ensuite ne peuvent remonter le cours de leur vie jusqu’à son commencement. Il leur manque les éléments qui leur permettraient d’accéder à leur commencement qui de ce fait leur reste à jamais inaccessible. Le problème n’est pas que physiologique, ni même psychologique. Il est plus fondamental : les circonstances d’une conception et d’une naissance échappent à celui qui est conçu et qui naît. Il ne peut le savoir que par les témoins et les acteurs du projet qui ont présidé à sa conception.

Ce qui vaut pour l’individu vaut pour Ies sociétés. Peut-on parler de la naissance d’une nation ? Oui, à condition que l’histoire de cette nation s’inscrive dans une histoire plus générale, inscrite dans l’histoire universelle. Dans ce cas l’histoire d’une nation est repérée par le témoignage d’êtres humains, qui, malgré leur différences, participent de la même humanité.

2. Il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit du commencement de l’humanité. S’il y a un commencement, il n’a été précédé par rien d’humain - puisqu’il n’y a pas de témoin humain avant que l’homme soit et qu’il n’y a pas d’être qui pourrait témoigner de l’apparition de l’humanité. Il faut donc conclure que le commencement de l’humanité échappe à toute objectivation dans l’ordre de la science.

3. Aussi lorsque l’on s’interroge sur le commencement de l’humanité, on regarde vers le passé, mais l’interprétation des résultats repose sur un critère caractéristique de l’humanité : est-ce la station debout, I’usage de l’outil, I’organisation sociale, I’ensevelissement des morts,...? Selon que l’on donne telle ou telle réponse, la réponse est différente. Le choix est lié à une philosophie de l’homme.

Seule une philosophie qui reconnaît la valeur du corps et récuse le dualisme peut répondre à la question du commencement. En effet, les transformations du corps sont repérables par la science ; elles sont la constitution de l’humanité même. Pour sa part, en relisant cette histoire, un philosophe fidèle au réalisme thomiste reconnaît que dans la corporéité se forme l’humanité. Le jeu des causalités naturelles contribue dans leur ordre à la constitution de l’humanité, hier comme aujourd’hui.

3. L’émergence et l’origine

1. A travers le jeu des forces de la nature, la science reconnaîtl’unité d’une histoire.Les étapes de l’émergence de l’homme s’enchaînent de manière continue. Le philosophe est invité à considérer l’ensemble du phénomène et donc son achèvement. Aussi l’histoire de l’hominisation invite à reconnaître la légitimité d’une causalité d’un autre ordre qui explique la totalité du processus.

L’unité de l’histoire de la vie invite à voir un ordre de causalité qui ne se réduit pas à l’ordre de l’exécution. L’exemple classique est celui de deux esclaves qui se rencontrent au marché, pour eux cette rencontre est le fruit du hasard, mais en réalité elle n’est pas fortuite pour le maître qui les a envoyés. Ainsi le fortuit ou le contingent de l’histoire de la vie le sont dans leur ordre, mais pas pour une cause supérieure. Ce qui apparaît comme aléatoire à un certain niveau ne l’est pas à un autre.

Il y a donc un ordre de causalité qui ne se réduit pas aux mécanismes adaptatifs, biologiques, génétiques et écologiques. Il relève de l’explication philosophique. Ainsi apparaît la notion d’origine.

2. Dire origine, c’est dire un acte qui ne saurait s’inscrire dans la série des événements qui tissent le cours du temps et des transformations.

L’origine se place dans l’acte ramené au pur instant qui n’est pas un événement parmi d’autres, mais la condition constitutive de tout instant pris dans le cours des événements évolutifs. Son avènement est actuel, mais il n’est pas objectivable dans l’ordre de la mesure ou de la représentation.

Cette sortie hors du cours des événements expliquant pourquoi l’origine est ne peut s’enfermer dans la description scientifique. Pour cette raison, dans la plupart des cultures, elle se dit de manière symbolique ou mythologique. Cette conclusion générale vaut pour les textes bibliques. Pour dire l’origine les récits bibliques emprunte le langage du mythe et du symbole. Ce n’est pas une faiblesse, ou une concession à l’inculture de prétendus ignorants, mais bien le moyen approprié pour dire la réalité de l’origine perçue dans une cosmologie où toutes les choses ont un commencement.

IV. Lire les textes fondateurs de la Foi

Parti des faits scientifiques, nous avons vu comment leur interprétation supposait des principes qui eux-mêmes invitaient à entrer en métaphysique. Nous sommes ainsi passés de la question du commencement à celle de l’origine en distinguant deux registres de causalité, formulés par analogie avec l’action de la pensée vis-à-vis des choses matérielles. Une transcendance est inscrite dans l’action de l’esprit et de la pensée sur la matière. Il nous faut montrer comment cette distinction permet de répondre aux questions qui viennent de la confrontation entre les résultats de la science et les textes fondateurs de la foi, en particulier les textes bibliques.

