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Du ciel des astronomes au ciel de Dieu

Cet article est la contribution du P. Fernand PROD’HOMME, bibliste, prêtre de St Sulpice, curé de Nogent sur-Marne et passionné d’astronomie, lors de la soirée interreligieuse qui se tint dans la Médiathèque de Villejuif (94800) le 21 septembre 2010, sur ce thème : « Du ciel des astronomes au ciel de Dieu ».

Vaste programme ! à prendre avec modestie… _ Le thème aurait-il été formulé par un croyant ?... Je le pense bien. Avec une sorte de progression en hauteur de vue ou en profondeur ?

Ayant ce thème en tête, je l’ai vu cent fois évoqué au cours de cet été, mais dans l’autre sens : « du ciel de Dieu, ou des dieux, au ciel des astronomes », avec une perspective apparemment historique, et comme en sous-titre : des mythes primitifs aux découvertes scientifiques, de la « religion » aux « Lumières ! » Dans les kiosques, cent titres et sous-titres, revues et journaux, livres récents ou anciens…

L’intention première était exprimée sous cette forme : « du ciel des astronomes au ciel des croyants, en dialogue avec les trois grands monothéismes. » Cela n’implique que des hommes, avec leurs regards, leurs connaissances et leur compréhension de la réalité, sans nommer trop vite Dieu. Des astronomes et des croyants, cela me donne aussi espoir de pouvoir un peu parler au nom des deux : j’ai toujours été passionné par le spectacle du ciel, je respecte, admire et essaie de suivre le travail des astronomes, et j’espère être croyant ou le devenir de plus en plus. Et je vois bien que cela ne fait qu’un : c’est la même personne, le même homme en lien avec tous les autres hommes, qui observe, cherche à connaître et à comprendre ; c’est le même univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, qui se donne à observer, à l’intérieur de cette quête de sens qui habite l’être humain. C’est le même homme qui cherche à comprendre et qui prie, qui étudie. L’être humain « poussière d’étoiles » au milieu de tant d’autres, comme a écrit Hubert Reeves, mais justement avec cette singularité d’être un insatiable chercheur de sens, englobant sous cet aspect l’immensité de l’Univers, du ciel des astronomes au ciel de Dieu.

Le ciel des Astronomes désigne tout l’Univers, qui nous contient, étudié par les scientifiques. Le ciel des croyants ou de Dieu peut désigner la même réalité mais en l’appelant « création » ; c’est donc déjà une proposition de sens que l’homme pense reconnaître à cet ensemble ; c’est aussi dans ma tradition « la demeure de Dieu », en pensant bien que ce n’est jamais dit pour l’y enfermer, mais pour le distinguer radicalement des « habitants de la terre » ; de là, « le ciel » peut indiquer pour l’homme un terme ou un achèvement, pour son destin personnel et pour l’univers entier, non pas un lieu, mais une rencontre définitive de Dieu, avec un chemin qui y conduit ; et cela désigne donc aussi, dans les choix personnels d’un homme, un certain sens de la marche qu’il peut choisir pour lui-même…
« Celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas »… Tous les deux sont prêts à dire, je pense, que dans les réalités merveilleuses que nous avons sous les yeux il y a encore tout plein de secrets merveilleux à découvrir.
Faisant partie, selon ces mots d’Aragon, de « ceux qui croient au ciel », je fais sans cesse pour ma part l’expérience d’un double chemin d’émerveillement, d’enrichissement, d’un pôle à l’autre, d’admiration et d’éclairage réciproques, entre ce que la science me permet de découvrir et les horizons qui s’ouvrent sans cesse au croyant… Et l’émerveillement devant « le ciel », la voûte étoilée, a eu et garde évidemment une grande place dans l’éveil du sentiment religieux chez les hommes.

A mes risques et périls, en exergue, je vais citer Galilée, violemment confronté à cette question et qui l’a traitée de façon spécialement simple et claire :
Dans sa Lettre à la Gde Duchesse de Toscane (en 1615) (un exposé très remarquable sur l’interprétation des textes sacrés, très en avance sur son temps… on en trouve l’écho dans l’Encyclique Providentissimus en 1893) _ « Nous n’avons pas à chercher dans l’Ecriture un enseignement proprement dit d’astronomie ; les conclusions naturelles dûment établies n’ont pas à être subordonnées à des passages de l’Ecriture. » « L’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non pas comment va le ciel. » « Si les premiers auteurs sacrés avaient l’intention de nous enseigner les positions et les mouvements des corps célestes, ils n’en auraient pas traité aussi parcimonieusement - autant dire pas du tout - en comparaison des conclusions multiples et admirables que contient une telle science… » « Puisque chaque vérité est en accord avec toutes les autres vérités, on ne peut opposer celle de l’Ecriture sainte aux solides raisons et aux découvertes de la connaissance humaine »

Pour traiter « Du ciel des Astronomes au ciel de Dieu/des croyants », j’évoquerai donc :

1-Des rapprochements plus ou moins inattendus, souriants, entre les 2 Ciels…
en récitant le Credo des chrétiens
des interactions autour du Noël des chrétiens

2-Sur les questions les plus sérieuses, y a-t-il opposition ?
_ Pourquoi l’a-t-on laissé entendre et parfois entretenu ? est-ce inévitable ?
Pourquoi entretenir une hostilité alors qu’il y a évidemment complémentarité possible
des titres révélateurs…
les modèles scientifiques récents pour les premières secondes de l’Univers…
le langage des croyants, chrétiens notamment, disant : « Au Commencement »
en demandant aux croyants de ne pas nommer Dieu trop vite… !

