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L’éthique en question

Hommes et animaux : la bonne distance

« Il y a des gens, ils ont des enfants parce qu’ils ne peuvent pas avoir de chiens ! » Ainsi s’exprimait Coluche, avec son humour quelque peu grinçant, pour évoquer l’engouement de nos contemporains, et tout spécialement des Français, pour les animaux de compagnie.

Curieusement, en effet, au moment même où l’urbanisation détache les populations de l’espace rural, où les animaux de trait disparaissent du paysage et où le nombre des espèces sauvages régresse, l’animal envahit les trottoirs de nos villes, les rayons des supermarchés, la publicité télévisée, les écrans de cinéma (cf. les succès récents de Sauvez Willy, la série des Beethoven, Babe ou Microcosmos) et jusqu’au réseau Internet (à la date du 20 mai 97, on pouvait recenser 347 sites consacrés aux animaux sur le seul Web francophone !).

Ce phénomène de société, que d’aucuns ont pu décrire comme une « dérive zoophile », n’est pas sans poser bien des questions, notamment aux moralistes, philosophes et pasteurs. Les premiers se demandent par exemple s’il est bien décent de multiplier à la télévision les publicités concernant les aliments pour chats gourmets et chiens difficiles, quand on sait la précarité économique qui est celle de nombreux foyers. Les philosophes s’interrogent sur la pertinence et les conséquences possibles de l’idée de plus en plus reçue, selon laquelle l’homme ne serait au fond qu’un animal comme les autres, simplement plus évolué. Quant aux pasteurs, ils se demandent si l’Eglise - et tout spécialement l’Eglise Catholique - n’a pas tort de s’obstiner à ignorer les préoccupations écologistes et zoophiles d’une part croissante de nos contemporains.

Entre les hommes et les animaux, il semble que la bonne distance soit difficile à trouver. Pour procéder donc aux quelques « réglages » qui me semblent nécessaires, commençons, dans une première partie, par nous ouvrir à cet ethos ambiant qui souligne à l’envi la proximité et la ressemblance des uns et des autres. Il sera temps, dans une deuxième partie, de rappeler quelques différences irréductibles suggérant non seulement une distance, mais encore une hiérarchie dans le monde des vivants.

I. L’homme et les animaux : Des vivants dont l’existence rend gloire au Créateur !

Avant d’examiner les enseignements de la Bible et de notre tradition ecclésiale concernant ce lien existant entre les animaux et les hommes, essayons, même brièvement, de prendre la mesure du changement culturel qui marque notre époque quant à sa perception du monde animal.

1. Une nouvelle perception commune du monde animal

Est-ce le fait de la vulgarisation massive des connaissances par toute une série de revues, reportages filmés, séries animalières ? Toujours est-il que « l’animalité n’apparaît plus forcément comme l’inverse inquiétant de l’humanité ». Et cette proximité de l’homme et de l’animal est d’autant plus soulignée que philosophes et historiens des sciences se plaisent à critiquer l’anthropocentrisme, qu’ils imputent, depuis une trentaine d’années, à la tradition judéo-chrétienne.

Evoquons brièvement quelques-uns des témoins à charge dans ce procès contre l’anthropocentrisme qu’intentent les écologistes d’aujourd’hui.

1.1. Les sciences de la nature

Plusieurs siècles après COPERNIC et GALILéE, la représentation de la terre au centre du monde n’est plus de mise. L’astrophysique empêche désormais l’homme de se croire le centre de l’univers. S’il est grand par rapport à l’animal, l’homme est tout petit dans l’immense univers... et sa vie lui apparaît soudain aussi fragile et précaire que celle des animaux !

Mais c’est bien sûr Charles DARWIN qui, avec son Origine des espèces en 1859, porta le plus rude coup au superbe mépris dans lequel une certaine anthropologie pouvait tenir l’animal. Si l’homme se découvre avec le singe un ancêtre commun, difficile de traiter l’animal comme un vulgaire objet inanimé !

En outre, que de simples abeilles soient capables d’échanger entre elles des informations précises, ou encore qu’un petit vautour comme le percnoptère d’Egypte ait « l’idée » (ou le réflexe ?) de se servir d’une pierre pour casser un oeuf d’autruche dont il veut se nourrir, ne sont-ce pas là des constats troublants qui rendent plus floue la ligne de démarcation entre l’homme et l’animal ? Les récentes études de Jane GOODALL sur les chimpanzés, montrant que ces animaux se servent de branchettes effeuillées pour recueillir des insectes dans les termitières, et donc que l’homme n’est pas le seul primate à utiliser un instrument, ne ruinent-elles pas ce qui était pourtant tenu pour l’un des critères de l’humanité par les scientifiques, philosophes et théologiens ?