1. Les points de confrontation

Les points de rupture entre la culture scientifique et le discours traditionnel chrétien sont au nombre de trois.

1. Le premier point de rupture concerne la chronologie. Nous ne pouvons pas dire que le monde a été créé quelque quatre mille ans avant Jésus Christ. Nous ne pouvons pas dire que l’homme ait été créé au terme d’une semaine de six jours.

Le second est lié au lien entre la mort et le péché. Dans une cosmologie qui utilisait comme cadre la semaine, on pouvait imaginer qu’avant la faute de l’homme, la mort n’existait pas. On pouvait donc établir un lien strict entre la mort et le péché et, corrélativement, proposer un message de salut qui libérant du péché, libérait de la mort. Or nous savons l’homme tard venu dans l’histoire des êtres vivants. La mort n’est pas le contraire logique de la vie mais son revers. La mort joue un rôle dans le progrès.

Un troisième problème a été rajouté, celui du monogénisme ou du polygénisme. Il fallait en quelque sorte légitimer l’unité de l’histoire du salut en postulant un ancêtre commun.

2. Or sur tous ces points les résultats de l’observation sont clairs : ils montrent que la lecture historicisante du texte biblique est désormais impossible. L’interprétation ancienne ne correspond pas aux faits. Si l’interprétation est liée à des options philosophiques, les faits eux s’imposent à tous et ne sauraient être niés. Est-ce une raison pour écarter les textes ? Non, bien sûr, car un texte prend sens dans un contexte. Nous sommes invités à mieux voir le contexte et donc à mieux comprendre le sens du texte biblique nous rapportant les origines.

2. Le texte dans son contexte

Pour situer les textes dans leur contexte, il faut tenir compte de l’intention de l’auteur du texte, ce qui donne le sens littéral.

1. Les textes bibliques ont été écrits voici quelque trois mille ans par des hommes qui, si intelligents qu’ils aient été, avaient une culture conditionnée par des connaissances limitées. Compte tenu des moyens d’observation et d’analyse, ils ont lié leur message aux connaissances dont nous savons aujourd’hui qu’elles sont caduques. On ne peut le leur reprocher. Toutes les tentatives de concordisme sont fausses dès le principe. Les imposer au nom de la foi relève de la mauvaise foi.

Il nous faut donc distinguer entre deux registres de langage qui sont mêlés, celui du commencement qui est historique et celui de l’origine qui est méta-historique, symbolique et métaphysique.

2. Nous sommes invités à mieux comprendre la notion de sens littéral. Celui-ci n’est pas la description, mais l’intention de l’écrivain. Or celui-ci a fait oeuvre de croyant et de théologien. Il donne une interprétation de ce dont il est témoin et qu’il perçoit en fonction des connaissances du temps.

Ainsi pour l’existence d’Adam. La mémoire humaine ne peut remonter au point source. Non seulement à cause de la longueur de l’histoire humaine, mais pour les raisons que j’ai dites sur l’impossibilité d’être le témoin de sa naissance. Contrairement à ce que pensaient certains au début du XIXème siècle, il n’y a pas eu de transmission orale d’une information de générations en générations des commencements de l’humanité. Par contre, I’auteur biblique a observé ce qu’il avait sous les yeux ; il a conclu à une vérité qu’il a exprimée en un langage adapté.

Pour dire l’origine de l’humanité, il s’est référé à la réalisation de l’humanité qu’il avait sous les yeux. Il a pris cette réalisation et l’a transformée. Le but de cette transformation était l’affirmation que le plan de salut concernait non seulement le peuple élu, mais toute l’humanité. Il a donc exprimé cette vérité essentielle à la foi en un seul Dieu créateur et sauveur par la figure de l’ancêtre commun à tous les hommes, I’archétype de l’humain, en hébreu, Adam. Ce serait le pire des contresens que de penser que l’auteur des textes bibliques pensait à un homme préhistorique, comme l’homme de Cromagnon ou l’homme de Néandertal, ou à 1’« homo erectus » et encore moins au ramapithèque ou à l’australopithèque. Il pensait au roi d’lsraël ; à mon avis, ce ne peut être que Salomon [11].

3. Comme notre esprit a besoin de représentations, nous devons respecter cette intention et renoncer à illustrer le catéchisme par un homme préhistorique, mais par une figure royale, Salomon. Quant à Eve, elle est pensée comme la reine de Saba qui, nous dit le texte, était venue le tenter ou encore Salomon ou plutôt, la fille du roi d’égypte qui introduisit à Jérusalem le culte idolâtre des dieux - où le serpent joue un rôle majeur.