3-Après une longue histoire de confrontations …le temps du respect ?
le temps de la modestie : qui donc aurait « réponse à tout »… ?
pour « vivre en bonne intelligence »…

I - Des rapprochements plus ou moins inattendus, souriants, entre les 2 Ciels…

En regardant un Arc-en-ciel…
Je suis heureux de comprendre un peu les phénomènes de la dispersion de la lumière. Mais après le savant, place au poète… et peut-être au croyant ! Car en vérité chaque fois que je vois un arc-en-ciel je pense spontanément « Dieu aime tous les hommes ! » Oui depuis Genèse 9 et malgré les folies des hommes, je sais que le projet de Dieu est « Alliance » toujours offerte. Alliance avec tous les hommes et « tous les êtres vivants ». _ L’arc en ciel en est pour toujours le « signe ».

En récitant le Credo des chrétiens… _ j’affirme depuis toujours Dieu « Créateur du Ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible »… imaginant peut-être jadis des « anges », des « mondes inconnus »… La science a élargi dans tous les sens le monde « visible », de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Et voilà qu’elle me dit maintenant que dans notre univers la plus grande partie de la « matière » est elle-même « invisible »… ! Matière noire, énergie noire …
Un colloque scientifique de haut niveau s’est tenu sur ces sujets du 29 juin au 10 juillet 2009 au Palais de l’Unesco à Paris « 95 % de l’Univers échappe à l’observation » lisait-on dans l’annonce de ce colloque. Cinq ou six titres de revues actuellement… Je remarque avec un sourire que la science enrichit sans cesse mon credo et développe ma prière de louange, d’admiration…
J’en ai fait mille fois l’expérience, notamment grâce à la biologie et à l’astronomie ; et les découvertes nouvelles « ouvrent » souvent de façon nouvelle les vieilles expressions de ma tradition religieuse. Sans récupération bien sûr. Lorsque j’entends parler d’une « soupe » primordiale, tellement dense que pendant 380.000 ans elle ne laisse pas la lumière émerger, je relis, évidemment sans aucun concordisme mais avec un sourire, que « au commencement » , avant la lumière, la terre était « tohu et bohu », ce qui a été traduit en grec au IIIè siècle avant notre ère par « in-visible et in-organisée / in-utilisable » (aoratos kai akataskeuastos) !

Plusieurs Interactions autour du NOEL des chrétiens…
L’étoile des Mages… Sans attacher plus d’importance à cette hypothèse que je vois ressortir depuis 50 ans, et surtout sans conclusion sur le genre littéraire et le sens du chapitre 2 de l’évangile de Matthieu, il est possible que la grande conjonction (…scientifiquement constatable) de l’an -6 entre Jupiter et Saturne dans la constellation des poissons ait suggéré à « des mages venus de l’Orient » (des astronomes de Babylonie) qu’un « roi » , « de la fin des temps », était né « au pays des Juifs (Amurru) » … et ait pu les mettre en route vers Jérusalem pour qu’ils arrivent à temps (Jésus étant né vers moins 4 avant J-C !!) « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre à son lever et nous sommes venus lui rendre hommage » écrit Matthieu 2,2.
La fête du Sol Invictus dans le monde romain… Là, les données historiques-scientifiques et les expressions de la foi chrétienne sont parfaitement identifiables et claires.
Au moment du solstice d’hiver existait à Rome cette fête du « soleil invaincu/ triomphant ». Officialisée par Aurélien (270-275 p.C.) qui se voulait un Roi-Soleil. Je viens de photographier dans les musées du Vatican une stèle funéraire d’un certain prêtre du « Soleil Invaincu ». Au IVè siècle, vers 336 à la fin du règne de Constantin, au moment où triomphe le christianisme, les chrétiens ont cherché à baptiser, à christianiser cette fête païenne très spontanée du retour de la lumière dans notre hémisphère Nord, en célébrant la naissance de Jésus considéré par eux (…par moi) comme « lumière pour le monde ». Je note que ce grand phénomène naturel trouvait déjà une dimension « religieuse » dans la fête païenne (et j’ai tout à fait envie de m’y associer, en me réjouissant de toutes les lumières de fin d’année…) La fête chrétienne est une toute nouvelle proposition de sens, à laquelle j’adhère pleinement. Je ne m’étonne donc pas trop de ce qui rappelle l’ancienne fête païenne « avant Jésus-Christ » ; je me réjouis de ce qui a été un peu assimilé du « message chrétien » : gestes de bonté, de partage, de fraternité, d’ouverture vers le spirituel … ; tout cela découvert comme bon pour tous les hommes et comme un appel, bien dans la ligne du signe donné en Jésus. Je souhaite évidemment, comme croyant chrétien, une vraie découverte de ce Jésus. Mais je continue à bien aimer pour lui-même le solstice d’hiver avec le soleil qui revient…
Des rapprochements plus ou moins inattendus, souriants, entre les « 2 Ciels… »