1.2. Les sciences humaines

FREUD et la découverte de l’inconscient compromirent l’image flatteuse d’un homme toujours maître de lui, se distinguant de l’animalité par sa conscience et sa liberté souveraines. Se sachant désormais habité, sinon d’instincts, du moins de pulsions sur lesquelles il n’a qu’une maîtrise partielle, l’homme d’aujourd’hui ne répugne plus à comparer ses moeurs à ceux des sociétés animales que l’éthologie étudie.

1.3. La philosophie

Un beau consensus s’établit aujourd’hui pour condamner l’humanisme cartésien, coupable d’avoir dévalué la nature en général et l’animal en particulier, réduisant ce dernier à n’être qu’une mécanique dépourvue d’intelligence, d’affectivité et même de sensibilité. Hans JONAS et Michel SERRES renouent avec une tradition philosophique jadis incarnée par SPINOZA et NIETZSCHE pour faire, non plus de l’homme mais de la nature ou de la vie, la valeur suprême à protéger. Et dès lors que l’on invoque des droits de la nature, on en invoquera aussi pour les animaux, ce que n’ont pas manqué de faire nombre de militants écologistes promoteurs du « mouvement de libération animale ». Dans cette perspective, on contestera bien évidemment la notion d’environnement - clairement référée à l’homme, centre et mesure de toute chose - et on lui préférera celle d’écologie ou, mieux encore, celle d’écosystème.

2. Les données bibliques

2.1. L’Ancien Testament

Passons brièvement en revue les trois grandes parties des Ecritures juives...

Du point de vue qui nous intéresse, la Torah porte incontestablement la trace d’une société - nomade puis en cours de sédentarisation - dans laquelle l’animal a une place très importante. La foi d’Israël va même jusqu’à lui conférer une place dans le dessein créateur de Dieu et dans l’Alliance qu’Il conclut avec son peuple.

C’est ainsi que, dans le récit sacerdotal de la création, l’homme n’est pas le seul à recevoir de Dieu une bénédiction et une consigne de fécondité : les poissons et les oiseaux aussi !

En Gn 9:9, le récit de l’arche de Noé affirme que les animaux sont inclus dans l’alliance dont Dieu prend l’initiative. C’est d’ailleurs une colombe qui témoigne de la fin du déluge !

Le récit des plaies d’Egypte dans le livre de l’Exode note la solidarité qui unit hommes et bêtes. C’est ainsi que dans le camp des Egyptiens les animaux partagent le sort funeste de leurs maîtres [Ex 8:14 ; Ex 9:10 ; Ex 19:22 ; Ex 11:5], alors que « chez tous les fils d’Israël pas un chien ne grognera contre homme ou bête » [Ex 12:7], les animaux bénéficiant de la même protection que les Hébreux !

Prenant acte de ce compagnonnage, les prescriptions mosaïques témoignent que l’animal est digne de secours [Ex 23:5], qu’il a droit à une part du produit du travail mené en commun avec l’homme [Dt 25:4], et même qu’il participe à sa manière au sabbat à travers l’interdit du travail ! « Pendant six jours tu te livreras à tes travaux, mais le septième tu feras trêve à tes occupations, que se reposent ton boeuf et ton âne, et que reprenne souffle le fils de ta servante, ainsi que l’étranger. » [Ex 23:12 ; Dt 5:14].

Remarquons aussi que, non sans humour, le rédacteur du livre des Nombres fait parler l’ânesse de Balaam [Nb 22], une ânesse qui reconnaît d’ailleurs mieux que son maître l’action de Dieu !

Tout cet enseignement se retrouve dans les Prophètes.

On pense ici aux diatribes d’Amos ou d’Isaïe contre les sacrifices d’animaux qui pourraient dispenser l’homme de ses devoirs envers Dieu et le prochain [Am 5:21-22 ; Es 1:1-11].

On pense surtout à la description des temps messianiques faite par Isaïe. Les animaux, qui partagent actuellement la violence des hommes, en seront alors sauvés : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble... » [Es 11:6-9]. Au point que les bêtes carnivores changeront même de régime alimentaire ! « Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage. »

Les croyants amis des animaux seront aussi touchés de voir mentionné le chien de Tobie [Tb 6:2 et 11:4] ou encore évoquée par Nathan la brebis familière compagne du pauvre [2 S 12:1-6]. Ils ne manqueront pas non plus de relever que ce sont des corbeaux qui ravitaillent le prophète Elie dans le désert [1 R 17:6].

Mais il nous faut encore mentionner, dans le savoureux petit livre de Jonas, le « gros poisson » qui sauve Jonas de la noyade et conduit le rebelle là où Dieu voulait l’envoyer. N’y voit-on pas non plus les animaux associés au jeûne des habitants de Ninive [Jon 3:7] ? Et ce livre ne s’achève-t-il pas [Jon 4:11] par l’affirmation selon laquelle la bienveillance de Dieu s’étend non seulement aux habitants de la cité païenne mais aussi à la foule d’animaux qui s’y trouvent ?

