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Cana

Poursuivons notre route avec Marie…

Marie présente avec son fils à l’occasion d’un mariage, à l’occasion d’une simple fête où des hommes et des femmes sont heureux de célébrer un événement... Demandons à Marie de nous aider à croire à l’impossible, de nous aider à ouvrir notre regard pour découvrir au cœur même de nos vies l’impossible qui devient possible.

Nous connaissons bien ce texte des Noces de Cana au chapitre 2 de l’Evangile de Jean. Il se situe tellement au début de cet Evangile que ce passage commence par « le troisième jour » ! Mais nous pouvons nous demander le troisième jour de quoi ? Si nous regardons de plus près les passages qui précèdent ce texte au chapitre 1er nous avons une notion du temps qui est présente mais qui reste très vague sans limites véritables Jn 1, 1 « Au commencement était le Verbe… »… il y a donc quelque chose de nouveau qui commence…. En effet il s’agit du commencement de la création, du commencement de notre Humanité où le Christ est déjà présent puisqu’il est Dieu ! Le prologue remonte à l’origine des temps, où Jésus n’est pas présenté à l’intérieur d’une généalogie humaine comme nous l’avons vu chez Matthieu (1) et Luc (3) mais il est déjà annoncé comme le « Verbe qui était tourné vers Dieu et le Verbe était Dieu ».

Lorsque Jean commence le chapitre 2 par « le troisième jour » nous voyons qu’il n’y a pas de lien direct avec le prologue. Mais si nous poursuivons en Jn 1, 19 nous avons un premier texte qui nous raconte le témoignage de Jean le Baptiste concernant Jésus « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas… il vient après moi… Moi je vous baptise dans l’Eau. »… Nous remarquons que ce témoignage semble se situer sur une journée… puisque quelques versets plus loin en Jn 1, 29 est mentionné « Le lendemain » (2ème jour), puis en Jn 1, 35 nous avons de nouveau « Le lendemain » (3ème jour), en Jn 1, 43 « Le lendemain » (4ème jour) avec le passage concernant Nathanaël… « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon » et Jésus répondra « Avant même que… Philippe ne t’appelât… je t’ai vu ! »… un peu comme le psaume 138 qui nous montre cette proximité de Dieu avec l’homme, cette intimité profonde entre Dieu tout puissant d’amour et nous même « Tu me scrutes Seigneur et tu sais… »… Oui Seigneur tu sais le fond de notre cœur, comme tu connaissais le cœur de Marie qui n’a jamais cessé de se tourner vers toi ! Nathanaël est donc reconnu en profondeur par Jésus « je t’ai vu » et Nathanaël répondra « Rabbi tu es le fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ». A travers de passage nous en sommes donc au 4ème jour alors que l’épisode des Noces de Cana qui arrive tout de suite après, débute par « le troisième jour » ! En fait il s’agirait du 3ème jour après le dialogue avec Nathanaël… ce qui ferait 4 jours + 3 jours on retrouve ainsi une semaine complète et le septième jour c’est la fête ! La Bible la TOB mentionne qu’il pourrait y avoir un lien avec la création du monde en 7 jours où le 7ème jour est fait pour louer Dieu, pour manifester sa Gloire… Les noces de Cana ne seraient donc rien d’autre qu’une manifestation de la Gloire de Dieu avec ce signe où l’eau se transforme en vin ! Il s’agit vraiment d’un simple signe au milieu d’une noce inconnue. Nous connaissons bien les Evangiles et nous savons que Jésus aurait pu réaliser un signe grandiose comme une guérison, là c’est un simple signe que l’on reconnaitra car le vin est tout simplement meilleur !

Nous savons aussi que c’est le troisième jour que Jésus est ressuscité,… dans l’Ancien Testament Ex 19, 1-3 c’est le troisième jour que Moïse gravit la montagne pour rejoindre Yahvé, nous avons aussi Jonas qui est resté trois jour et trois nuit dans le ventre d’un grand poisson Jonas 2, 1, c’est également le troisième jour qu’Abraham vit l’endroit pour le sacrifice de son fils Isaac Gn 22,4… Le chiffre trois est aussi celui d’un Dieu trinitaire où chacun est unique (le Père n’est pas le Fils, le fils n’est pas l’Esprit, l’Esprit n’est pas le fils…)… oui chacun est unique mais en même temps profondément unit l’un à l’autre par l’Amour véritable, un amour sans faille, pour ne faire qu’un seul Dieu et unique Seigneur ! Nous voyons bien que les Noces de Cana, en commençant par le « Troisième jour » ont une signification particulière à travers un simple geste dont on parle encore aujourd’hui !

Alors très vite le nom de Marie apparait mais par contre on ne donne aucune indication concernant les mariés, on parle simplement de noces comme pour rendre anonyme ce mariage et montrer que l’essentiel est peut être ailleurs. On sait donc que Marie est présente ainsi que Jésus bien sûr et ses disciples. Et au verset 3 arrive un manque « ils n’ont pas de vin » exprime Marie ! Marie est donc une mère attentive comme toutes les mères à ce qui se passe pour que rien ne manque, pour que rien ne nous manque à nous aujourd’hui ! Marie est attentive à ce qui fait nos vies.