II – sur les questions les plus sérieuses, y a-t-il opposition … ?

_ Pourquoi l’a-t-on laissé entendre… et parfois entretenu ? est-ce inévitable ?
Les questions les plus sérieuses ? Notamment autour des « origines », du « commencement » de l’Univers, de la Vie… Cela touche à l’astronomie, à la biologie. Sur ces points existe un vieux contentieux, global, avec méfiance des deux côtés, comme si un langage devait faire taire l’autre. Il n’y aurait (de réel, de digne d’intérêt ?) QUE le ciel des scientifiques OU le ciel des croyants…

Des titres et sous-titres révélateurs, dans les simples lectures de l’été :
Le Point du 5 Août titre sur : Dieu existe-t-il ? Ce que les scientifiques en disent Cela m’intéresse évidemment, même si je n’attends pas spécialement des « scientifiques » une réponse sur l’existence de Dieu : ce n’est pas une question « scientifique »… Qui pose la question à qui ? et de quel « Dieu » peut-il s’agir alors ? Comme croyant chrétien, je poserais plus facilement la question à un amoureux, à une jeune maman, à un moine… Je reçois avec intérêt les réponses des scientifiques, mais je sais d’avance que cela n’aura rien d’une démonstration scientifique. La formulation de ce titre, à elle seule, pourrait renvoyer à cette vieille incompréhension. L’expérience fondamentale des croyants n’est pas de l’ordre de l’explication mais de la relation.
Un sous-titre attribué à Jacques Monod (p.49) : « Un scientifique qui croit en Dieu est un schizophrène » …au moins c’est simple ! Aussi net, mais que je préfère évidemment : « la démarche scientifique nécessite de mettre Dieu entre parenthèses. Pour autant, la science n’a pas à être athée. » « Ceux qui estiment que la question de Dieu ne se pose plus en science n’ont rien compris » Ce sont des expressions d’André Comte-Sponville (p.58-59), un philosophe qui tient à se dire athée mais avec lequel les croyants ont plaisir à discuter et réfléchir.
Dans un hors série de Ciel et espace intitulé « Origines »(n°13, Oct.99) une simple parenthèse révélatrice dans un développement que j’aime beaucoup de Jean-Marc Lévy-Leblond : « Il est certain que les questions d’origine mobilisent une intense curiosité humaine, bien au-delà – en deçà serait plus juste d’ailleurs - du champ scientifique » … Pourquoi ‘en deçà’ serait-il ‘plus juste’ que ‘au-delà’… ? Y a-t-il une raison scientifique de penser qu’une ‘curiosité humaine’ sur ‘les questions d’origine’, portant sur autre chose que ‘le champ scientifique’, serait ‘en deçà’ plutôt que ‘au-delà’ de ce champ ?
Dans les Cahiers de Science et Vie Avril-Mai 2010, quelques expressions dans un article sur le foisonnement des dieux en Mésopotamie, avec deux sous-titres : « La religion, un langage qui dit le réel » ; « Croyance aux messages divins et pensée rationnelle vont de pair » (p.98 et 91)...
J’aimerais savoir si cela est dit comme une évidence qu’on veut partager, ou comme une découverte toute nouvelle inattendue, une association étonnante de mots, de pensées… « Les travaux des chercheurs actuels montrent … que la religion des Mésopotamiens n’a pas entravé leur questionnement du monde » …C’est le moins qu’on puisse dire !! en voyant dans la bibliothèque d’Assurbanipal les tablettes « Enuma Anu Enlil/Quand Anu et Enlil » datant sans doute du IIème millénaire, qui compilent plusieurs siècles d’observations des « astres mobiles », en y associant près de 7000 présages… « Pour eux, la religion est aussi le langage qui sert à dire et à expliquer le fonctionnement du réel. » « C’est seulement avec les Grecs, que sera fait ce pas décisif qui consiste à se dire que l’on peut penser le réel sans utiliser de concepts religieux » explique Maria Grazia Masetti-Rouault. _ Si on marque ainsi le début d’une recherche « scientifique » autonome, j’en suis heureux. Mais la pensée « religieuse » peut continuer à s’exprimer aussi sur « le réel ». Au lieu d’évoquer une opposition (entre religion et questionnement du monde) il me semble plus simple de penser à l’unité d’une démarche de l’intelligence humaine qui cherche à comprendre « le réel », pour le plaisir de comprendre et pour pouvoir avoir prise sur lui.
L’Homme a « le ciel » sur la tête, et l’Homme cherche à comprendre son origine et son destin, en se regardant et se recevant lui-même dans l’immensité du Cosmos… Apparemment seule poussière dans ce Cosmos à parler d’un « Ciel » au-delà et d’un autre ordre (… et visant même « cieux nouveaux et terre nouvelle » !) Le langage « primitif / mythique » témoigne de cette recherche fondamentale, avant les précisions utiles qui permettront de distinguer les langages scientifique, philosophique, poétique, religieux … Chacun de ces langages ayant sa logique propre dans l’appréhension du réel, et chacun aussi ses limites, qui deviennent dramatiques s’il oublie les autres !

