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La longue marche du peuple de Dieu vers sa libération

À travers cette tapisserie, Jacques Chéry, artiste haïtien, situe la vie du peuple haïtien aujourd’hui dans la longue marche du peuple de Dieu vers sa libération. les couleurs chaudes et lumineuses qui illustrent les réalités de vie des Haïtiens font jaillir le sens évangélique et biblique, un peu comme les vitraux de nos cathédrales.

2. De la loi de Moïse aux Droits de l’homme

Gravés sur une même pierre, les Dix commandements et les Droits de l’homme (en français et en créole).
Au fond, on devine un immeuble moderne. L’artiste lie les Dix commandements, signe de l’Alliance de Dieu avec son peuple, et les Droits de l’homme qui expriment l’aspiration des peuples à leur dignité humaine.
À l’avant-plan, un homme désigne le premier commandement : « Si quelqu’un dit “J’aime Dieu” mais qu’il rejette son frère... » (1Jn 4,20), s’il nourrit la guerre plutôt que ceux qui ont faim, s’il reste passif face aux millions d’êtres humains maintenus dans la pauvreté et la dépendance, opprimés, réprimés... comment serait-il mû par la Loi de l’amour ?

1. Tentations du Christ, tentations de l’homme

Illustration contrastée : À gauche, des hommes de diverses races détruisent la terre à coups de pioche. À droite, Jésus, auréolé et vêtu de rouge, en paix avec la terre, la nature, les animaux.
Plus loin, une maison, une voiture. Le rouge est symbole de victoire ; l’auréole, symbole du vivant ; la voiture et la maison, symboles de prestige et de richesse.
Jésus sort victorieux des tentations qui nous guettent tous : accumuler richesses, pouvoir, savoir pour dominer plutôt que pour rendre la vie meilleure pour tous.

3. En pleine tempête

Dans sa barque, des hommes au visage tourmenté. Haïtiens fuyant à l’étranger, réfugiés de partout que la misère, la guerre, un régime de terreur obligent à quitter leur patrie. La mer est déchaînée. Tout est menace, violence. Jésus accompagne les réfugiés dans ce passage.
Dans un monde en pleine crise retentit la parole : « Je suis avec toi pour te libérer. » (Jr 1,4-8) Dans un monde plein de violence, des prophètes défient la tempête : dénonçant l’injustice qui écrase les pauvres, ils construisent la paix, modestement, concrètement.

6. Terre nouvelle

Les « fruits de la terre et du travail des hommes » sont recueillis dans des paniers pour être partagés entre tous. Un enfant joue de la flûte. Tout autour de la tapisserie, l’arc-en-ciel, promesse des « cieux nouveaux et d’une terre nouvelle » où il fait bon vivre pour tous : dans le travail, la joie, la fête, la communauté.

4. Crucifiez-le !

L’artiste dépeint Jésus comme faisant partie du peuple haïtien.
Cloué à l’arbre, « élevé comme Moïse avait élevé le serpent au désert » (Jn 3,14).
L’arbre domine l’ensemble de la tapisserie. Il plonge ses racines dans ces forces de mort, de tempête, de ténèbres. Mais ses branches portent déjà des fruits de vie et rejoignent l’arc-en-ciel.

5. Ensemble, osons la paix

Son regard est fixé sur ceux qui se préparent à détruire la terre. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Aux racines de l’arbre de la Passion : des hommes sont blessés, matraqués, torturés. À terre, le visage du Crucifié. Multitude des crucifiés aujourd’hui, condamnés à mourir faute de disposer du minimum vital, alors que des sommes énormes sont dépensées à fabriquer des fusils, des chars, des fusées. Luttes, guerres, persécutions, violences quotidiennes, telles sont les zones ténébreuses du non-partage où se poursuit la Passion de l’homme.
Mais l’image laisse apparaître aussi des gestes de solidarité de ceux et celles qui, par delà l’obscurité, ’’osent la paix’’ et, aux racines de l’arbre, quantité de germes d’espoir.

9. Communauté et partage

Autour de la table, des enfants, des femmes, des hommes de races et âges divers. Deux enfants présentent des fruits. Jésus, vêtu de rouge, partage le pain.
Pain gaspillé de notre société de consommation où l’opulence des uns contraste avec la misère de beaucoup d’autres. Pain qui est souvent le fruit du travail dur, déshumanisant. Pain dont la fabrication pour la nourriture des hommes est sacrifiée à celle des armes de guerre et de mort.
« Tous les croyants, ensemble, mettaient tout en commun. » (Ac 2,44)

8. Jésus chasse les marchands du temple

Jésus se heurte aux marchands qui font du temple un lieu d’exploitation, une caverne de brigands. Les quatre hommes, pris en flagrant délit, annoncent déjà toute l’opposition qui, à partir de là, va se déchaîner et entraîner la mise à mort de Jésus.
Le geste de Jésus met en question le temple comme lieu où se concentrent les intérêts économiques mais aussi politiques, religieux et culturels d’une minorité. De la main gauche, Jésus désigne le nouveau temple : la communauté, témoin de sa Résurrection, où l’exploitation fait place au partage.

7. Vers la libération

Ce motif présente deux volets séparés par un échafaudage. Entre les deux, des hommes construisent un mur. Une montagne sort de la mer. De part et d’autre, des escaliers.
Menacés de se noyer par la violence de la tempête, des hommes appellent au secours. Certains les observent, passifs. Mais des mains solidaires se tendent. Ensemble, ils se libèrent des forces de mort.

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(re)publié: 01/01/2015
1ère public.: 01/03/2011