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Dieu a visité son peuple

Texte

Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Quand il arriva près de la porte de la ville, on portait tout juste en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve, et une foule considérable de la ville accompagnait celle-ci. En la voyant, le Seigneur fut pris de pitié pour elle et il lui dit : « Ne pleure plus. » Il s’avança et toucha le cercueil Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Il dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, réveille-toi. » Alors le mort s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple. » Et ce propos sur Jésus se répandit dans toute la Judée et dans toute la région.

Lc 7,12-17

Commentaire

Luc est le conteur le plus doué du Nouveau Testament. Ce petit récit, dans sa concision mais aussi dans sa puissance d’évocation, porte sa marque. La scène se déroule aux portes d’une ville. Deux foules se croisent, décrites en peu de mots. La première est rassemblée autour d’un mort, la deuxième autour de Jésus. Elles ne se connaissent pas et pourtant elles vont fusionner pour ne plus former qu’un seul peuple qui loue Dieu. On ne nous dit pas grand chose de la femme, sinon que le deuil est particulièrement cruel pour elle et qu’elle pleure.

Jésus voit la mère et il est ému. Luc écrit Le Seigneur fut pris aux entrailles. Comment mieux dire les choses en aussi peu de mots ? En langage biblique, les entrailles sont le siège des émotions profondes. Jésus entre en résonance avec celle qui a perdu l’unique fruit de ses entrailles. Il voit l’injustice qui lui est faite. Il est ému jusqu’au plus profond de lui même. L’émotion de Jésus n’est pas feinte. Il est pleinement l’un des nôtres, « vrai homme » dira le credo.

Mais il est également le Seigneur. Ce mot a un sens royal. Aux portes de la ville, les rois hellénistiques rendaient la justice lorsqu’ils visitaient leur royaume. Aux portes de Naïm, le Seigneur Jésus se comporte de façon souveraine. Il s’avance et bloque le convoi de mort. Sa parole est nette, précise, efficace, immédiatement exécutée. La mort lâche sa proie et le Seigneur Jésus peut rendre à une mère ce qui lui a été volé. Jésus, le vrai roi d’Israël, a rendu la justice. En sa personne, Dieu est venu visiter son peuple.

Ce récit laisse présager un autre récit de mort et de résurrection dans lequel Jésus sera également le personnage principal et où éclatera également la gloire de Dieu. La résurrection du jeune homme de Naïm annonce une autre résurrection, définitive celle-là, qui constituera Jésus comme le Seigneur des morts et des vivants.

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Joseph STRICHER

Prêtre du diocèse de Metz. Directeur du Service Bible Evangile et Vie (†2015).

(re)publié: 01/02/2016
1ère public.: 31/03/2000