Sur notre sujet, je veux donc examiner ou rappeler brièvement
1- les « Modèles » scientifiques récents pour les premières secondes de l’Univers
2- le langage des Croyants, chrétiens notamment, disant : « Au Commencement »
3- en demandant aux croyants de ne pas nommer Dieu trop vite, même s’ils ont évidemment à mon sens toutes les raisons de penser à Lui dès le début !

1- « Modèles » scientifiques récents pour les premières secondes de l’Univers
* Vers le Big Bang : je rappelle qu’on nomme souvent en premier Georges Lemaître prêtre et mathématicien, qui a évoqué l’idée d’un « atome primitif » à l’origine de l’Univers (en 1927, 1931, 1933). Je note que lui-même refuse aussitôt de parler de « création », distinguant bien science et croyance… mais il témoigne au moins que les deux ne s’opposent pas ! Comme déjà le croyant Galilée ou le Chanoine Copernic, et Cassini, et le prêtre Johan Mendel découvrant les lois de l’hérédité, etc… !
* Jusque récemment, une cosmologie de type Big Bang chaud, faisant place à « l’inflation », présentait un scénario cohérent permettant d’intégrer toutes les observations faites et de « comprendre » depuis (...après !?) les toutes premières micro-secondes jusqu’à l’Univers que nous observons… Les satellites COBE lancé en 1989 puis Planck qui scanne le ciel depuis un an, ont permis de mesurer le « rayonnement fossile » issu du Big Bang et témoignant toujours aujourd’hui, après 13.700.000.000 d’années, de ce « départ »…
_ * depuis les années 1980 un « scénario bis », avec « rebond » après contraction, est proposé ; il intégrerait ce que suppose l’inflation. Et un autre scénario, sur le modèle de l’informatique : du très simple vers le très complexe, avec le langage binaire 0011, notre monde étant compris comme un gigantesque ordinateur. Et d’autres encore…
A suivre, donc, toujours et encore… Continuons à observer, à proposer des « modèles » permettant d’intégrer toutes les observations faites jusqu’à aujourd’hui en restant ouvert aux observations et compréhensions de demain. C’est ainsi que progresse la science. Et je parie d’avance que la vision de foi s’enrichira d’autant. Le langage biblique du « commencement » renvoie à un questionnement plus profond.

