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La nativité et Marie

Tout d’abord merci de m’accueillir ce soir et après avoir médité ce chapelet continuons à nous tourner vers Marie, à ouvrir notre cœur pour découvrir sa foi profonde, pour accueillir cet enfant dont le destin sera de conduire chacun et chacune sur un chemin de vie et de résurrection.

Nous savons que les Evangiles ont été écrits des dizaines d’années après la mort du Christ… ils sont donc une relecture de ce Dieu qui s’est fait homme, et dès les récits de la nativité nous pourrons constater que le destin de cet enfant sera particulier qu’il devra passer par la mort avant de nous donner la vie en plénitude. C’est aussi très symbolique de parler de la nativité le jour où l’Eglise célèbre la croix glorieuse… car les deux sont intimement liées !
Le récit de la nativité est relaté uniquement dans l’Evangile de Matthieu et celui de Luc et comme nous nous en doutons, il se situe au début de ces deux Evangiles ! A chaque naissance une nouvelle vie commence ! Cependant, ces deux récits se trouvent au chapitre 2 comme si avant cette naissance il y avait besoin d’un temps d’introduction, de préparation, d’attente...
Le chapitre 1er de l’Evangile de Matthieu commence donc par un arbre généalogique qui accentue l’Humanité et l’incarnation du Christ, Livre de la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham :
"2 - Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,… "

Et Marie et Joseph sont annoncés au verset 16 :- Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ.

Ce récit est alors suivi de l’annonce à Joseph partir du verset 18. Et nous connaissons bien ce passage où Joseph envisage d’annuler en secret son projet de vie avec Marie mais l’Ange du Seigneur vient lui annoncer une autre perspective pour Marie et lui. Et Matthieu va relater la naissance du Christ à travers une prophétie… c’est en effet l’ange du Seigneur qui annonce en détail la naissance du Christ
_ 20 - Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 21 - elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22 - Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur :
23 - Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous. »

Au verset 25 de ce 1er chapitre Matthieu mentionne simplement « jusqu’à ce qu’elle eut enfanté ».
Ensuite commence le chapitre 2 avec une tonalité plutôt grave puisque dès le 1er verset nous voyons apparaître Jésus en lien avec Hérode qui est en plus à Jérusalem…
Mt 2, 1 « Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem… »

En contemplant ce 1er verset des questions peuvent jaillir… « Jésus est-il aussi un roi pour être mentionné avec Hérode ? » S’il est aussi roi…« Quelle est donc cette royauté qui vient de naître ? »… de plus les mages arrivent à Jérusalem « La naissance serait-elle déjà liée à la passion en mentionnant Jérusalem ?... Autant de questions qui trouveront leurs réponses en poursuivant notre lecture des Evangiles. Et lorsque nous remarquons le nom d’Hérode, il nous vient immédiatement à l’Esprit le massacre des innocents.

Alors, oui, la naissance du Christ est déjà liée à sa passion, à la différence que le Christ choisira librement de donner sa vie et non pas de subir la mort comme ces enfants innocents. Nous voyons bien que dans l’Evangile de Matthieu, même s’il est mentionné au verset 10 que les mages « se réjouirent d’une grande joie  », cet épisode de la naissance nous est relaté avec une arrière fond déjà de la passion du Christ ; Marie est citée au verset 11 « ils virent l’enfant avec Marie sa mère et se prosternant, lui rendaient hommage ». Marie ne sera mentionnée qu’une seule fois, en plus sans Joseph ! Et Marie est bien reconnue comme la Mère du Christ !

Par contre l’Evangile de Luc relate une joie profonde annoncée dès le chapitre 1, avec un parallélisme constant entre Jean Baptiste et Jésus (L’ange apparait à Zaccharie et à Marie, le passage de la visitation et la naissance de Jean Baptiste qui sera suivie par la naissance de Jésus). Ces deux naissances se préparent, elles sont attendues avec beaucoup de joie «  Bienheureuse Celle qui a cru » Luc 1, 45 et Marie répondra « Mon âme exalte le Seigneur… » Luc 1, 46. Même si cette joie est profonde pour ces deux femmes, l’attente de leur enfant doit sans doute rester un mystère pour elles… N’oublions pas qu’Elisabeth est avancée en âge et Marie enfantera le Fils de Dieu ! Il s’agit à la fois d’une naissance comme toutes les naissances et pourtant que nous dit-elle de Dieu ? D’un Dieu qui est considéré comme TOUT PUISSANT !

Dans l’Evangile de Luc et nous resterons uniquement avec cet Evangile, il est mentionné un recensement et Joseph et Marie doivent se rendre à Bethléem. Arrêtons-nous un instant sur cette ville de Bethléem. Dans l’Ancien Testament Bethléem est mentionnée à plusieurs reprises car c’est en effet dans cette ville, que Samuel choisira un roi (1S 16, 1-4) le roi David qui régnera sur Israël et représentera l’apogée du Royaume d’Israël et depuis le peuple attend un autre roi. Il est donc mentionné dans cet Evangile que Joseph et Marie vont aller à Bethléem parce que Joseph est « de la lignée de David »… Jésus fait donc partie d’une lignée royale.