Marie est attentive sensible au manque, aux besoins, aux attentes des autres ! Marie est là pour les noces… on la verra présente jusqu’au bout de la vie du Christ, de la naissance au pied de la croix ! Elle est Là pour ce premier signe, qui se réalise, là pour servir d’intermédiaire comme Marie peut encore le faire aujourd’hui lorsque nous nous adressons à elle pour mieux rejoindre son Fils !
Marie est là, elle va prononcer cette simple phrase « ils n’ont pas de vin »… Etrange comme intervention ! Alors que la noce est déjà bien avancée, que les invités ont bien fait la fête, nous aurions plutôt dit « ils n’ont plus de vin » ! Mais à travers cette nuance où Marie dit « ils n’ont pas de vin » il est vrai que les invités n’ont jamais connu le vrai vin celui que va donner Jésus… ils sont donc en état de manque et non pas dans une situation de remplacement, dans une situation où l’on ne fait que boucher les trous, que combler un vide… Il s’agit bien d’une ère nouvelle qui s’annonce et que Marie doit percevoir dans son cœur en interpellant Jésus. Et Jésus répondra « Que me veux-tu Femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée ! ». Nous pourrions nous demander pourquoi Jésus emploie le mot Femme pour sa mère ? Sans doute pour montrer que son intervention se situe à un autre plan et qu’elle va plus loin qu’à travers les rapports d’une Mère à son Fils. D’ailleurs il ajoutera « Mon heure n’est pas encore venue ». L’heure de Jésus n’est-elle pas l’heure de sa passion et de sa résurrection où nous verrons véritablement « la Gloire de Dieu », sa grandeur à travers la vie qui sera plus forte que la mort ! La Gloire de Dieu nous révèle vraiment un Dieu Tout Puissant d’Amour pour chacun de nous et Marie porte toutes ces choses dans son cœur !

Il n’est pas encore l’heure et pourtant Marie ajoutera « Tout ce qu’il vous dira faites-le ! ». Cette deuxième intervention de Marie montre bien qu’elle ne sait pas vraiment tout ce qui va se passer et pourtant au fond de son cœur elle perçoit qu’un changement peut se produire. Marie agit dans un acte de confiance sans faille, elle possède une foi totale en la personne de Jésus son Fils, comme elle ne doutera pas non plus le jour de l’annonciation où elle terminera par « Je suis la Servante du Seigneur… que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit » ! Et nous voyons Jésus répondre au désir de sa Mère !

Les servants vont alors obéïr sans trop comprendre ce qui va se passer… et Jésus accepte donc de donner un avant goût de la joie messianique, il accepte de préfigurer le salut par un geste qui l’engage de façon irréversible sur la voie de signes, de miracles, auxquels les disciples vont participer !

C’est alors que l’on peut dire que le meilleur vin arrive à la fin, mais il s’agit bien d’un vin nouveau qui vient de couler en abondance puisque Jésus à utiliser 6 jarres ce qui ferait environ 100 litres par Jarre…Ce vin est donc donné à profusion pour que chacun puisse y gouter à volonté. Jésus vient donc de changer l’eau en vin. Cette eau qui sert aux ablutions, aux rituels de purification, cette eau va être supprimée, désormais les temps nouveaux sont arrivés et Marie était là et Marie est là ! Cette eau que nous avons mentionné un plus haut lorsque Jean Baptiste exprimait « Moi je baptise dans l’eau » mais Jésus baptisera dans l’Esprit… cette eau présente à Cana sera transformée en Vin, le vin de la nouvelle Alliance, le vin de nos Eucharisties, le vin signe de la Joie profonde d’être aimé en plénitude par un Dieu qui va tout donner pour que l’Homme vive pleinement, pour que nous vivons pleinement !

Et Marie était là ! Marie sera toujours présente… et comme nous le dit Didier Rimaud à travers ce texte concernant Marie « Une femme dont on n’a rien dit si ce n’est…. »... qu’elle a donné toute sa vie à Dieu dans la confiance la plus totale, dans l’abandon sans condition, dans la discrétion sans mettre de frein à la mission de son Fils… Marie va croire à l’impossible….sans tout comprendre en profondeur elle est devenue celle qui a permis que la joie surabonde, que le Christ manifeste sa Gloire et n’oublions que la Gloire de Dieu se manifeste avant tout à travers la Croix du Christ où l’amour est plus fort !

Dans la confiance n’hésitons pas à nous tourner vers Marie dont la Foi en son Fils est si grande qu’à travers de simples paroles une ère nouvelle a pu naître !
Marie, Toi qui connais nos manques nous te confions nos vies, nos attentes, nos besoins…

Marie, Toi dont la Foi est sans faille, augmente en nous cette Foi pour que tout ce qui fait obstacle à cet Amour infini de ton Fils se change en vin véritable !
Marie, Toi qui nous invites à nous en remettre à Dieu « faites tout ce qu’il vous dira » apprends-nous à servir dans la confiance !

Marie, Toi qui étais présente à Cana, fais que cette Eucharistie, à travers le pain et le vin soit notre véritable nourriture et devienne pour nous le Signe de l’Amour inépuisable de Dieu ! Amen !

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Christine THOMAS
(re)publié: 01/03/2012