Les autres écrits illustrent eux aussi la foi au Dieu créateur. Ainsi en est-il par exemple du psaume 104 qui chante, entre autres merveilles de la création, celles du monde animal. On peut aussi citer ici le psaume 36 : « Tu sauves, Seigneur, l’homme et les bêtes. » [Ps 36:7].

Mais plus typique de cette littérature de sagesse est la réflexion sur la brièveté de la vie, et le rappel désabusé de la mort qui frappe indistinctement tous les vivants, hommes et animaux : « Le sort des fils d’Adam, c’est le sort de la bête, c’est un sort identique : telle la mort de celle-ci, telle la mort de ceux-là, ils ont tous un souffle identique : la supériorité de l’homme sur la bête est nulle, car tout est vanité. » [Qo 3:18-21].

L’homme qui réfléchit s’interdira donc tout comportement cruel envers les animaux, au moins envers son bétail : « Le juste prend soin de la vie de ses bêtes, mais les entrailles d’un méchant sont cruelles. » [Pr 12:10].

2.2. Le Nouveau Testament

Jésus aime observer la vie de sa campagne galiléenne. Il note l’aimable insouciance des oiseaux [Mt 6:26], évoque les refuges respectifs des renards et des oiseaux [Mt 8:20], s’émeut de la poule qui rassemble ses poussins [Mt 23:37], et rappelle que le soin à donner aux animaux l’emporte sur le respect scrupuleux de l’interdiction de travailler le jour du sabbat [Lc 13:15 ; Lc 14:5]. C’est avec l’image de la colombe qu’il parle de l’Esprit de Dieu, qu’il reçoit en plénitude au jour de son baptême par Jean-Baptiste [Mt 3:6].

Lui-même se présente comme le bon berger qui défend son troupeau au péril de sa vie [Jn 10] et, prenant la place de l’agneau pascal [Jn 1:29 ; Ac 8:32 relisant Es 53:7 ; cf. encore toute la thématique du livre de l’Apocalypse], il met un terme définitif à tous les sacrifices d’animaux [He 9:12 et He 10:4-13].

Son ministère est un ministère de réconciliation de l’homme avec Dieu, mais aussi de l’homme avec lui-même et avec la nature. Selon Marc, il inaugure sa prédication et les temps messianiques par une retraite dans le désert en compagnie des bêtes sauvages [Mc 1:13]. Au terme de son itinéraire terrestre, sa résurrection ouvre des perspectives insoupçonnées à toute la création [Mc 16:15 et Rm 8:19-22], à tout l’univers [Col 1:15-20 ; Ep 1:3-14].

2.3. La tradition chrétienne

Les peintures et statues de nos églises, ainsi que l’hagiographie traditionnelle, nous ont habitués à de touchantes représentations associant des saints très populaires avec divers animaux. Ainsi peut-on voir en Bretagne St édern chevauchant un cerf apprivoisé, ailleurs, St Rémi nourrissant des passereaux, Gérasime enlevant une épine à la patte d’un lion venu l’implorer, St Gilles protégeant des biches contre des chasseurs, St Colomban jouant avec les plus farouches d’entre elles, et St François d’Assise s’entretenir familièrement avec des brebis joyeuses de le rencontrer... quand ce n’est pas avec le célèbre loup de Gubbio ! D’autres figures encore, telles celles de Pierre de Bérulle, Philippe Néri et François de Sales peuvent être évoquées ici pour illustrer la bienveillance chrétienne à l’égard des animaux.

Ce respect et cette bienveillance sont d’ailleurs clairement postulés dans le Catéchisme pour Adultes des évêques de France [no. 616] et dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique paru en 1992. Citons ici, dans leur intégralité, les quatre paragraphes du catéchisme universel qui concernent le respect de l’intégrité de la création :
- « Le septième commandement demande le respect de l’intégrité de la création. Les animaux, comme les plantes et les êtres inanimés, sont naturellement destinés au bien commun de l’humanité passée, présente et future. L’usage des ressources minérales, végétales et animales de l’univers, ne peut être détaché du respect des exigences morales. La domination accordée par le Créateur à l’homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n’est pas absolue ; elle est mesurée par le souci de la qualité de vie du prochain, y compris des générations à venir ; elle exige un respect religieux de l’intégrité de la création. » [no.2415]
- « Les animaux sont des créatures de Dieu. Celui-ci les entoure de sa sollicitude providentielle. Par leur simple existence, ils le bénissent et lui rendent gloire. Aussi les hommes leur doivent-ils bienveillance. On se rappellera avec quelle délicatesse les saints, comme St François d’Assise ou St Philippe Néri, traitaient les animaux. » [no. 2416]
- « Dieu a confié les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image. Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et ses loisirs. Si elles restent dans des limites raisonnables, les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement recevables, puisqu’elles contribuent à soigner ou épargner des vies humaines. » [no. 2417]
- « Il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. Il est également indigne de dépenser pour eux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes. On peut aimer les animaux ; on ne saurait détourner vers eux l’affection due aux seules personnes. » [no. 2418]