Lorsqu’une personne fait partie d’une lignée royale on imagine ce que cela représente matériellement. Or Luc nous raconte un autre contexte ! Déjà il présentera Marie non comme une princesse mais comme « l’Humble Servante de Dieu »… Marie est donc une Humble Servante… HUMBLE parce qu’elle se reconnait simplement, comme dira Ignace de Loyola, créature devant son Créateur et Seigneur. HUMBLE parce qu’elle reconnait au fond de son cœur que la Vie Véritable ne peut venir que de Dieu… et c’est dans cette Humilité profonde où elle se trouve décentrée d’elle-même pour être entièrement centrée sur Dieu, qu’elle sera au service de son Dieu ! Etre au service ce n’est pas obéir sans réfléchir, c’est au contraire choisir librement de tout donner pour recevoir en plénitude !

Dieu va donc choisir une humble Servante pour être la mère de son Fils et que nous est-il dit de la naissance de son Fils ? A TROIS reprises il est noté que ce nouveau-né est « Couché dans une mangeoire ». V7 – 12 et 16. Pourquoi cette insistance ? Sans doute pour montrer que ce roi qui vient de naître, va trouver sa royauté dans l’humilité et le service de l’Homme et non dans le luxe ! Il nait vraiment au cœur de notre monde, dans l’humilité la plus totale, dans la nuit la plus profonde pour nous montrer qu’au cœur de nos propres nuits, il est la Lumière Véritable ! Cet enfant couché dans une crèche, ce fils premier né et annoncé dès sa naissance comme le Sauveur, le Christ Seigneur ! Et que fait Marie… Marie Humble servante du Seigneur ? « Marie conservait avec soin toutes ces choses en les méditant dans son cœur » V 19

Si nous poursuivons la lecture de ce texte, nous voyons que l’Ange du Seigneur apparait de nouveau, mais cette fois c’est auprès des bergers qui vivaient au champ… Une annonce de cette naissance qui se fait aussi de façon humble… (Si nous regardons la naissance de Jean Baptiste nous constatons qu’il nait dans le confort d’une maison et cet enfant est entouré par les voisins, ses parents. Et l’on parle dans toute la Judée du signe accompli « son nom est Jean »…) A la naissance de Jésus il ne s’agit pas de réveiller la ville de Bethléem mais Dieu choisit des bergers… autrement dit des hommes qui sont habitués à la solitude, qui sont habitués à contempler la création, cette nature œuvre de Dieu qui change chaque jour… Dieu choisit donc des hommes qui savent s’émerveiller et se réjouir de la naissance du Sauveur ! Dieu choisit des hommes qui ont le cœur ouvert pour comprendre au fond d’eux-mêmes ce message d’un Dieu qui devient Homme en plénitude comme il est déjà Dieu en plénitude. C’est parce qu’il est pleinement Homme qu’il est pleinement Dieu. Les bergers sont donc présents à la naissance de Jésus… Mais nous connaissons bien aussi le chapitre 10 de St Jean qui nous raconte la parabole d’un Berger qui connait le nom de ses brebis, d’un Berger qui est la porte de la vie, qui part à la recherche des brebis qui s’égarent pour n’en perdre aucune… d’un berger qui donnera sa vie pour ses brebis. Et Jésus au cours de sa mission sera considéré lui-même comme notre Berger ! Un berger qui veille pour que la vie soit plus forte que la mort ! Quelle belle présence que celle des Bergers !

Les bergers viennent donc admirer cet enfant né à Bethléem qui signifie également la Maison du pain… très beau symbole où ce qui nous vient en mémoire n’est-il pas l’Eucharistie ? Dès sa naissance Jésus se fait déjà nourriture pour l’homme, une nourriture où nous n’aurons plus jamais faim !

Nous pourrions donc résumer le passage de Matthieu comme « un contexte de passion, de soupçon avec une apparition très courte de la joie » et celui de Luc comme « une grande joie avec un arrière fond de la passion » Deux façons de parler de la nativité et deux façons aussi de voir Marie présente dans la joie mais aussi présente à la passion de son Fils !

Nous voyons donc un Dieu qui se fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Nous voyons aussi la présence d’une Femme, Marie qui a dit oui sans aucune hésitation et ce OUI a changé le cours de notre histoire ! Marie Humble servante du Seigneur, Marie bienheureuse es-tu, Marie Mère de Dieu et donc Mère de l’Eglise, Mère de notre humanité qui n’aura jamais fini de renaître si nous demandons à Marie de nous apprendre à tourner notre regard et notre cœur vers Celui qui dans l’obscurité la plus profonde fait jaillir la Lumière véritable !

Comme Marie méditons toutes ces choses dans notre cœur pour accueillir pleinement dans cette Eucharistie Celui qui nous attend déjà ! Amen !

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Christine THOMAS
(re)publié: 01/12/2011