3. L’action de Dieu

La théologie des auteurs bibliques est au service d’une théologie monothéiste : un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui s’y trouve. La distinction entre les notions d’origine et de commencement permet de donner sens à la notion de création. Cela à partir de la notion de création en général et plus particulièrement pour la création de l’homme.

1. La création se place à un autre niveau de causalité que l’action de transformation. Il importe alors d’articuler les ordres de causalité. La référence à l’action de Dieu au cours du processus ne saurait être comprise comme une interaction. Dans une interaction, tant en physique, en chimie qu’en biologie, les éléments actifs sont du même ordre et collaborent entre eux, comme en mécanique classique les forces composent entre elles. Seule l’action de Dieu est capable de s’unir à une autre action sans la modifier et à fortiori sans la dénaturer. L’image classique qui permet de le comprendre est celle de la musique. Dans un morceau de musique, tout est produit par l’instrument et tout est produit par le musicien. Tout est de l’un et de l’autre, sans que l’on puisse séparer ce qui est de l’un et ce qui est de l’autre. Cette union qui ne dénature en rien les principes d’action (le musicien et son instrument) est possible parce qu’il y a une différence de nature entre eux qui agissent en tant qu’instrument et que musicien. Cette image permet de comprendre ce qui advient dans la vie qui est tout à la fois le fruit de l’action des facteurs (énergie et formes) étudiés par l’anthropologie et d’un principe transcendant. Parce qu’il est d’un autre ordre et parce qu’il n’intervient pas comme un élément du monde, il faut reconnaître que tout est de Dieu et que tout est de la nature. Tout est de Dieu et tout est de la nature !

2. Le terme de création, qui prend un sens dans le cadre du monothéisme strict, insiste sur la transcendance de Dieu qui n’est pas le premier parmi les êtres, mais la source de tout ce qui est. La notion de création répond à la question de l’origine en disant que Dieu fait être tout ce qui est, en lui donnant d’être selon tout ce qu’il est.

La description du commencement de l’humanité que décrit l’anthropologie ne saurait être complétée par une intervention de Dieu venant pallier une insuffisance. Tout le processus d’hominisation est de Dieu, car il est le créateur dont tout dépend. Ainsi la notion d’émergence peut être retenue pour dire le commencement de la vie, sachant bien que cette émergence n’est possible que parce qu’une causalité d’un autre ordre agit dans le processus. Non pas comme un élément caché du processus, mais comme la raison d’être du processus. La création n’est pas seulement le commencement comme instant initial dans le passé, elle est le don de l’être surgissant hors du néant.

3. Le créateur respecte la nature de ce qui est. Or Dieu agit d’une manière particulière pour chaque être. Il agit de manière particulière pour chacun des membres de l’humanité. Il y a donc une manière spéciale d’action pour la création de l’homme à cause de la dimension spirituelle de son existence.

Pour penser cette manière spéciale d’agir, il faut bien comprendre que seule la transcendance de Dieu lui permet d’agir sans fausser les lois de la nature. Les difficultés habituelles en la matière viennent de ce que l’on conçoit Dieu sous l’image d’un ingénieur qui transforme une réalité déjà donnée. L’action de Dieu n’est pas une action de transformation, mais de production totale de l’être.

Conclusion : anthropologie et mystère pascal

La science donne de l’homme une définition qui, pour être plus modeste et ne rien devoir à la mythologie, ouvre sur une meilleure connaissance. On doit donc dire, à l’encontre de ceux qui, définissant l’homme a priori, s’interdisent de recevoir les leçons de la science, que l’accueil des résultats de la science ne réduit pas l’homme à l’animal, car il apparaît que l’humain n’est pas un donné figé, mais une espérance et une ouverture sur l’avenir.

Il faut lire les écritures dans leur dynamisme christologique et messianique. Les textes de la Genèse comme tous les textes de l’Ancien Testament sont des textes prophétiques. Il faut rester sur ce point fidèle à saint Paul. Adam est la figure du Christ. C’est ce que la liturgie célèbre dans les fêtes pascales. Nous lisons pendant la veillée pascale les textes de l’Ancien Testament. Ils sont lus commc une prophétie de l’accomplissement.

Il importe donc de lire et de faire lire ces textes en ce sens. Non pas comme des textes qui nous dispenseraient de l’étude du passé, mais comme des figures d’avenir.

Plus encore ! Qui ne s’émerveillerait de la richesse des réalisations de la vie ? Cet émerveillement est cependant habité par une question lancinante : à quel prix ?

Quel est le prix de l’émergence progressive qui culmine dans les possibilités de la vie et dans l’harmonie du corps humain ? A l’intérieur même de l’humanité, quel est le prix des succès qui nous étonnent et font notre admiration ? Le dévouement des parents. Qui pense aux oubliés de l’histoire - ces anonymes qui ont fait que la vie soit si belle ? - Ces questions ouvrent sur d’autres perspectives que celles de la métaphysique : elles posent la question du salut.