Notons qu’il existe aujourd’hui bon nombre de chrétiens qui, avec le M.C.E.P.A. et Mgr. BRAND, archevêque de Strasbourg, trouvent que la formulation de ces quatre paragraphes ne tient pas assez compte d’une sensibilité nouvelle à l’égard du monde animal et ne va pas aussi loin qu’on aurait pu le souhaiter après le grand rassemblement oecuménique de Bâle en 1989 sur le thème : « Paix, justice et sauvegarde de la création ». D’autant que le pape Jean-Paul II lui-même nous avait habitués à une plus grande ouverture. Ne rappelait-il pas, dès sa première encyclique de 1979, qu’avant d’être « le Rédempteur de l’homme », Dieu était d’abord « le Rédempteur du monde » ? Et n’a-t-il pas depuis, à de multiples reprises, prodigué ses encouragements aux chrétiens engagés dans les sociétés de protection animale ?

Avec ces derniers, convenons que les articles du catéchisme de l’Eglise Catholique, dans leur formulation actuelle, « pèchent par excès de concision. Ainsi, la dernière phrase du paragraphe 2418 pose problème. Faut-il comprendre que l’homme ne dispose que d’une quantité d’amour déterminée et que ce qu’il donne à l’un devrait être retranché de ce qu’il peut donner à d’autres ? Une telle hypothèse contredirait toutes les observations de la psychologie commune. Il serait donc préférable de dire que »l’on ne saurait détourner vers les animaux cette sorte d’affection qui n’est due qu’aux personnes humaines« . Le même paragraphe 2418 stipule par ailleurs qu’il est »indigne de dépenser pour les animaux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes« . Certes, mais ne peut-on en dire autant de tout le secteur économique du superflu dilapidé au détriment du tiers-monde ? »

Si elle relativise le bel optimisme d’un Thomas d’Aquin, l’horrible contradiction de la législation du troisième Reich nous oblige-t-elle pour autant à choisir dorénavant entre défense des animaux et respect des droits de l’homme ? Loin d’en arriver à une telle conclusion, je ne suis pas loin de penser, avec Jean GAILLARD, que « les véritables droits des animaux ne sont pas plus incompatibles avec ceux de l’homme que les véritables droits de ce dernier ne le sont avec ceux de Dieu. »

Il suffit de remettre les uns et les autres à leur juste place... en n’isolant pas l’homme de la nature dont il fait partie... et en ne le dissolvant pas non plus dans cette animalité dont il émerge à plusieurs titres.

II. L’homme, sommet et gérant de la création

Cette notion de « gérance de la création », mise en valeur lors du rassemblement oecuménique européen de Bâle en 1989, renvoie bien évidemment à l’enseignement des trois grandes religions monothéistes. La Bible s’ouvre en effet par l’injonction divine faite à l’homme de « remplir la terre et la soumettre » [Gn 1:28]. Tout le problème consistera, pour les croyants, à bien interpréter cette consigne et à n’en pas faire, par exemple, le droit de piller, gaspiller voire détruire une nature dont l’homme n’est pas le propriétaire, mais simplement le gérant.

Mais, sans même parler de création - et sans donc se référer à Dieu - force est de constater que, vivant parmi d’autres vivants, l’homme émerge pourtant à plus d’un titre de cette nature animale. Ecologistes et philosophes vont même jusqu’à penser que la supériorité de fait de l’espèce humaine sur l’espèce animale lui impose quelques devoirs.

1. Quelques évidences à ne pas perdre de vue...

La profonde sympathie que nous pouvons éprouver pour nombre d’idées défendues par nos amis du Mouvement Chrétien pour l’Ecologie et la Protection Animale, et par la mouvance écologiste en général, ne doit pas nous faire perdre de vue quelques différences essentielles entre l’homme et l’animal, différences que la propagande dite « antispéciste » voudrait, sinon réduire à néant, du moins minorer.