2- Le langage des Croyants, chrétiens notamment, disant : « Au Commencement »
Le langage biblique du « commencement » ouvre un autre mode de pensée et d’expression. Un peu comme « il était une fois », qui suffit à indiquer : attention, cela n’a bien sûr jamais été vécu exactement ainsi, mais cela éclaire beaucoup de situations vécues, cela aide à être « sage ». Celui qui écoute en fera ce qu’il veut ; mais souvent, il aurait tort de ne pas en profiter…
Celui qui dit « Au commencement » prétend comprendre en profondeur. Cela pourrait venir dans l’explication originelle d’une querelle de famille ou d’un conflit entre deux peuples. « Au commencement… ! » Cela vise le fond des choses. Si tu cherches à comprendre tout, à comprendre profondément le réel et pourquoi il est ainsi, place donc dans l’ordre et sans rien oublier ce que je vais te raconter. Et ici en premier : le mot « Dieu » ou le mot « création » ! « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre… » En Genèse 1,1 en hébreu : berèshit bara Elohim … ; en Jean 1,1 en grec : en arkhè èn o logos « au commencement était le Verbe-la Parole-le Logos… » C’est typiquement du langage de croyant ! Prenant position face à d’autres façons de penser et d’exprimer la réalité. Le premier chapitre de la Genèse (composé sans doute dans le contexte du grand Exil au VIè siècle) est une réponse au culte célébré à Babylone en l’honneur de Shamash le dieu-soleil, de Nin la lune. Tu ne comprends rien au « pourquoi », au « sens » de l’ensemble, à la place et à la destinée de l’Homme, si tu ne mets pas à l’origine de tout le réel que tu vois, y compris les astres du ciel (par le fait même dé-divinisés et qui vont justement pouvoir devenir objet de science !) Dieu Unique Créateur mais surtout Dieu libérateur rencontré dans notre histoire. Car il ne s’agit pas simplement de joutes intellectuelles. C’est l’expression d’une profonde expérience de vie. Dieu est nommé ici par ses noms « historiques » : elohim en Gen 1, YHWH (le Nom) en Gen 2. Dieu qui fait vivre ; qui entre en dialogue, qui libère et ouvre un avenir. Ceci étant dit (par rapport aux recherches scientifiques évoquées plus haut) sans rien savoir sur l’ordre d’apparition des choses, le mode de démarrage, d’évolution, de cet ensemble. On voit même deux déroulements contradictoires en Gen 1 et 2 : l’Homme venant en dernier (après tous les autres êtres) ou en premier (et prêt à nommer tous les êtres qui vont apparaître) ! Mais dans les deux cas pour nous dire que l’homme est comme le centre, ou le sommet, et le gardien, de toute la création. Je note aussi que c’est le 4ème « jour » qu’apparaît le soleil qui permet de compter les jours ! Ceux qui écrivent cela ne sont pas naïfs ni « primitifs »…
Ce 6è siècle avant J-C évoque d’ailleurs un moment impressionnant dans l’histoire de la pensée et l’histoire religieuse de l’humanité. Le Professeur Ratzinger aimait souligner l’étonnant parallélisme réel et temporel entre la critique philosophique des mythes en Grèce et la critique prophétique des dieux en Israël. Un mouvement vers le « logos », la raison capable de science, avec simultanément un approfondissement du sens religieux.
Pour le croyant, il faut nommer Dieu « au commencement » Bien sûr, Dieu est là : c’est même sa définition depuis le Buisson ardent de Moïse. « Je-suis-là », « je-suis-avec-vous »… à ma façon, qui ne se découvre que dans la foi (croyant chrétien, je note que ce sont aussi les derniers mots de Jésus, au soir du grand jeudi et au soir de pâques). Mais justement on ne pourra jamais « l’imposer - le prouver », même comme seule explication possible de tout ce qu’on a sous les yeux… et même si pour moi c’est presque cela ! je l’ai souvent explicitement entendu, avec joie, comme « explication ultime » d’une réalité simple et merveilleuse, de l’ordre de la création : la naissance d’un enfant. Je cite les mots d’une jeune Maman : « quand je l’ai vu sortir, j’ai pensé : Y’a que le Bon Dieu pour faire des choses pareilles ! » (…sic !)

3-C’est pourquoi j’ajoute comme croyant : même si c’est vrai, ne pas nommer Dieu trop vite !
…du moins ne pas le nommer comme démontré, s’imposant dans la ligne de nos observations Quelques exemples plus ou moins célèbres :
* 1929 la question « croyez-vous en Dieu » est posée par télégramme à Einstein par le Rabbin de New-York Herbert S. Goldstein, contacté lui-même par le Cardinal O’Connell de Boston prêt à saisir le Vatican : la relativité, selon lui, « répand un doute universel sur Dieu et la Création », et implique pratiquement l’athéisme … Réponse d’Einstein : « Je crois au Dieu de Spinoza, révélé dans l’harmonie du monde, mais pas en un Dieu qui se préoccuperait des faits et gestes de chacun. » Réaction du Rabbin : Einstein n’est « bien évidemment » pas athée ! « …sa théorie, si elle était poussée à sa conclusion logique, pourrait apporter à l’humanité une formule scientifique pour le monothéisme. » (cité par Bogdanov Le Visage de Dieu p.36-37) … Einstein n’en désirait sans doute pas tant et n’aurait jamais dit cela !! Il n’y aura jamais de formule scientifique pour le monothéisme, pas plus d’ailleurs que d’ « athéisme scientifique » ; et le Dieu de Spinoza peut être simplement (mais pas nécessairement ?) en route vers le Dieu d’Abraham…
* Pie XII en 1951, en ouverture d’une conférence de l’Académie pontificale, au moment où le mot « Big Bang » apparaît, lâché le 28 mars 1949 à la BBC par Fred Hoyle se moquant des « idées saugrenues » de Gamow qui parle de ce « gros Boum ». Pie XII : « Il semble en vérité que la science d’aujourd’hui, remontant d’un trait des millions de siècles, ait réussi à se faire le témoin de ce Fiat lux initial, de cet instant où surgit du néant avec la matière un océan de lumière et de radiations, tandis que les particules des éléments chimiques se séparaient et s’assemblaient en millions de galaxies… Ainsi, la création a eu lieu dans le temps : donc il y a un Créateur, donc Dieu existe ! » « Donc… donc… » viennent trop vite. Donc ? oui… sauf à imaginer une série infinie de « big crunch » et de « big bang »… ou simplement à préférer le modèle du « rebond » à la « singularité » du BigBang ; et pour que « la lumière soit », commence à se propager librement, comme un grand flash, il a fallu « scientifiquement » ces fameux 380.000 ans de « soupe » trop dense pendant lesquels les photons, systématiquement absorbés, ne pouvaient pas filer librement. Même si pour moi c’est vrai, donc Dieu existe vient ici trop vite… comme si tout homme intelligent, tout scientifique, devait le dire…
* Igor et Grichka BOGDANOV osant le titre : « Le visage de Dieu » chez Grasset Juin 2010 (les deux exemples ci-dessus sont cités dans ce livre, sans réserve). Je n’ose pas dire moi-même que ce titre « vient trop vite », car ils sont libres de le penser et de le dire. Mais il entretient l’illusion d’une démonstration scientifique. Pourquoi « le visage de Dieu » ? C’est l’expression qu’utilisa l’astrophysicien George SMOOT (prix Nobel 2006) lorsque le 23 Avril 1992, il réussit, grâce au satellite COBE, à avoir des photos de la naissance de l’univers tel qu’il émergeait des ténèbres cosmiques tout juste 380 000 ans après le Big Bang. « Pour les esprits religieux, c’est comme voir le visage de Dieu ! » « Depuis, cette expression a fait le tour du monde, déclenché la fureur des scientifiques, et bouleversé les croyants » (p.4 de couverture). Pourquoi les mots employés suggèrent-ils une opposition, avec des vainqueurs et des vaincus ? Il serait préférable que tout le monde s’aide à réfléchir. Je souhaite qu’on aide pacifiquement les uns et les autres à s’écouter et à se respecter !