Aussi les chrétiens voient l’histoire à la lumière de la Passion et de la Résurrection. L’histoire s’est accomplie en celui qui a pris sur lui pour le détruire le péché du monde. Nous vivons dans l’attente de la manifestation du Fils de l’homme.

 

[1« Aujourd’hui [...] de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse. [...] La convergence, nullement recherchée ou provoquée, des résultats des travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie. [...] A vrai dire, plus que de la théorie de l’évolution, il convient de parler des théories de l’évolution. Cette pluralité tient, d’une part, à la diversité des explications qui ont été proposées du mécanisme de l’évolution et, d’autre part, aux diverses philosophies auxquelles on se réfère. »

[2« Il existe des lectures matérialistes et réductionnistes et des lectures spiritualistes. Le jugement est ici de la compétence propre de la philosophie et, au-delà, de la théologie. »

[3« C’est en vertu de son âme spirituelle que la personne tout entière jusque dans son corps possède une telle dignité. Pie Xll avait souligné ce point essentiel : si le corps humain lient son origine de la matière vivante qui lui préexiste, I’âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu. »

[4Sur l’évolution voir les ouvrages suivants :
- Ouvrage fondamental : Ernst MAYR, Histoire de la biologie. Diversité, évolution, hérédité, Paris, Fayard, 1989.
- Ouvrage encyclopédique : Jean DORST et alii, Histoire des êtres vivants, Paris, Hachette, 1985.
- Ouvrage de synthèse : Maxime LAMOTTE, Théorie actuelle de l’évolution, Paris, Hachette, 1994.
- Ouvrages attrayants bien illustrés avec textes par des spécialistes : Philip WHITEFIELD, L’Evolution, Paris, Nathan, 1994, Albert JACQUARD - La Légende de la vie, Paris, Flammarion, 1992, Stephen Jay GOULD, Le Livre de la vie, Paris, Seuil, 1993.

[5Sur les fossiles, voir le petit livre suggestif de Yvette GAYRARD-VALY, Les Fossiles, empreinte des mondes disparus. « Découvertes », Gallimard, 1997.

[6Cf. Henri et Geneviève TERMIER, Histoire de la terre, Paris, PUF, 1978.

[7Cf. François GROS, Les Secrets du gène, Paris, Seuil, 1986.

[8Cf. Ivar EKELAND, Le Calcul, l’imprévu, les figures du temps de Kepler à Thom. Paris, Seuil, 1984.

[9Ouvrage fondamental : André BOURGUIGNON, Histoire naturelle de l’homme, 2 vol. Paris, PUF, 1989 et 1992.
- Ouvrages de synthèse : Jean CHALINE, Une famille peu ordinaire. Du singe à l’homme, Paris, Seuil, 1994 ; - Richard LEAKEY, L’Origine de l’humanité, Paris, Hachette, 1998.
- Ouvrage bien illustré : Collectif : Les Origines de l’homme, « Pour la science », Paris, Belin. 1989.

[10Cf. Jean-Michel MALDAMé, « Évolution et création », dans Revue Thomiste, 1996, n° 4, avec bibliographie. Olivier RABUT, Le Problème de Dieu inscrit dans l ’évolution, Paris, Le Cerf, 1962.

[11D’autres pensent à David ; cf. Pierre GIBERT, Bible, mythes et récits commencement de l’humanité, Paris, le Seuil. 1982

Jean-Michel MALDAMÉ op

Dominicain, professeur de théologie à l’Institut Catholique de Toulouse.
Membre de l’Académie Pontificale des Sciences.
Auteur de nombreux livres, dont : « Le scandale du mal. Une question posée à Dieu », « Un travail d’enfantement : création et évolution », « Le Christ pour l’univers. Pour une collaboration entre science et foi », « Un livre inspiré, la Bible. Le livre ou Dieu se dit »

(re)publié: 01/03/2009
1ère public.: 01/07/1998
Les escales d'Olivier
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    Le Réseau Blaise Pascal (Sciences, Cultures et Foi), créé en avril 2001, est constitué de plus d’une vingtaine de groupes francophones d’inspiration chrétienne qui travaillent sur la question « Sciences, Cultures et Foi. » Les membres du réseau sont actifs dans l’enseignement et la recherche dans les domaines scientifiques (Universités, Grandes Ecoles, CNRS, INSERM), philosophiques ou théologiques (Facultés de Philosophie et de Théologie). Laïcs, diacres, pasteurs ou prêtres, ils sont pour beaucoup d’entre eux engagés dans le service des Eglises chrétiennes comme philosophes, théologiens et enseignants.