Si langage des animaux il y a, celui-ci n’est en rien comparable à la parole que s’échangent les hommes, une parole capable de véhiculer des concepts abstraits, d’exprimer des sentiments et la conscience de sa propre individualité. Et le perroquet reproduisant une sonorité de la voix humaine, ou l’abeille esquissant quelques mouvements programmés et stéréotypés pour transmettre au groupe un petit nombre d’informations, ne doivent pas faire illusion : seul l’homme parle ; seul l’homme est capable, par cette parole, d’un peu de distanciation par rapport à son environnement ; le rire, comme la parole, est le propre de l’homme. Cette première différence - et le contexte de polémique qui sévissait dans le 18ème siècle français entre cartésiens et matérialistes - valait jadis au cardinal de Polignac, en visite au jardin des Plantes, d’interpeller ainsi un orang-outang : « Parle et je te baptise ! »

Le langage n’est d’ailleurs que l’expression d’une différence plus fondamentale, celle relative à l’intelligence, soulignée depuis longtemps par les philosophes. Ce pouvoir de réflexion, ce pouvoir acquis par une conscience de se replier sur soi, et de prendre possession d’elle-même, TEILHARD DE CHARDIN y voyait le propre de l’homme : « L’animal sait, bien entendu. Mais certainement il ne sait pas qu’il sait. (...) Un fossé, ou un seuil infranchissable pour lui, nous sépare. Par rapport à lui, parce que réfléchis, nous ne sommes pas seulement différents, mais autres. »

Cette capacité de réflexion s’applique aussi à la mort qu’hommes et animaux connaissent : l’homme seul sait qu’il va mourir. Lui seul, d’ailleurs, exprime des préoccupations religieuses, notamment en enterrant ses morts. Mais il est une autre particularité humaine plus décisive encore. Depuis ROUSSEAU et KANT en effet, les philosophes ont pris l’habitude de définir l’homme par sa liberté, sa capacité à s’affranchir des inclinations de sa nature. Et Luc FERRY a raison de rappeler aujourd’hui cette évidence pour contrer les dangereuses conséquences auxquelles conduit « l’antispécisme » radical de certains militants écologistes : des animaux aux hommes, "on pourrait sans doute montrer une certaine continuité dans la souffrance, dans l’intelligence, voire dans le langage ; mais s’agissant de la liberté, les animaux et les hommes paraissent séparés par un abîme. Il porte même un nom : l’histoire, qu’il s’agisse de celle de l’individu (éducation) ou de celle de l’espèce (politique). Jusqu’à preuve du contraire les animaux n’ont pas de culture, mais seulement des moeurs ou des modes de vie et le signe le plus sûr de cette absence est qu’ils ne transmettent à cet égard aucun patrimoine nouveau de génération en génération. (...)

Comment répondre à la question sans cesse remise en avant par SINGER : Au nom de quel critère rationnel, ou même seulement raisonnable, pourrait-on prétendre dans tous les cas de figure devoir respecter davantage les humains que les animaux ? Pourquoi sacrifier un chimpanzé en bonne santé plutôt qu’un être humain réduit à l’état de légume ? Si l’on adoptait un critère selon lequel il y a continuité entre les hommes et les bêtes, SINGER aurait peut-être raison de considérer comme « spéciste » la préférence accordée au légume humain. Si nous prenons en revanche le critère de la liberté, il n’est pas déraisonnable d’admettre qu’il nous faille respecter l’humanité, même en ceux qui n’en manifestent plus que les signes résiduels. C’est ainsi que l’on continue de traiter avec égard un grand homme pour ce qu’il a été dans le passé lors même que les atteintes de l’âge lui ont ôté depuis longtemps les qualités qui avaient pu en faire un artiste, un intellectuel ou un politique de génie.« André COMTE-SPONVILLE, quant à lui, prolonge cette analyse en notant que si le propre de l’homme, c’est la liberté, celle-ci se manifeste par une conscience morale dont les animaux sont, de fait, dépourvus : »Ce qui me paraît clair, c’est que l’intelligence des bêtes ne porte que sur des faits, pas sur des valeurs, en tout cas pas sur des valeurs morales, et que toute notion de devoir, sinon de faute, leur est étrangère : que leur silence est à l’indicatif, si l’on me passe l’expression, jamais à l’impératif, et que leurs fautes, quand faute il y a, n’offensent que la prudence ou leurs maîtres, ce qui revient sans doute au même et interdit d’y voir une morale ou ce que, à tort ou à raison, nous vivons comme tel (comme un ensemble de prescriptions absolues ou inconditionnelles).« Remarquons enfin que si, pour s’interdire de maltraiter les autres espèces, l’homme cherche à se prouver qu’il n’a aucun titre à le faire, n’étant lui-même qu’une espèce parmi d’autres, il renforce paradoxalement la conscience de sa singularité et de sa responsabilité. En effet, si l’homme se pose la question de la légitimité de ses actes et qu’il est seul à se la poser, c’est bien, comme l’écrit Janine CHANTEUR, »que l’espèce humaine ne peut pas, en dépit de tentatives souvent plus aveugles que perverses, être assimilée à une espèce simplement animale : l’homme, animal lui-même, est autre que l’animal."