Dans un contexte de foi, il m’arrive personnellement de dire que j’ai devant les yeux « le visage de Dieu ». C’est lorsque je célèbre un mariage. Ayant devant les yeux un homme et une femme qui s’aiment, qui engagent leur vie dans un amour fidèle, un amour qui va devenir (ou est devenu) créateur de vies nouvelles… je suis sûr de ne pas me tromper en citant alors la première page de la Bible : Dieu a créé l’Humain à son image, en nous faisant Homme et Femme, capables d’aimer et de donner vie.
Le croyant ne dit pas « je crois à Dieu » plutôt qu’au Big Bang ou au Hasard et à la Nécessité ; ni « le big-bang démontre bien l’existence de Dieu ». Ce n’est pas hypothèse contre hypothèse, explication contre explication. Il dit « je crois EN Dieu », je fais confiance à Quelqu’un avec qui je prétends être en dialogue. C’est évidemment tout autre chose et les deux affirmations n’entreront même pas en concurrence !

Le « au commencement » chrétien se lit à la première ligne de l’évangile de Jean 1,1 : « Au commencement était la Parole/le Verbe/ho logos ». Une trouvaille … « inspirée », c’est le cas de le dire ! « La Parole », « le Logos », d’un seul mot toute l’histoire de la révélation à Israël, et le meilleur de la pensée grecque sur ce monde compris comme Cosmos organisé, plein de sens. Depuis l’Exode cette Parole est connue : Dieu a donné lui-même son Nom « Le Seigneur : Dieu de tendresse et de miséricorde, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité… » Ex 34,6. Et l’Apôtre Jean résumera « Dieu est Amour » 1 Jn 4 ,16. Pour les chrétiens, le « commencement », « au fond des choses » c’est : une Parole d’Amour qui voulait se dire. Et elle s’est dite : dans le Cosmos (dans le ciel des Astronomes donc, que nous appelons Création de Dieu) ; dans la Vie, qui est « lumière pour les hommes » ; dans l’Humanité homme/femme qui donne à « voir » ce mystère de Dieu Amour-Créateur ; elle s’est dite en Jésus … Parole d’Amour qui cherche à se dire dans nos vies, et c’est cela qui nous fait participer dès maintenant au Ciel de Dieu ! Le ciel de Dieu étant pour nous l’avenir de l’homme et de l’humanité. Au fond des choses, à la fois à l’origine et au terme, source et but, « la Parole/le logos », qui est Pensée, Liberté, Amour. Elle se dit là, dans tout ce réel sous nos yeux, elle est compréhensible, lumineuse, elle est Lumière sur la route des hommes…

Le croyant chrétien pense que nous vivons « à ciel ouvert » (c’est dit de plusieurs façons dans la Bible ; La Source se donne à voir…) et qu’au terme il y a vraiment passage au Ciel de Dieu. Passage non seulement à venir, mais inauguré : à la suite de Jésus, nous avons déjà fait ce passage de la mort à la vie en devenant capables d’aimer (1 Jean 3,14 le dit très bien)

III - Après une longue histoire de confrontations, le temps du respect ?