2. Les données bibliques

2.1. L’Ancien Testament

Les mêmes récits de la Genèse qui tout-à-l’heure nous disaient le lien profond qui unissaient l’homme à l’animal, tous deux créatures fragiles surgies du néant de par le dessein bienveillant d’un Dieu ami de la vie, nous disent dans le même temps la nette perception biblique d’une supériorité de l’homme sur l’animal.

Si l’un et l’autre reçoivent une bénédiction divine dans le récit sacerdotal, cette bénédiction diffère sensiblement : à la consigne de fécondité s’ajoute en effet, pour l’homme et pour lui seul, un appel à « dominer » la terre et à « soumettre les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre » [Gn 1:26-28].

Etabli au sommet de l’oeuvre de création, l’homme seul est créé « à l’image de Dieu »... au point que sa sexualité, transcendant le rut animal, évoquera quelque-chose du mystère de Dieu [Gn 1:27]. Selon la tradition « sacerdotale », l’homme, créé végétarien [Gn 1:29] est même autorisé par Dieu après le déluge à tuer les animaux pour s’en nourrir [Gn 9:2-3].

Dans le deuxième récit de la création, Adam, s’il est façonné comme les animaux avec la poussière du sol, bénéficie seul du souffle divin en lui [Gn 2:7] et reçoit pouvoir de nommer les animaux [Gn 2:19-20]... des animaux qui n’entrent dans le dessein créateur de Dieu que pour rompre la solitude de l’homme, sans pour autant constituer pour lui « une aide qui lui soit accordée » [Gn 2:18-23]. La bestialité sera donc sévèrement sanctionnée tout au long de la Torah [Ex 22:18 ; Lv 18:23 ; Dt 27:21].

Significative aussi de cette supériorité de l’homme sur l’animal la finale du récit du sacrifice d’Isaac en Gn 22:12-13 : un bélier est substitué à l’enfant comme offrande pour le sacrifice.

Quant aux écrits de sagesse, ils exaltent eux aussi, avec le lyrisme qui leur est propre, cette éminente dignité de l’homme, infiniment supérieur aux animaux :

"Tu as fait de l’homme presque un dieu :
tu le couronnes de gloire et d’éclat ;
tu le fais régner sur les oeuvres de tes mains ;
tu as tout mis sous ses pieds :
tout bétail, gros ou petit,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel, les poissons de la mer,
tout ce qui court les sentiers des mers."
[Psaume 8]

Dans cette perspective, c’est déchoir pour l’homme que de ressembler à l’animal, incapable de réfléchir : « L’homme dans son luxe ne comprend pas ; il ressemble au bétail qu’on abat ! » [Ps 49:13-21]

2.2. Le Nouveau Testament

Il convient de rappeler ici la remarque de Jésus, en Mt 6:26, à propos des passereaux plaisamment insouciants :« Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » et la claire distinction que St Paul établit entre la bienveillance générale de Dieu envers toutes ses créatures et l’amour particulier qu’il porte aux hommes : « Dieu s’inquiète-t-il des boeufs ? N’est-ce pas pour nous seuls qu’il parle ? » [1 Co 9:9-10]

à noter également que, sans nier la parenté qui existe entre notre corps et celui de l’animal, l’auteur de l’épître de St Jacques présentera l’ascèse chrétienne comme un long effort pour précisément dompter cette part animale de notre humanité ! [Jn 3:2-8]... une manière de voir que feront leur de très nombreux Pères de l’Eglise.

3. La Tradition chrétienne

Il est clair qu’elle établit une hiérarchie des créatures et fait passer l’homme avant l’animal. Et si l’une des questions débattues depuis la scolastique concernait la nature de l’âme des animaux, celle-ci ne pouvait en aucun cas prétendre aux privilèges de l’âme humaine. Bien peu de clercs, selon E. BARATAY, semblent s’être laissé gagner par le romantisme du siècle dernier concernant la destinée des bêtes. Plus enclins, dans les dernières décennies, à encourager les chrétiens à s’engager dans l’action sociale et politique, ils ont certainement pris leurs distances à l’égard de cette dérive zoophile, plaisamment dénoncée par Coluche. Ce souci de garder une distance raisonnable entre l’homme et l’animal - fut-ce un sympathique animal de compagnie, objet de nombreux transferts affectifs - se manifeste aujourd’hui encore, et dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique [voir plus haut la citation du no. 2418], et dans le rituel romain de la bénédiction des animaux : « (Par l’intercession de saint N.), appelons la bénédiction de Dieu sur ces animaux, en louant le Créateur de toute chose et en lui rendant grâce, sans oublier qu’il nous a placés au-dessus de toutes les créatures et que nous devons reconnaître et garder cette dignité. »

En guise de conclusion provisoire...

Au terme de cette petite étude, difficile donc, on le voit, de dédouaner le christianisme d’une perspective anthropocentrique ! ... Mais, le faut-il vraiment ?

Empruntons à Vincent BOURGUET ce qui pourrait nous tenir lieu de conclusion provisoire : « Plutôt que de prétendre arracher l’homme de sa centralité et le ravaler au rang de ce qu’en fait il domine, il serait plus pertinent de se demander : Que doit être l’homme s’il veut être le centre de la création ? C’est en effet à l’homme de se rendre digne d’être au centre. Dépasser l’anthropocentrisme moderne traditionnel ne signifierait donc pas nécessairement dépasser l’homme au profit de quelque autre fictive centralité. Bref, il doit être possible de concevoir une domination de la nature qui ne consiste pas, à terme, en son abolition. »

En quête de la bonne distance entre l’homme et l’animal, nous avons trouvé, dans le trésor de notre tradition ecclésiale, deux affirmations fortes à tenir ensemble, celles-la même qui ont servi de titre aux deux grandes parties de ce petit dossier.

L’anthropologie catholique, qui voit en l’homme le sommet et le gérant de la création, nous évitera la regrettable et dangereuse confusion à laquelle parviennent les tenants les plus radicaux de la « libération animale » : la vie d’un animal ne vaudra jamais celle d’un homme. Cette préférence éthique accordée au règne de l’anti-nature sur celui de la nature, à l’homme comme seul être vivant capable de liberté, se renforce pour nous chrétiens avec la certitude de la dignité incomparable conférée par Dieu à l’homme dans l’ensemble de la création et dans l’économie du salut : Pour nous les hommes, et pour notre salut, Dieu, qui nous avait créés à son image, est venu dans notre histoire, nous donnant de participer à la sienne, pour, un jour, le voir face à face.

Dans cette perspective, on se méfiera des conclusions hâtives proposées par nos amis du M.C.E.P.A. En parlant de « l’animal créé par Dieu comme l’homme, et donc pourvu de droits », ces militants chrétiens de la cause animale vont un peu vite en besogne : à moins d’être précisée, comme A. COMTE-SPONVILLE nous aidera à le faire tout à l’heure, la notion de « droits » ne s’applique pas nécessairement à toutes les créatures... sinon il faudra en reconnaître également aux minéraux... et nous revoici revenus aux procès d’animaux que le Moyen-Age a pu connaître et dont Luc FERRY fait l’ouverture de son étude.

Guère plus acceptable est cet autre court-circuit ainsi formulé : « L’homme et l’animal étant créatures de Dieu et donc »frères« . » [St François d’Assise] La référence à François d’Assise ne suffit pas pour parler, sinon de manière métaphorique (d’où les guillemets !), des animaux comme de nos « frères » !

Plus irrecevable encore est cette affirmation selon laquelle les défenseurs des animaux sont « plus humains, plus ouverts aux malheurs de leurs prochains, dont les animaux font partie » : il y a là en effet une extension tout-à-fait abusive de l’usage d’un mot que la Bible réserve à l’homme... à l’Israélite d’abord (sous le régime de l’Ancienne Alliance), à tout homme en situation de détresse ensuite (depuis la célèbre parabole du bon Samaritain en Lc 10:25-37). La pointe de l’enseignement de Jésus est justement d’affirmer ceci : même abîmé ou défiguré, d’une culture ou d’une religion différente de la mienne, un homme restera toujours un homme, un frère dont je suis responsable et dont j’ai à me faire « le prochain » au titre d’une commune origine (l’un et l’autre créés à l’image de Dieu) et d’une commune vocation (partager la vie même de Dieu dans son Royaume).

On évitera surtout le ridicule anthropomorphisme qui consiste à prêter aux animaux des sentiments ou raisonnements humains et à parler de la mort d’un chat ou d’un chien - même s’il s’agit d’un sympathique compagnon de notre vie quotidienne - comme s’il s’agissait de notre voisin ou de notre grand-mère ! Il revient aux adultes de se comporter comme tels... même devant la peine d’un enfant confronté à la mort de son animal de compagnie. Bien des éducateurs remarquent d’ailleurs à quel point cette première perception par l’enfant de la réalité de la mort est importante. Pour les parents chrétiens, elle pourra être l’occasion de remettre chaque créature à sa juste place en disant par exemple à l’enfant que Dieu aime encore plus chacun et chacune d’entre nous que lui aimait son petit chien...

Quant aux dépenses occasionnées par l’entretien de nos animaux de compagnie et aux moyens mis en oeuvre pour assurer leur confort, on vérifiera qu’ils ne présentent pas un aspect trop indécent... l’indécence consistant ici à traiter avec plus de respect les animaux que les êtres humains.