Oui : longue histoire de confrontations, entretenues de part et d’autre, mais enrichissements mutuels possibles : le respect permet d’approfondir ; et arrive, j’espère, le temps du respect…
Je ne vais pas jeter la pierre à ceux qui rejettent « l’hypothèse-Dieu » : je vois bien que l’autonomie de la science a été conquise à un tel prix, face aux prétentions « religieuses » au pouvoir, qu’on a surtout été soucieux ensuite de la défendre, beaucoup plus que de chercher à situer la science dans une intelligence supérieure qui inclurait aussi la réflexion religieuse, et mettrait en lumière les liens entre science et foi. Je comprends, mais quel dommage. Aujourd’hui encore, cette synthèse sans confusion n’est évidemment pas réalisée de façon satisfaisante (je trouve cette réflexion en conclusion d’une présentation de l’affaire Galilée par François Russo SJ.)
La religion a donné trop souvent l’impression « d’avoir réponse à tout ». Je comprends un peu que « la science » ait prétendu la remplacer. Quand la religion cherche à faire taire la science, elle est (permettez-moi de dire « Dieu merci ! ») sûre de perdre… mais toujours après de grands dégâts (cf Galilée et bien d’autres…) Ce n’est même pas une consolation pour moi de constater que l’athéisme dit « scientifique » peut en faire d’aussi grands et peut-être plus… !

En cherchant à comprendre la persistance de cette opposition, je vois aussi plusieurs aspects d’inégalité dans la confrontation. Chez nous, ici, tous nos contemporains partagent au moins un peu les découvertes astronomiques. Combien partagent ou savent apprécier les découvertes religieuses ? Les évolutions, les progrès, sont, me semble-t-il, aussi grands ; mais sans doute moins simples à présenter, ou moins bien vulgarisés, ou toujours liés à des retours d’un vieux fonds « religieux païen »… Ce qui est lié à des observations scientifiques, au ciel des astronomes, peut (ou finit par) s’imposer à tous. Ce qui relève du ciel des croyants est une proposition de sens faite à tous et qui va aussi en s’approfondissant. Mais les découvertes sont liées par définition à des expériences vécues et à des choix de vie… Elles s’imposent moins et les vieux schémas peuvent perdurer, des deux côtés, comme on le voit ! Dans mon simple temps de vie et dans mon Eglise, dans le langage et dans les pratiques, j’en ai vu des libérations et des retours de vieilles habitudes. Sur ce point là aussi, le théologien J. Ratzinger disait excellemment comment la religion tend toujours à se réduire à « un système de cérémonies », à une « organisation » plus ou moins hiérarchisée et liée à des « pouvoirs ».
Je comprends mais trouve évidemment très pauvres certaines formules, qui témoignent d’une part d’une grande technicité dans le domaine scientifique, et en même temps d’une grande infirmité dans le domaine religieux. Gagarine : disant n’avoir pas rencontré d’anges ni de dieu dans le ciel qu’il parcourait … Tel chirurgien déclarant n’avoir « jamais trouvé Dieu au bout de son scalpel… » Beaucoup de technique, de science en application, mais utilisation très étroite d’un vocabulaire qui pourrait avoir une portée « religieuse » (Dieu, anges, ciel…) Je suis aussi affligé par certains refus de toute idée « d’évolution des espèces ».
Mais je vois avec joie beaucoup d’expressions marquant la fin d’un triomphalisme aussi bien religieux que scientiste… Triomphalisme qui excluait l’autre vision.

A l’heure où des discussions passionnées sont revenues sur ce sujet (avec les 150 ans de Darwin) je rappelle simplement le mot de Jean-Paul II en 1966 disant que l’évolution était « plus qu’une hypothèse »…
Hubert REEVES à la question « peut-on concilier science et croyance ? » - La science a pour mission de nous aider à comprendre comment l’Univers fonctionne. Pas de nous dire ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas. Elle peut nous apprendre comment faire des OGM ou des bombes atomiques. Elle ne peut nous dire si c’est une bonne idée d’en faire. La mission de donner du sens, de la valeur aux choses est celle des religions, des morales, des philosophies. J’aime citer la phrase de Galilée aux Dominicains : « Dites-nous comment on va au ciel et laissez-nous vous dire comment va le ciel. » Les accélérateurs de particules et les télescopes ne nous apprendront rien sur le sens des choses. (Le Point p.52)
Etienne Klein Physicien au CEA, agnostique : « certains font de Dieu une espèce de bouche-trou cognitif… Les sciences sont devenues moins prétentieuses depuis qu’elles ont compris qu’elles ne traitent vraiment bien que les questions… scientifiques. Or celles-ci ne recouvrent pas l’ensemble des questions qui se posent à nous. Par exemple le sens qu’il convient d’accorder à nos vies…
Jean-Mc Lévy-Leblond hors-série Ciel et Esp. n°13 (ORIGINES Comment tout a commencé p.6-7) La recherche des origines de l’Univers est née d’un questionnement existentiel, voire mystique. Mais dès lors qu’elle est entrée dans la sphère de la science, elle a adopté ses principes de rationalité et de reproductibilité. …Les scientifiques…se posent les mêmes questions. Leur métier leur permet de (et les oblige à) réduire cette trop vaste question existentielle en une série de problèmes spécifiques – quel est le mécanisme de la reproduction ? comment la vie est-elle apparue ? que peut-on dire de l’univers primitif ? - et de les spécifier encore et toujours plus, en espérant enfin trouver quelques réponses fermes. Mais il n’est pas certain (c’est un euphémisme) que ces réponses [de la science] comblent la demande existentielle initiale, de sorte que cette recherche est destinée à être encore et toujours ouverte - et tant mieux pour la science dont c’est certainement l’un des moteurs.
Anne Dambricourt-Malassé CNRS préhistoire « science et spiritualité auraient intérêt à vivre en bonne intelligence… J’étais athée, je suis désormais dans le questionnement, mais cela n’influe pas sur mon travail de chercheur qui reste le guide objectif » p.52