Mais, en reconnaissant dans le même temps les liens qui unissent l’homme et l’animal, on évitera à l’homme de se tromper de « maîtrise » sur l’ensemble de la création, et on s’ouvrira aussi à la dimension cosmique d’une bonne nouvelle qui concerne « toute la création » [Mc 16:15].

Ce faisant, on oeuvrera à quelques conversions dans notre Eglise - les catholiques de France ont probablement beaucoup à gagner d’une réflexion oecuménique en matière d’écologie -, et on aidera notre pays à sortir d’un paradoxe bien relevé par Eric BARATAY : « Placée en tête des nations pour l’aide humanitaire grâce à des organisations telles que Médecins du Monde ou Médecins Sans Frontières, la France est montrée du doigt par les écologistes et les pays anglo-saxons pour son laxisme en matière de chasse, de pêche, de protection d’espèces menacées. »

Quant au débat autour des droits des animaux, déjà évoqué dans ces pages, il me semble magistralement dirimé par la problématique d’André COMTE-SPONVILLE à qui nous laisserons le mot de la fin :« Les animaux ne sont pas des sujets du droit ni de la morale ; mais ils sont sujets à la douleur, et cela suffit à leur donner des droits, autrement dit à donner des devoirs, les concernant, à tous ceux qui sont, eux, sujets du droit et de la morale, c’est-à-dire aux êtres humains et, sous réserve d’inventaire, à eux seuls. »

Bibliographie

- Paul LAMARCHE : « Animaux » dans le Vocabulaire de Théologie Biblique, Paris, Cerf, 1970
- Jean GAILLARD : « L’Eglise catholique et la protection animale » dans la revue Le Supplément, décembre 1988, pages173-192
- Luc FERRY : « Le nouvel ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme », Paris, Grasset, 1992
- Eugen DREWERMANN : « De l’immortalité des animaux », Paris, Cerf, 1992
- Vincent BOURGUET : « Ecologie et morale » dans la revue Communio, no. 107, mai-juin 1993, pages 108-120
- Ernest L. FORTIN : « Perspectives bibliques sur l’écologie » dans la revue Communio, no. 107, mai-juin 1993, pages 63-87
- Stratford CALDECOTT : « Des droits pour les animaux ? » dans la revue Communio, no. 107, mai-juin 1993, pages 121-126
- Secrétariat Général de la Conférence Episcopale d’Allemagne : « La responsabilité de l’homme à l’égard de l’animal. Positions, réflexions, suggestions », document de travail en date du 4 octobre 1993
- Janine CHANTEUR : « Du droit des bêtes à disposer d’elles-mêmes », Paris, Seuil, 1993
- Janine CHANTEUR : « Ethique et droit de l’animal » dans la revue Incroyance et foi, no. 68, hiver 1993, pages 31-34
- Luc FERRY et Claudine GERMÉ : « Des animaux et des hommes. Anthologie des textes remarquables écrits sur le sujet », Paris, Librairie Générale Française, 1994, Collection Livre de Poche Biblio Essais no. 4164
- André COMTE-SPONVILLE : « Sur les droits des animaux » dans la revue Esprit, décembre 1995, pages 140-148
- Eric BARATAY : « L’Eglise et l’animal. France, 17ème-20ème siècles », Paris, Cerf, 1996
- Dossier spécial de la revue L’Actualité Religieuse dans le Monde, no. 15, juillet-août 1996
- Jean-Yves GOFFI : « Le traitement des animaux » dans le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, Paris, P.U.F., 1996, pages 60-64
- Mouvement Chrétien pour l’Ecologie et la Protection Animale : Dossier « Le problème des relations homme-animal dans l’Eglise Catholique », octobre 1996, M.C.E.P.A., B.P. 4, 69530 Orliénas
- Jean NAKOS : « Les chrétiens et les animaux. Vade-mecum oecuménique à l’usage des chrétiens amis des animaux », Lyon, Editions Artisanales Cécile de Ramaix, 1996
- Mgr Charles Amarin BRAND : « Eglise, création et monde animal » dans L’Eglise et les Français, Paris, Robert Laffont, 1997
- Florence BURGAT : « La protection de l’animal », Paris, P.U.F., mars 1997, Collection « Que sais-je ? », no. 3147
- Christian MAKARIAN : « L’homme et l’animal, créatures de Dieu » dans l’hebdomadaire Le Point, no. 1282, 12 avril 1997

 
Philippe LOUVEAU

A longtemps fait partie de l’équipe de PSN, est aujourd’hui curé de la paroisse St Cyr-Ste Julitte et responsable du secteur pastoral de Villejuif (diocèse de Créteil) - France

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(re)publié: 01/10/2013
1ère public.: 30/11/1996
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