Du côté « religieux », je veux entendre aussi ceux qui considèrent comme une chance une certaine « sortie de la religion ». Souvent, nous le savons bien, dans beaucoup de lieux de notre monde, nous avons intérêt à distinguer aujourd’hui « les croyants » des « religieux » ! Nos premiers frères chrétiens ont été traités d’athées et d’irréligieux : héritiers d’Israël et de sa foi, ils n’ont pratiquement rien retenu des religions païennes environnantes, empruntant infiniment plus aux sagesses et philosophies (…à la raison !) qu’aux religions. Tel livre sorti en Juillet 2010 parle du christianisme comme « religion de la sortie de religion », dans la ligne de réflexion de Joseph Moingt, théologien, du philosophe Marcel Gauchet, et déjà du pasteur Dietrich Bonhoeffer : La sortie de religion est-ce une chance ? (L’Harmattan Religions et Spiritualité). Notre contexte de sécularisation invitant les chrétiens à être en premier des acteurs de la réussite de l’humanité. Le ciel de l’homme étant pour nous l’homme lui-même en communion avec le Dieu Vivant. « Amour comblé », « avenir de l’homme et de l’humanité »,à accueillir comme un don (voir de très beaux développements dans J. Ratzinger Foi Chrétienne hier et aujourd’hui, Mame 1969).

Depuis toujours, il y a trop de témoignages et de beaux exemples de croyants-savants et savants-croyants pour qu’on continue à opposer ou à ignorer celui qui « sait » et celui qui « croit » ! Et on note aujourd’hui avec joie ces expressions nouvelles de scientifiques et de croyants. L’être humain est vraiment ouvert à d’autres questionnements, d’autres découvertes, d’autres expériences profondes que ce qui relève du « scientifique ». Si j’en crois les scientifiques cités plus haut, cette affirmation du moins (…je ne dis pas l’acte de foi…) est toute proche d’être scientifiquement constatable !

A tout être humain je souhaite de tout cœur l’expérience de l’acte de Foi et de la prière confiante, l’expérience d’un Amour ouvert consciemment à la Source de tout amour (que nous appelons Dieu). Parce que je pense que c’est l’expérience la plus large, la plus englobante, la plus profonde, pour une personne humaine. Elle intègre cette dimension appelée ici « ciel de Dieu » ; elle invite à toute les recherches et découvertes, scientifiques notamment, qui seront alors action de grâces en même temps qu’émerveillement ; elle invite à tous les engagements par amour… Cela se fera sans doute en lien avec une des grandes traditions religieuses, mais c’est cette expérience qui est première et fondamentale. Le « religieux » peut tout accompagner et guider bien sûr, mais peut aussi tout dévier. Et profondément, parce que cela touche à du profond ! En ce sens là je ne souhaite pas avec la même force à tous tout l’attirail détaillé d’une « religion », fût-ce l’une des trois grandes. Mais l’humain étant fait de tant de « liens », de « relations », de « relectures » (c’est tout cela qui est évoqué dans le mot « religion » !) je souhaite aux religions tous les approfondissements et les purifications nécessaires pour rester vraiment au service de cette merveille que chante le Psaume 8 : sous la voûte céleste, l’Homme créé à l’image de Dieu.

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(re)publié: 01/12/2010
Les escales d'Olivier
  • Réseau Blaise Pascal

    Le Réseau Blaise Pascal (Sciences, Cultures et Foi), créé en avril 2001, est constitué de plus d’une vingtaine de groupes francophones d’inspiration chrétienne qui travaillent sur la question « Sciences, Cultures et Foi. » Les membres du réseau sont actifs dans l’enseignement et la recherche dans les domaines scientifiques (Universités, Grandes Ecoles, CNRS, INSERM), philosophiques ou théologiques (Facultés de Philosophie et de Théologie). Laïcs, diacres, pasteurs ou prêtres, ils sont pour beaucoup d’entre eux engagés dans le service des Eglises chrétiennes comme philosophes, théologiens et enseignants.